Marcel Haegelen franc maçon - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

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MARCEL HAEGELEN FRANC- MAçON DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges et un nouveau chapitre sur la Franc Maçonnerie avec Marcel Haegelen qui fut membre d'une loge maçonnique à Paris.

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Version 2011

 

Marcel Haegelen franc-maçon

Lorsque l'avenue Marcel Haegelen fut inaugurée, la presse fit état de la présence officielle d'une délégation de la loge maçonnique de Bourges " Travail et Fraternité ". Il est assez rare pour ne pas dire exceptionnel qu'une loge de province se montre ainsi de manière officielle au grand public.

Or, dans les recherches, le nom de Marcel Haegelen n'apparaissait pas dans les tableaux de cette loge. par contre un nom était présent, c'était celui du frère Boury, qui était le père de la femme qu'Haegelen avait épousé. Or, il est fréquent dans le milieu des francs-maçons, que le système de cooptation soit très présent.

Emile François Boury était né, comme Haegelen à Belfort le 12 novembre 1874, il est ajusteur, sans doute à la pyrotechnie. Il habitait rue Charlet et entra dans une loge maçonnique " La Solidarité " à Poitiers, avant de rejoindre Bourges et de s'affilier à la seule loge de l'époque " Travail et Fraternité ". C'était le 13 janvier 1910. Il restera un des piliers de la loge, devenant honoraire en 1938, ayant assuré pendant une quinzaine d'années la fonction de " Maître des banquets ".

 

 

Emile Haegelen, le fils de Marcel, a le souvenir que sa mère lui a aussi parlé de son oncle maternel qui était donc un " Boury " lui aussi, comme son père franc-maçon mais à Paris. Pour Madame Dumaillet, le père Boury " s'entendait bien avec son gendre, Marcel Haegelen, en particulier, ils étaient Alsaciens et franc- maçons tous les deux ".
Marcel Haegelen franc-maçon, c'est certain, le frère de Georgette, Emile, était lui-même franc-maçon à Paris ainsi que le grand père Boury, nous y reviendrons dans un paragraphe à venir.

Dans les jours qui ont suivi la mort de Marcel Haegelen, une batterie de deuil sera tiré à l'occasion d'une tenue de la loge " Travail et Fraternité ", et il était bien indiqué " à la mort de notre frère Haegelen ". Or ce document qui est un livre d'architecture qui avait été vu il y a une vingtaine d'années a disparu : en 2010, il est introuvable malgré les recherches de plusieurs membre de cette loge " Travail et Fraternité " qui existe toujours à Bourges. Il y a comme une sorte de malédiction sur cette appartenance !

Après de nombreuses recherches, qui ont duré plus d'un an, nous avons reçu de la part des Archives et du musée du Grand Orient de France à Paris des documents importants. Il ne s'agit pas d'un tableau de loge, mais des fiches faites par le service des sociétés secrètes du gouvernement de Vichy qui avait donc en charge sous Pétain de répertorier et de mettre en fiche tous les francs-maçons de France : Haegelen a la fiche N° 71 411.

Les renseignements sont particulièrement riches, et tout ce qui concerne son état civil, sa profession, son adresse ...etc sont parfaitement exacts.

On apprend que Haegelen était franc-maçon, il fut initié le 20 mars 1935 à Paris, et ce n'était pas dans une loge du Grand Orient de France, comme cela aurait pu être, mais à la Grande Loge de France, seconde obédience française de cette époque.

La loge s'appelle " L'Alliance ", avec le numéro 70, elle est à Paris, et sur les activités et autre affiliations, le document nous apprend qu'au mois de novembre 1936, c'est à dire six mois après son initiation, il désirait suivre les travaux d'une loge de Bourges. Or il s'averre qu'à cette époque de l'avant-guerre, il n'y avait qu'une seule loge à Bourges depuis 1903. Il s'agit de " Travail et Fraternité " qui datait de 1903 et qui était du Grand Orient de France, l'autre obédience française masculine.

Ce document demandait au fonctionnaire de Vichy chargé de remplir cette fiche, de connaître la religion, mais surtout de savoir si la personne était de religion juive ou pas, ainsi que les activités politiques, et dans le cas présent, rien n'est indiqué.

Sur une autre ligne de cette fiche, on note aussi qu'il avait fait une demande d'initiation dans une loge marquée " 359 Maurice Monier ", et c'était en 1927.

On peut donc penser qu'Haegelen était très attiré par la franc-maçonnerie, dès 1927, sans doute par la proximité d'amis de travail ou de relations, car c'est généralement comme cela qu'un postulant entre dans cette société.

Et c'est ainsi que l'on remarque qu'Haegelen a été franc-maçon bien avant de connaître M. Boury son futur beau-père, mais que par la suite, c'est à dire à partir de 1936, il était vraiment dans un milieu très maçonnique, du côté de la famille de son épouse.


Louis Devallerie apportera son témoignage sur les francs-maçons de la firme Hanriot dans les années 1935 / 1940. Il parlera en particulier de Paul Soubret qui était son camarade de promotion des Arts et Métiers , et qui fut initié en 1933, recevant son tablier de maçon, provenant de son grand père.

Il évoque Fleury qui était aussi chez Hanriot et franc-maçon.

Louis Devallerie en 2009 écrira :

" … J'avais ma planche à dessin et rédigeais le compte-rendu de la réunion tous les matins à 9 h avec les contrôleurs y compris Hermitte, extrêmement sympathique qui vérifiait l'avion avant le premier vol de réception avec Haegelen ".

Il poursuit :

" Quand j'ai pris mon travail à l'usine, en mai 1935, Haegelen avait la veille fait effectué le premier vol du Bloch 200 de la série en cours, devant tout le personnel réuni. Je n'y ai donc pas assisté.
Haegelen était pilote d'essai chez Hanriot depuis 1923 et peut être avant. Héros de la guerre 14/18, entouré d'une certaine aura que je lui attribuais , il était d'allure sportive, calme et équilibré et d'une grande simplicité.
Je n'ai jamais eu l'occasion de lui adresser la parole, j'ai su plus tard qu'il était franc-maçon.
Je me trouvais un jour en compagnie de Soubret, notre ancien d'Angers 1878, vénérable de la loge " Travail et Fraternité ", et du " père Galopin, auquel il s'adressa : Dis donc, tu n'as pas la haut un nommé Haegelen, et bien tu peux y aller ".
Cela signifiait que la qualité de franc-maçon d'Haegelen était connue de " ses frères " de l'usine, même si ils n'appartenaient pas à la même obédience.

Louis Devallerie poursuit dans ce courrier du 2 mai 2009 :

" J'étais en excellentes relations avec Hermitte, contrôleur et mécanicien d'essais en vol. Il jetait un dernier coup d'œil avant le vol de réception, il me disait : " Haegelen connaît tellement bien la France qu'il emporte en guise de carte, l'indicateur des chemins de fer. Une fois égaré, il se repéra sur la forêt d'Allogny. Avec Favardin, mon copain de promo " Chalons 1930 ", qui était au mieux avec un ami d'Haegelen, j'ai su qu'il avait un caractère qui n'engendrait pas la mélancolie

 

Cet article est issu d'un ouivrage de PABB sur Marcel Haegelen.".

 

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