Article en construction
L'hôtel des Echevins est un des grands édifices de la cité
de Bourges, il date de la fin du XV ième siècle,
et il est très représentatif de l'architecture
de la Renaissance.
Il appartient à la ville depuis
1966, et pendant 20 ans, ce lieu sera à l'abandon. Il
faudra attendre 1985 pour qu'il soit réhabilité
afin d'en faire le musée de Maurice Estève.
L'Hôtel des Echevin se visite aujourd'hui
à la fois sous forme d'un patrimoine et d'une ouvre d'un
des plus grands peintres du XX ème siècle.
La construction de cet hôtel :
la première vraie Mairie (1492)
Bourges a toujours été une
ville d'incendies et le plus dramatique qui détruira dit-on
3000 maisons se déroula le 22 juillet 1487, le jour de
la sainte Madeleine, et en fin de soirée, le maire et
ses Echevins verront partir en fumée tous les écrits
et documents administratifs de la ville, puisque Notre-Dame-la-Comtale
se situait dans le périmètre brûlé.
Après un instant de découragement,
les échevins décident de construire une véritable
mairie, ce sera l'hôtel des Echevins. En attendant, ils
font leur conseil municipal dans les lieux les plus divers, même
à l'intérieur de la cathédrale !
Ce lieu, situé à proximité de Notre-Dame-la-Comtale,
appartenait à un bourgeois, Pierre Jehanin qui vend le
terrain " à la ville " pour 425 écus.
La construction commence vers 1489 et dure
3 ans, suivant les plans d'un maître maçon, Jacquet
de Persigny, appelé parfois Jacques de Pigny. Le style
de l'ouvrage a des similitudes avec le palais du Duc Jean et
même le palais de Jacques Cur, mais l'intérieur
est parfaitement adapté au travail des Echevins avec une
grande pièce pour les assemblées générales
des habitants et surtout une salle toute en pierre pour le secrétariat
et les archives que l'on ne voulait plus voir partir en fumée.
L'extérieur est un petit bijou,
avec une magnifique tour comprenant de nombreuses sculptures
comme " les sergents de la ville ", ancêtres
de la police municipale, situés dans les fausses fenêtres.
Il faut montrer que l'incendie de 1487 n'est qu'un mauvais souvenir
et que la puissance de Bourges et des édiles locales est
toujours intacte.
Dans la grande salle une cheminée monumentale comporte
les sculptures de moutons, symboles de la ville (les moutons
du Berry sont en réalité des béliers
.).
Des vitraux et des peintures aux armes du roi, mais aussi du
maire et de ses quatre Echevins complétaient la décoration.
La mairie est donc dans un superbe bâtiment,
mais se trouve à l'étroit, et on construit d'abord
une tourelle, puis un siècle plus tard, une galerie à
arcades, uvre de Jean Lejuge. Le prince de Condé,
alors gouverneur du Berry organise dans ce lieu de très
nombreuses réceptions.
Mais l'hôtel des Echevins, même
avec les derniers aménagements du XVII ième siècle
a la splendeur a la grandeur d'un petit palais. C'est alors que
dans la ville un autre bâtiment est à vendre, il
s'agit de l'hôtel Jacques Coeur sui va devenir mairie.
Un corps de logis rectangulaire comprend
au rez-de-chaussée la grande salle équipée
d'une cheminée monumentale et la chambre du conseil voûtée
en pierre et à l'épreuve du feu.
Une tour d'escalier en vis hors oeuvre dessert les étages.
Son décor abondant s'inspire de celui du Palais Jacques
Coeur : arcs en accolade, pinacles, choux frisés, personnages
sculptés dans des fausses fenêtres.
Au XVIIe siècle, une galerie latérale a été
ajoutée au bâtiment principal : sa composition savante
s'inspire des traités d'architecture de la Renaissance.
Classé monument historique dès
1886, l'hôtel des Echevins a été complètement
restauré et aménagé en musée. Il
abrite maintenant le musée Estève.
La tour ronde date de 1560, elle abrita "les contrevenants
de l'odre public et en particulier les prostituées".