JACQUES CUR UN ADEPTE
?
Jacques Cur, une vie
ou un roman ?
Jacques Cur, un adepte
Fulcanelli et Jacques Cur
La fortune de Jacques Coeur
Une fin controversée
Tous les érudits depuis 6 siècles
ont cherché à décrypter à la fois
le personnage Jacques Cur ainsi que les traces qu'il a
laissé, aussi bien par les écrits que par les témoins
de pierre de ses constructions.
Un personnage de légende, dont la notoriété
et les controverses n'ont jamais cessé par un phénomène
assez clair : on ne sait rien de l'Argentier du roi, et cela
s'explique par une malencontreuse perte des documents au cours
de l'histoire.
Le professeur Robert Guillot, a étudié Jacques
Cur à partir des documents disponibles, son texte
est disponible sur Internet avec pour titre "Jacques Cur,
les documents d'abord".
Jacques Cur, une
vie ou un roman ?
Bourges a vu naître des personnages
illustres, des rois et des princes, mais l'homme qui s'identifie
le plus avec sa ville ce fut Jacques Coeur. Grand Argentier du
roi Charles VII, c'est avec l'argent qu'il prête à
la cour et au roi qu'il permet à la France de " bouter
les Anglais hors de France ".
Jacques Coeur est né à Bourges en 1400 dans une
maison proche de l'église Saint-Pierre-le-Marché,
rue de la parrerie, où son père exerçait
la profession de marchand pelletier. Il passe son enfance dans
ce quartier de la rue des toiles, au pied du rempart et pas loin
du Palais du duc Jean. Très jeune, il gérera un
des douze changes de la ville. C'est à cette époque
qu'il se trouve en difficulté, jouant un peu avec les
titres et faisant quelque peu dans la fausse monnaie.
Jacques Coeur devient un commerçant à une échelle
beaucoup plus ample que ses concurrents de l'époque. Il
conçoit des routes, installe des comptoirs pour faire
" commerce avec les infidèles ", créa
une flotte de navires et le négoce devint plus que prospère.
Jacques Coeur est anobli en 1441, et deux
ans plus tard, il acquiert un terrain, pour y construire une
" grant'maison ", ce que nous appelons le Palais.
Les travaux vont commencer assez vite, mais les difficultés
techniques apparaissent, car la construction se fait sur une
partie du rempart gallo-romain.
En 1450, le Palais est presque terminé. Jacques Coeur
donne une fête dans la salle des festins, pour la réception
organisée à la suite de l'accession comme archevêque
de Bourges de son fils, Jean. Ce sera une des rares occasions
pour Jacques Coeur de profiter de son palais.
Jacques Coeur est arrêté sur l'ordre du roi Charles
VII le 31 juillet 1451. Il est emprisonné pour une dizaine
de motifs plus ou moins sérieux. Mais à l'époque
on ne badine pas avec les aveux. Torturé et soumis à
la question il avoue tout ce que veulent ses détracteurs,
et il est condamné le 23 mai 1453.
Il va finir sa vie aventureuse comme dans
un roman de cape et d'épée. Il s'évade de
sa prison, rejoins Rome et le Pape, affrète une flotte
au nom de son illustre hôte, et s'en va combattre les infidèles.
Il meurt le 25 novembre 1456 dans l'île de Chio, sans doute
lors d'un combat naval avec les Turcs.
Jacques Cur, un adepte
La vie de Jacques Coeur est donc pleine
d'aventures, et sa mort, si loin de son Berry natal ajoutera
au mystère.
Il y a une légende ésotérique
sur Jacques Coeur, sur sa vie et l'origine de sa fortune. Pour
beaucoup cet homme était un initié, c'est devenu
une évidence .Il n'y a pas de preuve, mais différentes
corrélations de faits :
- Tout d'abord, il manipulait l'argent
avec beaucoup de connaissance et de passion. Si bien qu'il
a un peu commencé sa carrière dans la fausse monnaie.
Ce n'était pas le seul à l'époque, mais
ça fait un peu désordre.
- Il faisait partie de ces Bourgeois, chefs
d'entreprise, dans un secteur assez particulier puisqu'il
possédait des mines, dans lesquelles il exploiter
des minerais d'argent et peut être d'or. C'était
un homme qui fréquentait les " métallurgistes
", des hommes qui possédaient un savoir important
et souvent mystérieux, l'alchimie était souvent
leur passe-temps et leur passion et pour certains leurs métiers.
- Ensuite, Jacques Coeur a beaucoup commercé
directement en payant de sa personne ou par des intermédiaires,
avec les pays arabes et les infidèles. Or l'Alchimie
vient de ces pays. Il a donc sans aucun doute pris des contacts
avec les savants du Levant et abordé ou rapporté
des éléments mystérieux, autres que les
orangers et les datiers.
- Son Palais qu'il fait constuire à
l'apogée de sa richesse et un peu à la fin de sa
vie recèle des symboles et des sculptures qui ne sont
pas innocentes sur le plan de l'alchimie. Souvent à
plusieurs sens, il est possible de faire un parcourt alchimiste
du Palais sans trop " en rajouter pour la cause ".
- Enfin, il est devenu riche, et
cette richesse, ce n'est pas en vendant quelques morceaux de
tissu ou des parfums même venu de l'Orient qu'il a pu l'acquérir.
Il est donc devenu riche par un autre moyen qui est forcément
la pierre philosophale.
Chez les historiens, ces affirmations les
laissent plutôt froids et dubitatifs. Pour quelques uns,
cela oscille entre l'extrême réserve et le silence,
pour la majorité, c'est l'hostilité la plus âpre
par rapport au sujet. Il est vrai que Jacques Coeur n'a pas écrit
ses mémoires, et qu'il n'a pas laissé de témoignage
" de première main ", et que toute affirmation
peut être contredite, mais cela va dans les deux sens.
Déjà de son vivant, Jacques
Coeur était devenu une légende, un mythe, c'était
l'homme qui donnait de l'argent au Roi et à la cour. Cet
or va contribuer à lever des troupes et à bouter
les Anglais hors de France.
D'ailleurs, le peuple, lorsqu'il apprit sa mort dans la lointaine
ile de Chio, refusa de la croire. Ce sera le cas de Villon qui
mettre en doute cette version officielle dans un poème
( Bourges cité première, p 127)
De son vivant ou des quelques années
qui suivirent sa disparition, il y a des textes, pas très
nombreux d'après les spécialistes, qui parlent
de Jacques Coeur et de son Palais, mais aucun n'évoque
l'alchimie.
On a retrouvé pourtant un texte
de Jacques Coeur qui parle explicitement d'Alchimie, mais dans
un sens différent.
Dans une lettre autographe adressée au sieur de barbançois,
Jacques Coeur parle longuement qu'un receveur des finances de
Saint Benoist " avait des accointances avec des Arquemiens,
par le moyen desquels il faisait des écus d'arquemie,
qui servaient à payer les gens d'arme.
Et le Grand Argentier de Charles VII ajoute, en connaisseur de
fausse monnaie :
" ... de telle sorte exchangié cinq lingots
qui n'estaient d'or comme sembloyt, mais n'étoit que léton
doré par le dit moyen d'arquemie ".
Sur ce thème sulfureux, il n'y a
pas, compte tenu des recherches actuelles aucun témoignage
des " écrivains " contemporains de son époque.
