Jacques Cur à Bourges est
omniprésent, son nom symbolise la réussite, la
puissance, la gloire et aussi la chute et l'ingratitude. Homme
mal connu, auréolé de légende, ami de Jeanne
d'Arc et confident d'Agnès Sorel, c'est un personnage
fabuleux commémoré en l'an 2000 à Bourges
et au plan national par le ministère de la culture pour
le 600 ième anniversaire de sa naissance.
Parcourons, avec les Amis de
Jacques Coeur cette route historique .
Une
"Route" en avance sur son temps
C'est en 1954, alors que le tourisme n'est
pas une composante forte du département du Cher que plusieurs
propriétaires de châteaux du sud du Cher, à
Ainay -le-Vieil, Meillant et Culan décident de créer
un circuit touristique qu'ils vont appeler la "Route de
Jacques Cur".
Alors que les"routes touristiques"
se sont multipliées ces vingt dernières années,
il faut reconnaître que les gens du Berry, perçus
parfois comme en retard sur leur temps
. Etaient en avance
en matière de patrimoine et de tourisme par rapport au
reste de la France !
Progressivement des châteaux, des
abbayes, des villes et des édifices publics vont se joindre
à cet itinéraire qui traverse le Cher, de Gien
aux frontières, au sud de Saint-Amand Montrond en passant
par Bourges. Cette dernière ville qui appartenait à
la route par le palais Jacques Cur, propriété
de l'Etat, a adhéré en 1996 seulement à
la "Route" comme ville à part entière,
c'est dire que l'évolution de la Route est permanente.
La "Route Jacques Cur"
regroupe 16 sites. Elle est gérée par une association
de type "loi 1901" et chaque site dispose d'une manière
ou d'une autre d'un trésor caché, tant cette histoire
est riche.
Le grand Argentier de Charles VII possédait-il
l'ensemble des lieux visités ? telle est la question parfois
posée par le visiteur. Assurément non, il était
propriétaire des plusieurs demeures comme Ainay-le-Vieil
et bien entendu de son palais de Bourges, mais sur d'autres lieux,
il n'a sans doute eu que des visées, mais voyageur hors
pair, Jacques Cur est passé un jour vers 1430 dans
cette vingtaine de lieux.
Un étonnement continu
Les châteaux et édifices réservent
des surprises à chaque étape de cette route, tant
les constructeurs d'autrefois avaient mis de soin à trouver
le "bel endroit", tantôt caché derrières
les branches, tantôt au fond d'une vallée ou encore
au centre d'un grand parc entouré de murs ou de fortifications.
L'extérieur du château de Meillant,
et son gothique flamboyant est somptueux, avec sa tour du lion
et un soupçon d'influence italienne, la Renaissance est
en marche. L'intérieur, magnifiquement meublé,
a conservé le charme de 1505 année de la visite
du roi Louis XII
. Qui est venu visiter son parent Charles
d'Amboise, lequel était absent de chez lui ce jour là,
ce qui mit le roi en fureur. Les voyages officiels des grands
de ce monde ont bien changé depuis cette époque.
Le Château de Blancafort qui
fut édifié au XV ième siècle par
la famille de Boucard a fait l'objet d'une publicité au
niveau européen. En effet, Blancafort est au centre de
l'Europe de l'Euro, une distinction que n'aurait pas désavoué
Jacques Cur qui avait inventé un écu, appelé
"le Gros de Jacques Cur".
Malheureusement ce château a quitté
la route en 2006.
En bord de Sauldre, rivière que
l'on aperçoit dans les douves, le château de
Boucard, décidément une famille de constructeurs,
les tours d'angle et le donjon montrent un art médiéval
consommé. Il date de 1350 et fut remanié un siècle
plus tard par un Lancelot de Boucard qui introduisit une touche
Renaissance à l'édifice, en particulier à
l'intérieur, au grand étonnement du visiteur. Boucard
est situé à une quinzaine de kilomètres
de Sancerre, entre La Verrerie et Maupas.
Malheureusement ce château a quitté
la route en 2006.
Les Trésors cachés à
l'intérieur
Parcourir la Route Jacques Cur permet
de découvrir un patrimoine varié et d'une grande
qualité. La Bussière et son château
des Pêcheurs situé au milieu d'un lac est entouré
d'un parc dessiné par Le Nôtre, alors que Gien,
construit par Anne de Beaujeu en 1484 comprend un musée
de la chasse unique en France. Ce château possédait
dans les temps anciens un pigeonnier "où arrivaient
des e-mail" en provenance de 4000 pigeons voyageurs !
A l'intérieur des châteaux,
le touriste découvre un mobilier particulièrement
riche. Il faut dire que ces lieux sont généralement
habités par leurs propriétaires, ce qui donne un
caractère très particulier. On découvre
aussi des collections ou des objets uniques. Ainsi, des pleurants
du tombeau du Duc Jean de Berry sont présentés
à La Verrerie, alors que Maupas possède
la plus extraordinaire collection d'assiettes de faïence
de France, avec 887 assiettes exposées au public, comprennent
une batterie de casseroles, plats et autres louches en cuivre
comme on n'en trouve nul part ailleurs
..
