LES
ROIS, DE (OU) A BOURGES
Chacun sait que Bourges est une ville royale,
ne fut-elle pas capitale de la France, celle du "Petit Roi
de Bourges", en 1422. Charles VII vivait alors entre Mehun-sur-Yèvre
et Bourges, alors que plus de la moitié du pays était
occupée par les Anglais.
Son fils, le Dauphin et futur Louis XI naîtra à
Bourges, à quelques pas de la cathédrale. S'il
reviendra souvent dans sa ville natale, et crééra
une prestigieuse Université, il n'en gardera pas un souvenir
impérissable.
Plus tard, François 1er,
saigna le pays et le Berry, par des impôts considérables,
afin de payer sa lutte contre Charles Quint. La Duchesse du Berry
était alors Marguerite d'Angoulême, soeur du roi,
elle s'intéressait beaucoup à son apanage, et encourageait,
autant se faire que peu, les arts et les lettres. Elle avait
beaucoup à faire pour rendre le régime populaire,
il faut dire que la période était rude, entre des
orages et un tremblement de terre, la population luttait contre
la peste.... et les bandes armées de soudards, au service
du roi.
Le 23 juillet 1524, la duchesse du Berry,
avec une suite composée du dauphin et de la reine-mère
entra dans Bourges. La ville était dans une noire misère,
mais, par devoir ou par contrainte, devant cet événement,
chacun fit des efforts, et ce fut une entrée "en
grandes pompes". Les échevins avaient changé
leurs vêtements, et le drap fut remplacé par du
satin.
Et c'est pour revoir "la famille"
que François 1 er vint de manière solennelle à
Bourges quelques temps plus tard. C'est pendant qu'il séjournait
dans la capitale du Berry, qu'il apprit la mort de sa femme,
la reine Claude de France.
Alors que la fronde
grondait en 1651, le prince de Condé, qui s'était
opposé à Mazarin vint à Bourges, accompagné
du prince de Conti et d'une suite importante. A cette époque,
Bourges possédait une forteresse constituée d'une
muraille infranchissable et d'une "grosse tour", alors
que Saint-Amand était aussi, à Montrond un lieu
fortifié. Conti, qui se comportait en gouverneur du Berry,
s'opposait au roi Louis XIV, lequel n'appréciait
plus les écarts des "grands" de ce monde.
Le roi envoya à Bourges des troupes pour remettre de l'ordre,
et lorsque Conti vit arriver les soldats, il s'en alla se réfugier
à Montrond, emmenant comme otage le maire de Bourges Claude
Biet. Mais Louis XIV tenait à voir lui-même l'action
de ses troupes et vint à Bourges. Il était accompagné
de la reine, coucha au château de la Chapelle d'Angillon,
avant de rejoindre la capitale du Berry.
C'est le 16 octobre 1651 que le cortège
royal fit son entrée dans Bourges, par la porte Sainte-Privé.
Le roi se rendit immédiatement au Palais Jacques Coeur,
lequel appartenait alors au marquis de Châteauneuf, Monsieur
Charles de Laubépine. Louis XIV vit partir ses soldats
en direction de Montrond, après avoir chargé M.
de Palluau de prendre la forteresse récalcitrante.
Du Palais Jacques Coeur, Louis XIV remit
la ville sous son autorité, en changeant les personnalités
locales en place par des hommes totalement voués à
sa cause, et pour répondre au voeux des Berruyers, il
donna l'ordre de démolir la "grosse tour", ce
qui fut fait en décembre de la même année.
Il promit que toutes les pierres de cet édifice de 38
mètres de hauteur seraient distribuées à
la population pour leurs propres constructions. En fait, les
pierres seront utilisées pour construire le grand séminaire,
lequel existe toujours, c'est le centre administratif Condé.
Louis XIV restera une dizaine de jours
à Bourges, ses troupes ayant délogé Condé
de Montrond, qui s'enfuya en Guyenne. Le roi retourna à
Paris, non sans avoir donné aux maires de Bourges le droit
de noblesse.
Franchissons les siècles, et retrouvons
Bourges qui, après avoir tranquillement vécu la
Révolution Française, continuait de s'assoupir
sur le plan culturel et économique. Le réveil viendra
avec le neveu de Napoléon premier, ce dernier n'ayant
jamais mis les pieds à Bourges.
UN
FUTUR EMPEREUR A CHEVAL
Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon
prit le pouvoir, avec le coup d'Etat qui mit bas la seconde République.
