La
caractéristique du XVII e siècle à Bourges
tient dans peu de faits. C'est en premier lieu le siècle
de la grande épidémie de peste dans le monde, qui
faisait suite à celle des années 1346 - 1353 de
triste mémoire. Il faut reconnaître que la peste
n'en est pas à sa première version puisque l'on
compte 23 fois l'apparition de la maladie à Bourges de
12374 à 1656. Mais la peste de 1628 restera dans la mémoire
des berruyers pendant de très longues années.
Elle fit à Bourges 5000 victimes
pour une ville qui n'avait pas plus de 15 000 habitants. Il est
vrai aussi que les habitants de la Septaine étaient venus
à Bourges pour se faire soigner.....
Le XVI e siècle est donc celui
des grandes pestes, et cela va durer puisque la grande peste
de Londres date de 1655 et celle de Marseille est de 1720.
Sur un autre plan, le XVII e siècle
est caractérisé par l'installation de la municipalité
dans le palais Jacques Coeur, que la ville achète à
Jean Baptiste Colbert qui était le seigneur de Châteauneuf
sur Cher. Cela se fait le 30 janvier 1682 pour un prix de 33
000 livres.
Une histoire difficile pour Bourges
Le siècle commence bien puisque
depuis 2 ans, (1598, Edit de Nantes), la liberté de conscience
est accordée aux cultes. Mais cela ne va pas durer. On
note que c'est Henri IV qui est roi, et son ministre Sully est
un "régional", il fera construire Henrichemont
à deux pas de Bourges. Mais Henri IV est assassiné par Ravaillac le
14 mai 1610. Il ne sera jamais
venu à Bourges, Il avait fait faux bond aux autorités
quelques années avant.
En juin 1616, c'est Henri II de Bourbon
qui est un Prince de Condé qui est un des protecteurs
des protestants qui est nommé gouverneur du Berry. Et
aussi capitaine de la grosse Tour. Lorsque les Berruyers accueillent
le nouveau gouverneur et capitaine de la Grosse Tour, Henri II
de Bourbon, la ville n'est plus qu'un centre administratif dont
un bon nombre de monuments et d'ouvrages fortifiés sont
dégradés, l'économie exsangue et la population
affaiblie par les épidémies de peste.
Mais comme il est parent du roi, on lui
demande de revenir à la cour du roi, et on lui envoie
un émissaire, l'évêque de Luçon qui
est tout simplement Richelieu. Mais lorsqu'il arrive à
paris, Condé est arrêté sur les ordre de
Marie de Médicis qui dirige le royaume (c'est la mère
de Louis XIII) . Un nouveau gouverneur est nommé pour
le Berry, c'est François de Lagrange, maréchal
de Montigny. Il meurt un an plus tard, il est remplacé
par le maréchal de Vitry. (celui-la même qui avait
abattu Concini, le favori de la reine....).
A Bourges, il organise en juillet 1619,
le grand concours du meilleur tireur à l'arquebuse. IL
y aura plus de 650 participants et tout cela se passe aux Prés
Fichaux. C'est aussi de Vitry qui fait combler les fossés
des Arènes alors que Condé revient à Bourges
en avril 1621. Et là, il commence à mener une belle
vie.
Sur le plan national, Louis XIII est au
pouvoir et il met un terme à la féodalité,
il met en place le centralisme parisien et le pouvoir absolu
des rois de France. Pour de nombreuses provinces, donc pour Bourges
et le Berry, c'est un peu le début de la décadence.
Evènement important, le 7 septembre
1621, avec la naissance à paris de Louis II de Condé,
celui que l'on va appeler "Le Grand Condé".
Il a 5 ans, et on pense à lui, comme futur roi, aussi
il est reçu de manière enthousiaste à Bourges
le 5 ami 1626, et c'est dans la cathédrale de Bourges
qu'il est baptisé.
C'est alors que survient la grande peste
de 1628. Il y aura 5000 morts entre le mois de juillet et celui
de décembre. La ville va
avoir beaucoup de peine à s'en remettre.
Le futur roi Louis XIV
naît en 1638. Il va mourir
en 1715.
En 1643, le roi Louis
XIII meurt et c'est Mazarin qui
assure la présidence du conseil de Régence, c'est
à dire le pouvoir, avec Anne d'Autriche. En 1647 meurt
à son tout Henri II de Bourbon et son fils, le Grand Condé
devient gouverneur du Berry.
En
1651 le roi Louis XIV fait une entrée solennelle, c'était
le 5 octobre, il avait 13 ans. Il était accompagné
de sa mère Anne d'Autriche et du vieux Chancelier de Laubespine,
lequel était propriétaire du palais Jacques Coeur.
