L'Ecole de pilotage Hanriot de Bourges
Au lendemain de l'inauguration de l'Aéroport
de Bourges, la première promotion de la nouvelle école
de pilotage des Avions Hanriot commence, c'est très exactement
au mois d'août 1928. Elle comprend 19 élèves,
et tous après quelques mois de formation, ils seront brevetés.
Cette formation s'adressait à des
jeunes gens, passionnés d'aviation, pour en faire des
réservistes de l'armée de l'Air , le directeur
de l'école était alors M. Henry Dabard.
Cette école avait été reconnue par le Ministère
de l'Air, et des bourses étaient affectées aux
élèves pour ces cours de pilotage qui comprenaient
plusieurs types d'enseignements.
Le brevet militaire se préparait en 5 ou 6 mois, et le
coût était de 40 000 francs, et dans le contrat,
il était indiqué " avec casse comprise ".
Autre brevet, celui du transport public, il était assez
proche du brevet militaire et comme il commençait à
s'ériger des lignes commerciales aériennes, très
prisées par le milieu aéronautique. Ce brevet était
d'une même durée que le brevet militaire et
du même coût.
Enfin, il existait un brevet dit " de tourisme " d'une
durée plus faible, 2 à 3 mois, et d'un coût
plus raisonnable, 11 000 francs pour le premier degré,
et les responsables de Hanriot ajoutaient encore " casse
comprise ".
Dans le coût de ces formations, le logement et la nourriture
étaient fournis, la publicité de l'école
vantant les " chambres isolées et confortables ".
Il y avait plusieurs formateurs à
Bourges, le premier était Robert Brière, un ancien
pilote de guerre qui fit pendant une dizaine d'années,
les lignes Paris- Londres et Paris - Varsovie, Autres pilotes
et instructeurs, Lafosse, et Bornant, qui était selon
Hugues Dosne, plus contesté, parfois en vol, il allait
jusqu'à taper sur le casque de l'élève pilote
avec ses poings, c'était " une petite terreur "..
Outre le pilotage, il y avait des cours
théoriques, selon le type de brevet, les cours portaient
sur les moteurs, sur l'aérodynamisme, sur l'entretien
des avions et les réglages. Enfin, l'instruction comportait
aussi des cours sur les instruments de bord, même si ils
étaient élémentaires, la météorologie
et la navigation aérienne. Cette partie de cours était
assurée par Albert Duchereux, il était très
compétent pour l'aérodynamisme et les moteurs.
Les avions utilisés alors à
Bourges étaient bien entendus des avions Hanriot des LH
410 et LH 431. Le LH 410 est un avion biplan, qui a été
conçu pour être facilement pilotable, et surtout
il peut atterrir à une faible vitesse, ce qui est fort
utile en cas ce casse. Le LH 431 est un biplan entièrement
métallique, à double commande pour l'instruction,
son moteur développe 240 ch, il est donc plus puissant
et il est apprécié car il est d'une grande sécurité,
apte à faire de l'acrobatie. La publicité qui aborde
pour l'école les avions utilisés ajoute que tous
les avions sont munis de parachutes et d'extincteurs
. Il
faut rassurer les élèves.
L'école reçoit le 4 mars
1929, sa seconde promotion d'élèves pilotes. Ils
sont 14 élèves et les autorités locales
constatent qu'il n'y a que 2 Berrichons, André Chicheraux
et André Rafaitin, pour beaucoup, il est nécessaire
de faire de l'information dans le Berry, à cette époque,
cela s'appelle de la propagande, sans que ce mot soit péjoratif.
Une troisième promotion se présente en août
1929, il s'agit d'élèves " Persans "
comme on le disait à l'époque. Ils sont 14, comme
Ala Dadeghi, Ghezellayaghe, et Lavaïe qui est le chef de
ce petit groupe. Ils resteront à Bourges jusqu'à
la fin de l'année 1929, et tous brevetés, s'en
retourneront en Perse pour devenir à leur tour des officiers
instructeurs.
Cette école de pilotage représente pour les Berruyers,
un vrai spectacle, lorsqu'ils se présentent en bordure
de la route Nationale, puisqu'il y a presque en permanence des
atterrissages. Les chiffres donnés sont impressionnants,
sur les 6 mois de l'année 1928, il y aura 1096 heures
de vol, avec 5453 atterrissages, c'est à dire 30 à
40 atterrissages par jour.
Parmi les moments forts de cette école de pilotage, l'aventure
du H 192 mérite d'être notée, il s'agissait
d'un biplace d'entraînement et un jeune stagiaire l'utilisa
en décembre 1936, lorsque une fois en l'air, le temps
devint mauvais, et à une altitude de 800 mètres,
face à des cumulus peu engageant, le novice paniqua et
s'éjecta. L'avion devait s'écraser quelques centaines
de mètres plus loin
et il n'en fut rien, sans pilote,
l'avion remonta vers 1100 mètres et continua sa route
pour aller percuter une rangée d'arbres après avoir
parcouru 55 kilomètres.. Cet avion dessiné par
Louis Montlaur démontrait une stabilité rare à
l'époque.