Louis Montlaur.
C'est
un des grands ingénieurs qui a laissé un nom à
Bourges.
Louis Alexandre Montlaur est né
à Mazamet dans le Tarn le 23 mars 1903, son père
était distillateur dans cette ville, il avait alors 28
ans. Sa mère se nommait Mathilde Bernard, elle était
sans profession, âgée alors de 24 ans.
On ne sait rien des études de Louis
Montlaur, sinon qu'il est devenu ingénieur.
Il se marie le 14 mai 1926 à Mazamet
avec Madeleine Jouy.
Montlaur, à partir de 1932, est
dans l'équipe de direction de la société
Hanriot.
Il est donc à Bourges à cette
date dans une entreprise qui est arrivée dans cette ville
en 1928 comme école de pilotage avant de devenir une usine
de fabrication d'avions à partir de 1930.
Selon les témoins de l'époque, Montlaur était
un homme " très strict avec ceux qui travaillaient
avec lui, il était très dur avec lui-même,
sérieux, il avait du caractère ".
Ernest Thomas qui travailla avec lui dès
1937 poursuit :
" On allait le voir souvent, il était
très accessible, souvent je revenais avec lui en voiture
de Paris, nous ne parlions que de travail
. C'était
un homme très gentil ".
Il avait conçu un avion, le H 192
(H comme Hanriot), il s'agissait d'un biplace d'entraînement
et un jeune stagiaire l'utilisa en décembre 1936, lorsque
une fois en l'air, le temps devint mauvais, et à une altitude
de 800 mètres, face à des cumulus peu engageant,
le novice paniqua et s'éjecta. L'avion devait s'écraser
quelques centaines de mètres plus loin
et il n'en
fut rien, sans pilote, l'avion remonta vers 1100 mètres
et continua sa route pour aller percuter une rangée d'arbres
après avoir parcouru 55 kilomètres.. Cet avion
dessiné par Louis Montlaur démontrait une stabilité
rare à l'époque.
Pendant la guerre de 39/45, il n'aimait
pas l'occupant. Il se retrouvera à la prison du Bordiot
à Bourges avant d'être envoyé à Hall
en Allemagne pour travailler dans les usines de Siebel, en compagnie
de Lefort.
Les Allemands pensaient que ce grand ingénieur serait
moins dangereux chez eux qu'à Bourges en France.
Au retour d'Allemagne en 1944, Montlaur
devient le directeur du département "avions légers"
de la SNCAC
Pour oublier la triste période,
les Siebel subiront quelques modifications et changeront de nom
: on les appellera des "Martinets". Et ne même
temps, les ingénieurs berruyers, sous la conduite de Montlaur
étudieront des avions nouveaux comme le NC 820 et 840.
Il est l'ingénieur qui mettra au point de très
nombreux avions, en particulier des avions de tourisme comme
le 850 et la série des 853 et autres.
Avec Jean Fieux, un ingénieur des Arts et Métiers,
appelé " l'homme aux 400 brevets ", à
l'origine du gyroscope, Montlaur va travailler sur " le
catapultage et le freinage des avions terrestres " et les
essais de lancement par un système de type " arbalète
" se feront à Istres en octobre 1954 sur l'avion
NC 856.
Louis Montlaur meurt le 11 août 1973
à Montpellier.
Il est resté toute sa vie un homme
modeste.
Une rue de Bourges portera son voté
à la suite du Conseil municipal du 15 octobre 2012.
D'autres figures.
Et puis on trouve aussi les constructeurs
dits amateurs.
Ils sont nombreux et il est difficile d'être exhaustif...
Citons le Père Paul Taphanel, missionnaire du Sacré-Coeur
qui vécut longtemps chez les Papous (résidant à
Plou à nouveau) et qui construisit un autogire, qui vola,
et fut stocké à Fay près d'Issoudun.
De son côté, Pierre Freslon réalisa plusieurs
avions légers. Il a dressé une liste des avions
réalisés par des particuliers.
Roger Varvin, ancien contrôleur de la chaîne N262,
a dessiné et construit un autogire qui s'est planté
au premier vol...