Le Grand café au N°
16 de la rue Moyenne en plein centre de la ville de Bourges a
été construit à la fin du XIX ième
siècle.
A l'origine il est le cercle
militaire des officiers de la garnison de Bourges.
L'architecte a réalisé
une façade à travée rythmiques de style
néo-renaissance.. Et l'ensemble est inspiré des
traités de Vignole et de Serlio.
Au rez de chaussée, comme
dans ces immeubles de rapport de commerce, il comprend un café
avec de belles vitrines. "des façades ostentatoires
et coursières ininterrompues sur toute la longeur de l'édifice".
Ce café est ouvert à tous.
A l'étage, de grandes
baies vitrées qui éclairent des salles de réunion
qui sont réservées aux militaires.
Le fondateur de ce grand ensemble
avait été réalisé par M. Margueritat
qui avait vu grand, très grand même,
Puis, c'est M Chanut qui va lui
succéder en 1902 ou 1903, et il apporte une innovation
importante, très appréciée, des concerts
symphoniques qui se déroulaient de 5 à 7 et de
9 à 11 heures. Les musiciens étaient recrutés
parmi les musiciens locaux. Le prix des consommations était
majoré de 0,10 francs pendant la durée du concert.
Il y eu au total 6 propriétaires
successifs, le dernier étant M. Operrin. Ce dernier fit
moderniser la décoration et l'aménagement du premier
étage.
Beaucoup de vitrage et des salon
fabuleux au premeir étage.
Le restaurant était réservé
aux officiers de la garnison de Bourges qui était très
importante à cette époque du début du siècle.
On voyait les officiers dans
leur bel uniforme apparaître sur le balcon, "dans
leurs uniformes de drap satin noir réhaussé d'écarlate,
de blanc et de garance selon leur arme". Ils pouvaient en
effet être artilleurs, dragons ou fantassins.
Ces uniformes faisaient rêver
la gente féminine locale.
De temps à autre, un concert
était donné dans la salle du Grand Café,
une musique militaire, et il arrivait quelquefois que que le
concert se déroule après diner dans la rue !
L'après diner sigale un
témoin, ce sont "des hommes désoeuvrés,
joueurs impénitents, fêtards attardé composaient
la grande partie de la clientèle". Mais la clientèle
était surtout bourgeoise.
Au soir de la déclaration
de guerre de 1914, c'était le 2 août, le public
berruyer vint en nombre manifester leur enthousiasme que l'affichage
de l'ordre de mobilisation avait soulevé.
On écoutait par ailleurs,
assez souvent des chants patriotiques.
On pouvait aussi lire des journaux
comme "le Rrire", "la Vie parisienne" ou
encore "L'illustration" qu'un garçon en veste
noire d'alpaga et en tablier blanc apportait.
On buvait aussi "le Pernod",
qui fut interdit dès l'entrée en guerre de la France
en 1914.
Le Grand Café va disparaître
en 1950 et c'est en 1953 que la Banque Populaire s'installe au
rez -de-chaussée.
La raison est simple, c'est la
perte des garnisons de la ville de Bourges.
Une anecdote historique
sur le Grand Café :
" A Bourges, à
cette époque, vers 1910, un des établissements
les plus fréquentés était le Grand Café,
rue Moyenne. Un jour, Henri Laudier (futur maire de Bourges)
et ses jeunes amis y prenaient l'apéritif, lorsqu'un Capitaine
de la Garnison, très importante alors, entra dans la salle.
Une réflexion fusa de la table occupée par Laudier,
qui en était l'auteur. L'officier vînt exiger des
excuses qui furent refusées bruyamment, puis il déposa
sa carte en déclarant : nous nous battrons demain, et
il rejoignit sa table d'où son parlementaire vint trouver
Laudier pour régler la rencontre. Malgré la pression
de ses amis qui appréhendaient à juste titre cette
dernière si inégale, Laudier refusa énergiquement
tout compromis et lui, qui n'avait jamais tenu une épée,
fut le lendemain matin, avec ses témoins, sur le terrain
où, après quelques minutes, il reçut un
coup d'épée dans le bras, ce qui arrêta le
combat".
Laudier qui était à
cette époque un homme classé très à
gauche, "trés rouge", était allé
jusqu'au bout de ce qu'il pensait être son devoir et son
honneur.
Ces épisodes montrent
le caractère entier de Laudier, sa détermination
et son sens du combat politique sans limite."
à suivre