L'ORIGINE
DE LA BANQUE HERVET
La banque
Hervet, implantée à Bourges depuis les années
1830, prend une première fois son essor en 1872, lorsque
Albert Hervet "hérite" d'une petite banque
de province appartenant à ses deux oncles. Le "patron"
est appelé jusqu'à sa mort en 1918, "le philanthrope",
un qualificatif assez rare dans le milieu bancaire. Pour lui
succéder, à sa mort, son fils Georges, l'héritier
en titre, meurt de la grippe espagnole et c'est aux mains du
banquier-aviateur, Henri Hervet, le second fils, que la
banque commence son ascension dans un milieu très difficile.
Comme l'écrit Jean Dutourd, de 1920 à 1950, la
banque Hervet devient "le charme discret des guichets
de province", mais reste en prise avec l'époque.
Pour cette banque, la richesse nouvelle provient davantage de
la clientèle de l'industrie que de la gestion des patrimoines
mobiliers. Ainsi se développent les agences bancaires,
le Cher et l'Indre sont les deux départements qui possèdent
le plus de guichets par habitant.
Comme un jeune homme, Henri Hervet, en 1952, "accourt à
Paris", et si certains Berrichons pensent que la banque
"va perdre son âme" en devenant parisienne, le
résultat sera largement positif et édifiant.
C'est avenue de la Grande Armée que le patron berrichon
achète un minuscule Etablissement, situé en étage,
mais, prudent, il ne donne pas encore le nom d'Hervet à
cette banque, pour ne pas nuire à l'image de marque qu'elle
a, et ne pas la discréditer en cas d'échec. Un
an plus tard, dans cette même avenue, le nom d'HERVET apparaît
au fronton, c'est le succès, avec son image de banque
de province dynamique mais prudente, elle apparaît comme
un symbole de solidité et de sérieux.
Henri Hervet meurt
en 1971, et en une vingtaine d'années depuis 1951, la
banque Hervet est passée du soixante-quinzième
rang au vingtième dans le classement des banques françaises,
si l'on considère la valeur des dépôts réalisés.
Elle a eu un taux d'expansion exceptionnel de l'ordre de 20%
chaque année.
De la Place de la Préfecture à Bourges, à
l'Avenue de la Grande Armée, en passant par l'implantation
du centre informatique à Fussy, la banque Hervet, aux
mains de cet artiste d'Henri, devient un synonyme de la réussite
berrichonne.
A LIRE : Banque Hervet - 1830- 1980 par
Jean Dutourd (BY 21915)
Les 25 dernières
années :
Avec l'arrivée au pouvoir de la
gauche et du programme commun, les banques sont nationalisées
et la banque Hervet n'échappe pas à la mesure.
Aussi, le vénérable établissement est-t-il
nationalisé en 1982. Il ne semble pas que cela ait changé
quoi que ce soit.
Et comme rien n'est jamais simple, la banque
Hervet est à nouveau privatisée cette fois en 2001,
ceci s'effectuant par le rachat de la banque par le CCF, Crédit
Commercial de France.
Le nom va changer, et en Berry, au centre
de la ville, une nouvelle enseigne apparaît à la
fin de l'année 2005 :
On peut lire : HSBC HERVET
Les berrichons vont perdre leur accent
du terroir lorsqu'ils vont apprendre ce que signifie ce sigle.
En fait HSBC, cela veut dire Hong-Kong and Shanghaï Bankink
Corporation limited.....
Et oui, la banque berrichonne HERVET est
passée sous la coupe d'un groupe asiatique. Henri Hervet
doit se retourner dans sa tombe du cimetière des Capucins
de Bourges....
Les plus optimistes sont heureux, car ils
notent que le nom d'HERVET n'a pas disparu de l'enseigne locale
et parisienne, mais pour combien de temps ? Quant aux dirigeants,
ils sont optimistes et ils assurent que le centre informatique
de Fussy sera renforcé. Seul l'avenir dira ce qu'il en
n'est, mais c'est là un bel exemple de la "mondialisation".
( HSBC, un groupe multinational est présent
dans 77 pays, il gère près de 10 000 agences et
emploie 260 000 personnes)