La famille Lallemant tient une place
toute particulière dans la ville de Bourges depuis plusieurs
siècles. On retient une famille de commerçants,
de personnages qui sentent le soufre, et aussi d'élus
de la ville. Il reste essentiellement un Hôtel devenu musée,
situé en plein centre de Bourges.
Tout semble commencer de manière
fort banale, avec l'arrivée au XIII ième siècle
de commerçants venus d'outre-Rhin qui se spécialiseront
dans le négoce de luxe et que l'on appellera les Allemands,
puis " Les L'Allemands " et enfin pour simplifier,
les Lallemand .
Au milieu du XV ième siècle, le patriarche de cette
famille se prénomme Guillaume, alors que son fils Jean
obtient le titre de receveur général de Normandie
au moment où il s'allie avec une très riche famille
de la région de Bourges, les Barillet de Xancoins.
Comme d'autres, ils s'enrichissent par
le commerce et la vente à la cour des princes et rois
qui séjournaient alors à Bourges. En 1467, Jean
lallemant le père achète une parcelle de terrain
située rue de la Narette, devenue rue de l'hôtel
Lallemant, pour y construire une maison.
Au moment où ils sont anoblis, leur
maison part en fumée dans le grand incendie de Bourges
de 1487.
Etaient-ils bien assurés (?) ou
leur fortune sonnante et trébuchante était-elle
à l'abri, en tout cas, ils font reconstruire, non plus
une maison, mais un magnifique et vaste hôtel .
Cet Hôtel porte désormais
le nom " d'Hôtel Lallemant ", il était
situé sur un terrain qui relevait de 3 paroisses, et donc,
il fallait s'entendre avec les trois curés respectifs.
Pour se mettre d'accord, il fut décidé que les
Lallemant seraient les paroissiens d'un des trois curés
et cela changeraient à chaque année.
La construction sur le rempart gallo-romain
commence vers 1490, et à la mort de Jean Lallemant en
1494, l'édifice n'en était qu'à ses fondations.
Ce sont ses fils qui terminèrent l'Hôtel en 1518,
pour ne pas simplifier la compréhension du récit,
ses deux fils s'appelaient aussi tous deux Jean ! Pour les différencier
on dira Jean l'aîné et Jean le Jeune.
Jean l'aîné deviendra maire
de Bourges en 1500, son fils quelques années plus tard. Tous deux appartenaient à l'ordre chevaleresque
de Notre-Dame de la Table Ronde. Cet ordre avait été
fondé à Bourges en 1492 par Jean de Cucharmois,
un riche marchand de Lyon. Et plus tard, cet ordre, qui s'occupait
beaucoup de monnaie et d'or, sera dirigé par Jean Lallemant
l'aîné.
La suite du monument est somme toute, assez
classique. Jusqu'au milieu du XVII ième siècle,
en 1651 il resta dans la famille Lallemant ( il passe à
Etienne, fils de Jean III et de Jeanne de Champagne, puis à
ses fils François et Etienne et à sa petite-fille
Anne.
Le fils ou petit fils d'Anne Gaston Viole
le vendi à Pierre Barjon, secrétaire du prince
de Condé, puis , sa fille épousa en 1656 Jacques
Dorsanne.
Elle passe ensuite à plusieurs propriétéires
comme les famille< Robert, puis Coudraie.
Un grammairien nommé Pierre-Constance
Séguin va l'acquérir à la Révolution
et est revendu à la ville de Bourges en 1826.
La ville en fit une école primaire,
tenue par les religieuses, les soeurs bleues, pendant une grande
partie du XIX e siècle.
Enfin, récemment, le bâtiment
devint le siège des sociétés savantes de
la région avant d'être le Musée d'Arts Décoratifs
capable d'accueillir les collections de mobiliers et d'objets
d'art de la ville et de l'Etat, cela date de 1951.
Des travaux de réfection des façades
en 1995 et 1996 ont redonné à cet hôtel une
beauté incomparable, c'est un des grands monuments de
notre Berry.
en savoir plus :
Les
Alchimistes
l'Hôtel des Arts décoratifs