-
- Bourges, dans ce que chacun peut voir
aujourd'hui apparaît dans son centre-ville, à l'intérieur
du rempart gallo-romain et même à celui de Philippe-Auguste
comme une cité médiévale. Une ville dont
le patrimoine historique peut être daté à
partir du XIII ième siècle avec l'âge d'or
qui est le XV ième siècle.
- C'est une ville où le Moyen
Âge est très présent.
-
- Dater ce qu'est le Moyen Age :
-
- Le Moyen Âge occidental est l'époque
de l'Histoire située entre l'Antiquité et l'Époque
moderne, donc grossièrement entre 500 et 1500 après Jésus Christ.
Elle s'étend donc sur une période de 1000 ans.
-
- Les spécialistes font commencer
le Moyen Âge à la déposition du dernier empereur
romain d'Occident Romulus Augustule en 476. Cependant, beaucoup
d'historiens contemporains font perdurer l'Antiquité au-delà
de cette date traditionnelle. Il est à noter que tout
événement unique ne peut jouer qu'un rôle
symbolique dans un changement d'époque, qui en fait est
un processus. Certains historiens retiennent aujourd'hui la
mort de Clovis Ier au 27 novembre 511 comme date conventionnelle
de la fin de l'Antiquité, d'autres retiennent la date
de son baptême, soit le 25 décembre 496, par l'évêque
de Reims, Saint Rémy. Ainsi, ils font commencer le Moyen
Âge symboliquement avec la mort de Sainte Geneviève
le 3 janvier 512.
-
- La fin du Moyen Âge
est généralement située vers 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été
proposées par les historiens :
- 1492
qui marque la fin de la Reconquista espagnole, avec le 2 janvier
la reprise de Grenade qui voit Christophe Colomb débarquer
en Amérique le 12 octobre.
-
- Le moyen âge commence à Bourges
un peu après avec la chute du Bas-Empire romain ce qui
entraîne une généralisation des abandons
et des destructions d'édifices publics et d'habitats,
ainsi que la construction d'un rempart du IVe siècle est
soigneusement appareillé en pierre et chaînages
de briques, renforcé par une cinquantaine de tours et
percé de 4 portes.
-
- Les vestiges de cette enceinte sont encore
visibles sur la "promenade des remparts", derrière
le nouvel hôtel de ville, et à la base de l'hôtel
Jacques Coeur. Mais cet ensemble a été très
remanié au cours des siècles.
- La ville se renferme sur 25 hectares .
Son enceinte marque pour toujours la topographie urbaine en délimitant
une ville haute dont les rues suivent le tracé elliptique.
-
- La capitale de l'Aquitaine première
- Comme le rappelle le service du Patrimoine
de la Ville de Bourges, selon la tradition rapportée par
Grégoire de Tours, l'Eglise de Bourges aurait été
fondée au IIIe siècle par saint Ursin.
On trouve alors la présence de grands évêques
: Simplice élu au Ve siècle, Oûtrille et
Sulpice au VIIe siècle, jouent un rôle politique
et religieux important, dans cette ville encore très romaine
dont les évêques garderont pour longtemps la suprématie
sur l'Aquitaine.
-
- C'est aussi le temps des monastères
et autres basiliques funéraires
- Les textes attestent de nombreuses fondations
de basiliques funéraires à la fin du VIe siècle
et au début du VIIe siècle : Saint-Oûtrille,
Saint-Sulpice, Saint-Symphorien (plus tard Saint-Ursin), Saint-Paul,
Saint-Ambroix au siècle suivant... dont les noms sont
présents tout au long de l'histoire de Bourges, et encore
aujourd'hui. Ces édifices sont construits hors-les-murs
sur des zones funéraires antiques (tel le petit oratoire
de Saint-Martin-des-Champs) ou à proximité des
voies d'accès aux portes de l'enceinte. Ces sanctuaires,
élevés en mémoire de saints martyrs ou évêques
protecteurs de la cité, regroupent peu à peu autour
d'eux sépultures et... habitations.
-
- Entre la domination des Wisigoths et la
lutte des rois francs contre les ducs d'Aquitaine, c'est au cours
de périodes un peu plus calmes que sont construits plusieurs
monastères, pour la plupart réservés aux
femmes : Notre-Dame-de-Salles, Notre-Dame-de-Montermoyen, Saint-Pierre-le-Puellier,
Saint-Laurent...
-
- Les siècles passent.....
L'époque carolingienne est liée à une première
domestication des marais et peut-être à la création
de l'Yévrette ; cette rivière artificielle rejoignait
l'Auron près de l'abbaye Saint-Sulpice.
- Proche de celle-ci, le bourg Saint-Sulpice
s'est développé autour de son marché et
de ses foires.
- Sans que l'on sache avec précision
ce qui s'est passé, les Normands ont effectué&
quelques raids tout comme les Hongrois à la fin du IXe
siècle et au Xe siècle.
-
- La Ville royale s'affirme
-
- On connaît un peu plus l'Histoire
locale à partir du X° siècle. En 1100, le dernier
vicomte de Bourges Eudes Arpin, vend ses biens au roi de France
Philippe 1er pour financer son départ en croisade.
-
- Et puis ce sont de grands moments de l'Histoire
de France qui commencent à Bourges. Ainsi, le jour de
Noël 1137, Louis VII est couronné dans la cathédrale
romane de Bourges, en présence de sa jeune épouse,
Aliénor d'Aquitaine. Lorsque celle-ci se remarie avec
Henri II Plantagenêt, ce petit territoire du Berry devient
le seul domaine royal au sud de la Loire, face aux possessions
du roi d'Angleterre.
- Il faut rappeler que ce sont ces événements
qui ont largement contribué au XIV e siècle à
ce que l'on a appelé la Guerre de 100 ans contre les anglais.