Un des premiers documents sur Jacques Coeur
date de l'année de son arrestation par Antoine Artesan
qui écrit dans son " Eloge descriptif de la ville
de Paris et des principales villes de France " :
" ..... A Bourges, j'ai vu encore une hôtel
digne d'un grand prince, que fait bâtir avec un soin extrême,
l'argentier de notre puissant roi, cet homme aussi grand par
l'esprit que riche par ses trésors, qui l'égalent
au célèbre Crassus, d'illustre renommée....
il désire que rien ne manque à la splendeur de
cette résidence ".
D'autres témoignages du XV ième
siècle évoquent de la même manière
la fortune de Jacques Coeur, " qui estoit si riche qu'on
disait qu'il faisoit ferrer ses haquenées et chevaulx
de fers d'argent... " avec en filligramme la Grand Maison
" une maison plus riche de quoy on povoit parler ".
On sent poindre un zeste de jalousie dans
plusieurs écrits, avec les allusions au commerce avec
les infidèles ou le pillage des finances du roi. Jacques
Coeur est un banni, condamné par le pouvoir, il n'est
pas très bon de le défendre ou d'ajouter quoique
ce soit aux accusations.
Chastelain évoque aussi le grand
Argentier par des mots comme " Le plus grand de la terre,
marchand et financier que depuis par fortune, vis mourir en exil,....
"
Mais Christian de Mérindol est allé
plus loin, il a trouvé de nombreux témoignages
sur les activités alchimistes de Jacques Coeur. Mais il
faut remarquer qu'aucun texte ne parle de Jacques Coeur de son
vivant. C'est un fait, mais cela ne signifie rien sur de possibles
activités alchimiques de l'argentier.
Il faut attendre un siècle après
sa mort, ce qui est beaucoup, pour que des auteurs évoquent
des activités alchimiques. Il ne s'agit pas de découvertes
particulières ou de documents, mais de constats et de
réflexions, pour simplement expliquer sa fortune.
Un texte de 1575 parle sous la plume d'André
Thevet :
... Jacques Coeur " a esté plus de vingt ans à
faire la pierre Philosophale, et y oeuvra si bien, qu'il se fait
l'un des Seigneurs de sa ville, luy qui n'estoit rien au commencement
".
Une statue le représente sur un
mulet lequel a les fers inversés ??? et à ses cotés
celle de sa femme et de quelqu'un d'autre qu'on dit être
sa servante.
David de Planis-Campy, médecin de
Louis XIII en 1633 évoque le secret que possédait
Jacques Coeur en échange duquel il aurait obtenu du roi
le pouvoir de forger des monnaies d'argent pur.
Pierre Borel ( 1620 / 1689) a beaucoup
oeuvré pour faire accréditer la thèse d'un
Jacques Coeur alchimiste et possesseur de la Pierre Philosophale.
Il insiste en particulier sur les " figures hiéroglyphtiques
" qui sont aux portes de la Grande Loge de Montpellier construite
par Jacques Coeur.
En 1579, François Garrault les sculptures
de la grand-Maison sont les " emblèmes de sa vie
et de ses actions ". Et la fortune de Jacques Coeur est
essentiellement fondée sir l'exploitation de ses mines.
Et les mots de sa devise Dire Faire Taire n'explique aucune opération
chimique.
Christian de Mérindol conclut un
récent article, parfaitement documenté en rappelant
que Jacques Coeur ne semble pas avoir été un grand
lecteur, et que les qualités de l'homme semblent très
loin de l'alchimie. C'est une étude sérieuse mais
bien dans notre temps.
Il n'y a aucun écrit de Jacques Coeur explicitant qu'il
fut alchimiste, alors, l'Alchimie n'a rien à voir avec
le personnage.
Il faut donc chercher autre part les possible
traces d'un adepte, puisque la littérature n'aboutit pas
à des preuves intéressantes. Fulcanelli, qui a
redoré le blason des alchimistes s'est un peu intéressé
à Jacques Coeur.
Fulcanelli et Jacques Cur
Pour le maître Fulcanelli, il parle
peu du palais Jacques Coeur, il dit qu'il y a eu trop de vandalisme
et que la décoration intérieur a disparu, ce qui
hôte beaucoup de preuves. Cet écrit des années
1920 est parfaitement corroboré aujourd'hui par les recherches
sur le Palais.
Jacques Coeur dit Fulcanelli a la réputation
d'un Adepte éprouvé. Il rappelle lui-aussi des
auteurs comme David de Planis-Campy qui parlent de lui comme
de celui qui " possédait le don précieux de
la pierre au blanc " ce qui signifiait qu'il connaissait
la transmutation de métaux vils en argent. Et Fulcanelli
ajoute, d'où son titre d'argentier. Là il va un
peu loin. Et ces allégations ne sont pas des preuves.
En tout cas, par la décoration de
son Palais, Jacques Coeur fit tout pour accréditer la
thèse qu'il est un adepte.
Son blason comporte aussi les 3 couleurs
de l'oeuvre, le noir, le rouge et le blanc. C'e sont aussi les
couleurs des chevaliers de l'Ordre de l'Etoile. Pour le bleu
qui est la couleur de la Vierge, c'est souvent la couleur de
la matière première des Alchimistes.
Ses devises, et ses blasons ne sont pas
innocents, Fulcanelli parle même du grand Argentier comme
d'un homme qui a pratiqué lui-même l'alchimie.
Si Jacques Coeur fut un adepte, rien n'indique qu'il a pratiqué
le Grand oeuvre, c'est dans l'emblématique qu'il faut
chercher quelques éléments de preuves, avec toute
la prudence nécessaire.
La fortune de Jacques Coeur
Il restera toujours un mystère sur
l'étendue et la façon dont il a accumulé
une fortune immense. Pour les uns, c'est le commerce avec les
infidèles. Pour d'autres, c'est plutôt l'exploitation
de mines de plomb argentifère et de cuivre qui lui donneront
cette fortune, en particulier dans les mines du Lyonnais.
Il semble toutefois qu'il devait s'intéresser à
ces mines, mais plus comme minéralogiste que comme alchimiste
et surtout que ces mines n'ont pas été géré
de manière optimales et ne rapportaient peut-être
pas grand chose. Mais il le laissait croire.
Pour d'autres auteurs, c'est plus simple,
la monnaie d'or en occident était rare, et on utilisait
principalement l'argent. Au contraire l'Orient croulait sous
ce métal par l'accumulation de trésors. Il y avait
donc un décalage entre les deux et Henri de Man, ministre
Belge des finances affirme qu'il y avait un tel décalage
qu'avec une certaine valeur d'or, on obtenait le double de valeur
de l'argent, on avait en effet un faible commerce entre occident
et orient ce qui empêchait les cours de se régulariser.
Une transaction et Jacques Coeur obtenait
un bénéfice de 100%. C'est mieux que l'alchimie
et le Grand Oeuvre.
En fait, la fortune du grand argentier ne serait pas dans la
vente de quelques tissus ou fourrures aux nobles de la cour,
ni dans la fabrication de l'or à partir de métaux
vils comme cela se murmurait dans les milieux alchimistes. C'était
sans doute plus simple et plus rentable. Jacques Coeur profitait
des différences de change qui existaient au Moyen Age.
L'Occident possédait beaucoup d'argent et le Moyen Orient
beaucoup d'or, par le jeu des échanges, le grand argentier
transformait le plus légalement du monde son argent en
or.... Encore fallait-il aller à l'aventure.
