Petite Histoire de la vigne et du
vignoble
La vigne sauvage est une liane qui poussait
sur les arbres des lisières et ripisylves jusqu'à
plusieurs dizaines de mètres de hauteur
Le vin et la vigne : des origine
lointaines
La vigne et le vin, une belle histoire
qui remonte aux premiers hommes de l'humanité.
Il y a la légende, belle légende,
celle d'Adam et Eve qui sont chassés du paradis terrestre
et Adam pour protéger son corps veut voiler une partie
de ses parties intimes et il met devant son sexe une ou des feuilles
de vigne.... Selon l'imaginaire du dessinateur.
Plus tard, c'est Noé qui, après
le déluge commence sur la terre retrouvée par planter
un pied de vigne selon la Génèse, il avait dû
conserver ce plan de vigne dans son arche. Et la cathédrale
de Bourges évoque cet épisode dans la pierre.
Enfin, le premier miracle de Jésus,
c'est au cours des noces de Cana, et là, catastrophe,
il n'y a plus de vin dans les jarres et Jésus fait son
premier miracle, transformant l'eau en ... vin.
Petite Histoire chronologique de
la vigne et du vin
Les premières traces de ceps de
vigne cultivées ont été relevées
sur les flancs du Caucase, dans l'actuelle Géorgie et
datent d'il y a plus de 7000 ans. C'est dans le village Shoulaveris
Gora que l'on a trouvé des vestiges de vigne et de vin
datant de 5000 à 5600 avant notre ère.
La première représentation
des procédés de vinification est le fait des Égyptiens,
remontant au IIIe millénaire avant Jésus Christ,
avec des bas-reliefs représentant des scènes de
pressurage et de vendange, datant de 2500 av. J.-C..
Les Grecs et les Phéniciens, producteurs
eux-mêmes, implantèrent la vigne dans tout le bassin
méditerranéen au cours de leurs nombreux voyages,
entre 1500 et 500 av. J.-C.
Exportée par les Grecs, la vigne
s'implanta en Italie ; les Romains en développèrent
la culture et avec elle l'industrie du vin.
Ce n'est qu'aux environs de 600 av. J.-C. que les Phenicéens,
en créant Massilia (Marseille), implantent la vigne en
Gaule celtique.
En 102 avant JC, Posidonius écrit
sur la manière de se nourrir des Celtes :
" Le vin apporté d'Italie et de la région
de Marseille est la boisson des riches. Ils le prennent pur ou
le mélangent quelque fois à un peu d'eau ".
Pour les petites gens, le breuvage, c'est à base de blé
ou d'orge avec l'utilisation de miel, c'est souvent le dercoma.
A noter enfin que la bière était assez courante.
L'avancée romaine en 125 av. J.-C.,
le long du couloir rhodanien et à l'ouest vers le Languedoc
actuel, diffusa la culture de la vigne et permit à l'industrie
du vin de se développer. Narbonne et Port-Vendres en devinrent
les centres commerciaux les plus importants.
Dans la Guerre des Gaules, on pourrait
penser que César et ses légions qui ont séjourné
à Avaricum et du côté de Sancerre appelé
alors Gortona, ont bu et apprécié le vin qui était
alors produit. E
Et bien non, César ne signale nulle part dans son récit
de la conquête de la Gaule la présence de vigne
ou de bon vin. Il n'en parle pas, alors que les légendes
sont nombreuses sur César buvant déjà du
Sancerre.
Il parle de subsistance pour ses légions, en particulier
du grain et du fourrage, mais rien sur le vin. César est
un homme de guerre et il ne songe qu'à l'essentiel.
Cependant, la production narbonnaise commença
à menacer les vins romains, et l'empereur Domitien fit
interdire en 92 la plantation de vignes, et ordonna l'arrachage
de 50 % du vignoble méditerranéen. Cette interdiction
ne fut levée que deux cents ans plus tard, par l'empereur
Probus.
Les vignobles bordelais, languedocien et rhodanien s'épanouirent
sous Jules César et la vigne atteignit même la région
parisienne, qui resta longtemps l'une des plus grandes régions
viticoles françaises. Les Gaulois développèrent
la culture viticole, améliorant les procédés
de vinification, en introduisant le vieillissement en fûts
de chêne.
Turpin dans son ouvrage qui fait foi écrit
que " les Nevriens et les Suèves au Nord proscrivent
l'usage du vin et en interdisant le commerce ".
La chute de l'Empire romain en 476 porta
un coup au développement de l'agriculture gauloise.
À partir du IVe siècle, le
christianisme apporte son renfort dans la valeur attachée
au vin et prend la relève de l'Empire romain anéanti.
La communion sous les deux espèces, pratiquée jusqu'au
XIIIe siècle, sera l'un des moteurs du maintien de la
tradition viticole.
Le Moyen Âge va être le témoin
du développement de la qualité du vin. Alors que
les vins de l'Antiquité étaient coupés d'eau
et agrémentés d'herbes et d'aromates, c'est le
vin tel que nous le connaissons qui fait son apparition au Moyen
Âge. L'expansion de la civilisation chrétienne va
être à l'origine de l'expansion de la viticulture
dans le monde.
En 800, Charlemagne prend des mesures pour
améliorer la qualité du vin dans une ordonnance
qui stipule : " Que nos intendants se chargent de nos vignes
qui relèvent de leur ministère, et les fassent
bien travailler, qu'ils mettent le vin dans une bonne vaisselle
et qu'ils prennent toutes les précautions pour qu'il ne
soit gâté d'aucune manière. " Mais les
vrais dépositaires de la qualité sont les moines,
qui perpétuent la tradition viti-vinicole.
Les cathédrales et les églises
étant propriétaires des vignobles, sous couvert
de l'activité " vin de messe ", les moines s'occupent
des vignobles monastiques et contribuent à la naissance
de nombreux vignobles de qualité existant encore aujourd'hui
L'essor de la vigne est avant tout provoqué
par le besoin de vin de messe, mais aussi, plus simplement, car
cette boisson est plus saine que l'eau, très souvent polluée.
Une légende associe volontiers Saint-Martin à l'invention
de la viticulture en Occident. Ce vin est majoritairement blanc
et vient des régions septentrionales, le vin rouge étant
réservé à la célébration dominicale
Alors que les vins de l'Antiquité
étaient coupés d'eau et agrémentés
d'herbes et d'aromates, le vin sous la forme que nous le consommons
aujourd'hui, apparaît au Moyen Âge. L'expansion de
la civilisation chrétienne est à l'origine de l'expansion
de la viticulture dans le monde
La vigne dans l'Antiquité
C'est par des auteurs comme Pline d'Ancien
(et Columelle avec son " de l'Agriculture) que l'on connaît
la vigne et les vignoble dans ces temps lointains
La plus importante unité viti-vinicole
de l'antiquité, la villa du Mollard a été
mise à jour au sud de Donzère. Elle s'étendait
sur deux hectares. L'entrepôt des vins de 70 x 15 m contenait
deux travées abritant 204 dolia disposés en six
alignements ayant chacune une contenance de 1,2 hectolitre. À
chaque extrémité, un grand fouloir de 18,5 m2,
y étaient adjoints deux pressoirs.
