L' Archéologie a Bourges
L'archéologie à Bourges fait
l'objet de controverses, pour les uns, en particulier les agents
immobiliers et autres promoteurs, il s'agit d'un servie de l'Etat
qui empêche tout simplement de réaliser des projets
de lotissements ou de grands immeubles.
Pour les autres, c'est une nécessité de savoir,
c'est une science importante et indispensable pour connaître
notre passé.
Travail méticuleux, à Bourges, l'archéologie
au fil des années est devenue un point clé dans
de nombreuses opérations.
les grandes fouilles archéologiques
Les grand anciens :
A Bourges, c'est à la fin du XIX
ième siècle que l'archéologie commence avec
des "amateurs" qui sont souvent de vrais savant. Ils
cherchent, c'est le cas de Buhot de Kersers, de Jules Dumoutet
ou de Chaînon de Léché.
On mettra a jour la Fontaine monumentale, on n'en a rien fait
!
Plus tard, le maire de Bourges André Cothenet va lui aussi
s'intéresser à l'archéologie avec un axe
favori sur les pièces anciennes.
Ils passent leur temps à côté de leur travail
à savoir ce que le Berry et la ville de Bourges étaient
dans les temps les plus lointains.
Il s'agissait de gens passionnés, ce n'était pas
un métier, mais une passion pour notre histoire.
Dans les dernières études, la Maison de la Culture
et le Palmarium. (1938 ?)
La période moderne
:
Il faut attendre la seconde partie du XX
ième siècle pour voir arriver de vrais professionnels
de l'archéologie à Bourges.
Les chantiers des années 1980
:
Le nouvel Hôtel de Ville de la rue
Moyenne :
Les Jacobins
La clinique Lebrun
L'Hôtel de Bourbon
La rue Littré
Lorsque se précise le projet pour
en faire un hôtel, ce fut le scepticisme général,
comment tirer quoi que ce soit de ces quelques murs encore en
place ? le débat va provoquer une colère de l'adjoint
à la Culture, Philippe Goldman qui s'insurge, non pas
contre une réhabilitation de l'édifice, étant
" très favorable à la réutilisation
du bâtiment", mais sur le fait que "le site aurait
mérité une fouille archéologique, il contient
un substrat de l'époque gauloise. Il a été
ensuite occupé par l'abbaye Saint-Ambroix. Et comme historien
local, il terminera son propos par ces mots sans nuance : "c'est
un saccage archéologique et un ratage architectural".
Les chantiers des années 2000
:
Port Sec Nord : Esprit 1 avec le 5 ième siècle
av JC.
Port Sec Sud
Avaricum
Les chantiers non réalisés
Paradoxalement c'est le manque de parking
en Centre Ville qui reste la préoccupation numéro
un des Berruyers. Le parking Mairie à peine terminé,
il manque encore du stationnement tant l'accroissement du nombre
de voitures est important. L'opposition, et en particulier Serge
Lepeltier plaide pour un parking sous la place Cujas. En mars
1991, à la surprise générale, Jacques Rimbault
qui évoque de futurs parking à Saint-Bonnet et
à Avaricum trouve que faire un parking sous Cujas, "
ce n'est pas idiot", et il ajoute "c'est possible surtout
quant on est en train de faire le tunnel sous la manche
.
Et d'en faire la relation avec Avaricum". Sur cette affaire
de Cujas, Gilbert Camuzat est plus prudent que son chef de file,
il ajoute à l'attention des commerçants "et
je le dis sans animosité, que, s'il y avait un si grand
besoin de places de parking en centre-ville, il me semble que
les unions commerciales auraient pu utiliser un peu plus d'un
point de vue proportionnel, ces 330 possibilités de stationnement".
Parmi les difficultés de l'époque, se situe l'épisode
de la construction de l'hôtel de Bourbon. Il s'agissait
d'une ruine, régulièrement squattée et qui
appartenait à la Ville, laquelle ne savait trop qu'en
faire.
Les fouilles sur Avaricum battent leur
plein, l'équipe de Jacques Troadec (Bourges Plus) a trouvé
sur le site d'Avaricum (environ 7000 mètres carrés),
des tanneries récentes (quelques siècles), mais
aussi du gallo romain, et du bas moyen âge (les carolingiens
berrichon !).
Suite à un diagnostic archéologique réalisé
par le service Archéologie de la Communauté d'agglomération
Bourges Plus et remis à la Ville de Bourges, un arrêté
du Préfet de Région du 8 janvier 2008 a prescrit
la réalisation de fouilles archéologiques préventives
identifiant trois zones de fouilles pour une superficie totale
d'environ 7 400 m2.
Par un arrêté du 22 avril
2009, le Préfet de Région a validé le mode
opératoire de fouilles Des thermes romains à Avaricum.
En novembre 2009, c'est la stupeur, les archéologues ont
trouvé des termes gallo-romain sur Avaricum.
Les fouilles du site d'Avaricum se sont
déroulée de mai 2008 à septembre 2009 et
surprise, les archéologues ont mis au grand jour des thermes
romains datant de la fin du Ier siècle après J.-C.
Il s'agit selon les spécialistes d'une découverte
majeure d'un ensemble thermal est rare en Europe.
Un archéologue nous confiait :
" Pour nous, il était prévus l'existence de
vestiges médiévaux mais en aucun cas, nous ne pensions
à la présence d'un site de l'époque gallo-romaine."
Dans les prochaines semaines, le Préfet de Région
devrait délivrer un rapport sur les suites du dossier
des fouilles archéologiques.
Pour le maire de Bourges, les fouilles archéologiques
d'Avaricum se sont terminées pour la première phase
des fouilles et selon le maire de Bourges, il y a eu des "découvertes
exceptionnelles qui ont été faites".
Hier : Avaricum, son parking et son centre commercial,
Demain, Avaricum, ses termes romains.
En fait, ces termes ne sont pas de grande
ampleur et les recherches suivantes d'un coût de 2,4 millions
d'euros ont mis à jour des éléments du moyen
âge.
Les problèmes d'aujourd'hui :
Les fouilles évoluent et il y a
un double besoin, celui des archéologues qui veulent connaître
le passé, plus ou moins lointain, et les aménageurs,
publics ou privés qui ont un impératif besoin de
construire une maison, un centre commercial ou une route.
Il faut trouver le compromis, car c'est
très dangereux :
- ou bien l'archéologue a tous les
pouvoirs, et dans ce cas, l'aménageur n'a plus de délais
pour son projet, et surtout sur le coût de ces fouilles
car ce n'est pas l'Etat qui paie mais l'aménageur.
- Des projets ne se feront sans doute pas,
il y a une auto censure de projets, tel architecte ne fera pas
de sous sol ou de parking souterrain car il ne sait pas où
il va.
- le coût peut empêcher des
projets comme l'école Avaricum, pour des logements sociaux,
il n'est plus possible de financer des fouilles archéologiques.
- Il faut anticiper, c'est le cas de Port
Sec Sud (ou Esprit 2) avec le 5 ième siècle av
JC, et là, donner du temps, 6 ou 8 ans dans ce cas.
- oui au diagnostique, mais attention sur
ce qui se fait ensuite, A Bourges, du gallo romain, il y en a
beaucoup, comme dans de nombreuses villes, quant au médiévale,
creusez dans n'importe quel jardin berruyer et vous trouverez
une petite cuillère.