Mais ce système, Jacques Coeur n'avait-il
pas intérêt à le cacher? et en conséquence
à faire croire qu'il l'avait obtenu par l'alchimie ?
Donc Jacques Coeur faisait fortune en
Orient et ceci réussissait car ils n'étaient pas
nombreux et si cela devait s'accroître, ce serait fini,
alors, il donnait " le change " avec deux moyens :
- l'or obtenu par le Grand Oeuvre
- l'or obtenu dans les mines du lyonnais
et il était tranquille et pouvait continuer son commerce
et faire fortune sans danger.
Faut-il chercher ailleurs les indices des
adeptes ?
On va étudier un bas relief situé dans la cour
d'honneur, on peut penser qu'il s'agit d'une carte postale de
l'époque rappelant les voyages du maître en orient.
Ou bien, il s'agit d'un véritable message n'ayant rien
à voir avec l'emblématique.
Une fin controversée
A partir de ce dernier voyage avec l'armada
du pape, tout devient flou et imprécis. Il fut "
peut être inhumé dans l'église des franciscains
à Chio ". écrit Jacques Heers.
Elément important quelques années après
cette mort, en 1467, le fils de l'argentier, Jean Cur obtient
du pape l'autorisation de ramener le corps de son père
et il dit que ce corps est enterré " dans un lieu
de Grèce appelé Chio ".
La seule trace de l'époque date
tout de même de 1501, c'est à dire 50 ans après
les faits, et c'est un visiteur, Jean Auton, qui passe à
Chio. Comme on peut le voir, Jacques Cur et sa mort demeurent
un mystère. On a dit qu'il avait été tué
en mer lors d'un combat naval. Pour certains, il fut blessé
dans un combat et il mourut plus tard à Chio, enfin, d'autres
historiens affirment qu'il fut malade et débarqué
à Chio où il succomba. C'est une énigme.
Toutes les hypothèses depuis 6 siècles
ont été mises en avant, bien que la mort à
Chio ait la faveur des historiens, dont Jean Yves Ribault et
Robert Guillot, alors que Jacques Heers est plus mesuré.
A côté de cela circulent une foule de légendes,
dont celle d'un Jacques Cur qui n'est pas mort à
Chio. C'est ce que l'on pourrait appeler la " version ésotérique
ou alchimique ", Jacques Cur n'est pas mort, car c'est
un adepte et il ne peut pas mourir puisqu'il possède l'élixir
de longue vie.
Lorsqu'un tel personnage, si riche, un peu alchimiste disparaît
si loin de son pays, la légende, de belles légendes
prennent forme. Et c'est ainsi que pour beaucoup, Jacques Cur
n'est pas mort à Chio
Pour certains, comme La Thaumassière
au XVII e siècle, il a fuit et il s'est tout simplement
retiré dans l'île de Chypre où il avait refait
fortune, il s'est à nouveau marié avec une dame
Théodora qui lui avait donné deux filles qu'il
a fortement doté
. Et ainsi de suite....... C'est
dans un écrit évoque le fait que Jacques Coeur
aurait refait sa vie à Chypres, et aurait eu deux enfants.
Autre légende, Jacques Cur
est revenu en France et a vécu à Cuers, un village
situé au nord de Toulon, où il serait enterré
dans le choeur.
Les recherches et études continuent
encore aujourd'hui. C'est toujours un vrai mystère, sachant
que l'hypothèse la plus probable est bien la mort à
Chio dans des circonstance que nul aujourd'hui ne connaît.
Pour Jean Yves Ribault, Jacques Coeur a
été débarqué sur l'île de Chio,
et il note deux hypothèses :
- la première, c'est une blessure
reçue lors d'un combat naval avec les Turcs.
- la seconde, c'est la maladie, une personne affirmera, lors
des recherches sur place au XX e siècle, qu'il est mort
de la peste à Chio.
Bref, on n'a aucune preuve sur les causes
de sa mort, sinon qu'il avait près de 60 ans, et que les
années d'emprisonnement l'avaient particulièrement
affaibli. Donc blessure ou maladie, il n'en fallait pas beaucoup
pour le précipiter dans l'au-delà.
Il reste encore des hypothèses sur
la mort de Jacques Coeur par les documents :
Il faut savoir que pendant longtemps, on
n'a pas cru à cette mort de l'ancien argentier, sauf les
chanoines de la cathédrale de Bourges.
Dans les années 1930, une riche américaine, passionnée
par Jacques Coeur voulait retrouver la tombe de l'argentier,
et elle écrira au maire de Bourges Henri Laudier afin
que celui-ci intervienne.
Laudier enverra plusieurs courriers à l'ambassadeur de
France à Athènes afin de savoir où pourrait
être l'emplacement de la tombe de Jacques Coeur sur l'île
de Chio.
Récemment, Robert Guillot de retour
de Chio, et Jean Yves Ribault, chacun à leur manière,
comme des historiens de tradition, ont apporté des théories
qui ne permettent pas d'apporter la preuve d'une mort sur l'île
de Chio, mais de montrer avec trois éléments, la
forte probabilité de leur affirmation.
1/ On connaît un procès fait
au Parlement de Paris dans lequel furent jugés des Génois.
Ces derniers étaient en conflit sur le plan juridique
avec des commerçants de Paris. Et au cours de ce procès,
les génois parlèrent de Jacques Coeur qui avait
dirent-ils enterré sur l'île de Chio avec tous les
honneurs dus à son rang, ils l'auraient inhumé,
comme si cela avait été un des leurs.
2/ Un des rares témoignages sur
cette mort et le lieu où Jacques Cur a pu être
inhumé, vient du récit de Jean d'Authon qui s'est
rendu sur les lieux en 1501, c'est à dire 44 ans après
la mort de Jacques Cur. Il dit simplement " auquel
lieu est pareillement en sépulture Jacques Cur dedans
le milieu du chur de ladite église".
3/ Une certitude toutefois, en 1467 nous
dit Jacques Heers, on a retrouvé une demande de Henri
Coeur, le fils, qui avait envoyé au pape Pie II, la permission
d'aller en pèlerinage à Jérusalem et de
revenir par l'île de Chio afin de ramener en France le
corps de son père. Dans sa réponse le pape fait
allusion à des combats contre les turcs ce qui est intéressant.
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JACQUES CUR EN SON
PALAIS HERMETIQUE
Le palais de Bourges du Grand
Argentier
L'alchimie au palais Jacques Cur, mythe ou réalité
?
Cur et coquille
L'architecture hermétique du palais
Dire - Faire - Taire
Les sculptures du palais
L'énigme de Tristan et Iseult
Conclusion prudente : la double lecture
Le palais de Bourges du
Grand Argentier
Dès que le mot palais est prononcé,
une première énigme apparaît. Pourquoi avoir
appelé cette bâtisse un palais ? La réponse
est simple, voire simpliste, et ne soufre qu'aucune contestation
car ce nom donné aujourd'hui de " Palais " est
récent. Jusqu'au siècle dernier, on parlait de
"la grande maison de monseigneur l'argentier" ou pour
faire plus court, "de la grant'maison". C'est à
partir du moment où il reçoit la cour de justice
de Bourges au XVIII e siècle que l'on parle de ce bâtiment
comme d'un " palais de justice " et le mot " palais
" est resté, remplaçant justice par Jacques
Cur !