-
- Grandioses constructions
-
- Les deux constructions majeures de cette
époque, la Grosse Tour et la Cathédrale gothique,
seront les symboles du pouvoir royal des capétiens et
de la puissance des archevêques de Bourges, primats d'Aquitaine.
- Mais cette Grosse tour, aujourd'hui détruite
correspond aussi à une extension de l'enceinte médiévale
.
- Prenant en compte le contexte politique
et l'extension de la ville, un nouveau système défensif
est mis en place entre 1160 et 1190 ; Philippe-Auguste autorise
les habitants de Bourges à construire sur l'ancien rempart
à partir de 1181.
-
- L'enceinte médiévale - un
mur de pierres, taluté et bordé d'un fossé,
doublé d'un rempart de terre à l'intérieur
- englobe la ville basse et de vastes zones inhabitées
(marais et jardins). Les nouvelles portes se situent sur les
anciennes voies d'accès, entraînant parfois la construction
de ponts fortifiés comme pour la porte Saint-Privé
(actuelle rue Edouard Vaillant) et la porte d'Auron.
- Sur le côté le plus vulnérable,
qui reprend le tracé du mur antique au sud, la construction
de la Grosse Tour verrouille la rue Moyenne et condamne l'ancienne
porte de Lyon ; la porte Bourbonnoux devient alors l'un des principaux
accès à la ville.
-
- La Grosse Tour, selon les spécialistes
est peut-être le prototype des donjons de Philippe-Auguste
puisqu'elle a été construite en 1189, un an avant
le donjon du Louvre. Cet ouvrage militaire, véritable
forteresse royale possède ses propres tours, enceintes
et fossés, l'isolant de la ville comme de l'extérieur.
- Son empreinte au sol est matérialisée
aujourd'hui devant la nouvelle mairie, juste en face de la place
André Malraux.
- A la fin du XIIe siècle, une cathédrale
d'avant-garde (classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO
en 1992)
- Figure de proue du domaine capétien
face au midi de la France, la nouvelle cathédrale Saint-Etienne
se devait d'être unique dans sa conception.
-
- En 1195, l'archevêque Henri de
Sully prend la décision de reconstruire la cathédrale,
à partir de l'est, dans le nouveau style gothique.
- Le choeur s'élève sur une
église basse dite à tort "crypte", établie
sur le fossé du rempart gallo-romain, qui est alors franchi
pour gagner de l'espace. Les caractéristiques architecturales
de l'ensemble sont déjà présentes dans le
chevet : composition pyramidale, audace de la double volée
d'arcs-boutant, correspondant à la recherche des effets
de perspective et de fusion des volumes dans l'espace intérieur.
- Le successeur d'Henry de Sully, en 1199,
l'archevêque Guillaume de Donjon, ancien abbé cistercien,
prend une part importante dans le développement du chantier
et dans la définition du programme iconographique dont
le but est apologétique: la cathédrale dans sa
totalité, son décor sculpté, ses vitraux,
est une affirmation du dogme, contre les hérésies.
En 1209, le décès de Guillaume interrompt le chantier
pour quelques années, mais sa canonisation dès
1218 entraîne un afflux de dons de la part des fidèles
et des pèlerins.
- Le chantier reprend alors avec la construction
de la nef à double collatéraux, puis de la façade
aux cinq portails ; le gros oeuvre était sans doute terminé
dans les années 1230. La tour sud, menacée d'écroulement,
est consolidée par un énorme pilier butant dès
le début du XIVe siècle.
- Les architectes qui ont succédé
au premier Maître de Bourges ont su préserver la
cohérence et la simplicité apparente du programme
et du plan, l'absence de transept contribuant à l'effet
d'unité de l'espace. La ville s'épanouit : l'essor
économique et religieux
- Le cloître du chapitre se referme
autour de la cathédrale et du palais de l'archevêché,
d'anciennes églises sont reconstruites, de nouvelles églises
sortent de terre, une quinzaine de paroisses se mettent en place
pour répondre à l'accroissement démographique.
Les ordres mendiants s'implantent avec les Cordeliers (Franciscains),
puis les Jacobins (Dominicains), les Augustins, plus tard les
Carmes...
- La grange-des-dîmes et l'église
gothique Saint-Pierre-le-Guillard, témoignent encore aujourd'hui
de la richesse architecturale des XIIe et XIIIe siècles
à Bourges.
- La ville est un chantier de construction,
animé d'activités artisanales et de foires annuelles
; autour de la place Gordaine se regroupent un marché,
les boucheries et les changes ; les moulins se développent,
favorisant notamment le long de l'Yévrette, l'installation
de forges et d'ateliers de fabrication du drap et des peaux.
Viticulteurs, maraîchers et jardiniers se partagent de
larges espaces non bâtis, particulièrement dans
le secteur sud-est de la ville.
- Bourges est une riche cité dans
laquelle les habitants ont acquis des privilèges et les
bourgeois des responsabilités pour gérer les biens
communs.
-
- En savoir plus avec Jacques
Coeur
-
- HISTOIRE
DE BOURGES (synthèse)
- HISTOIRE
DE BOURGES (2000 ANS) SOMMAIRE
- HISTOIRE
DE BOURGES AU XV e SIECLE
- HISTOIRE
DE BOURGES AU XVI e SIECLE
- HISTOIRE
DE BOURGES AU XVII e SIECLE
- HISTOIRE
DE BOURGES AU XVIII e SIECLE
- HISTOIRE
DE BOURGES AU XIX e SIECLE
- HISTOIRE
DE BOURGES AU XX e SIECLE 1900 - 1940
- HISTOIRE
DE BOURGES AU XX e SIECLE 1945 - 2000
|