L'exploitation, qui a été datée entre 50
et 80 de notre ère, produisait 2 500 hectolitres de vin
par an. Le rendement des vignes romaines ayant été
estimé à 12 hl/ha, le domaine possédait
300 hectares ce qui nécessitait le travail de 150 esclaves.
Tout ou partie de sa production était expédiée
par le Rhône en tonneaux
La vigne à Bourges aux temps
anciens
Et à Bourges que savons-nous de
l'histoire lointaine de la vigne ?
Il y a des écrits sur le vin et
la vigne en Berry, avec les traditionnels grands vignobles et
en tête Sancerre, puis Quincy, Reuilly, Menetou.... mais
jamais il n'est question de Bourges.
Il faut beaucoup chercher pour lire quelque chose sur la vigne
et les vignobles de Bourges, pourtant ces recherches mériteraient
d'être poursuivies.
Dans notre Histoire, le vin est omni présent
dans les textes et dans les traditions orales, à Bourges
et en Berry.
Le vignoble berrichon remonte à
l'Antiquité, et c'est Pline qui parle déjà
d'un cépage " Biturien " alors très réputé.
Plus tard au VI ième siècle selon Christophe Gratias,
Isidore de Séville dit que le " Biturica " tire
son nom du pays qui l'a produit : celui des Bituriges.
Pourtant, il y a depuis ces dernières
années des recherches archéologiques qui montre
que la vigne, à Bourges il y a 2000 ans, ce n'était
pas une légende.
C'est le vignoble de la cité gallo-romaine
de la cité d'Avaricum et celui de la place Malus actuelle.
Le vaste domaine viticole
de Lazenay / Pijolin
C'était d'août à novembre
2005, dans un secteur appelé Pijolin, un promoteur Francelot
se lança dans un vaste projet de lotissement sur 14 hectare
et comme cela se passe, une fouille préventive fut ordonnée,
et l'équipe locale de Jacques Troadec s'attela à
la tâche, sur une surface évaluée à
20 000 M2.
Chacun s'attendait, comme souvent à
trouver un peu de médiéval, un peu de gallo-romain
et peut être même du V ° siècle avant
JC, avec des fosses artisanales ou des villas.
Mais ce qui fut trouvé n'était
pas attendu, ce n'était pas une grande villa gallo romaine
ou une vaste mosaïque mais simplement " un vignoble
".
Une fois la terre arable retirée,
les archéologues se retrouvèrent devant une surface
non négligeable de 14 000 M2
Il y avait en fait 2700 fosses répertoriées
c'est à dire 2700 pieds de vigne, et un peu moins de 10%,
c'est à dire très exactement 194 fosses ont été
minutieusement étudiées, car le lotissement une
fois réalisé, il ne resterait plus rien.
Même si aucune limite précise
de la plantation n'a été faite, il est apparu,
par rapport à la surface explorée, et en extrapolation
que ce vignoble pouvait comprendre plus de 6000 pieds de vigne.
Les plants de vigne étaient profondes
de 25 à 50 centimètres, et le surface de chacun
varie avec environ 0,8 mètre par 0,25.
Ces plantation, semblent être reliées
au domaine pas très éloigné de la villa
de Lazenay, située à 1 kilomètre à
l'ouest sur la rive de la rivière Auron.
Ces vestiges de fosses confirment que Bourges
est une région viticole, puisque les archéologues
avaient déjà retrouvé des pieds de vigne
à Saint Martin des Champs au centre de Bourges.
Et ces fosses étaient assez semblables à d'autres
retrouvées à Clermont-l'Hérault ou à
Marseille.
vignobles de Lazenay
Dans l'étude faire par la SEARB
commandée au service archéologique, on trouve pour
cette zone qui traverse le quartier du Val d'Auron du lac jusqu'à
la route de Dun, on a retrouvé des éléments
intéressants.
En particulier, sur la partie sud-est,
dans l'angle formé par le chemin de Gionne et le chemin
de la Rottée, les archéologues ont mis à
jour des fosses de plantation de vigne antique longues de 80
cm et large de 25-30 cm creusées perpendiculaire à
la pente .
La datation n'est pas simple, mais aucune structure antérieure
à la période gallo-romaine n'a été
identifiée.
Il s'agit donc des vignobles gallo-romains
identique à ce qui sera mis à jour dans le cadre
de Pijolin 2.
On a donc dans ce secteur d'immenses vignobles.
Les vignes de la place
Malus
C'est en 1984 puis en 1993 que les archéologues
de Bourges ont retrouvé à 500 mètres de
la cathédrale des fosses de 1 m par 0,20 et 0,20 de profondeur,
associées à de petits bâtiments rectangulaires
de 5 m par 5.
ce sont des rangées distantes chacune de 1 mètre.
La datation s'est faite difficilement,
de l'ère d'Auguste au milieu du II ième siècle.
On trouva semble-t-il 233 fosses sur ces
lieux.
Cette découverte, même avec
des incertitudes relança la question de la viticulture
dans la cité biturige pendant l'Antiquité.
Première conclusion : Bourges dans
l'Antiquité est bien un centre viticole dont on ne peut
pas encore définir l'importance.
La biturica
Il est un domaine où l'on peine
à séparer ce qui est la légende ou la réalité
avec la biturica.
La biturica est un plan de vigne dont parle Lucius Columella
dans son " De Rustica ", et nous sommes au premier
siècle de notre ère, et la biturica est un plan
de vigne gaulois.
Il est écrit :
" Des vignes peuvent être recommandées pour
leur riche fertilité : la biturica et la basilica ...
leur vin se conserve longtemps et se bonifie en vieillissant...
Ces vignes supportent mieux le froid que l'humidité, et
celle-ci mieux que la sècheresse ".
Cela peut signifier que Columella qui vient
d'effectuer un long périple en Gule est passé par
le pays des bituriges, le notre et fait l'éloge du vin
d'ici.
D'autres parlent d'un plant, le genouillet et d'autre du gamay
un plant d'Orléans.
Ce plan Biturica ressemble beaucoup au
vocabulaire du nom ancien de Berrichon, qui était alors
Biturige.
Emile Turpin l'affirme en écrivant
dans " Les Vignes et Vins du Berry " qui date de 1907
:
" Je crois, avec toutes les apparences de la raison que
ce plan, aux qualités vantées il y a 2000 ans,
est sorti de notre contrée et qu'il ne pouvait recevoir
de nul autre pays sa dénomination. "
Le cépage Genouillet
Dans les cépages, les spécialistes
évoquent parfois le " Genouillet "
Ce Genouillet, est appelé encore genoilleret, petit genouillet
ou petit moret.
C'est un ancien cépage indigène,
répandu principalement à Issoudun et à Bourges.
Sur ce sujet, on peut lire :
" Je pense que vous n'estimez pas le Genouillet à
sa valeur ; c'est lui qui a produit ces excellents vins dont
se délectait César durant ses expéditions
dans les Gaules . "
La renaissance d'un cépage oublié : un pas de plus
vers la biodiversité
C'est un cépage oublié
Pourtant il faisait
les beaux jours de la viticulture berrichonne avant la catastrophe
du phylloxéra, et particulièrement du vignoble
d'Issoudun, qui comptait 3000 hectares de vignes, donnant un
vin léger, frais, astringent au début, mais s'améliorant
en vieillissant.
Un vin rouge friand, aux arômes de fruits rouges et noirs.