Rappelons de manière succincte la
genèse du palais et ce qu'il est devenu jusqu'à
nos jours. Jacques Coeur est alors conseiller et argentier de
Charles VII lorsqu'il achète en 1443 le fief de la Chaussée
à Jacques Belin pour 1200 écus vieux à raison
de 64 au marc, devant Châteaufort, un notaire de Bourges.
Il fait construire son Hôtel entre
deux tours gallo-romaines situées Place Berry. La construction
coûte plus de 100 000 écus d'or. La somme est si
considérable que Charles VII, de passage à Bourges
en 1447 semble avoir posé quelques questions sur une telle
dépense, et sur l'origine des fonds. Louis XIV fera de
même avec Fouquet lors de la visite du roi Soleil à
Vaux le Viconte.... et le sort des deux " serviteurs "
sera presque identique.
Jacques Coeur ne va pratiquement pas habiter
son palais, car il sera arrêté avant de le meubler
et de réellement en apprécier le charme et le confort.
On ne connaît qu'une seule fête en ces lieux, en
septembre 1450 lorsque son fils est élevé au siège
archiépiscopal de Bourges.
Après le procès et la spoliation de tous ses biens,
le Palais appartient directement à l'Etat, c'est à
dire au roi qui ne s'y intéressa pas du tout.
L'histoire du monument au cours de l'Histoire
est peu commune. En 1457 il est rendu aux enfants de l'ex-grand
argentier, et c'est Geoffroy Coeur qui en prend possession. Son
fils Jacques Coeur II en hérite puis le vend à
la famille Turpin en 1501. Il se retrouve ensuite dans les mains
de la famille de Laubépine qui va le garder un siècle.
A cette époque le frère de Claude de Laubépine,
évêque de Limoges fait construire un hôtel
qui prend comme nom Hôtel de Limoges, aujourd'hui disparu.
De 1629 à 1636, le prince de Condé et son frère
le prince de Conti habiteront respectivement le palais de Jacques
Coeur et l'hôtel de Limoges. En 1679, Colbert acquiert
l'édifice. Acheté par la municipalité en
1682, c'est l'Hôtel de Ville de Bourges.
Il subit alors de profondes modifications
intérieures pour permettre le travail administratif et
l'archivage. Il héberge ensuite et de manière progressive
les institutions de la justice, le bailliage et le présidial.
Ce n'est qu'au début du XX ième siècle après
le départ de la mairie puis celle de la justice que le
bâtiment revenu dans le giron de l'Etat devient le fleuron
du patrimoine civil berruyer.
L'intérieur possède encore de magnifiques architectures,
cheminée, plafond, chapelle, mais les restaurations ont
dénaturé de nombreuses pièces. Il reste
toutefois quelques belles sculptures, dont un Tristan et Iseult,
un bas relief représentant une galée et des vitraux
remarquables.
Ce qui est assez difficile, aujourd'hui,
c'est de discerner les sculptures d'époque, de celles
qui ont été fortement régénérées,
de celles qui sont de pures créations du XIX ième
siècle. Comme pour la Poste (PTT) de Bourges en date de
1930 et devant laquelle certains s'extasient persuadés
de voir un monument du XV ième siècle, on doit
pouvoir faire quelques erreurs sur certains bas reliefs pour
des raisons identiques.
Il a été classé monument
historique.
L'alchimie au palais Jacques
Cur, mythe ou réalité ?
Le palais de l'Argentier reçoit
des visites chaque fois qu'un grand personnage passe à
Bourges, Louis XIV le 9 octobre 1651. Le Grand Condé y
logea lorsqu'il suivait les cours au Collège Sainte Marie,
et Charles IX y passera 5 jours.
Plus tard, il servira de cours d'Assise au procès de Blanqui,
Barbès, Raspail, et l'on y verra Lamartine et Vidocq.
Prosper Mérimée, inspecteur
des monuments historique de passage à Bourges écrit
: "Après la cathédrale, la maison de Jacques
Coeur est le monument le plus célèbre de Bourges
" De son côté, Jules Michelet de son côté
dira :
" il faut visiter la curieuse maison
de ce personnage,.... maison pleine de mystère comme fut
sa vie ".
Le Palais Jacques Coeur comprend 4 corps
de bâtiment donnant sur une cour centrale.
C'est un lieu qui comprend à la fois le fonctionnel dans
une architecture pleine de contraste et un côté
artistique. Le plan architectural tient compte des contraintes
de l'emplacement.
Comme pour la Cathédrale de Bourges plus de deux siècles
auparavant, nous ne savons pas quel est l'architecte du palais.
On peut penser aux architectes qui ont travaillé sur les
chantiers berruyers du palais du Duc Jean, peut être Colin
de Picart ou Jean de Blois.
La question posée tient dans l'influence
du grand argentier sur le plan général de l'édifice
bien sûr, mais aussi sur le programme iconographique, c'est
à dire les sculptures très nombreuses des tympans,
des culs de lampe et des bas reliefs.
Les travaux ont duré 8 ans, et en
juillet 1451, lorsque Jacques Coeur est arrété,
le Palais semble à peine habitable. Si l'on ajoute que
durant ces huit années, Jacques Coeur était par
monts et par vaux pour ses affaires, ou pour suivre le roi et
la cour, il n'est pas évident que son influence soit forte
et totale sur les sculptures du Palais.
Ce qui semble certain, c'est l'agencement
général du Palais. On sent la personnalité
du grand argentier. L'édifice est fonctionnel pour l'habitation
et les affaires, le système de chauffage, les pièces,
les couloirs et escaliers, tout est pensé pour bien vivre
dans un cadre beau mais surtout pratique. C'est sans doute cette
partie générale de l'homme d'actions qui ressort
des plans. De plus, à cette époque, Jacques Coeur
a beaucoup voyagé, et il tient compte de cette expérience
vécue.
En est-t-il de même pour le programme
iconographique ? Rien n'est moins sûr.
Les différentes scènes sculptées dans la
pierre sont cohérentes sur le plan technique, les personnages,
les objets sont dans une certaine continuité. Il n'y a
pas semble-t-il d'anachronisme.
Par contre, les scènes sont de plusieurs types. On trouve
des sculptures sur la vie de tous les jours, comme dans les livres
d'Heures, ou encore les coeurs et coquilles sans oublier les
devises du grand argentier que l'on rencontre beaucoup. D'autres
scènes semblent plus mystérieuses, ce sont les
rectangles des arbres, les culs de lampe, ou encore des figures
allégoriques.
Quel fut le rôle du grand argentier dans ces scènes,
alors que le chantier était dirigé par deux de
ses facteurs, des Berruyers, Pierre Jobert et Jacquelin Culon.
On peut penser qu'il y deux parties assez
distinctes dans les sculptures. Comment pouvaient travailler
les concepteurs et les facteurs qui surveillaient le chantier.
Et quelles étaient leurs relations avec l'argentier ?
On peut penser que des projets étaient présentés
régulièrement à Jacques Coeur, et que celui-ci
acceptait refusait ou amendait les dessins ainsi projetés.
Il devait aussi donner son avis sur l'esprit de certaines sculptures
et peut être pour quelques unes être plus directif.
De là à penser que Jacques
Coeur est à l'initiative de toutes les sculptures, il
y a un pas que nul ne peut franchir. On retrouve donc les sculptures
générales de l'époque, comme l'architecte
les pensait, avec le symbolisme accroché au grand argentier,
à sa femme et au roi, et de temps à autre "
la patte " du maître des lieux.
