L'Affaire Dreyfus est un des moments forts
de la France, elle a divisé le pays et les familles et
cet homme qui a fait vaciller la République a passé
un certain temps à Bourges.
Alfred Dreyfus est né à Mulhouse
en 1859, son père est un industriel israélites,
comme le rapporte Mlle Geneviève Dindinaud dans un article
publié par les Archives départementales du Cher.
Il suit des études de haut niveau,
et sort diplômé de l'Ecole Polytechnique, après
être passé par l'Ecole d'Application de Fontainebleau
et l'Ecole de Guerre. Il a donc un excellent niveau scolaire.
Pour Wikipédia, lorigine
de cette affaire, la condamnation fin 1894 du capitaine Dreyfus
pour avoir livré des documents secrets français
à lEmpire allemand, savéra par la suite
être une erreur judiciaire sur fond despionnage et
dantisémitisme, dans un contexte social particulièrement
propice à lantisémitisme, et à la
haine de lEmpire allemand suite à son annexion de
lAlsace et dune partie de la Lorraine en 1871.
La
révélation de ce scandale en 1898, par Émile
Zola dans larticle de presse intitulé « JAccuse
!
», provoque une succession de crises politiques et sociales
uniques en France. À son paroxysme en 1899, laffaire
révèle les clivages de la France de la Troisième
République, où lopposition entre le camp
des dreyfusards et celui des antidreyfusards suscite de très
violentes polémiques nationalistes et antisémites,
diffusées par une presse influente. Elle ne sachèvera
véritablement quen 1906, par un arrêt de la
Cour de cassation qui innocente et réhabilite définitivement
Dreyfus.
Cette affaire est le symbole moderne
et universel de liniquité[4] au nom de la raison
dÉtat, et reste lun des exemples les plus
marquants dune erreur judiciaire difficilement réparée,
avec un rôle majeur joué par la presse et lopinion
publique.
Voilà ce qu'écrit Dreyfus
lors de la révision du procès à rennes :
" J'ai été nommé
capitaine le 12 septembre 1889. Je suis arrivé à
Bourges le 8 octobre et j'ai été nommé adjoint
à l'école de Pyrotechnie, affecté au service
de la cartoucherie.
En même temps j'étais chargé
du cours de mathématiques aux chefs artificiers pour gardes
d'artillerie. A la même époque et dans le même
hiver, je me suis préparé aux examens de l'Ecole
de Guerre."
Ensuite, il passe ses examens écrits
et ensuite, étant admissible, il passe les oraux en mars
1890, et il est reçu à cette Ecole le 20 avril
1890.
Le 21 mai, il se marie.
"je suis encore resté à
Bourges en juillet, août et septembre 1890 et je suis parti
de Bourges au commencement d'octobre 1890 pour Paris et les cours
de l'Ecole de Guerre".
Les journaux de l'époque les journaux
du Cher, comme toute la presse de l'époque vont se déchaîner
pour ou contre Dreyfus.
Ainsi, pendant le procès de l'Affaire
Dreyfus, un garde du parc d'Artillerie de Bourges signale que
durant son séjour à Bourges, la conduite du capitaine
Dreyfuss n'a donné lieu à aucun reproche.
Mais c'est aussi le temps des rumeurs,
et au cours de ce procès, certains évoquent "que
lors du séjour à Bourges, il y a eu des indiscrétions
qui ont pu être commises à propos des expériences
du nouveau détonateur".
Et ce sont des témoignages à
charge et d'autres à décharge lors du procès.
"On dit à propos des expériences
de mélinite que l'on fit à Bourges en 1890 ...
que le secret de la fabrication de l'explosif avait été
divulgué, que l'étranger en connaissait la composition.
On en parla pendant quelques jours et l'affaire fut étouffée".
Et puis ce sont des appels à la
population dans le journal du Cher le 29 juin 1899 :
" les habitants de notre ville (Bourges)
qui ont connu Dreyfus durant son séjour de trois ans à
Bourges et qui auraient à même de surprendre quelques
uns de ses criminels agissements doivent faire connaître
à la justice militaire la vérité, toute
la vérité".
D'autres journaux parlent de pochettes
qu'il cousait à l'intérieur de son dolman.
Et c'est ainsi que des témoignages
affluent, plus ou moins fantaisistes qui vont être un moyen
de faire condamner le capitaine.
Par exemple, on parle "de l'époque
où le secret de l'obus Robin a été connu
en Allemagne qui coïncide avec le moment où le misérable
Dreyfus a accompli son stage d'instruction dans les ateliers
de fabrication de Bourges".
Il en résultera que Dreyfus aura
livré des secrets militaires dès son arrivée
en Berry
Mais tous les journaux ne sont pas à
charge, c'est ainsi que l'Indépendant du Cher défend
Dreyfus :
"Le propriétaire du Grand Café
(rue Moyenne à Bourges) nous autorise à déclarer
que, contrairement aux assertions du Journal du Cher ... Il n'a
jamais été appelé à constater "un
acte indélicat" commis par le capitaine Dreyfus,
mais peut certifier qu'il n'a laissé que d'excellents
souvenirs à Bourges".
Dreyfus sera condamné, et le journal
"La délivrance du Cher écrit :
"Il est condamné, c'est l'essentiel.
Oui il est condamné le misérable
qui a fait tant de mal à la France, le traître,
c'est à dire le juif qui a livré à l'Allemagne
le secret de notre défense nationale à tel point
que la guerre a été sur le point d'éclater".
En 1906 Dreyfus sera réhabilité
et la presse locale n'en parlera pas !