Avec le début du XVI e siècle,
c'est une drôle de période pour Bourges. D'une part
la ville a été en grande partie détruite,
et c'est un véritable désastre. Mais dans le même
temps, c'est une reconstruction frénétique, assurée
par l'argent que le roi va verser, mais aussi par une volonté
forte des habitants de remonter la pente et de conjurer le mauvais
sort.
En 1500, le maire de la Ville de Bourges
se nomme Pierre du Breuil.
Quelques repères chronologiques
:
Charles VIII,
meurt en 1498
Louis XII
qui est le fils de Charles d'Orléans, fils de Louis d'Orléans,
assassiné en 1407. Ce roi Louis XII va régner de
1498 à 1515. Il viendra à Bourges et fera une entrée
remarquée. Il n'a pas de fils et le trône passe
à son " petit-cousin " François d'Angoulême,
fils de Charles d'Angoulême.,
François 1 er est né en 1494, il devient roi à
l'âge de 21 ans, en 1515, enfin une date connue, et il
meurt en 1547 après un règne de plus de 30 ans.
Henri II,
né en 1519, il est le fils de François 1 er roi
de 1547 à 1559
François II, est le fils de Henri II n'a pas eu de chance,
il ne reste roi qu'un an en 1559/1560.
Charles IX, lui
aussi fils de Henri II est né en 1550, il devient roi
en 1560, il a donc 10 ans et il va régner jusqu'en 1574,
c'est à dire durant 14 ans.
Henri III
devient roi en 1574, il est le frère de Charles IX, il
meurt en 1589. Et les Valois passent le trône aux Bourbons.
Henri IV,
il est né en 1553, il devient roi en 1589, jusqu'à
la rencontre avec Ravaillac en 1610.
Se relever du désastre de
1487
Lorsque l'on se promène aujourd'hui
dans le Bourges anciens, le nombre de maisons et de monuments
édifiés dans ces années là est considérable.
C'est une grande partie des maisons en
pans de bois, c'est l'Hôtel Dieu, l'Hôtel Lallemant,
l'Hôtel Cujas et quelques autres.
Le début du XVI e siècle
est particulièrement tragique dans la ville. A peine sorti
du Grand Incendie, c'est la tour Nord de la Cathédrale
qui s'écroule une nuit du 31 décembre 1506 dans
un fracas sans faire de victime. Mais deux portails de la façade
et les premières voûtes de la nef sont atteintes.
Il faudra trouver de l'argent pour reconstruire la tour Nord.
Et comme à l'époque on ne veut pas augmenter les
impôts, on organise une sorte de " téléthon
" qui consiste à donner de l'argent en échange
de ces offrande, les fidèles auront l'autorisation de
manger " gras " à Carême. Ce sera "
la tour de beurre ". Et la tour sera reconstruite avec les
conseils de l'architecte Guillaume Pelvoysin dans un style gothique
flamboyant.
Puis en 1522, c'est à dire quelques
années plus tard, c'est un tremblement de terre, des tornades
et une explosion rue de l'Alchimie
. Il devenait dangereux
de vivre au pied de la Cathédrale à cette époque.
Et un peu plus tard en 1529, ce fut le rivière l'Yèvre
qui déborda avec des crues considérables.
Louis XII vient à Bourges au début
de l'année 1509, et le 13 mars, il jura solennellement
à l'intérieur de la Sainte Chapelle de Bourges
d'observer " la Ligue de Cambrai ", qui avait pour
objectif le démembrement de la République de Venise.
Les reconstructions :
Outre la tour nord de la cathédrale,
il y a comme une frénésie de reconstruction de
la ville qui a brûlé en 1487.
C'est l'Hôtel des Echevins
reconstruit par l'architecte Jacques de Pigny dès
1492. Dans ce lieu, se retrouvèrent le pouvoir local de
la ville, avec selon les directives du roi Charles VIII, les
élections par les 4 quartiers de la ville de 8 élus
par quartier, ce qui fait 32 conseillers municipaux, comme aujourd'hui,
lesquels élisent le maire et 4 échevins, un par
quartier, comme les adjoints aujourd'hui.