Comme souvent, pour les dictateurs, il se décida à
faire des tournées en province, et commença par
le Centre et le Midi.
Il débuta son périple par
le Berry, et prit à Paris, le train qui arriva en gare
de Bourges le mardi 14 septembre 1852, à 6 H 15. Dès
sa descente du train, il entendit les 101 coups de canon et serra
la main des autorités locales, à la tête
desquelles se trouvait Pierre Planchat, le maire de la ville,
élu depuis 1848.
Nous étions à une époque de transition,
puisque, aussitôt descendu du train et l'accueil terminé.....
il monta à cheval, accompagné, à ses côtés
de Pierre Planchat. Chevauchant entre une haie de soldats formés
par les Gardes nationales du département, le cortège
s'ébranla, alors que sonnaient à toutes volées
les cloches de la cathédrale.
Une foule énorme était venue,
les rues étaient pavoisées de fleurs et de banderolles,
certaines draperies, représentant des aigles n'étaient
pas innocentes. Sur quelques unes, des Berruyers facétieux
ou visionnaires avaient écrit :
Vive Napoléon suivi de trois points d'exclamations, ce
qui pouvait vouloir dire aussi, Vive Napoléon III.
Comme toujours, la première étape se devait de
passer à la cathédrale, où le Prince-Président
fut reçu par le Cardinal Du Pont, entouré de 150
prêtres, lesquels proposèrent à l'illustre
visiteur, un Te Deum. Il fut logé dans le palais de l'Archevêque,
dans les appartements duquel se trouvaient, nous disent les chroniqueurs,
"une trentaine de jeunes filles avec des fleurs".....La
soirée se poursuivit par un grand diner, précédant
un magnifique feu d'artifice tiré sur la place Séraucourt.
C'est pendant ce feu d'artifice que fut ouvert le bal de la préfecture,
le prince-Président ayant proposé la première
danse à l'épouse du préfet, M. Pastoureau.
C'est dans ces instants que la foule, tout en admirant les feux
de bengale qui embrasaient la cathédrale, lança
pour la première fois, des cris du type "Vive l'Empereur".
Le lendemain, après avoir reçu
l'ensemble des personnalités du département, puis
passé en revue les troupes, il retourna à la cathédrale,
alors que la foule, évaluée "par les services
de police" à 100 000 personnes applaudissait à
tout rompre et lançait, cette fois, sans aucune retenue,
les cris de "Vive l'Empereur".
Nous étions le 15 septembre 1852,
et alors qu'il était 13 heures, tout en reprenant le train
pour continuer son périple en Berry par nérondes
et La Guerche, le Prince-président devait songer à
ces ovations des Berrichons, certains historiens pensent qu'il
en a tenu compte puisque le 2 décembre suivant, ilprit
le nom de Napoléon III, empereur des français,
comme son tonton !
La République ayant remplacé
l'Empire, Bourges verra apparaître des Présidents
de la République, et le premier Président de la
République à avoir visité Bourges fut Mac-Mahon
en 1877. Mais une des visites importantes qui reste, aujourd'hui
encore dans la mémoire des Berruyers, est celle d'Albert
Lebrun, le dernier Président de la "troisième".
UNE
VISITE PRESIDENTIELLE : ALBERT LEBRUN
C'est au mois de novembre 1937 que fut
décidé le principe de faire inaugurer la Foire
Exposition, XIXieme du genre, par Le Président de la République
en personne, c'est alors Albert Lebrun qui occupe cette fonction.
Après plusieurs péripéties, demandes d'audiences
et autres entrevues, la visite fut fixée au 25 juin 1938.
Mais l'emploi du temps du premier personnage de l'Etat n'est
jamais très flexible. Aussi, le 16 avril 1938, un communiqué
de l'Elysée informa le pays et le Berry, que Monsieur
Albert Lebrun "répondant à l'invitation qui
lui avait été faite, se rendrait à Bourges
le 18 juin prochain". Le 18, ce n'est pas le 25 ... et il
fallut, dans ces conditions, après avoir écarté
l'erreur de frappe, modifier les dates d'ouverture et de clôture
de la Foire Exposition de Bourges.
L'organisation de la visite se poursuit,
c'est le décret du 14 juin portant sur le stationnement
et le parcage des voitures automobiles, c'est aussi la demande
à Monsieur l'Archiprêtre de la Cathédrale
et Messieurs les Curés des paroisses de Notre-Dame, Saint
Bonnet et Saint-Pierre-le-Guillard, qui reçurent la lettre
suivante signée du libre-penseur Laudier :
"A l'occasion de la visite de M. le Président de
la République, j'ai l'honneur de vous prier de bien vouloir
donner des instructions au personnel sous vos ordres pour que
les cloches de votre église soient sonnées à
toutes volées, le samedi 18 juin 1938 à 10 h 45."