C'est au cours de ce séjour que
fut décidée la démolissions de la Grosse
Tour. Le roi restera à Bourges au Palais Jacques Coeur
jusqu'au 27 octobre. On raconte que le jeune roi (majeur depuis
1 mois) fit l'ascension de la tour Nord de la cathédrale.
En 1652, les chroniqueurs notent un "effroyable
et épouvantable tremblement de terre...".
C'est à cette époque de la
Grosse Tour est démolie et ce ne fut pas sans difficulté.
En 1658, c'est une vrai période
glaciaire qui tombe sur le Berry. Les gens avaient connu cela
en 1614 et 1622, avec de grands froids, mais cette fois, c'est
terrible. c'était vers le mois de février.
En 1682 et jusque vers 1699, l'intendant
de Bourges est un parent de Colbert, il a un nom devenu très
connu à Bourges, c'est Dey de Séraucourt.
Le grand siècle des constructions
classiques de Bourges
Il y a un paradoxe dans ce XVII e siècle
à Bourges, car la ville est à l'agonie pour mille
et une raisons, et pourtant elle se dote de nombreuses constructions
dites "classiques".
L'Eglise de Bourges et le prince de Condé
soutiennent la Contre-Réforme, encourageant l'installation
de nouvelles communautés religieuses (Minimes, Carmel,
Oratoriens, Ursulines, etc), les reconstructions d'abbayes (Saint-Ambroix,
Saint-Sulpice, Saint-Laurent) et les restaurations de couvents
et d'églises.
C'est au collège des Jésuites,
construit dans les années 1620 d'après les plans
du père Martellange, qu'est éduqué Louis
de Bourbon-Condé. Devenu à son tour gouverneur
du Berry, il mêlera la ville aux événements
de la Fronde. Cet échec se soldera par la destruction
de la Grosse Tour, en 1653, au grand soulagement de la population
qui y voyait le symbole de la guerre civile. Le pouvoir local
sera désormais aux mains des intendants du roi.
L'architecte berruyer Jean Lejuge, travaille à
Bourges de 1620 à 1650, répond à de nombreuses
commandes religieuses et municipales. La galerie de l'hôtel
des Echevins, l'hôtel du Bureau des Finances entre cour
et jardin, selon le type parisien, la reconstruction des abbayes
Saint-Sulpice et Saint-Ambroix, les bâtiments ajoutés
à l'Hôtel-Dieu, la chapelle Saint-Roch, etc, ainsi
que les hôtels qui s'inspireront ultérieurement
de son oeuvre, donnent à Bourges un bel ensemble d'architecture
classique.
L'Archevêque de Bourges , Michel
Phélippeaux de la Vrillière en 1677 fait appel
à un célèbre architecte parisien, Pierre
Bullet, pour reconstruire un palais archiépiscopal digne
de ses ambitions.
Face au portail sud de la cathédrale,
se déploie alors le nouveau palais de monseigneur l'archevêque.
Une seule aile est réalisée car cela coûte
très cher, et le roi Louis XIV ne veut plus rien donner...de
ce projet inachevé qui devait être "une des
merveilles de ce siècle" sera réalisé
à moitié. (il est actuellement occupée par
l'hôtel de ville).
Le jardin à la française
prévu pour l'accompagner est dû, non pas à
Le Nôtre, mais sans aucun doute à son école,
mais il ne sera aménagé qu'en 1733.
En 1685 c'est la révocation de l'Edit
de Nantes, ce qui va entraîner la destruction du Temple
protestant de Bourges et l'exil de nombreux ouvriers huguenots.
Dans ce périmètre de la ville
haute où se concentreront toujours les édifices
du pouvoir, se trouve aussi le grand séminaire (actuel
centre administratif) construit sur les plans de Pierre Bullet
qui fait appel à ... son fils à la fin du XVIIe
siècle.
Les tentatives manquées de
relance économique
Marché agricole dépérissant, place forte
dont les remparts sont ruinés, Bourges ne s'ouvre pas
davantage sur les échanges extérieurs. Les intendants
royaux qui se succèdent constatent l'absence d'esprit
d'entreprise des Berruyers et la pauvreté de la population.
Dans les dernières années du XVIIe siècle,
l'intendant Dey de Séraucourt crée des ateliers
de charité et emploie 600 personnes pour niveler le terrain
de ce qui deviendra l'esplanade Séraucourt. Au cours du
XVIIIe siècle, des manufactures de draps et d'étoffes,
"d'indiennes" et de coutellerie tentent de s'implanter
sans grand succès.
à suivre
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