Mais le Genouillet a été
délaissé, parce qu'il supportait mal le porte-greffe,
qu'il était sensible aux maladies, à l'oïdium,
et qu'on lui a préféré les vins des hybrides,
issus de cépages américains, plus " modernes
" et plus agréables à boire jeune.
Il est devenu si rare qu'il n'a pas été
inscrit sur la liste des variétés de vignes cultivables
établie après la seconde guerre mondiale, quand
on a cherché à rationaliser l'encépagement.
Cet authentique cépage berrichon aurait même complètement
disparu sans la ténacité de passionnés réunis
dans une association l'URGB (Union pour la préservation
et la Renaissance des ressources Génétiques du
Berry) qui s'est battue pour avoir le droit de le replanter.
Deux pieds, retrouvés près d'Issoudun dans les
vignes d'un vieux vigneron, ont tout d'abord été
replantés dans la vigne conservatoire de Tranzault, dans
l'Indre.
Pourtant la réinscription du Genouillet au catalogue des
variétés de vignes cultivables s'est avérée
d'une extrême complexité aggravée par le
fait que les droits de plantations se situent sur l'aire d'appellation
Quincy. Trois ans de galère, de tracasseries administratives,
de tests coûteux et d'obligations de toutes sortes imposés
par l'Office National Interprofessionnel des Vins, pour aboutir
à la signature d'un protocole simplifié qui autorise
une expérimentation sur 7 ans
150 pieds ont finalement pu être plantés à
Villalin le 5 novembre 2005. La première vendange a été
effectuée cette année par une vingtaine de bénévoles
soutenant cette démarche de réimplantation. L'égrappage
s'est fait à la main afin d'obtenir les meilleures conditions
possibles de vinification, en sachant bien que le produit fini
n'est pas commercialisable puisqu' uniquement réservé
à l'observation.
contact@urgb.asso.fr
La vigne au Moyen Age
Le Moyen Age, c'est une période
de près de 1000 ans, aussi le vin va être en permanence
très présent, et à Bourges, il est intéressant
de savoir comment les grands personnages de l'époque à
Bourges se sont comportés vis à vis du vin et de
la vigne.
On ne dispose d'aucun document sur le vin
et la vigne à Bourges et en Berry, avant les témoignages
de Grégoire de Tours, c'était en 582.
On dit alors que cette production de vin faisait l'objet d'un
commerce très actif autour de qualités très
variables directement liées au terroir.
La vigne se développe sur le crétacé,
sur un talus situé entre Bourges et Sancerre, mais la
plupart des vignes sont situées dans les villes ou à
proximité, c'est le cas de Issoudun mais surtout de Bourges.
La vigne a joué un rôle considérable
sur le plan économique et social, avec toutes les couches
de la société, les ouvriers qui s'occupent des
vignes, les propriétaires, les vignerons, les bourgeois
des villes et puis les nobles et ecclésiastiques ( histoire
économique du Cher, p 17)
La vigne, Vitis vinifera, avait des qualités
exceptionnelles au Moyen Age, tant pour la médecine que
pour l'alimentation.
la fleur de vigne calmait les toux.
Mais c'est du fruit que l'on tirait le maximum de bienfaits :
une grande valeur nutritive, aux vertus diurétiques, toniques,
purgatives et astringentes.
le vin entrait dans la plupart des recettes thérapeutiques.
Dans l'exposition de la Tour Jean Sans
Peur de Paris (en 2012)on a une vue très synthétique
du vin au Moyen Age.
Sa conservation requiert des tonneaux de 400 à 800 litres
dans de larges caves ou celliers, mais il vieillit généralement
mal et doit être consommé dans l'année. Au
XIIIe siècle, la production de vin rouge devient majoritaire.
Les plus fameux viennent d'Avignon, de Bordeaux ou de Bourgogne,
la ville de Beaune étant consacrée reine des vins.
Il intervient dans 60 % des recettes : soupes (pain trempé
dans du vin), entremets, viandes, poissons, venaisons, abats
ou dans le vinaigre et la moutarde.
Le ménagier de Paris est une source
d'information importante à ce sujet. Il est également
conseillé aux personnes âgées : "le
vin est le lait des vieillards" et certains médecins
suggèrent de s'enivrer au moins une à deux fois
par mois pour combattre les infections et les fortes douleurs.
Étant associé au sang, il est recommandé
après les saignées, les accouchements ou encore
pour les blessés.
À cette époque, il existe
environ 700 tavernes à Paris (On trouve aussi 4000 dans
certains documents, mais ce nombre semble exagéré
compte tenu de la taille de la population), le prix du vin est
fixe et sa qualité contrôlée. Des crieurs
attirent le passant devant l'auberge. La dose quotidienne est
de deux à trois litres par jour d'un vin à 8 degrés
au plus. La règle de Saint-Benoît limite à
1/2 litre la quantité quotidienne de vin au XIe siècle,
mais passe à 3 litres au XIVe ! Certains rois comme Louis
XI, Charles VI ou Philippe Auguste ont une réputation
de gros buveurs.
L'ivresse est en général
mal vue, mais ne viole cependant aucun des Dix Commandements
et constitue même une circonstance atténuante pour
certains actes. Pour l'ivrogne, "qui s'ébat comme
un pourceau entravé ou s'étale comme merde dans
la rue", il est conseillé de le soigner avec des
excréments d'hirondelles, mélangés avec
de la graisse de vautours (!) Ce n'est qu'au XVe siècle
que l'alcoolisme est reconnue comme une maladie, accusée
d'entraîner le delirium tremens, l'hémiplégie,
puis la mort
" À partir du IV ième
siècle, le christianisme concourt au renforcement de la
valeur attachée au vin, prenant la relève d'un
Empire romain anéanti.
La liturgie de la communion sous les deux
espèces (le pain et le vin) pratiquée jusqu'au
XIII ième siècle est l'un des moteurs du maintien
de la tradition viticole. Le Moyen Age se fait le témoin
des progrès de qualité du vin. Alors que les vins
de l'Antiquité étaient coupés d'eau et agrémentés
d'herbes et d'aromates, le vin sous la forme que nous le consommons
aujourd'hui, apparaît au Moyen Âge.
L'expansion de la civilisation chrétienne est à
l'origine de l'expansion de la viticulture dans le monde.
En l'an 800, Charlemagne prend des mesures
pour améliorer la qualité du vin dans une ordonnance
qui stipule : " Que nos intendants se chargent de nos vignes
qui relèvent de leur ministère, et les fassent
bien travailler, qu'ils mettent le vin dans une bonne vaisselle
et qu'ils prennent toutes les précautions pour qu'il ne
soit gâté d'aucune manière. " Mais les
véritables dépositaires de la qualité sont
les moines qui perpétuent la tradition viti-vinicole.
Les cathédrales et les églises étant propriétaires
des vignobles, sous couvert de l'activité du " vin
de messe ", les moines gèrent de nombreux vignobles
monastiques, contribuant ainsi à la création de
vignobles de qualité existant encore aujourd'hui. "
Progressivement au Moyen Age, les goûts
évoluent et les vins capiteux sont délaissés
pour des vins plus clairs et plus légers. Le vin fait
l'objet d'une véritable bataille commerciale dans laquelle
les différents vins affirment leur personnalité.