Aussi, conformément au protocole,
Albert Lebrun arrive en gare de Bourges à 10 h 45, il
est accueilli par le Sénateur Maire Henri Laudier. Le
Président de la République est accompagné
du Ministre de l'Air, Guy La Chambre, de celui de l'Education
Nationale, Jean Zay, du Ministre du commerce Gentin, et de nombreuses
personnalités militaires. Albert Lebrun passe en revue
la compagnie d'honneur du 95e régiment d'infanterie, tandis
que la musique de La Marseillaise retentit sous la baguette du
chef Dubois. C'est ensuite le passage devant des enfants en costume
traditionnel berrichon, alors que la petite Geneviève
Gautier lit un compliment du au talent du poète local
berrichon, Hughes Lapaire. Contrairement au Prince-Président,
Lebrun et Laudier ne montèrent pas à cheval.....
mais prirent une voiture.
Dans une visite présidentielle,
même sous la troisième République, le plus
important, ce sont les discours. Après les remerciements
d'usage, le contenu est souvent intéressant, d'autant
plus que la période s'y prête. Le premier discours
de Laudier à l'Hôtel de Ville, assez conventionnel,
évoque uniquement "ce coeur de France qui a toujours
compris son devoir et qui dans toutes les circonstances et les
périls de la patrie, a su donner généreusement
le sang de ses enfants ou pourvoir aux plus pressants besoins
de la Défense nationale".
Albert Lebrun répond lui aussi de manière assez
classique, puis il rappelle qu'il est venu à Bourges,
"il y a neuf lustres, c'est à dire si je sais bien
compter, quarante cinq ans", il reviendra plus longuement
sur cette période, cette partie de discours ayant profondément
marqué les berruyers.
A la Cathédrale, le Président
de la République est accueilli par Monseigneur Fillon,
l'Archevêque de Bourges, avant de s'en aller inaugurer
la Foire Exposition. Là, les discours sont plus concrets,
Laudier dira par exemple : "Il nous faudra bientôt
songer à créer un Palais de la Foire, à
souder le Parc des Expositions, le Parc Zoologique et le Muséum
d'Histoire Naturelle au Parc des Sports projeté, présentant
ainsi un ensemble harmonieux où se conjugueront toutes
les manifestations créatrices du génie français
; d'un côté le commerce, l'industrie, l'agriculture,
le travail, les métiers et la technique, de l'autre les
sports et l'éducation physique". Sur ce thème,
c'est Gentin, le Ministre du Commerce qui va répondre
en insistant sur la nécessité pour les industries
d'exporter. Ce discours avait une connotation très moderne.
Comme dans toute réception à
ce niveau sous la Troisième République, il y a
un temps pour les discours, un autre pour le banquet. Celui-ci
se déroule à la Halle au blé et sont invités
687 convives, dont 44 à la table officielle afin de déguster
le menu suivant :
Les Petits
pâtés berrichons
La Galantine de Volaille Truffée
Le jambon à la Gelée
Le Brochet de la Loire
Sauce Hollandaise
Le Gigot du Berry à la Printanière
Les Asperges Sauce Mousseline
Le Poulet de Grain Roti Charles VII
La Salade des Ribauds
Les "Crottins" de Chavignol
Les Gauffrettes Vanillées
Les Fruits Divers
Les Mignardises Berriaudes
Café-Liqueurs
Les Vins
Régionaux:
Le Blanc
de Quincy
Le Rosé et le Rouge du Sancerrois
Le Chavignol (cuvée spéciale)
suivaient d'autres vins comme un Bourgogne,
un Chambolle Musigny 1929 et un Champagne Piper Heidsieck-Lanson,
Au dessert, à nouveau des discours, Laudier raconte longuement
l'histoire de Bourges, de César à la période
comtemporaine. Il termine son propos en décrivant sa perception
du berrichon :
" Ce Berrichon pacifique, parfois peut-être "un
peu pêcheur de lune", est croyez-moi un amant passionné
de la démocratie.
Démocrate sincère, à la fois fervent et
pondéré, il ne répugne à aucune réforme
sociale si audacieuse soit-elle, mais il estime qu'elle doit
se réaliser dans la légalité et la paix.