Il a donc voulut imprimer dans ces sculptures sa marque et quelques
scènes à double sens. Ces scènes, c'est
depuis peu de temps que certains cherchent à les déchiffrer.
Le premier fut Fulcanelli, sans trop de bonheur à mon
sens.
Il faut être juste, et ajouter que le palais, compte tenu
de ses différents propriétaires ou affectations
a subit de très nombreuses modifications. On ne connaît
aucune représentation sérieuse de l'édifice
de son époque. Le seul document montrant en couleur le
Palais, est un livre d'heure sans doute réalisé
pour un membre de la famille de Jacques Coeur avec une belle
vue du Palais, c'est la seule représentation qui montre
le roi Charles VII sur son cheval sous de dai avec de part et
d'autre les deux bas-reliefs représentant deux personnages,
un homme et une femme..... situés à l'inverse de
ce qu'ils sont aujourd'hui !
Comme l'affirme Thérèse Legras, il faut se méfier
des livres d'Heures, d'autant qu'il y a une montagne sur le droite
de la gravure.... on la cherche encore à Bourges cette
montagne.
Il y a donc beaucoup d'inconnues et les hypothèses sont
nombreuses pour traduire la réalité historique.
La pierre utilisée dans le Palais
provient des remparts gallo-romains, puis des carrières
de Saint-Florent et de Charly. Cette dernière pierre tendre
étant utilisée par les sculpteurs. Le bois des
charpentes proviendrait de la fôret de Blois et d'Aubigny
sur Nère. Quant aux métaux nécessaire aux
faîtages, Jean Favière pense qu'ils ont été
fournis par les mines de Jacques Coeur dans les monts du Forest.
Cur et coquille
La coquille, c'est celle du saint patron
de Jacques Coeur, c'est aussi l'emblèmes des pélerins
de Saint Jacques de Compostelle et bourges se trouvait sur cette
route mythique.
La coquille, c'est le principe du Mercure, c'est aussi le signe
de l'eau, mais l'eau très particulière de "
l'eau des sages ".
C'est avec cette eau qui doit être
plusieurs fois purifiée que doit apparaître l'Etoile
du Nord, qui confirme la réussite des premières
opérations.
C'est alors la compot-étoile, ( ou compos-stella) c'est
la réussite qui arrive, c'est l'aboutissement du grand
pélerinage du Moyen Age de la route de Saint Jacques de
Compostelle.
C'est le réceptacle de l'eau ignée.
On en retrouve beaucoup dans l'Hôtel Lallemant.
Le coeur c'est le principe du soufre.
C'est aussi le siège des passions et de l'âme
Alors la coquille Saint Jacques et le coeur, c'est le symbole
de l'Esprit, c'est la quète du pélerin.
L'architecture hermétique
du palais
Comme le rappelle Christian de Mérindole,
l'interprétation alchimique de la sculpture de l'Hôtel
de Jacques Coeur est un phénomène récent.
Il y a deux écoles qui se contredisent de manière
fondammentale. La première est constituée par les
" nouveaux alchimistes " du XX ième siècle,
c'est Fulcanelli, Lecour, et Van Lennep. Leurs travaux se fondent
sur leur connaissance livresques et leurs réflexions par
rapport à la connaissance actuelle que nous avons de l'alchimie
du XV ième siècle.
Cette thèse est corrobée par l'enveloppe de mystère
de la vie et de la mort du grand argentier. Il y a tant de chose
que nous ignorons que l'on ne peut pas, par un coup de baguette
magique, refuser tout rapport de l'homme avec l'alchimie.
De nombreux symboles sont à double représentation.
La coquille, c'est le pélerinage de Saint-Jacques de Compostelle,
c'est Jacques Coeur (ou sa femme), c'est aussi la mérelle,
et encore le Mercure !
Des symboles de la " Grand Maison " figurent bien évidemment
dans le Mutus Liber, un des livres de référence
des Alchimistes, tout comme les descriptions de Jabir Ibn Hayyan.
De récentes recherches ont portées
ces dernières années sur le symbolisme de plusieurs
bas reliefs du Palais, et en particulier, des symbolistes berruyers
sérieux ont travaillé de manière discrète
sur le rectagle des arbres et les indications DIRE FAIRE TAIRE.
Dire - Faire - Taire
Les récentes études portent
sur l'analyse des symboles des deux rectangles illustrés
de la tour hexagonale de la cour d'honneur, située à
l'intérieur de l'édifice, c'est à dire dans
la cour intérieure.
Pour des raisons de discrétion, il n'est pas possible
de dévoiler l'auteur de cette étude, réalisée
dans un esprit très ouvert, mais orientée sur la
philosophie et le monde initiatique.
Les touristes, nombreux à Bourges,
visitent le Palais à la suite d'un guide conférencier
qui explique la vie du grand argentier, et l'architecture du
palais. Lorsqu'il arrive dans la cour d'honneur, devant la tour
qui possède deux bandeaux presque identiques constitués
d'une fôret avec principalement trois arbres, l'explication
rapide évoque essentiellement le Levant et le souvenir
de ses voyages, c'est en quelque sorte une carte postale....
un peu lourde sans doute, mais sans signification particulière.
C'est comme le triangle équilatéral avec les trois
cercles entrelacés du chateau de Chaumont sur Loire qui
évoque pour les historiens purs et durs des armoiries
de la famille de Diane de Poitiers et pour d'autres, un signe
cabalistique totalement rejeté dans les documents touristiques.
Et si c'était la même chose ?
Une description simple
Pour aller plus profondément dans
ce sujet essentiel, il faut décrire un des bandeaux. Ce
qui se détache, ce sont trois arbres exotiques, un figuier
peut-être, un oranger au centre et un palmier dattier bien
reconnaissable à droite.
Entre les arbres, d'autres petits arbustes, des plantes et des
plumes d'autruche.
Dans l'encadrement, figurent des inscriptions pour lesquelles
il faut un peu de temps pour les lire. On voit nettement des
lettres et des mots qui apparaissent, c'est " dema joie
" puis une des devises de Jacques Coeur : DIRE - FAIRE -
TAIRE
Aux quatre angles on trouve les lettres R.G. avec entrelacés,
des coeurs et des coquilles.
Une interprétation
Comment interpréter d'une autre
manière que le souvenir du Levant ce bandeau ? Avec une
forte probabilité de détenir la vérité
? Ce n'est pas simple, et même si Fulcanelli qui étudiera
l'édifice nous donne beaucoup de renseignements, son approche
est loin d'être suffisante.
Fulcanelli lit la devise de Jacques Coeur
de la manière suivante : il s'agit pour le maître
de Savignie de la définition du Grand Oeuvre ou de la
Pierre Philosophale pour laquelle, l'adepte doit suivre des conseils,
qui sont simple et élémentaires .
Il faut :
DIRE PEU
FAIRE BEAUCOUP
TAIRE TOUJOURS
Mais les explications complémentaires
de Fucanelli ne sont pas suffisantes. Il faut aller plus loin
et chercher dans les principes du monde initiatique.
C'est donc le principe même de l'alchimie et des initiés,
c'est même le cas pour toutes les sociétés
initiatiques, celles d'hier et d'aujourd'hui respectueuses de
l'homme et d'une grande valeur morale.
