La décennie 80 voit l'arrivée
et le développement des radios locales en France et également
à Bourges. Le 29 septembre 1981, pour la première
fois à Bourges une "radio libre", comme cela
s'appelle alors, émet sur la fréquence de 102 mégacycles,
sur la "MF".
Il s'agit de la libéralisation des
ondes voulues par le pouvoir et prise en compte au niveau local
par Claude Forget et Bernard Javerliat. Avec quelques
amis, dans la cuisine d'un appartement privé du boulevard
de Strasbourg, la radio appelée Radio Méga propose
ses premières émissions. Un quotidien local l'apprend
à la population à travers le courrier des lecteurs
du 7 octobre :
"Un Berruyer a capté
à Bourges une radio libre entre 19 H et 20 H
. ".
Cela dure un mois, puis, après quelques
semaines d'arrêt, la radio revient sous le nom de Recto
Verso, elle va faire les belles heures de Bourges jusque vers
1995, rejointe au cours des années par Radio Birette,
Radio Culture Bourges (RCB 103), Vibration
. Etc.
Le 16 décembre 1982, la radio diffuse en direct, les délibérations
du Conseil municipal, et pendant plusieurs années, elle
retransmet les rencontres de quartier, baptisées, "
Les Assises pour Bourges ", sans savoir ce que pouvait être
le taux d'écoute.
Car en fait, le succès de la radio tenait à plusieurs
facteurs : donner la parole au monde associatif, qui pouvait
enfin s'exprimer, permettre au monde politique local de débattre,
et l'émission quotidienne de Claude Forget vers 8 heures,
recevant un invité du Cher pour une durée d'une
demi-heure à une heure était très écoutée.
Mais au hit parade de l'écoute,
ce n'était pas toujours la chanson qui faisait l'audience,
mais le sport. Le magazine des sports, présenté
par Claude Forget le samedi matin de 11 heures à midi
était l'incontournable rendez-vous des passionnés
de football, basket et autre rugby. Quant aux soirées
du samedi, tous étaient à l'écoute du transistor
et des retransmissions du FCB, au stade de Séraucourt
et encore plus à l'extérieur, Alain Philippe commentateur
brillant acquiert sa notoriété à l'antenne.
Recto Verso, pendant des années,
ponctuera avec beaucoup de professionnalisme les campagnes électorales,
et les résultats des législatives, cantonales et
municipales seront données sur Recto Verso, avec les commentaires
et interview des vainqueurs et des battus.
Le 24 octobre 1985 sont inaugurés en plein Centre-ville
les nouveaux locaux de la radio, au premier étage des
Dames de France, c'est un grand moment, avec la présence
de nombreux invités dont Mme Bahisson, représentant
le préfet
.. C'est le début d'une vraie grande
radio avec une dizaine d'intervenants et des programmes totalement
professionnels.
Recto Verso va devenir la seconde radio du département,
derrière RTL et souvent à égalité
avec France Inter, laissant les autres radios locales loin derrière
.
Jusqu'à l'arrivée des "réseaux"
comme Vibration ou Europe 2.
La fin de cette radio date de 1994. Face aux réseaux,
elle ne peut survivre, c'est dommage pour la démocratie
locale. Ayant pour ma part animé le samedi matin, réalisé
des rubriques matinales à base d'histoire locale et participé
aux émissions politiques
. Ce fut une extraordinaire
expérience, et une école de précision et
de rigueur.
Mais Bourges, non satisfait de la radio
va lancer deux opérations de télévision
locale au milieu des années 1980.
La première dans le cadre du Printemps de Bourges, s'appelle
alors Télé Printemps, elle dure le temps du festival
de l'année 1986. C'était très "amateur",
mais les vedettes du Printemps se succédaient dans la
"petite lucarne berrichonne".
La seconde expérience, crée
à l'initiative de Claude Forget, Alain Philippe et
Thierry Benoît avec la participation financière
de Jean Marie Delattre s'est appelée Canal 31, car
il fallait brancher son antenne sur 31. Ce fut une télévision
locale, donc de proximité, avec des reportages dans les
rues de Bourges, des débats, et beaucoup d'invités,
la météo d'Alexandre Toussaint devenant une des
séquences les plus regardées
..
Mais la télévision coûte
beaucoup plus cher que la radio, environ 10 fois plus, et les
financements locaux des firmes comme Carrefour qui joua le jeu
s'avérèrent insuffisants, la télévision
locale ne dura que l'instant de rêver.
en savoir encore plus, lire :
Recto Verso, 10 ans de radio locale
à Bourges par Roland Narboux (1990)