Prudent, avisé, clairvoyant, il évite les querelles,
il aime ardemment la probité, le respect du bon sens,
l'ordre et le travail.
Le Berrichon, à l'intérieur désire que l'on
mette un terme aux agitations stériles et à l'outrance
des passions partisanes. A l'extérieur, il exige une paix
forte et durable".
Au cours d'autres discours, des personnalités locales
s'exprimeront, M. Gestat, le Président du Conseil Général,
puis M. Mauger le Doyen des parlementaires. Et ce fut la réponse
attendue d'Albert Lebrun, il remercia les précédents
orateurs avant de se souvenir de Bourges :
"J'ai gardé un attachement particulier pour votre
Ville, elle se relie dans ma mémoire à l'une des
années les plus vivantes et les plus agréables
de ma jeunesse.
C'est ici qu'en 1892 et 1893, j'ai accompli une année
de service militaire en qualité de sous-lieutenant au
1er régiment d'artillerie de campagne.
Ici, en Berry, je me trouvais transporté dans une existence
nouvelle de liberté, de grand air, de sport. Magnifiques
randonnées à cheval à travers le polygone
tout au long de jolis chemins d'herbe de la campagne berrichonne...."
Il poursuivit longuement en se rappelant
quartier par quartier, les transformations qu'il avait déjà
observées, puis il fit à son tour l'historique
des Etablissements Militaires et de l'Usine d'Aviation, avant
d'évoquer les problèmes politiques de l'heure,
en quelques phrases bien structurées :
Il n'est pas un français, si éloigné
soit-il des avenues de la politique, qui ne comprenne la gravité
de l'heure, qui ne sache avec quelle activité des pays
situés à nos portes accumulent les instruments
de guerre et qui ne doivent être prêts à concourir
au salut de son foyer, de sa famille, de la patrie en acceptant
de collaborer au grand labeur national dans la limite de ses
forces.
Ainsi, Albert Lebrun demandait à
ses compatriotes de "relever les manches", surtout
dans les industries de productions de matériel militaire,
il le redira tout au long de cette journée. Il y a dans
ses propos, la vision de la guerre et de la défaite d'un
pays qu'il sent mal préparé, à la fois sur
le plan matériel et moral. La chanson à succès,
dans ces années-là n'est-elle pas "tout va
très bien Madame la Marquise"....
Après ce repas de légende, l'après midi
fut consacrée à la pose de la première pierre
des bâtiments du nouvel Hôtel-Dieu. Le Président
manipule avec une grande expérience ces types d'instruments
que sont la truelle et l'auge.
Toujours dans l'après midi, Albert Lebrun effectuera une
rapide visite de l'Aérogare, il faut dire qu'il n'y a
qu'un seul bâtiment à découvrir, il se fait
néanmoins expliquer par les représentants de la
Maison Hanriot, et en particulier par Marcel Haegelen, les caractéristiques
des nouveaux prototypes de la firme berruyère. Ensuite,
il s'en ira au quartier du 105e R.A.L., là même
où il passa une année à la fin du siècle
précédent. La presse locale signale qu'il ne peut
pas cacher en cet instant, une certaine émotion.
La fin de la visite est classique, en retournant vers la gare,
il fait une halte au Jardin des Prés-Fichaux, et c'est
à 18 H 30 que le train présidentiel s'ébranle
après une des grandes journées qu'a connu la Ville
de Bourges.
Dernière visite importante et historique, c'est celle
de De Gaulle, il vint à Bourges en 1951, puis en 1959,
c'est sans aucun doute cette visite qui a le plus marqué
la population.
Robert Lechêne qui était scolaire
à cette époque, se souvient de cette visite d'Albert
Lebrun, en rappellant ce moment historique :
"nous fûmes conduits et alignés
au Champ de Foire en rang plus serrés que le 95 °
d'infanterie. Je ne me souiens pas si nous y vîmes le Président".
DE
GAULLE A BOURGES
Cette visite de De Gaulle à Bourges,
le 7 mai 1959, un an après son retour au pouvoir apparaît
comme un des grands moments de la vie politique locale. C'est
le pendant à la visite en 1938 du Président Lebrun.
La situation du pays est grave, le problème algérien,
pour lequel De Gaulle a été "rappelé"
au pouvoir n'est pas résolu, et les relations entre Alger
et Paris ne sont pas au beau fixe. Il commence à y avoir
comme une ambiguïté sur les actions et négociations.
Boisdé est le tout nouveau maire
de Bourges, doit recevoir le Général qui a atterri
à Avord à 9 h 45 à bord d'un avion S.O.