S'il est difficile d'imaginer le goût des vins médiévaux,
l'on peut supposer au vu des techniques employées, que
les vins actuels en soient proches, le premier classement de
crus jamais effectué consacrant en 1224 des vignobles
encore réputés aujourd'hui.
Les monastères, qui se développent
entre le 9e et le 13e siècle, font une grande consommation
de vin. Il est utilisé pour la liturgie, mais figure également
au menu du monastère. En effet, si certains monastères
particulièrement ascétiques en interdisent la consommation,
le vin est généralement admis comme une des bases
de la nourriture quotidienne au Moyen Age. Le vin est également
utilisé pour le soin aux malades et des vieillards. Son
intérêt est également économique :
les surplus de vin sont vendus et participent à la trésorerie
du monastère.
Desmond Servard a dénombré en France 109 appellations
de vins d'origine monastique.
A Bourges, dans la charte des coutumes
du Berry, vers 1100, on trouve la quotité de la taxe à
payer pour les habitants pour l'entrée du vin.
Et les historiens de conclure alors " que le vignoble de
Bourges peut donc prendre rang parmi les plus anciens dont l'existence
soit attestée ".
Les chroniques de Batereau
Dans ces écrits, qui datent de 1467
à 1506, on note des éléments intéressants
sur la vigne et le vin.
1480 : l'hiver est trsè froid, les
vignes ne produisirent que peu de fruits car elles ne purent
bien mûrir. Le tonneau de vin valait 15 à 20 livres
tournois à Bourges.
1490 : fortes gelées début
mai, l'hiver fut très froid de la Toussaints à
Paques, et il ne resta ni fruit, ni bois nouveau dans les vignes
de Bourges... et les souches gelèrent en grande partie.
Mais toutes les années ne se ressemblent
pas, et ainsi, 6 ans plus tard, en 1496, l'abondance de vin fut
telle que jamais, de mémoire d'homme, on n'en avait vu
de semblable, et de poursuivre .... mais ce vin était
vert et de peu de valeur.
En 1535, cette fois c'est Cathérinot
qui écrit, le 19 mai un orage grêle sur les blés
et les vignes, alors qu'en 1540, l'année fut si brûlante
que les vignes souffrirent.
En 1723, ce sont des pluies en Sancerrois,
il n'y a pas de vin.
En 1762, une sècheresse de 6 mois,
qui dure jusqu'en août et le vin a brûlé,
la récolte est très mauvaise.
L'année suivante, en 1763, ce sont
8 mois de pluie et il est dit que " les vins qui étoient
sans couleur et ne sentoient que l'eau ".....
Un an plus tard, ce sont des gelées
qui dévastent les vignes situées à Apremont,
Bourges et sancerre
Les grands personnages
et le vin
Jean de Berry ?
On dit que le prince appréciait
particulièrement les vins de Sancerre, mais il nous manque
un écrit..... Par contre un des plus célèbres
tableaux le représentant dans les " Très Riches
Heures du duc de Berry " est celui d'un prince à
table, dans un grand banquet. Le duc devait être un adepte
de la bonne chère.
Jacques Coeur :
Sa famille était de Saint Pourçain, pays de vignobles,
et à Bourges, on parle beaucoup des vignes, celles de
Menetou-Salon car il avait acheté le domaine, avec le
château et les vignes environnantes.
Mais on en sait guère plus.
Dans les biens de Jacques Coeur qui ont été recensés
en 1453, on trouve qu'il possédait des pièces de
vignes près du chemin allant de Bourges à Marmagne,
qui fut, après la chute de l'Argentier adjugée
à Jean Bellestat en 1457.
Charles VII :
A voir son teint, peint par Fouquet, il n'était pas homme
à boire, et d'ailleurs une publicité de dépuratif
fit fureur il y a quelques années.
A la fin de sa vie il ne prenait plus rien de peur d'être
empoisonné par son fils... et surtout pas de vin.
Louis XI :
Le Dauphin ne passe pas pour un homme à boire.
Le vin dans notre Histoire locale et les
grands évènements
Dans notre Histoire, le vin n'apparaît
pas au fil des siècles comme un point important qui bouleverse
notre Histoire.
On peut citer Jacques Coeur qui possédait
des terres et des vignes à Menetou , cette légende
qui expliquait la présence de caves et de souterrains
dans les entrailles du Palais de l'Argentier de Jacques Coeur.
Il est dit, par la tradition que les souterrains permettaient
de joindre par des souterrains la cité de Sancerre et
celle de Bourges, ce qui permettait à des tonneaux de
bon vin d'arriver directement dans la cave de Jacques Coeur sous
son Palais.
Une belle légende qui n'a aucune réalité.
Plus tard, la Cathédrale de Bourges
a-t-elle dû son salut au vin ? C'est fort possible.
Nous sommes en pleines guerres de religion lorsque en mai 1562,
la ville est prise par le nord, vers l'Abbaye Saint Ambroix par
les troupes des Huguenots, ils ont à leur tête le
comte de Montgoméry, celui qui avait tué Henri
II en tournoi.
Ils pénètrent dans la ville et commence à
la piller et surtout à vouloir abattre tout simplement
la Cathédrale Saint Etienne. Ils commencent par mettre
à terre et à briser les statues de la façade
de la cathédrale, puis ils décident de placer de
la poudre sous la tour Nord afin de la détruire. Fort
heureusement, comme les soldats avaient soif et que la victoire
était grisante, ils ont alors bu du vin d'une manière
plus que raisonnable et ils s'affalèrent pour
dormir.
La Cathédrale était sauvée. C'était
la veille de la Fête-Dieu.
Le vin avait sauvé la Cathédrale Saint Etienne.
Autre période, et suivant un thème
assez proche de ce qui précède, c'était
quelques jours après le 14 juillet 1789, et il fallait
tout de même " marquer le coup ", il y eut une
petite émeute place Gordaine, ce devait être le
27 juillet 1789, contre le marchand berruyer Tourangin.
Cet homme, tout en vendant du tissu, la rumeur faisait de lui
un accapareur de blé. Il avait été un des
délégués du tiers état pour l'élection
des députés aux Etats Généraux.
Sa maison ayant été saccagée, il du s'enfuir,
avec l'aide du prévôt général de la
Maréchaussée, et l'arrivée d'un régiment
du Royal Piémont calma les émeutiers.
Mais c'est l'annonce d'une baisse du prix du pain et surtout
la distribution de vins qui mit fin à cette " prise
d'une petite bastille locale ". Le marchand de draps sauva
sa vie en s'enfuyant à Issoudun. Le vin l'avait sauvé
de la foule.
Abondance de rendement
Il y a toujours eu des période de
forte production et d'autres de disette, et cela peut se traduire
par la restriction des plantations viticoles au profit de la
culture des céréales qui étaient pour la
population, des denrées de première nécessité.
Une ordonnance de Charles IX, à
la suite de la disette de grain de 1566, décide que le
vignoble ne doit pas occuper plus de 1/3 du territoire de chaque
canton.
Cette ordonnance sera reconduite par Henri III.
Et les Echevins de Bourges, le 10 décembre
1623, prendront une délibération qui interdisait
de planter de la vigne sous peine de 100 livres d'amende, "
car il y avait de grands désordres car plusieurs particuliers
faisaient planter quantité de plans de vignes dans la
plupart des meilleures terres labourables ".