C'est à partir de 1500, la grande
époque de la Renaissance à Bourges avec la présence
de l'architecte Guillaume Pelvoysin. On peut voir encore l'immeuble
Pelvoysin daté de 1541, qui est rue Pelvoysin et abrite
le siège de la Caisse d'Epargne.
Puis en 1515, c'est la construction par
Durant Salvi de l'Hôtel qui est devenu le
Musée du Berry.
Ajoutons deux églises de cette époque,
Notre Dame vers 1525 et Saint Bonnet un peu plus tard vers 1539.
L'Hôtel Dieu, dont on voit encore
la magnifique chapelle date de cette époque, c'est à
dire en 1525.
Enfin le chef d'uvre de la Renaissance
à Bourges avec l'Hôtel Lallemant, construit pas
cette grande famille de commerçants devenus des notables.
Ils seront à cette époque parmi les Chevaliers
de la Table Ronde de Bourges.
C'est aussi l'arrivée de grandes
dames en Berry, la première c'est la duchesse Jeanne
de France, fille de Louis XI,
qui va travailler sur la création du collège Saint
Marie, mais surtout elle sera à l'origine d'un ordre monastique,
celui des Annonciades.
On trouve aujourd'hui encore sa chapelle située rue du
95 e de ligne.
Elle fut la première duchesse du Berry.
Les deux Marguerites, duchesses de
Berry
Et puis c'est la présence dans ce
XVI e siècle des " deux Marguerites ". Ce n'est
pas simple à comprendre et chacun d'entre nous peut mélanger
l'une et l'autre.
Pour faire simple :
- La première est Marguerite
de Navarre, qui était la sur la plus aimée
de François 1 er, c'est une femme de lettre et le roi
lui donna son apanage le 11 octobre 1517. Elle s'appela tout
d'abord Marguerite d'Angoulême, duchesse d'Alençon
par un premier mariage.
Puis elle épousera Henri d'Albret, , et c'est ainsi qu'elle
deviendra en fait la grand mère du célèbre
roi Henri IV.
Elle fut la seconde duchesse du Berry.
Elle était belle et intelligente, elle fut très
présente dans son duché, organisant " les
Grands jours ", qui était une sorte de tribunal qui
avait la possibilité de juger les autres affaires de droit
de l'ensemble de la province. Une sorte de cour de cassation
avant l'heure.
Dans une période délicate sur le plan religieux,
elle était très tolérante.
Elle fit venir de Milan plusieurs professeurs de grande renommée
dont André Alciat, lequel était très proche
des idées de la Réforme. Il resta 5 ans à
enseigner à Bourges.
De même, elle fit venir Cujas. Et d'autres professeurs
parmi les plus grands de l'Europe, comme Melchior Wolmar.
On doit aussi à cette première
duchesse un essai de navigation sur l'Auron, en utilisant les
données des travaux réalisés à Vierzon
à la demande de Louis XII.
- la seconde est Marguerite de France,
qui est elle, le sur du roi Henri II. Le roi lui donna
son apanage en 1549. On la dénommait Duchesse Marguerite
de Valois. Elle était la nièce de la seconde duchesse.
Elle fut donc la troisième duchesse du Berry. Elle cumulait
aussi ce duché avec celui de Savoie.
Elle était cultivée et suivait les idées
nouvelles, que ce soit celles de l'enseignement que dans celui
plus délicat de la religion.
Elle suivait les idées de Michel de l'Hospital, le célèbre
chancelier, " le plus grand, le plus savant, le plus digne
et le plus universel qui fût jamais ".
Elle mourut en 1574.
Et les deux duchesses " Marguerite
" à plusieurs décennies d'intervalle vont
travailler pour développer l'Université de Bourges,
avec un grand succès.
" Bourges jouissait alors d'une autonomie comparable à
celle des plus puissantes cités libres d'Italie et d'Allemagne,
c'était un centre opulent d'industrie et de commerce,
en même temps qu'un foyer d'instruction et de perfectionnement
".
Le roi François 1 er en personne
venait à Bourges avec toute sa cours afin de suivre les
leçons du grand jurisconsulte Alciat.