Bretagne. Comme il ne visitera pas l'usine Nord-Aviation, par
manque de temps, une exposition de missiles a été
organisée sur la base, et De Gaulle écoute avec
beaucoup d'intérêt les explications du directeur
de l'Etablissement berruyer, Raymond Puisségur ainsi que
ceux d'Emile Stauff, le grand ingénieur, l'homme qui a
créé en France après la guerre, l'industrie
des missiles. Le P.D.G. de Nord-Aviation, M. Mazer, lui aussi
descendu de Paris pour la circonstance, montre les missiles SS10,
SS11 ainsi que la tout "petit dernier", le SS12. En
allant rejoindre la DS 19 décapotable, le cortège
passera devant les avions de la firme berruyère comme
le N 3400 ou le NordAtlas 2508.
Le cortège présidentiel comprend
outre le Général, deux ministres, Michelet, Garde
des Sceaux et Bokanovski, secrétaire d'Etat à l'Intérieur
ainsi que Gaston de Bonneval, son aide de camp. Par la
route, à une vive allure, de Gaulle rejoint Bourges par
Savigny-en-Septaine où ils passent sous un arc de triomphe
réalisé par les villageois. Ce fut ensuite un arrêt
à l'orphelinat de la police d'Osmoy, où 200 enfants
lui ont chanté la marche lorraine.
C'est en compagnie du préfet, M.
Virenque, que le Général arrive en cité
berruyère, Boisdé attend devant les grilles de
la Préfecture, une courte réception se déroule
avant que le nouveau maire ne conduise son illustre hôte
jusqu'à l'Hôtel de Ville. Dans la Salle des Mariages,
chaque adjoint est présenté, puis ce sera le tour
des notabilités berrichonnes. Ensuite le général
prononcera une courte allocution devant quelques maires des communes
du Cher, avant d'aller se reposer quelques instants.
Raymond Boisdé, ému, présentera
sa ville, en des termes bien choisis :
"Permettez au 150 e maire de la "bonne ville"
de Bourges de vous exprimer son émotion, sa fierté
et celle de ses concitoyens".
Puis il évoque en vrac, Jeanne d'Arc, Tite Live, Avaricum,
Charles VII et Jacques Coeur, avant de poursuivre par une vue
synthétique des réalisations berruyères
:
"La ville de Bourges présente
actuellement un vaste programme de logements et d'usines, de
centre culturel et de Cité Universitaire".
Le livre d'Or devait être signé
au premier étage, mais dans la confusion et la bousculade,
il y eut un oubli, et ce fut la cavalcade dans les escaliers
pour récupérer le livre et le ramener à
de Gaulle, afin qu'il y mette son illustre signature.
Parmi les précautions prises, sur le plan de la sécurité,
il est à noter qu'il y eut 3 aller-retour entre la préfecture
et l'hôtel de ville, et chaque fois, le circuit du Général
fut différent, ce qui devait poser quelques problèmes
aux responsables de la sécurité, car les possibilités
de variante sont très limitées.
Dans le court laps de temps disponible, De Gaulle accordera trois
audiences particulières, une à Mgr Lefèbvre,
une seconde à Arnaud de Vogüe, le colonel Colomb
de la Résistance, et enfin au Général Bailly
qui fut un de ses anciens officiers.
A 12 H 12, De Gaulle descend des salons de l'Hôtel de Ville
pour rejoindre le podium situé place Etienne Dolet.
Devant une foule énorme que les uns situent à 3000
personnes et les autres à plus de 10 000 le Général
s'adressera aux Berruyers, mais surtout au pays. Ce discours
entrera dans l'histoire sous le nom "du discours de Bourges". De Gaulle fera en effet de nouvelles propositions
sur l'avenir de l'Algérie. Il parlera de la pacification,
mais commencera, comme souvent, en professionnel de la communication
qu'il était devenu par ces mots :
"Bourges, Vieille, Chère, noble ville française,
capitale de la France si longtemps, aujourd'hui en plein essor.."
Et ce fut la partie politique :
"L'Algérie, l'Algérie nous préoccupe
tous profondément. L'Algérie est une vaste, une
grande question que nous devons résoudre.
Je le dis à Bourges, sans fixer, bien entendu aucune date,
sans avancer aucune promesse, sans me vanter d'aucune outrecuidance,
je dis que le jour est en vue où l'Algérie sera
pacifiée grâce à une compréhension
générale de tous ceux qui l'habitent pour aboutir
à une transformation profonde de ce pays et afin que tous
ses enfants - je dis tous ses enfants- puissent disposer de leur
sort de du sort des terres qu'ils habitent. Je le dis en toute
connaissance de cause".