Ce fut sans effet, et il y eut un appel des échevins de
Bourges vers le roi, et le 17 février, 1625, il y eut
une arrêté du Conseil d'Etat qui déclare
:
" Ne faire aucune plantation de nouvelles vignes à
l'avenir à 6 lieues es environ de ladite ville de Bourges
".
Une amende de 2000 livres était prévue pour les
contrevenants.
Les techniques du Moyen
Age
L'activité principale du paysan
à l'automne, c'est le vigneron qui foule le raisin fraîchement
coupé à la serpette tandis que la femme tient la
balance.
Il existe deux techniques pour presser
le raisin au Moyen Age, comme le montrent des tapisseries ou
des enluminures.
la première technique, c'est le
foulage aux pieds : le paysan est monté dans la cuve emplie
de fruits et il les piétine jusqu'à ce que tous
les grains soient écrasés. Ceci se fait lorsque
les vignes sont peu importantes.
La seconde technique consiste à utiliser un pressoir muni
d'une vis sans fin que tournent deux paysans au moyen d'un bâton.
cette vis tournant sur elle-même fait descendre un long
morceau de bois qui appuie ainsi sur le couvercle posé
sur le raisin. Le jus s'écoue par un trou ménagé
dans la cuve.
On remarque aussi sur cette tapisserie le fût de bois dans
lequel on conserve le vin, la bouteille de verre bouchée
hermétiquement n'existe pas au Moyen Age.
Comme le vin continue d'évoluer, finalement on le tire
assez vite pour le boire.
Dans les rares documents du Moyen Age,
pour le Berry et la ville de Bourges, il est intéressant
de lire les techniques utilisées. Nous avons des exemples
très précis dans le début des années
1400, a propos des vignes de la Sainte Chapelle qui étaient
très importantes, c'est à dire en 1402 à
1404.
La taille est effectuée 1 fois en
octobre et 2 fois en février / mars, les vignes sont essartées
en février, et de la fin avril à début mai.
On peut lire : " Jusqu'en septembre, on redressait les pampres
et les raisins dans la vigne échalassée de Beauregard
".
Les pampres sont des tiges qui portent les feuilles et qui sont
appelées aussi " les gourmands ".
On note sur ces vignes un seul piochage
au mois d'avril.
Toujours dans la technique, mais plus tard,
vers 1566, on note " qu'un propriétaire de Bourges
fait provigner et fumer sa vigne le 1 er décembre et elle
est taillée les jours suivants ". Provigner, c'est
développer par marcottage.
Sur la taille de la vigne, Turpin écrit
qu'elle est taillée haut dans la région de Châteauneuf
et bas à Saint-Michel de Volangis.
On signale en sur les plantations à
Bourges, des lignes d'augettes, avec des fossettes de 0,25 cm
de profondeur.
On utilise le sarment simple et à Bourges le chevelu.
L'espacement des lignes de fossettes est d'environ 1 mètres
à Bourges.
Les vendanges étaient autrefois
très courtes, ainsi en 1402, les vignes de la Sainte Chapelle
sont vendangées en quelques jours :
Les 9, 11, 12 et 13 septembre, on vendange, " les hommes
qui ont tenue le charroy " et foulé pendant 4 jours.
Ils entonnent, mettre dans le pressoir le 14 et la grappe est
pressurée le 15 septembre.
Ou se trouvaient les
vignes à Bourges ?
La localisation des vignes n'est pas très
simple à appréhender à Bourges, car il s'agit,
même dans les grandes périodes, ce sont des parcelles
très morcelées. Elles sont souvent de petite surface,
et surtout, elles ont pu varier selon les siècles.
Le plus typique d'un vignoble, c'est en
centre-ville très exactement place Cujas actuelle, dans
cette zone assez minuscule se trouvait une vigne pour le couvent
et l'église des Carmes.
Les vignes à Bourges au XVI ème
siècle
Les Présavois
Sous la Renaissance, mais cela date sans doute d'avant, apparaissent
dans des archives le " presssouer de Estienne Houet "
et ceci dès 1502.
Il s'agit d'un domaine situé au
Nord de Bourges dans le quartier appelé actuellement "
Les Gibjoncs ".
On appellera ce lieu de persouer Houet vers 1554, puis le pressoir
à Vouet en 1669 et enfin en 1715 le Pressavoir pour avoir
enfin le Pressavois en 1744.
Etienne Houet est un bourgeois et marchand,
qui fut membre de l'Ordre de la table Ronde de Bourges, donc
un notable important, et il fit construire dans les premières
années du XVI ième siècle un pressoir, c'était
au milieu de 4 ou 5 arpents de vignes qu'il possédait
en cet endroit.
On connaît assez bien cette construction
du pressoir car il y eut un procès avec le chapitre de
la Sainte Chapelle, lequel possède et c'est intéressant
son propre pressoir au Bouillet dans le faubourg Saint Privé,
juste en face de l'Eglise.
Plus tard ce pressoir passe dans les mains
d'Antoine Barathon, puis à Messire Pierre Toubeau à
la fin du XVII ième siècle qui était prêtre,
chanoine du château, seigneur du Pressoir-Houët.
Il était situé à l'extrême
limite nord-ouest de l'ancien lycée agricole, entre les
rues actuelles Théophile Gautier et François-Copée.
La vigne et le vignoble en Occident
au XVIII ème siècle
Pendant que la vigne s'étend autour
du monde, la viticulture européenne, française
en particulier, connaît son lot de problèmes.
En 1731, Louis XV interdit les nouvelles
plantations afin de juguler la production de vins médiocres,
sauf dans des terroirs aptes à donner des vins de qualité.
La Révolution française, en rétablissant
la liberté de culture, et en morcelant les biens de l'Église
pour les distribuer au peuple, va profondément bouleverser
le paysage viti-vinicole français. La vigne et le vin
deviennent les centres d'activités les plus importants,
notamment en Europe du sud où ils occupent en Italie 80
% de la population active.
La révolution industrielle du XIXe
siècle, en favorisant le développement des transports,
va permettre l'essor de l'industrie du vin et faciliter l'acheminement
des produits, asseyant ainsi la suprématie des vins d'Europe
du Sud.
Les vignes à Bourges au XVII
et XVIII ème siècle
On retrouve dans les archives municipales
de Bourges des documents intéressants sur la localisation
des vignes .
La carte de Cassini, qui date de la seconde
moitié du XVIII ième siècle pour la région
de Bourges, c'est à dire vers 1750, montre des éléments
intéressants. On voit où se situent les grands
vignobles de Bourges :
- Le nord de la ville, à partir
des Quatre Vents
- Le sud-est de la cité, avec la zone de l'Auron.
- L'ouest et la partie Bourges - Marmagne vers les Danjons ou
Beauregard.
Pour Jean Jenny, dans son étude
sur la Butte d'Archelet, il évoque les fouilles de 1862
qui ne révèlent qu'une fosse sans doute funéraire.
Le nom d'Archelet viendrait de arcella
qui signifie borne.
Au début du XIX e siècle,
c'est une promenade publique, et elle fut ensuite louée
à des particuliers.
