Vladimir Jankélévitch
est à la fois un grand philosophe et un grand critique
de musique. Et en plus il est né à Bourges. Il
possède une rue à son nom, dans le quartier de
Juranville, pas très loin d'où il est né
en 1903.
En effet, Vladimir Jankélévitch
est né le 31
Août 1903 dans
une belle maison du 13 boulevard Gambetta à Bourges. Il était
juif et fils d'émigrés russe, et va se nourrir
de culture grecque, judéo-chrétienne et bien entendu
russe.
Comme le rappelle Alain Vernet,
qui fut son élève et qui de décrit d'une
manière passionnante, Jankélévitch fut :
"musicien, écrivain,
philosophe, professeur, résistant, homme de courage et
de conviction, d'engagement, il était un amoureux passionné
de la vie et de ses charmes : l'art, les femmes, la danse, les
pâtisseries, bref un Voltaire, la gentillesse en plus".
Le père de Vladimir Jankélévitch
se prénommait Samuel, il venait d'Odessa et il fut le
premier traducteur de Freud en français. C'est en fuyant
les campagne contre les juifs qu'il vient s'installer à
Bourges après avoir obtenu son diplôme de médecin.
Il aura trois enfants avec son épouse, elle aussi d'origine
russe. (à noter que la soeur de Vladimir, Ida épousera
Jean Cassou grand poète et résistant).
Vladimir Jankélévitch fera
ses études à Bourges, au "petit lycée",
situé à l'Hôtel des échevins, et il
sera particulièrement brillant dans ses études.
A 14 ans, la famille s'en va à Paris et Vladimir fera
le Lycée Montaigne, puis Louis le Grand et enfin Normal
Sup, il obtient l'agrégation de philosophie à la
première place en 1926.
Après ses études, Jankélévitch
devient professeur, à Prague, puis à Caen, ainsi
qu'au lycée du Parc à Lyon... etc il est Maître
de conférence à Lille.
Dès les années 1930, il enseigne
et commence à écrire, le premier ouvrage est consacré
à Bergson dont il est un des disciples, puis c'est un
livre de philosophie, "l'ironie ou la bonne conscience",
et en 1938, il écrit son premier ouvrage sur la musique,
commençant par Gabriel Fauré.
Toute sa vie sera dès lors consacrée
à la musique et à la philosophie, il fut un excellent
pianiste.
La guerre de 1939 / 40 est une épreuve,
lui, le fils d'émigré, et juif de surcroît.
Il est mobilisé, puis blessé au front et évacué
à Marmande. C'est alors qu'il apprend qu'il perd sa nationalité
française et son poste à l'université à
la suite des lois contre les juifs.
Il se réfugie à Toulouse,
fait venir sa famille et passe la guerre dans la clandestinité
et la résistance.
Après la guerre, il devient directeur
des programmes de musique à radio Toulouse puis il revient
à Paris et retrouve une chair de philosophie, nommé
en 1955 titulaire de la chair de philosophie morale à
la Sorbonne.
Ses réflexions métaphysiques,
éthiques, esthétiques sont essentiellement tournées
vers le problème existentiel de la durée et de
l'instant. Sa pensée a parfois dérouté ses
lecteurs par la diversité des images, de ses références.
C'est le domaine de l'insaisissable, du " je ne sais
quoi " et " du presque rien".
Ratimir Pavlovic poète
français et critique d'art écrira sur Jankélévitch
qu'il est :
"un philosophe qui était
capable d'aller jusqu'à tremper sa plume dans le feu astral
pour dire la vérité. C'est pourquoi ses pensées
sont chargées de tant d'étincelles d'immortalité...
comme autant de somptueuses victoires sur le Néant".
Vladimir Jankélévitch reviendra
à plusieurs reprises dans sa ville natale, beaucoup se
souviennent de son séjour en 1981, c'était au Grand
Théâtre de la Maison de la Culture, il dialogua
avec des étudiants des classes de terminale, puis avec
les élèves de l'Ecole de Musique.
Il meurt à paris le 6 juin 1985,
il avait écrit :
"la
mort est un vide qui se creuse brusquement en pleine continuation
d'être".
Et Alain Vernet écrit encore sur
Vladimir Jankélévitch en guise de conclusion le
29 novembre 2003, alors qu'une plaque est apposée sur
sa maison natale de Bourges boulevard Gambetta :
"Philosophe de la vie, puisse l'action,
l'oeuvre, l'attitude de Vladimir Jankélévitch nous
servira nous retrouver moins tard, vers ce qui pour lui était
essentiel, et faisait, pensait-il le génie de la France,
ces valeurs symboles de sa devise, et dont le destin était
devenu le sien : liberté, égalité, fraternité".
Une plaque commémorant la naissance
du grand homme a été placée au 13 du boulevard
Gambetta le samedi 29 novembre 2003 en présence de M.
Serge Lepeltier, maire de Bourges et d'Alain Vernet qui fut l'élève
de Jankélévitch.
Ses oeuvres :
- - La mauvaise conscience (1933)
- - L'ironie ou la bonne conscience (1936)
- - Le mal (1947)
- - Philosophie première 1947
- - La mort (1966)
- - Le pardon (1967)
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- - Gabriel Fauré, ses mélodies,
son esthétique.(1938)
- - Maurice Raval (1939)
- - Debussy et le mystère ( 1949)