Ce perfectionnement moral et spirituel, repose sur les trois
angles du delta lumineux connu des Egyptiens et largement utilisé
depuis. C'est le triptique de la Pensée, de la Parole
et de l'Action.
C'est pour certain l'Art Royal, l'art initiatique des constructeurs.
La devise des maîtres maçons qui batirent le palais
Jacques Coeur, mais aussi la cathédrale était dans
la même philosophie.
Sous ce vocable, le mot DIRE commence le
tryptique. Il s'agit de transmettre son savoir, mais en donnant
peu de renseignements, tout juste suffisants pour intéresser
le futur adepte. Il faut savoir maîtriser ses paroles.
Par contre, FAIRE, c'est à dire
travailler beaucoup, l'action est fondamentale, il ne faut pas
se contenter de réfléchir ou de prier, il faut
agir.
Et enfin se TAIRE vis à vis des
non initiés, c'est le grand secret de l'alchimie et de
l'initiation. Il faut s'imposer une grande discipline du silence.
C'est aussi savoir écouter. Un principe très moderne.
Cette trilogie se retrouve dans des sociétés
initiatiques actuelles comme la franc-maçonnerie, où
le nouvel initié peut " avoir la gorge tranchée
s'il ne garde pas le secret de ce qu'il a vu, lorsque le bandeau
qu'il avait sur les yeux durant ses trois voyages est enlevé
".
Lao Tseu, et on s'éloigne de Jacques
Coeur, mais cela peut montrer l'universalité de ces devises,
dit : " Celui qui parle ne sait pas, celui qui sait ne parle
pas.... " Il a donc réussi à se dominer.
Il y a donc dans cet art architectural
creusé sur les pierres de son hôtel des préceptes
utilisés par les adeptes et les alchimistes, nous dirions
aujourd'hui les philosophes.
Les arbres
Il y a deux tableaux presque identiques
et pourtant différents dans les détails.
Le premier est situé au dessus de la porte
le second juste à droite.
Le carré long au dessus de la porte
Trois arbres majestueux forment le corps
du tableau, on remarquera que celui situé au centre, l'oranger,
est entouré d'une ceinture et d'un cadenas.
Au centre, l'oranger, c'est le symbole
du blanc, même si les oranges sont "oranges ",
c'est la matière première, c'est le début
de l'initiation. L'homme est nu, " dépouillé
de ses métaux ", et s'il réussit à
ouvrir le cadenas de la connaissance, il pourra aller vers la
pureté, vers la pierre philosophale des alchimistes.
A droite, le palmier-dattier, c'est aussi
chez les hermétistes, le symbole du Phénix, c'est
un arbre de vie qui renaît par lui-même. Il y a dans
cet arbre symbolique, la maîtrise du Grand Oeuvre, c'est
l'accomplissement de l'Oeuvre.
Enfin, à gauche l'arbre est un figuier,
" un arbre impur qui renvoie à la terre ", C'est
la mort initiatique qui est nécessaire pour mieux renaître.
Cette mort, courante dans une initiation commence souvent la
cérémonie. Cette mort symbolique est nécessaire
pour mieux renaître.
Dans le cas de l'alchimiste, c'est la phase de putréfaction,
qui est indispensable dans l'obtention du Grand Oeuvre.
Toutes les opérations alchimiques doivent commencer dans
le fond de la terre, il faut d'abord une dissolution de l'élément
avant de commencer la pratique.
Pour Jean Favière l'arbre est peut-être
un cèdre.
Sur une lithographie de Hazé, on
observe encore mieux les détails du bandeau.
Les plantes
Entre les trois arbres, des plantes assez
difficiles à identifier. Dans le bandeau et entre des
plantes des plumes d'autruches que l'on peut comprendre comme
souvent suivant deux perceptions, la première c'est l'exotisme,
les plumes d'autruches sur les chapeaux .... ou le symbole de
l'égalité, égalité devant Dieu, car
ces plumes sont toujours de la même longueur.
Parmi les plantes, on distingue à
droite des oeillets,
en plante basse sans doute des soucis.
A noter encore dans les mots " DE
MA JOIE ", le fait que le J et le I sont identiques et surtout,
le O, est un 8. Il n'y a pas de faute d'orthographe, mais une
volonté de signifier quelque chose.
Le second carré long au dessus d'une
fausse porte
Semblable au précédent, l'oranger
au centre est identique , par contre les deux arbres de part
et d'autre sont différents.
Il y aurait un grenadier, dont le fruit est un des symboles des
hermétistes et que l'on retrouve en flamme à l'hôtel
Lallemant. Le second serait un olivier.
Entren deux plantes importantes, des chardons
et des " cardons à foulon "
Le texte est presque identique, on trouve toujours DIRE FAIRE
TAIRE et DE MA JOIE, avec un J et O, c'est à dire sans
modification ou fantaisie. De même entre les lettres, la
coquille, le coeur, et les deux plumes d'autruche ont disparu.
Quel est la signification des différences
de traitement des deux tympans ? Soit Jacques Coeur a voulu dans
le premier, délivrer un message, soit, et c'est beaucoup
moins romantique ou mystérieux, lors des restaurations
de 1840 environ, les sculpteurs ont apporté une touche
différente, ajoutant coeur, coquilles et plumes..... C'est
pourquoi les interprétations sont difficiles.
L'oranger était parmi les arbres
qui apparaissent dans les tableaux représentant le Paradis.
Jean Favière écrit que " Bourges paraît
posséder les plus anciennes et les plus authentiques figurations
exactes de l'oranger, de ses fleurs et de ses fruits de tout
l'art occidental ".
Sur le dessin de Hazé figure aussi le cadenas ou la ceinture
entourant le tronc de l'oranger. Elle est très difficile
à voir aujourd'hui sur la sculpture.
L'oranger est situé au centre, il
a le tronc entouré d'une chaîne bouclée par
un cadenas, c'est le blanc originel, la matéria-prima,
et pour trouver cette matière première, l'homme
doit être un sage. Ce n'est qu'à cette condition
qu'il pourra ouvrir le cadenas.
C'est donc la première clé
de l'énigme : la sagesse est nécessaire pour entrer
dans le laboratoire.
Le figuier enfin est l'arbre qui est impur,
qui renvoie à la terre. Pour l'alchimiste, tout doit commencer
par la putréfaction. Le processus va des ténèbres
à la lumière de l'or, donc le point de départ
est bien un matériaux en putréfaction.
Ainsi, les trois arbres représentent
les trois étapes que l'homme doit franchir pour s'accomplir.
Mais rien n'est simple dans ce parcourt de l'adepte, car il y
a des épines, et c'est ainsi que l'entourage des arbres
recèle aussi des roses et leurs épines, mais aussi
des chardons et des plumes d'autruches, qui sont toutes égales.
Dans ce dernier cas c'est une contrainte supplémentaire
signifiant que tout doit être fondé sur l'égalité
et la justice.
Après Dire Faire Taire, c'est donc
à nouveau trois arbres et trois symboles qui apparaissent
Il n'y a rien qui conduit à la recherche
de la pierre philosophale sur le plan pratique. Or la voie alchimique
est différente de toutes les autres, dans la mesure où
elle prend en compte un aspect spirituel, mais un aspect pragmatique
et opératoire.
Chez Jacques Coeur ce ne semble pas le cas. Il ne s'intéresse
qu'à l'aspect mystique et philosophique de l'Art. Comme
pour se détacher des accusation de fabricant d'Or.