Il y aurait des vignes sur la Butte; et
on en arracha en 1870 en vue d'un siège, et Jean Jenny
ajoute qu'il y avait une fête des vendanges , avant la
Toussaint au début du XX e siècle.
Il faut ajouter ce qui ne figure pas sur
la carte, c'est à dire les mille et unes petites parcelles
qui sont à l'intérieur du rempart de Philippe Auguste.
Ainsi en 1619 le premier octobre, il est
dit " que la bannye pour faire vendange est ouverte et qu'il
est permis à chacun de vendanger les vignobles.... "
suit alors un certain nombre de lieux :
- les Basses et haultes Fortunes et Ponternault
( ?)
- du côté de la porte Saint Privé
- du côté du Pont d'Auron dont
- Les vignobles des Bouloises
- Les vignes du Grand et petit Beauregard qui dépendait
de la paroisse de Saint Pierre le Guillard.
- Les vignes de la porte de Bourbonnoux
- Le vignoble des Pijolins
- Les vignobles du côté de la porte Saint Sulpice,
vers l'abbaye du même nom, pas trop loin de l'Yèvre.
- les vignobles des Grands Danjons, c'est à dire les terrains
situés au large du pont d'Auron, en direction de La Chapelle
Saint Ursin.
- les vignobles des Tourailles , paroisse de Saint Eloy. ?
Autre lieu et autres vignobles, aux Machereaux,
au nord de la ville actuelle, vers le Moulon avec le signalement
en 1796 d'une vigne importante ainsi qu'à Vasselay. Les
chroniques signalent qu'aux Machereaux, on a négocié
un marché d'une durée de 9 ans avec de 2 labours
et 1 binage.
- A proximité, les archives évoquent
le clos Catin qui devait être à Saint Doulchard.
- Les Goulevents, dans le quartier actuel qui a conservé
ce nom, on trouve en ce lieu en 1607 un Jean Gourdin, vigneron
à Bourges qui a une vigne dans les Carmes de Bourges en
Goulevent.
Dans son itinéraire de la France,
qui a été écrit entre 1612 et 1616, le voyageur
allemand Jodocus Sincerus constate que le Berry abonde de vins
et cite notamment celui du territoire de Bourges comme particulièrement
profitable à la santé ".
En 1772, dans la paroisse du Château
de Bourges, le registre de l'état civil écrit qu'en
1772, le vin a été abondant, la dîme fut
affermée à 1900 livres.
En 1779, les vignes du château et celles d'Auron ont été
plus maltraitées que les autres par les gelées
du 17 avril.
Et puis Asnières, avec des vignes
qui entouraient tout le village, comme aux Garettes.
Les pressoirs de Bourges
On trouve aussi le pressoir à vin
établi près de l'église Saint Pierre le
Guillard avec 6 cuves garnies de leur anches (robinet).
- pressoir de Turly
- pressoir de Fussy
Les tonneliers
On trouve en 1581 un Denis Chastellier,
tonnelier à Bourges qui s'engage à faire à
neuf une douzaine de vaisseaux à mettre vin, de 3 pieds
de long sur 2 pieds de fond, livrable dans 3 semaines moyennant
6 écus.
Les bannyes des vendanges
La bannye a pour but d'empêcher que
les fruits ne fussent récoltés avant leur maturité,
d'obvier au danger de pillage où serait exposé
un propriétaire... et surtout de prévenir les fraudes
dans le paiement de la dîme "
Cela remonte à une charte de Philippe-Auguste
à Bourges qui précise dans son article 15 que si
quelqu'un est trouvé dans les vignes d'autrui cueillant
des fruits, il aura sur le champ l'oreille coupée, à
moins qu'il ne préfère payer 5 sols d'amende au
Roy et rembourser le dommage.
Et tout porc errant dans les vignes sera tué.
Dates des vendanges à Bourges
de 1541 à 1700, la date extrême
du début des vendanges est le 4 septembre (c'était
en 1561) pour les plus hâtives et la date du 25 octobre
(en 1675) pour les plus tardives.
Les surfaces et les unités de
mesure de capacité
Dans l'ancien régime, avant le système
métrique, mis en place à la Révolution de
1789, le 3 nivôse de l'an VI on a les mesures anciennes.
- mesures de surface :
l'unité, c'est l'arpent qui équivaut à environ
60 ares à Bourges et en berry.
Dans un arpent on a 100 perches.
unité de capacité :
C'est pour le vin, la pinte
Selon les régions, la pinte est divisée en 12 ou
15 petits verres.
la pinte pèse environ 2 livres, à Bourges le poids
est de 936 grammes.
1 pinte = 2 chopines.
Le muid représente 128 pintes soit
environ 120 litres.
Le poinçon représente 240 pintes
Le tonneau vaut 512 pintes soit 480 litres actuels
Le vaisseau est la moitié du poinçon.
Après 1674, les transactions entre marchands s'effectuent
en poinçon et en vaisseau, toutes ces unités sont
à Bourges (et dans sa région).
Avant l'arrivée du phylloxera, la
ville de Bourges possédait une " ceinture "
de vignoble. La ville de Bourges posséda pendant longtemps
son vignoble, lequel, comme le montre la superficie exploitée
n'était pas loin d'égaler les surfaces de Sancerre.
Cette ceinture allait de Marmagne à
Asnières et parfois un peu plus loin.
Ces vignes passaient par Saint-Doulchard, Berry-Bouy, Fussy,
Pierrelay, Villeneuve et Saint-Michel-de-Volangis.
Il restait après la seconde guerre
mondiale que quelques petites parcelles, de 5 ou 6 ares, à
caractère familial, et entre ces quelques pieds de vigne,
une terre pelée en friche, avec pour habitants, des vipères.
Au village d'Asnières, la vigne
est cultivée depuis le Moyen Age. L'article de presse
(ci-contre) évoque les vendanges et l'histoire de ce vignoble
autrefois important.
Il semble que durant la dernière
guerre et dans les années qui suivirent, la vigne, dans
plusieurs quartiers fut remise à l'honneur et fut l'objet
de soins intensif, ainsi dans la partie ouest de Bourges le long
de la voie du Chemin de Saint Jacques de Compostelle, on retrouve
des parcelles qui étaient utilisées pour un vignoble.
De nombreuses parcelles faisaient 200 mètres
de long et coupées en tranches de 8 mètres, et
c'est ainsi que les rangées de vigne étaient cultivées.
La qualité du vin à Bourges
Il est écrit à la fin du
XVIII ième siècle, qu'à " Sancerre,
la vigne est cultivée avec un soin et une intelligence
extrême ".
Selon Chenu, en 1690, de Bourges et Orléans,
le vin " est fort bon ".
Plus tard, en 1802, le préfet du
Cher, Luçay fait l'éloge du vin de Sancerre , il
est " chaud, léger, généreux, potable
après 6 mois qui ne vit guère que 6 ans ".
Il est dit aussi que les vins de St Amand
et de Bourges sont médiocres dans leur ensemble et les
vins de Bourges ont une durée de 20 ans en conservant
leur terroir.
Quant à Butet, il parle des vins
de l'arrondissement de Bourges, comme Vasselay et Fussy, et il
en dit le plus grand bien.
Au concours régional de Bourges
en 1869, et il est question des vins d'Issoudun et de Sancerre
qui sont de bonne qualité et ... rien sur Bourges.