Ces mots seront largement repris par l'ensemble
de la presse nationale et internationale, il s'agissait d'une
étape importante devant mener à la fin du conflit.
Comme
toujours De Gaulle évoquait aussi les problèmes
de la planète, et à Bourges il répéta
sa position sur le tiers-monde en des termes peu équivoques
en s'adressant aux Grandes Puissances :
".... Leur devoir, puisqu'ils sont
les plus riches, les mieux pourvus et les plus forts, leur devoir,
c'est d'aider les autres, ceux qui sont dépourvus, ceux
qui sont sous-développés"
Et le grand homme termina ainsi son propos, comme à l'accoutumée
par un fort et vibrant :
"Vive Bourges, Vive le Berry, Vive la République,
Vive la France.
Et bien, puisque nous sommes d'accord sur les grands sujets,
mes chers concitoyens, nous allons l'exprimer en chantant tous
ensemble, en chantant au milieu de ces magnifiques monuments,
notre hymne national : la Marseillaise"
Et la foule entonna et chanta avec De Gaulle
avant de se disperser, il était 12 H 33.
A 13 heures, un repas est prévu
puis; à bord de la DS 19 présidentielle, De Gaulle
s'en va vers Issoudun. Il fera une halte à Saint-Florent,
puis une autre à Charost, dans ce village, les habitants
avaient pensé que le Général donnerait le
coup d'envoi d'un match de foot...... Il ne faut pas exagérer,
le Général s'arrêta, serra quelques mains,
et repartit sans avoir donné de coup de pied ans le ballon.
Après De Gaulle, Pompidou devenu
Président de la République ne viendra pas à
Bourges, pas plus que M. Giscard d'Estaing, ces deux personnalités
ayant connu la ville avant leur élection au plus haut
niveau. Le premier lors de l'inauguration du lycée Alain
Fournier, le second pour l'ouverture de la foire de Bourges.
Quant à M. Mitterrand,depuis son élection en 1981,
il viendra plusieurs fois à Bourges, soit en visite privée,
soit, de manière plus officielle, comme au cours du Printemps
de Bourges en 1986, où il assista au concert de Karim
Kacel et de Bernard Lavilliers.
MITTERRAND
à Bourges
Parmi les visites du président
Mitterrand à Bourges, deux sont à signaler car
elles furent "officielles,ce fut en avril 1987, puis en
1995, à la toute fin de son second mandat.
Avril1987
C'est la période de cohabitation,
le président Mitterrand a du temps et ... il vient au
Printemps de Bourges, ce devait être un 20 avril. Il n'était
pas annoncé, il viste un peu les allées, puis vient
discètement d'asseoire pendant le tour de chant de Karim
Kacel, peu de monde a remarqué sa présence. Il
partira tout aussi discrètement, pour aller s'entretenir
avec Bernad Lavillier qui passait en vedette sous le châpiteau.
Il reviendra quelques semaines plus tard
à La Groutte, assister aux obsèques de son ami
Fajardie.( (31 août 1987).
mars 1995
L'inauguration de l'Hôpital est très
officielle, le vendredi 24 mars 1995, est l'occasion d'un
des derniers voyages du président François Mitterrand
quelques semaines avant de quitter le pouvoir. Une occasion de
revenir au pays d'une partie de sa famille, et de donner sa préférence
à Bourges en vue des prochaines échéances
électorales.
Le Président arrive vers 11 H 30 en avion, accueilli par
le préfet Victor Convert, il rejoint à l'hôtel
de ville, le maire Jean Claude Sandrier, les élus et les
parlementaires du Cher. Après la signature du livre d'or
et la présentation du Conseil municipal, il repart vers
le nouvel hôpital de Bourges.
Sur le Livre d'Or
Selon l'avis de toutes les personnes présentes,
François Mitterrand parait très fatigué,
la maladie le ronge
.. il quitte le pouvoir dans quelques
jours. Il est accueilli par Christiane Coudrier, directrice de
l'hôpital, et c'est le temps des discours, très
courts en la circonstance.
L'hôpital de Bourges qui prendra le nom de Jacques Cur
comprend un effectif de 1600 personnes dont 160 médecins.