La progression de l'adepte va du silence
à la parole maîtrise et cela doit aboutir à
l'action. C'est ce dernier volet que l'on ne trouve pas dans
l'architecture du Palais.
Pour certain, la maxime du DIRE, FAIRE,
TAIRE est sans aucun doue le testament de l'adepte. Il a voulu
laisser les traces de la métamorphose de l'homme par la
purification, et la régénération.
En tout cas, ce n'est pas la recette pour
faire de l'or.
Entre les lettres du bandeau, ont été
sculptées des fleurs et plantes qui sont pour certaines
dans le rectangle principal entre les arbres. Il est curieux
de constater trois anomalies parmi ces plantes. Sur le montant
de gauche, une coquille, au centre du bandeau supérieur,
deux coeurs entrelacés et à droite, de manière
symétrique par rapport à la coquille, deux plumes
d'autruche. On a une fois encore un triptyque, trois arbres,
trois symboles forts, non mis au hasard comme le suggère
le prudent Jean Favière.
Une coquille, deux coeurs, deux plumes ?
qui signifie REAL GUERDON, ce qui signifie
Récompenses Royales,
il y a aussi à coeur vaillant rien impossible.
Une autre devise de Jacques Coeur est aussi tracée dans
la pierre, c'est le célèbre " En bouche close
n'entre mouche ". Il vaut mieux se taire que dire des bêtises,
il faut privilégier le silence à des propos incohérents
ou mal réfléchis.
Le silence donne la nature des choses, et c'est aussi le "
tourner sa langue 7 fois dans sa bouche " avant de parler.
Les sculptures du palais
Ce Palais possède de nombreuses
sculptures, en particulier dans les tympans des portes, la plupart
de ces sculptures sont classiques et témoignent de l'époque.
Nous n'en dirons rien de particulier, des ouvrages sur le palais
et son architectures sont forts biens faits pour cela, et il
ne faut pas voir la trace de l'hermétisme partout.
Les sculptures de la façade
Mais la façade révèle
un autre mystère qui n'est sans doute pas d'un proche
rapport avec l'hermétisme. C'est la position des sculptures
qui sont situées de part et d'autre du dais, lequel comportait
la statue à cheval de Charles VII.
En effet, nul ne sait aujourd'hui dans quel sens était
cette sculpture du roi à cheval. Allait-il vers la place
Cujas ou vers la rue d'Auron ? Telle est la question.
Ainsi les statues et sculptures de l'extérieur,
est-ce Jacques Coeur et sa femme Macé de Léodepart
sur les bas reliefs, avec la statue équestre du roi Charles
VII, et à l'intérieur de cette cour, on voyait
aussi une statue équestre, sous un dais, c'était
celle du grand Argentier nous dit l'érrudit berruyer Edmond
Jongleux.
Jules Michelet écrira à ce sujet :
" la statue équestre du banquier plane impérialement
".
Mais le mystère s'épaissit
lorsque l'on examine un livre d'Heures actuellement à
Munich et dessiné pour un proche ou la famille de Jacques
Coeur.
Lorsque l'on regarde la façade, l'homme est à gauche,
le regard tourné sur l'extérieur, et la femme est
à droite, le regard aussi vers l'extérieur. Sur
le livre d'heures, c'est l'inverse. Et les deux personnages regadent
vers la statue du roi, qui s'en va sur la droite, et regarde
le personnage masculin.
C'est une parfaite logique, mais cela signifie surtout que ces
bas-reliefs ont été déplacés et peut-être
tout simplement refaits.
C'est aussi une preuve de la faible connaissance
que nous avons du sujet, et cela doit permettre à chacun
de garder un peu de modestie quant aux déclarations pontifiantes
sur le sujet.
Dans une récente conférence, Jean Yves Ribault,
avait montré avec les photos de François Thomas,
les difficultés qu'il y avait à interpréter
le palais Jacques Coeur, tant d'éléments étant
manquant.
Si comme je le crois, les personnages sculptés
dans les bas-reliefs sont effectivement Jacques Coeur et Macé
de Léodepart, regardant le roi, il y a l'accueil, la soumission
d'un sujet à son roi. Et rien d'hermétisme ou d'alchimique
ne vient troubler cette hypothèse.
Mais entrant dans la demeure d'un adepte,
il a bien fallut donner aux " initiés " d'autres
pistes, et c'est dans le typan de la porte d'entrée que
nous les trouvons, avec comme toujours, un double sens.
Au tympan de cette porte d'entrée
dans le palais se situe un ange avec à ses pieds deux
arbres, qu'il n'est pas simple de classer. Un oranger à
gauche ou un bergamotier
L'ange a les pieds sur un blason comportant
trois coeurs et trois coquilles. Des plantes et des plumes d'autruches.
Parmi les plantes, un pied de gingembre.
L'ange a dans sa main gauche un pot qui comporte une plante.
Cette plante pourrait être un lys.
Dans la miniature de Munich, l'écu est droit et non penché,
et il est sumonté d'un casque. Qui a raison ? doit-on
se méfier des livres d'heures ? Sans aucun doute puisque
le palais Jacques Coeur est dessiné avec à sa droite
une montagne !
De son autre main, l'ange montre un phylactère. Ce phylactère
peut comporter une devise aujourd'hui effacée, ou rien,
comme c'est le cas dans les symboles hermétistes.
L'interprétation est donc à
plusieurs sens, avec la condition que cet ensemble n'ait pas
été trop transformé par les architectes
chargés de la réfection du palais.
C'est une invitation à entrer dans
la maison de Jacques Coeur, et le blason en témoigne.
Mais le phylactère a toujours en hermétisme le
même signifiant : c'est l'information sur le sens caché
de ce qui se trouve dans ce palais. C'est une invitation au mystère.
Le palais contient des éléments que l'on ne peut
pas écrire, et qu'il faut chercher soi-même.
Les arbres ne sont que deux.
Dans la cour :
Le tympan de la porte d'entrée située
a la tour d'escalier, à droite.
C'est l'entrée des domestiques et des cuisines, au centre,
une cheminée avec une marmite suspendue, une crémaillère
et un marmiton qui tourne la broche.
Sur la droite, une servante lave un plat
Sur la gauche, un serviteur broie une composition avec un mortier.
Ceci est une première lecture, rationnelle
et cohérente.
Il peut s'en trouver une seconde avec les
trois opérations qui se faisaient dans les caves des alchimistes.
C'est le broyage, le tamissage et le chauffage. La Terre, l'Eau
et le Feu, au dessus un joueur de cornemuse symbolise l'Air.
A droite, la femme procède à la récupération
de la rosée et tamise cette liqueur qui est une des matières
qui donnera l'élixir.
A gauche, un homme avec un pilon semble broyer la matière
ou la pâte dans un mortier à tourillon. C'est une
des phases de grand oeuvre.
Au centre, le feu qui est la caractéristque finale de
l'obtention de la pierre philosophale. Tout se termine en alchimie
par l'action du feu.
C'est une seconde lecture hermétique
de ce tympan.
Les tympans de la montée vers la
chapelle
Dans la cour toujours, les trois tympans
des ouvertures qui conduisent directement par un escalier à
la Chapelle.
Sur le tympan de gauche :
A gauche :
un moine qui tient un livre fermé il a un goupillon dans
un bénitier.
Derrière, un enfant sonne l'office.