On va parler de moins en moins des vins
de Bourges, même si il y a parfois des exceptions, comme
le domaine des Quatre Vents qui ont un grand succès au
concours de 1882, mais attention, un de ses vins datait de 1825.
Il était " d'une remarquable conservation et d'une
bonne qualité ".
Les émeuters des
vignerons du début du XIX ième siècle
Comme cela va se produire dans d'autres
régions en France, il y eut des émeutes de vignerons
à Bourges.
C'était au mois de mai 1832.
Il y avait eu dès 1830 des rassemblements tumultueux avec
une manifestation le 15 août 1830 devant la Direction des
Contributions indirectes, c'est à dire les impôts,
qui étaient situés rue Moyenne. Il y avait plusieurs
centaines de personnes.
Pourtant le 24 août de la même
année, le préfet du Cher avait ouvert en mairie
une souscription en faveur des vignerons nécessiteux.
Le préfet était alors e Comte de Lapparent.
Le maire était Mayet Génétry, il avait été
nommé par ordonnance, et Louis Philippe avait promis de
soulager la détresse des vignerons, le maire avait déclaré
:
" Que nos laborieux vignerons conçoivent d'heureuses
espérances.... " Et il va se passer deux ans.
Le 13 mai 1832, ils sont 400 vignerons
devant l'Hôtel de Ville, situé au palais Jacques
Coeur, ils sont très fâchés contre le gouvernement
et le maire.
Il y a les réclamations des Contributions indirectes et
c'est l'extrême misère puisque les gelées
et la grêle ont détruit cette année, tout
espoir de récolte
Le 14 et le 15 mai, ce sont des rassemblements dans plusieurs
points de la ville, ils sont très échauffés
les vignerons, mais la force armée parvient à les
disperser....
Le 16 mai de cette année 1832, il
est 5 heures trente du matin lorsqu'un rassemblement important
se déroule rue d'Auron, puis se met en marche vers l'Hôtel
de Ville qui est alors situé au palais Jacques Coeur.
Le préfet, le maire et le général petit
qui commande la 15 ° Division sont présents et ils
invitent les mécontents à se disperser. Trois citoyens
sont arrêtés, et les gendarmes à cheval entrent
en action, dispersant les manifestants.
Quelques personnes sont blessées, et l'Hôtel de
Ville est dégagé, forçant les vignerons
à se tasser place des 4 Piliers.
Sur cette place, c'est la confusion, il y a 200 vignerons, les
autorités et les gendarmes sur cet espace très
étroit.
Un gendarme est blessé d'un coup de sabot, les chevaux
devenant nerveux alors que 2 vignerons, les sieurs Larpents et
Lochet sont frappés et blessés à coup de
sabre.
La place est alors évacuée.
Les vignerons s'en vont dans le faubourg d'Auron et reviennent
encore plus nombreux, et cette fois ils sont armés de
faux, d'outils de toute sorte et même de fusils. Il est
alors 8 heures du matin.
A la demande du maire, la garde nationale est mise sous les ordres
du général Petit.
A 11 heures, le général petit avec une compagnie
de chasseurs parcourt la rue d'Auron au milieu des huées,
et disperse un important rassemblement lorsque d'une fenêtre
partent deux coups de feu, un gendarme est grièvement
blessé à la jambe, et l'autre balle abat un cheval....
La manifestation vire à l'émeute armée,
et là, le caractère berrichon reprend le dessus,
la foule se disperse, craignant le pire et peu à peu chacun
rejoint sa demeure.
Le lendemain un certain nombre d'arrestations
sont opérées, et le maire Mayet - Génétry
fait placarder dans la ville un proclamation adressée
" aux Habitants de Bourges ", elle commence par ces
mots :
" La tranquillité de la Ville vient d'être
gravement compromise, .... il parle des hommes qui ne respectent
plus rien ".
Et il peste contre le surplus de la Garde Nationale qui n'est
pas venue préter main forte aux gendarmes comme ce devait
être son rôle.
Et il termine :
" Nous engageons tous les citoyens paisibles à seconder
les efforts de l'Autorité pour le rétablissement
de 'l'ordre ".
Le même jour, le maire de la ville
s'adressait par affiche " aux vignerons "
Il rappelle tout ce qu'il a obtenu, venant
au secours des vignerons, avec une diminution de 40% sur les
droits d'entrepôts, un délai de 8 mois pour le paiement
des droits, la réduction sur l'évaluation des vendanges
de l'année 1931 ... etc
Et il termine ainsi :
" Tous ces adoucissements accordés
à la ville de Bourges et dont aucune autre ville de Bourges
ne jouit, semblait de nature à satisfaire la classe des
vignerons.
On parle de liberté ! mais la liberté, c'est le
niveau de la loi.
Si chacun à son gré peut se soustraire à
à l'empire des lois, il n'y a plus que désordre,
anarchie ; la loi n'est plus la raison du plus fort.
J'engage les vignerons à fermer l'oreille à de
perfides conseils....
Dans tous les cas ce n'est pas par les insurrections, par les
menaces, les violences et le meurtre qu'on exerce le droit de
pétition. Les magistrats seront toujours prêts à
réprimer de pareils désordres ".
A L'Hôtel de Ville, Bourges le 17 mai 1832,
Le Maire de la Ville
Mayet-Génétry
Le vin et la vigne dans
la période contemporaine
A milieu du XIX ième siècle,
voici quelques chiffres de superficie de vignes :
Le Berry (Cher et Indre) 30 000 hectares
Département du Cher 12 400 hectares
Ville de Bourges 1450 hectares
Sancerre 1920 hectares.
On voit donc que les surfaces à
Bourges sont assez proches de celles de Sancerre.
Un changement important intervient avec
la vente des biens nationaux à la Révolution, il
y eut 8000 ventes de parcelles dans le département du
Cher et ce furent les propriétaires qui achetèrent
parfois les nobles, mais le plus souvent les bourgeois et les
notables des villes.
Le Sancerrois voit un morcellement complet des exploitations
viticoles .
Dans le Cher, en 1807 et pour 12 400 hectares de vignes, on relevait
3960 propriétaires mais 60 % de ces propriétaires
possèdent moins d'un demi hectares, c'est à dire
5000 M2.
50 ans plus tard, selon Butet, les surfaces
vont diminuer avec seulement 10 774 hectares, mais avec l'accroissement
des moyens de transport, en particulier vers Paris, les surfaces
du vignoble augmentent jusqu'à 15 000 hectares, vers 1880
et en plus les rendements augmentaient.
Butet estime que le rendement était
de 20 hectolitres à l'hectare en 1829 et 30 à 40
hectolitres à l'hectare juste avant l'arrivée du
phylloxera qui ne sera à Bourges que vers 1880.(p 42)
Et pourtant il arrive un évènement
en 1860 avec le phylloxéra qui débarque d'Amérique
et toutes les vignes de France et du Berry sont décimées.
Il apparaît en Berry en 1881 et en 1890, il ne restait
rien du vignoble de Bourges et du Berry.
On utilisera de nombreux produits chimiques
à Bourges, comme le soufre, le cuivre, l'arsenic, la chaux,
la potasse, l'ammoniaque .... etc.
Mais les différents traitements
chimiques ne donneront pas les résultats escomptés.