Jacques CHIRAC à Bourges en 2000
Quelques mois plus tard, le jeudi 5 octobre
2000, c'est la visite du président de la République,
Jacques Chirac pour le Cher et Bourges. Le chef de l'Etat a toujours
eu des relations privilégiées avec Serge Lepeltier.
Député, maire ou sénateur, depuis toujours,
ce dernier a été un fidèle de Chirac, de
"ce gaullisme souvent considéré comme pur
et sans faille". Cette visite est aussi un intermède
dans la période mouvementée que traverse le chef
de l'Etat aux prises avec "les affaires de la mairie de
Paris" au temps où il en était le maire. Venir
à Saint Amand, Bourges ou La Borne, c'est reprendre un
peu de cet oxygène de la France profonde, loin des turpitudes
parisiennes.
Peu de monde sur la toute nouvelle place Etienne Dolet, où
sont passées autrefois les foules gaullistes du Général.
Mais Jacques Chirac serre toutes les mains, avant de prononcer
un discours très fort sur Bourges et son maire.
Ensuite, Serge Lepeltier présente
sa ville avec beaucoup de détermination, insistant sur
le virage pris dans le domaine économique avec la diminution
de l'activité d'armement. Et comme cadeau
. Il remet
une caisse de bière de Bourges, que le Président
dit apprécier.
Le repas du midi s'est déroulé
à la préfecture en petit comité. Le menu
est assez différent lorsque l'on se reporte à ce
qui fut mangé par le président Lebrun en 1938 !
Ainsi, le Président Chirac eut :
Crottin de Chavignol
chaud sur lit de salade
Poulet en barbouille
et sa garniture forestière
Poire belle Hélène
Et c'est tout ! Certains dirent que c'était
à la demande de Jacques Chirac qui avait tendance, ces
dernières semaines " à prendre du poids ".
En s'en allant vers La Borne, le président
de la République fait une halte à l'usine de cogénération,
la chaufferie dont Bourges est très fière. Cette
technique a été installée en mars 1997 par
la Cogetherm, filiale d'EDF. Cela permet pour chauffer les 6600
logements HLM de la ville, d'utiliser du gaz à la place
du charbon, et de produire de l'énergie thermique avec,
en prime de l'électricité. Un "plus"
pour l'environnement, les centrales au charbon d'avant 1997 étant
parmi les plus polluantes.
Pour en savoir plus, lire
- les fascicules de Suzanne Portier
- l'ouvrage de l'auteur : l'Histoire de
Bourges au XXe siècle en 3 volumes
-
- Nicolas SARKOZY à Bourges
-
- Ce fut du "viendra - viendra pas"
pendant plusieurs jours en cette mi juin 2008.
- Nicolas Sarkozy devait venir à
Bourges en Avril 2008, afin d eparler d'enseignement, semble-t-il,
mais cette semaine était celle du printemps de Bourges
et une visite présidentielle à ce moment devenait
impossible.
- Alors ce sera le vendredi 13 juin 2008.
- Le président arrive en avion vers
10 H 30 à Avord et s'en va visiter l'Hôpital Jacques
Coeur, car cette physique est sur le thème des soins palliatifs.
- Au lieu de passer comme c'est souvent
le cas 1/2 heures en visite, il s'attarde, écoute, pose
des questions. Il reste une heure ou presque de plus que prévu.
Il est accompgné de Roselyne Bachelot ministre de la santé
et du maire de Bourges Serge Lepeltier..
- Puis il "fonce" au Palais d'Auron
avec 65 minutes de retard, quadrillé par des forces de
police comme jamais les Berruyers n'en avaient vues.
- Il assiste alors à une table ronde
sur les soins palliatifs.
- Cela dure une heure, c'est de très
haut niveau, en particulier ses mots sur la fin de vie sont émouvants.
- Puis c'est le transport vers Asnières
pour rencontrer les militants de l'UMP qu'il va "remonter"
en ces périodes de doute sur sa politique, et de mauvais
sondages.
- Voici ce que disent les agences sur
ce déplacement :
-
- Soins palliatifs: Sarkozy annonce
un plan de 230 millions d'euros et il veut en faire "une
priorité absolue"
-
- Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi
à Bourges un plan de développement des soins palliatifs
d'un montant de "230 millions d'euros" prévoyant
le doublement, de 100.000 à 200.000, en quatre ans du
nombre de patients pris en charge.
- "On va faire passer le nombre
de personnes prises en charge de 100.000 à 200.000"
d'ici à 2012, grâce
à un plan de "230 millions d'euros", afin que
"les gens puissent mourir dignement",
a déclaré M. Sarkozy lors d'une table ronde avec
des associations et praticiens spécialistes au cours d'un
déplacement à l'hôpital de Bourges.