C'est aussi Alciat qui fut le professeur de grands hommes à
Bourges comme Théodore de Bèze, Jacques Amyot et
Jean Calvin.
Jacques Amyot sera le précepteur du futur roi Charles
IX.
Jean Calvin fera ses études à
Bourges et sera aussi un peu professeur tant ses idées
nouvelles étaient fortes. On remarque à Bourges
la pierre de Calvin située place Gordaine et le couvent
des Augustins où il a sa chair
. Mais c'est sans
doute une légende.
Les guerres de religion à
Bourges
La ville de Bourges a rarement été
le siège de conflits importants dans toute son histoire.
Pourtant, les guerres de religion vont laisser des traces. La
raison, c'est la présence à Bourges d'une forte
puissance religieuse catholique et en face, le développement
de l'Humanisme et du protestantisme.
En mai 1562, la ville est prise par le
nord, vers l'Abbaye Saint Ambroix par les troupes des Huguenots,
ils ont à leur tête le comte de Montgoméry,
celui qui avait tué Henrri II en tournoi. Ils pénètrent
dans la ville et commence à la piller et surtout à
vouloir abattre tout simplement la Cathédrale Saint Etienne.
Ils commencent par mettre à terre et à briser les
statues de la façade de la cathédrale, puis ils
décident de placer de la poudre sous la tour Nord afin
de la détruire. Fort heureusement, comme les soldats avaient
soif et que la victoire était grisante, ils ont alors
bu plus que raisonnable et s'affalèrent pour
dormir.
La Cathédrale était sauvée. C'était
la veille de la Fête-Dieu.
En septembre 1562, la guerre de religion
se poursuit et cette fois ce sont les catholiques qui l'emportent
avec le duc de Guise et ils entrent dans la ville.
Des protestants sont massacrés, d'autres forcés
à l'exil.
Quant aux berruyers, ils suivent la bannière
du Maréchal de La Châtre qui est un des partisans
de ce qui s'appelle " La Ligue ", c'est à dire
les ultra catholiques de la famille de Guise.
Le 31 août, un accord est signé
par les deux partis, et le tout jeune roi, Charles IX fit son
entrée de manière triomphale dans la ville. IL
était en compagnie de la reine Catherine de Médicis
et resta 6 jours.
Et comme le siècle est un peu " pourri ", la
peste fait des ravages et termine les malheureux blessés
de la guerre civile. Ainsi les pestes se multiplient, en 1562,
la " belle année ", puis 1582, 1597 et plus
tard en 1628.
Les guerres de religion se poursuivent avec le point crucial
de la Saint Barthélémy, le 24 août 1572.
Comme toujours, le temps que l'information arrive à Bourges,
et c'est entre le 1 er et 10 septembre 1572 que les protestants
furent arrêtés et enfermés dans les prisons
de l'archevêque. Plusieurs notables protestants furent
massacrés le 11 septembre comme Pierre de La Grange conseiller
au Présidial ou Ragueau le notaire.
D'autres protestants comme Hughes Doneau seront sauvés
par leurs élèves
. Et s'enfuirent à
Genève.
Avec cet événement commence le déclin de
l'Université de Bourges. En effet plusieurs professeurs
quittèrent la ville.
Les protestants de Bourges qui réussirent
à s'enfuir s'en allèrent à Sancerre derrière
les murailles de la ville. On l'appela " la petite Rochelle
".
Henri IV, la visite manquée
En avril 1595, le roi Henri IV, sans doute
en souvenir de sa grand mère la duchesse de Berry, donne
l'apanage du Berry à Louise de Lorraine, qui était
tout simplement la veuve du feu roi Henri III.
Et on attendait le roi qui devait venir,
d'ailleurs plusieurs tableaux monumentaux avaient été
commandés au grand peintre local Jean Boucher, les tableaux
furent peints.
Enfin en 1598, le 15 avril c'est enfin
la liberté religieuse avec le célèbre Edit
de Nantes.
Et ce fut le 14 mai 1610 et sa rencontre
avec Ravaillac.
à suivre et à compléter