Turpin, en 1907, évoque un insecticide,
le sulfure de carbone et il faut toutefois noter qu'en 1884,
alors que le Phylloxera se développe, on trouve à
Bourges une vigne qui est qualifiée de ressuscitée,
elle est située aux portes de la ville de Bourges et que
grâce à ce traitement de sulfure de carbone, elle
aurait été sauvée.
Le vignoble passera de 15000 hectares à
moins de 3500 hectares.
le vignoble va se reconstituer à
partir de 1893 avec des plants américains, des hybrides
franco-américains et des plans greffés.
Le secteur viticole va dépérir
mais aussi par le changement économique de Bourges, c'est
en effet l'arrivée de l'industrie d'armement, avec les
Etablissements militaires, qui vont employer de très nombreux
ouvriers. Aussi les arpents de vignes exploités par nécessite,
vont être délaissés par ces gens devenus
des ouvriers dans le milieu industriel local.
Vers 1903 (ou 1910) la surface reconstituée
des vignobles dans le Cher sera de 8300 hectares et dans les
grandes zone actuelles de Sancerre, Quincy, Reuilly ... etc alors
que Bourges ne reconstitue pas son vignoble.
En plus, non seulement il y a eu le phylloxera, mais aussi la
concurrence des vins du Languedoc qui arrivent plus facilement
dans les grandes villes par les moyens de transport qui se développèrent
à cette époque.
La période moderne
post-phylloxéra
Après la tragédie du phylloxéra,
la vigne se reconstitue suivant deux pistes :
- la productivité des surfaces cultivées
- la qualité des vins produits.
Ainsi, le Sancerre dont on ne connaissait
que les vins rouges, deviendra avec le blanc le grand vin connu
aujourd'hui de par le monde entier.
En 1929, selon Chavard le vignoble de Sancerre
a 900 hectares et Quincy 200 hectares et se développe
jusqu' obtenir son AOC, alors que d'autres vignobles sont en
déclin, comme Chateaumeillant Graçay... etc
En 1945, l'activité viticole s'exerce
sur 5000 à 6000 hectares
Les appellations AOC :
Sancerre blanc 1936
Quincy 1936
Reuilly 1955
Sancerre rouge et rosé 1959
Menetou-Salon 1959
Ces appellations deviennent alors des atouts
considérables qui vont essentiellement profiter au Sancerrois
dont les superficies ne cessent d'augmenter.
Aujourd'hui (1990), il ne reste que 2800
hectares de vignes dont les 5/6 ièmes sont composés
de vins de qualité. le cépage est du Sauvignon.
Les vins blancs de Sancerre demandés
dans le monde entier vont entraîner d'autres vignobles
comme Menetou-Salon qui a selon les spécialistes la même
qualité et un prix moindre.
En valeur, pour le Cher si les productions
de céréales représentent 32 %, le vin est
à 14% ce qui est considérable.
En 1990 (1989) les superficies sont les
suivantes :
- Sancerre 1727 hectares
- Menetou 153
- Quincy 111
- Reuilly 21
-Chateaumeillant 56
Le total est de 2068 hectares.
Et on remarque que le vignoble de Bourges a totalement disparu.
175 000 hectolitres sont produits dans
le Cher
L'exportation représente 40% de la production dont 145
000 en AOC pour 1990.
Les expositions sur la vigne et le vin
En 1955 se déroule au Musée
du Berry une exposition sur la vigne et le vin en Berry.
" Pour vivre plus de cent ans
Bois du vin d'Asnières
Car il rend le cur content
Le bon vin d'Asnières ".
oLe député Alfred Leconte,
poète et chansonnier écrit une chanson sur le vin
d'Issoudun dont le refrain dit :
" Il est corsé, franc et rustique,
le vin des vignes d'Issoudun
et tout bon vigneron se pique,
d'en vider deux verres pour un ".
Vin de Sancerre
Quelques chiffres
· AOC reconnue en 1936 pour les vins blancs et en 1959
pour les vins rouges et rosés
· Cépages : sauvignon blanc, pinot noir
· Surface : 2 800 hectares (2500 hectares en 2004, 400
vignerons et 25 négociants producteurs, et 14 communes.
· 150 000 hectolitres
· Production annuelle :
· Sancerre blanc (sauvignon): 17 millions de bouteilles
· Sancerre rouge (pinot noir) : 3 millions de bouteilles
· Sancerre rosé (pinot noir) : 1,6 millions de
bouteilles
Notes d'Histoire
De nombreuses légendes laissent supposer que depuis la
plus lointaine antiquité, la vigne a toujours été
présente à Sancerre. Dès 582, Grégoire
de Tours indique l'existence du vignoble dans ces écrits.
Au XIIe siècle, le vignoble connaît un essor considérable
grâce aux moines Augustins de St-Satur et aux comtes de
Sancerre. Le Duc Jean de Berry l'estime le meilleur vin du royaume.
Plus proche de nous, le vignoble a connu de grands bouleversements.
Planté essentiellement en pinot, il fut détruit
par le Phylloxéra à la fin du dernier siècle.
Par la suite, le sauvignon, particulièrement bien adapté
au climat, se développe. Les terroirs et ses hommes en
feront un vin dont la qualité sera reconnue dès
le premier décret AOC en 1936. En 1959, les vins rouges
et rosés, issus de pinot noir, cépage noble, sont
à leur tour classés en AOC.
Le développement continu de l'appellation sous l'impulsion
renouvelée des générations de vignerons
en fait l'un des vignobles les plus reconnus dans le monde. Aujourd'hui
les vignerons améliorent sans cesse la qualité
de leur travail pour un respect renforcé de l'environnement
et une expression encore plus forte des terroirs de l'appellation.
Compléments :
A la suite d'une conférence à
la bibliothèque des Gibjoncs, plusieurs compléments
nous sont parvenus :
Suite à votre conférence
d'hier soir que j'ai trouvé très intéressante
je vous envoie les documents qui prouvent que mes aïeux
ont été il y a bien longtemps propriétaire
d'une vigne, ce qui permettra de compléter vos recherches.
Bonne journée
Cordialement
Eliane Beck née Bernagoux
Il s'agit d'un décret du président
de la République de 1875 au sujet d'un vaste demaine,
"Les vignobles des pelles", situé au sud de
la ville pour construire un hôpital militaire qui prendra
le nom de Hôpital Baudens.
Le décret de la préfecture
date lui de mai 1876.
Ainsi, tout cet espace était couvert
avant 1876 par des vignes.
De même Pierre Farges dans le Berry
Républicain commente ce sujet des vignes à Bourges
:
"Il existait en 1877 une auberge dans
le quartier Bourbonnoux, au coin de la rue Béthune Charost
qui avait pour nom "Auberge du Gros raisin"."
Et il ajoute que les maisons de l'avenur
Eugène Brisson sont dotées de jardins, sûrement
d'anciennes vignes.
Au sud de la ville, rue Proudhon, la maison
de Pierre gaillard était aurefois sur le chemin des vignes.
C'est la réalisation des premières habitations
de l'Abri populaire qui conduisent à l'arrachage des vignes.
Il ajoute que la ruelle du loup, l'avenue
de Dun forment un territoire viticole, le domaine de Saint Outrille,
et cela est le terrain dit des "vignobles des Pelles"
dont il est question dans les plans de Mme Beck.