Alors qu'un mendiant arrive. Il porte en avant sa sébille
et s'aide pour marcher d'un bâton.
C'est l'appel à la prière,
à l'office. Tableau en trois personnages dont la lecture
semble assez simple. Mais cela pose encore des questions.
Le livre fermé
des deux extrêms, ce sont les mêmes objets, bâton
pour l'un gouplillon pour l'autre, sébille pour le premier,
bénitier pour le second. L'un est courbé, l'autre
droit. La misère, et la connaissance. A l'entrée
de sa chapelle, Jacques Coeur n'aurait-il pas fait figurer un
roi ? Il a choisi un pauvre.
Symboliquement on peut aussi traduire la scène d'une manière
plus cruelle. La connaissance représentée par le
livre n'est pas accessible à tous, d'où le livre
fermé. Il faut le secours de Dieu.
Sur le tympan du centre :
C'est un tympan des plus curieux, certains
l'on appelé celui de la " messe alchimiste ".
Trois personnages, là encore.
L'un prépare un autel, il semble recouvrir ce qui peut
être un anathor. Il y a en effet, un coeur dans lequel
se trouve une coquille, le tout surmonté d'une croix.
Le tout est dans une figure en forme d'oeuf. ,
Au centre un prie dieu, et un personnage important qui "
porte beau ", il remet son chapeau et a un livre de messe
à la main. Il semble suivre le troisième homme
de la scène, celui-ci quitte la scène à
pas rapise, il a son chapelet à la main.
Cette scène évoque la fin
d'une messe, c'est à dire une scène de la vie quotidienne,
mais quel en aurait été l'intérêt
? Le personnage central pourrait être Jacques Coeur.
Une interprétation nouvelle peut
sans doute être donnée, en prenant en compte les
deux tympans.
Regardons de près l'autel, c'est l'athanor des alchimistes.
Le dessin est typique de ce que l'on retrouve dans le mutus liber,
c'est le vase philosophale qui apparait dans la quinzième
planche de cet ouvrage muet. Le coeur symbolise le mercure, la
Si l'on considère qu'il s'agit " d'une messe alchimiste
", la première scène montre ce miséreux
qui arrive à l'office, il est vieux, courbé, et
la seconde scène le représente beau, et riche,
il sort de cette cérémonie, alors que l'on recouvre
l'athanor, c'est à dire après la réalisation
du Grand Oeuvre. L'homme qui sort devant indique avec ses doigts
le chiffre 5 qui est peut être celui des 5 phases; un peu
comme les cinq voyages initiatiques du compagnon, alors qu'il
découvre la lettre " G ".
C'est bien un thème purement alchimiste, celui qui transforme
l'homme, de l'intérieur et de l'extérieur.
Sur le tympan de droite :
La scène est plus difficile à
interpréter, mais cela arrive !
A droite, un page entraîne trois
femmes vers la gauche, elles sont de noble famille pour les deux
premières. La troisième semblant plus modeste.
C'est aussi tout simplement l'arrivée des femmes à
l'office.
Une autre interprétation de ce typan,
en le reliant à celui du centre, c'est le secret qui doit
suivre le grand oeuvre. L'athanor est recouvert, car il faut
garder secret ce qui vient de se dérouler car les femmes
arrivent ..... Cette interprétation " très
macho " peut se discuter car dans les mutus liber on trouve
la femme présente aux côtés de l'homme.
Mais depuis Adam et Eve, la femme symbolise la faute et le péché.
Et puis la femme étant toujours belle, elle n'a pas besoin
de l'élixir de l'alchimiste pour rajeunir !
A l'intérieur :
Dans la salle à manger ou "
grande salle " la cheminée a trop été
restaurée et mutilée pour que l'on puisse en dire
davantage.
Dans le tympan de la porte, une sculpture représente deux
cerfs ailés.
Le cerf incarne l'âme
L'entrée de la chapelle possède
au premier étage une sculpture de l'Annonciation
L'énigme de Tristan
et Yseult
Pour Fulcanelli, la chapelle est belle,
mais ne contient rien du symbolisme d'antan. Par contre dit-il
la pièce la plus originale du palais est sans aucun doute
un cul-de-lampe qui orne la chambre du trésor.
Dans une première lecture, il représente une légende,
la rencontre de Tristan et Yseult. C'est un poème classique
du moyen Age, avec les chevaliers de la table Ronde( issue des
légendes grecques, comme souvent).
Au centre, un coffre creux et cubique, ma fille dirait aujourd'hui,
tiens, ils avaient déjà la télé à
cette époque car ça ressemble à un poste
de télévision!
Ce coffre est situé au pied d'un arbre très touffu
dont on apparçoit dans le feuillagela tête couronnée
du roi Marc.
Rappelons que Yseult est la femme du roi Marc et Tristan le neveu
du roi.
De chaque côté de ce coffre, Tristan de Léonois
et Yseult. Il a un chapeau de l'époque comme l'on représentera
souvent Louis XI ( à bourrelet). Yseult a une couronne
et ils regardent tous deux le mystérieux coffre.
Fulcanelli évoque alors le phénomène
de réincarnation ou de retour ou de rajeunissement. En
fait le roi et son neveu ne font qu'un.
C'est le combat des corps chimiques dont la combinaison donne
le dissolvant secret. Suit dans lexplication du maître
une longue disgression sur les légendes de ce type, avec
Apollon tuant le monstre Python, ou Les saint comme Marcel, Michel
ou Georges tuant le dragon ou encore hercule tuant l'Hydre de
lerne.
Retour à la chimie, ce disolvant permet la réincrudation,de
l'or naturel, c'est à dire son retour à un état
friable et fusible. C'est rendre cru ce qui signifie remettre
dans un état antérieur. Rétrograder. L'or
à un moment perd sa couleur et la récupère
ensuite.
La reine est à la fois l'épouse du vieillard et
du jeune héros, c'est la triade minérale du grand
Oeuvre.
L'arbre situé derrière Tristan est chargé
de fruits énormes.
C'est le rajeunissement du roi que signalent les auteurs.
C'est le cas typique d'explications que
l'on pourrait dire vulgairement " tirées par les
cheveux ". On a l'impression qu'il manque quelque chose,
que des paragraphes ont été otés ou que
le maître ne dit pas tout.
A moins qu'il n'en sache pas plus que nous.
En seconde lexcture, on peut évoquer
ce cul-de-lampe de manière beaucoup plus simple, plus
rationnelle aussi. C'est la salle du trésor et pour l'obtenir
il faut faire attention, le roi est dans l'arbre, et il y a un
miroir , l'eau qui fait que les amants verront la figure du roi
se réfléter et ne se donneront pas l'un à
l'autre, en tout cas ce jour-là.
Et puis cette dernère lecture retrouvée
chez Edmont Jongleux, " Ce serait plûtot traduite
d'une façon durable dans la pierre, certaines confidences
que l'Argentier n'ose faire çà personne ".
Jacques Coeur qui est le seul à pénétrer
dans cette salle peut à loisir rêver sur celle qu'il
aime en secret, sa protectrice, cette amie sûre pour laquelle
il a toujours manifesté un attachement très respectueux.
Bien entendu, il s'agit de la Dame de Beauté, Agnès
Sorel.
Pour Jongleux, c'est peut-être la clé de ses ennuis
et du procès, " il avait osé lever les yeux
sur une femme que son roi avait distinguée ".
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