-
Le président français a dévoilé à
Bourges les grandes lignes de son plan de développement
des soins palliatifs, d'un montant de 230 millions d'euros. Ce
plan prévoit le doublement des patients pris en charge,
afin que "les gens puissent mourir dignement", a-t-il
déclaré.
-
-
- Nicolas Sarkozy a dévoilé
vendredi 13 juin à Bourges (Cher) un plan de développement
des soins palliatifs de 230 millions d'euros, qui prévoit
notamment le doublement de 100.000 à 200.000 le nombre
de patients pris en charge d'ici 2012.
"Il faut mettre aussi des moyens sur ceux qui sont condamnés
-je ne sais pas si vous êtes choqués que je parle
comme ça- à qui il reste quelques semaines, quelques
mois, peut-être trois mois à vivre, qui doivent
pouvoir vivre sans douleur, sans être humiliés,
dignement et étant entourés des gens qu'ils aiment",
a-t-il dit lors de sa visite.
"On va faire quelque chose qui est très important
à mes yeux, c'est de mettre une culture du soin palliatif
et de la lutte contre la douleur dans la formation médicale",
a-t-il poursuivi en ajoutant: "Naturellement, le médecin
est là pour la vie mais il doit être là aussi
au moment de la mort".
- "Il ne faut pas simplement proposer
un service"
- Devant les équipes chargées
des soins palliatifs à l'hôpital de Bourges, il
a affirmé que "la prise en charge des personnes en
fin de vie est une priorité absolue". Pour lui, "il
ne faut pas simplement proposer un service" mais aussi intégrer
"une vraie culture" car "tout le monde est confronté
à la fin de vie". "On ne doit pas se préoccuper
que de la recherche de pointe mais aussi du soulagement de la
douleur, de l'accompagnement des familles, de la formation des
médecins à la fin de vie qui n'existe absolument
pas aujourd'hui ou trop peu".
Le chef de l'Etat a ensuite détaillé son plan de
développement, la première priorité étant
de faire passer en quatre ans de 100.000 à 200.000 le
nombre de patients en fin de vie pris en charge. Il a annoncé
la création de 1.200 nouveaux lits "de soins de suite"
dans les hôpitaux pour les cas les plus lourds, contre
300 aujourd'hui. Seconde priorité: la formation des praticiens.
"Le médecin est là pour la vie mais il doit
être là aussi au moment de la mort", a dit
Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde. Le plan prévoit
aussi la création de 75 nouvelles équipes mobiles
qui s'ajouteront aux 337 qui interviennent déjà
auprès des malades.
- 230 millions d'euros jusqu'en 2012
- Quelque 230 millions d'euros supplémentaires,
prélevés sur les recettes issues des franchises
médicales, seront donc consacrés jusqu'en 2012
à ce plan. En 2006, 553 millions d'euros avaient été
consacrés par l'Etat aux soins palliatifs. Imposées
le 1er janvier dernier, les franchises médicales sont
censées rapporter 850 millions d'euros par an à
l'Etat, destinés à la lutte contre la maladie d'Alzheimer
et le cancer, et aux soins palliatifs.
Arrivé peu après 11h par avion, le président
de la République est reparti vers 13h. Avec la ministre
de la Santé Roselyne Bachelot, il a rencontré des
syndicats d'infirmiers, échangé avec des équipes
médicales mais aussi des membres d'associations. Après
avoir visité le SAMU ainsi que le centre de régulation
de l'hôpital, il a participé à une table
ronde sur les soins palliatifs dans une des salles du Palais
d'Auron de Bourges. (AP)
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- M. Sarkozy avait fait, dès avant
son élection, des soins palliatifs et de la maladie d'Alzheimer,
deux "grands chantiers" présidentiels.
- L'objectif du doublement de l'offre de
soins palliatifs passe par la création de 1.200 lits supplémentaires
dans les unités de soins palliatifs des hôpitaux
et le développement des structures d'accueil extrahospitalières,
selon l'Elysée.
-
- Le plan prévoit en outre la création
de 75 nouvelles équipes mobiles qui s'ajouteront aux 337
qui interviennent déjà auprès des malades.
- Le deuxième objectif du plan vise
à développer la culture des soins palliatifs, avec
un effort de formation et d'information pour les personnels soignants
et d'accompagnement, d'accompagnement des familles, ainsi qu'en
matière de recherche.
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