A Bourges le palais Jacques Cur appelé pendant des lustres "la Grant'Maison"
est le plus bel édifice civil du XV ième siècle.
Sa façade extérieure qui vient d'être rénovée
par l'Etat a permis de découvrir des frises ciselées
et des personnages d'une grande pureté. Les sculptures
ou bas relief des pièces et cheminées, dont un
cul de lampe représentant la légende de Tristan
et Iseult mérite à lui seul le déplacement
sont remarquables.
Des personnages fabuleux
Au fil des visites, se déroulent
les pages de notre Histoire du Berry, avec le souvenir des grands
personnages qui ont habité ou sont passés dans
ces lieux.
Dame de beauté, la princesse de
Clèves aimait se rendre dans le château de La
Chapelle d'Angillon,. C'était dans les temps anciens
une principauté souveraine, celle de Boisbelle, un peu
comme Monaco. Se succédèrent aussi le duc de Nevers
et le grand Sully. Ce bourg est le pays natal d'Alain Fournier,
et de nombreux souvenirs hantent les lieux. Un musée est
consacré à l'auteur du Grand Meaulnes.
A Ainay-le-Vieil, appelé
parfois le petit Carcassonne par sa typologie, ce sont les souvenirs
des grands personnages de l'Histoire de France, Louis XII bien
sûr, mais aussi Colbert, Marie-Antoinette et même
Napoléon. Ce château appartient à la même
famille depuis
1467 et une promenade dans le parc et sa
roseraie permet de se ressourcer dans notre Histoire médiévale
et de songer à Anne de Bretagne.Tél : 02.48.63.50.67
-
Autre lieu, autre personnage, à
Argent-sur Sauldre, avec le souvenir d'un homme
plus proche de nous, l'Abbé Moreux, sublime savant du
XXe siècle. Par ses observations et ses recherches sur
l'alchimie il aurait aimé travailler l'or et l'argent
dans les mines de Jacques Cur situées dans les Monts
du Lyonnais.
A la rencontre des artisans du temps passé,
de leur trésors d'ingéniosité et de leurs
savoirs oubliés.
Entre contes et légendes, souvenirs
et témoignages, laissez-vous guider dans un monde où
l'outil prend la vie et où le geste devient magique.
Le château, construit par Victor
Louis comprend un magnifique musée des Métiers
et des Traditions de France. Argent est situé à
quelques lieues au nord d'Aubigny-sur-Nère.
Des Villes sur la route des châteaux
Les villes qui adhèrent à
la Route Jacques Cur, ont en commun une grande passion
pour l'Argentier du roi et pour l'Histoire en général.
A Saint-Amand Montrond , le souvenir de Sully ou du Grand Condé
hante les souterrains de la forteresse de Montrond, alors que
le musée Saint Vic possède de nombreuses uvres
dont les sculptures de Popineau.
Lorsque vous êtes à Saint-Amand
Montrond, ne manquez pas la cité de l'Or, qui vient d'ouvrir
ses portes, un palais des temps modernes en forme de pyramide
que n'aurait pas désavoué Jacques Cur, qui
fut toujours en avance dans le domaine de l'architecture. Et
puis, l'Or et la Monnaie, furent avec le commerce, parmi les
grandes passions de Jacques Cur.
A Aubigny-sur-Nère, c'est la cité
des Stuarts, avec une puissante Alliance franco-Ecossaise. Les
maisons à colombage sont de toute beauté. Chaque
saison, des expositions sont proposées au public qui découvre
une ville fleurie, et avec un peu de chance, quelques touristes
en kilt, venus se ressourcer sur la terre donnée aux Stuart.
Quant à Dun-sur-Auron, autrefois
Dun-le-Roi, ses remparts et surtout son beffroi sont typiques
de l'architecture du XV ième siècle.
Bourges enfin, avec le Palais, mais aussi
les apports de Jacques Cur dans la cathédrale de
Bourges, pour laquelle il dépensa beaucoup d'argent. Son
fils Jean ne fut-il pas archevêque de Bourges. Il faut
voir la sacristie et ses vitraux, ou encore sa chapelle, représentant
une Annonciation, sans doute un des plus beaux vitraux français
du XV ième siècle
Au sud du département du Cher, l'abbaye
de Noirlac constitue à côté de Saint-Amand,
un passage obligé. Cette abbaye cistercienne, fondée
en 1150 et sauvée par Prosper Mérimée, est
un pur chef d'uvre de ce que voulait réaliser Saint
Bernard en réaction à l'Ordre de Cluny. La lumière,
la rigueur et le dépouillement architectural ne pouvaient
que pousser les moines à prier !
La grande majorité de ces châteaux
sont habités et il est possible ce côtoyer les maîtres
des lieux, issus de familles illustres, dont celle de Jacques
Cur par son fils Geoffroy, c'est le cas de Béraud
de Vogüe à La Verrerie et de Marie-France de Peyronnet
à Ainay le Vieil.
A la Verrerie, plusieurs salles ont été
aménagées pour des réunions ou autres séminaires,
dans le salon Louise de Keroualle ou l'espace de la Grande Bibliothèque;
et pour loger les participants, une douzaine de chambres sont
proposées.
RETROUVEZ LE SITE DE
LA ROUTE JACQUES COEUR :
http://route-jacques-coeur.org/