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Dans
l'industrie de Bourges, les usines dites de Mazières occupent
une place toute particulière. Depuis le milieu du XIX
e siècle cette entreprise continue à être
un des fleurons de la métallurgie berruyère, même
si ces dernières années, quelques difficultés
sont apparues avec de nombreux licenciements.
- En novembre 2002, cette
usine ouvre a nouveau quelques ateliers. Les presses sont encore
présentes, il en reste 4. Ils sont 44 salariés
en 2007.
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- LES USINES
DE MAZIERES
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- Au XIII ième siècle, les
textes évoquent " la grange de Mazières "
et parfois le manoir de " Mazeriis ", mais le quartier
rural va devenir industriel à partir de 1846, date à
laquelle il acquiert les terrains.
- Après la Révolution de 1830,
l'idée est de faire à Bourges un grand centre métallurgique,
et en 1847, le Marquis de Voguë demande l'autorisation de
construire une "usine à fer" sur une propriété
située au sud de la ville, et c'est Louis Napoléon
Bonaparte qui donne son accord le 6 juin 1850.
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- Et c'est en effet au beau milieu du XIX
ième siècle, en 1854 que le maître de forges,
Louis Léonce-Melchior de Voguë fait construire une
usine métallurgique pour fabriquer le gros matériel
nécessaire au chemin de fer qui se développe partout
en France,elles doivent remplacer les anciennes forges d'Ivoy-le-Pré.
(il avait commencé les travaux dès 1847... année
de l'arrivée du train à Bourges).
Ces forges sont implantées le long du canal de Berry,
ce qui permet de recevoir à prix économique, le
coke, la houille et les fers nécessaires à l'obtention
de fontes et d'aciers.
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- "Sous la direction
de l'ingénieur Estoublon, gérant des fonderies
du Marquis de Voguë, deux hauts-fourneaux du type Thomas
et Laurens, divers ateliers et bâtiments de magasinage,
sont construits à partir de 1848.
- Ces installations
ont fait l'admiration des ingénieurs contemporains."
(citation issue de mémoire
d'une ville)
- En 1875, la Société des
Usines de Mazières prend la forme d'un société
anonyme. Les productions se multiplient, ce sont des fontes pour
les charpentes, les ponts, la marine. Elles proposent cinquante
modèles de plaques tournantes et 25 modèles de
ponts tournants.
A partir des années 1936, les " bas fourneaux "
et les cubilots sont remplacés par des fours électriques
à arcs, permettant de produire des aciers spéciaux
pour l'industrie automobile.
Les produits sont exportés dans l'Europe entière.
On retiendra les halles de Baltard et le pont de Suresnes
à Paris, le marché Pernambuco au Brésil,
la gare de Vienne en Autriche ou le Pont de la Guillotière
à Lyon.
- A Bourges ce seront les charpentes de
la Halle Saint Bonnet qui sont toujours en placé.
Depuis cette grande époque, l'entreprise a évolué,
passant par des changements de propriétaires, ( voir les
détails ci-dessous).ce sera la FASER, puis Manoir-Industrie.
L'entreprise abandonnera la fonte en 1966 pour ne se consacrer
qu'à la fabrication de l'acier. Elle se spécialisera
dans les tubes géants nécessaires à l'industrie
pétrolière, dans les tubes réfractaires
nécessaires à la pétrochimie et poursuivra
ses fabrication plus conventionnelles avec les matières
premières nécessaires aux pompes et autres machines
outils.
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Dans
le quartier de Mazières, le marquis de Vogüe fait
construire dès le XIX ième siècle, une vingtaine
de maisons le long de trois rues qui ont des noms de jeune fille,
c'est Ursule, Angélique et Louise.... ce sont les prénoms
des filles du Marquis de Voguë.
- Puis il poursuit son programme immobilier
avec 115 logements et un groupe scolaire en 1882. Le bâtiment
devient une école catholique inaugurée le 20 mai
1883 par l'archevêque de Bourges. Cette école comprend
une classe de garçons, une pour les maternelles et ...
trois classes primaires de filles. A côté de l'école,
une bâtisse sert de chapelle.
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- Buste de Louis Léonce-Melchior
de Vogüe
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- CHRONOLOGIE
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- Mazières pendant la guerre
de 1914/1918 :
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- Comme la plupart des entreprises de la
ville, les usines de Mazières vont se consacrer à
l'industrie de guerre. Ainsi se fabriqueront "en continu",
des obus selon les calibres de l'époque, 95 et 105, puis
les gros calibres comme 200 et 300 mm. Quant au célèbre
obus de 75, il est fondu à l'extérieur et usiné
dans les ateliers de Mazières. Le personnel est souvent
féminin, avec un personnel de Portugais.
- Mais l'usine fabrique aussi des pièces
de tracteurs automobiles pour le Creusot.
- L'entre-deux guerres :
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- La période qui suit 1918 est très
difficile, comme toutes les entreprises qui ont travaillé
pour l'arment, car c'était la "der des der",
et en ces années de paix, la crise des matières
premières et des transports mettent l'usine en difficulté.
- A cela va s'ajouter la perte d'un important
marché dans le chemin de fer, mais aussi un manque de
modernisation et c'est la fin de l'entreprise familiale de
la famille de Voguë. Le 15 juin 1930, c'est un repreneur
qui est recherché. C'est un peu la faillite.
- Le salut vient alors en 1931 de la société
Commentry-Fourchambault-Decazeville qui prend en location l'usine
de Mazières.
- C'est alors pour quelques années
la fabrication de pièces automobiles, de pièces
en fonte stabilisée et aussi le début de la fabrication
de pièces en alliages spéciaux pour des alliages
en acier résistant aux hautes températures. C'était
pour l'industrie chimique.
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- C'est à cette époque (1935)
qu'un directeur invente le premier four à électrodes
qui va s'appeler "le four Mazières".
- La seconde guerre mondiale :
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- Au début de la guerre, l'usine
recommence à fabriquer de l'arment avec des obus de 155
et continue à faire l'usinage des petits obus de 75. Elle
fait aussi, et c'est moins connu des toits de guérites
pour... la ligne Maginot.
- Mais il manque du personnel, lequel a
été mobilisé.
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- Lorsque les Allemands arrivent à
Bourges au milieu du mois de juin 1940, c'est à nouveau
des fabrications civiles qui commencent.On connaît assez
mal cette période.
- Il semble que des travailleurs sénégalais
aient été embauchés ou faits prisonniers.
- On signale d'ailleurs que des ouvriers
de Mazières ont participé à la construction
de la piste d'atterrissage de l'aéroport ou plus certainement
aux déblaiements des pistes après des bombardements.
(bombardement allemand de juin 40 et anglo saxon d'avril 44.)
- L'après guerre 1945 - 1975
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- Comme souvent et dans d'autres types d'entreprises,
de 1945 à 1975, ce sont les 30 Glorieuses, c'est à
dire une longue période d'expansion, de reconstruction,
de transformations importantes et d'investissements.
- L'usine de Mazières se spécialise
dans la haute technologie en matière d'industrie métallurgique.
- Elle avait été absorbée
par Commentry-Fourchambault-Decazeville en 1941 (oui 1941) et
ce groupe qui va aussi absorber cette fois en 1954 Pamiers puis
les Forges d'Ivry changera de nom pour s'appeler Imphy.
(Société Métallurgique d'Imphy). C'est une
société prestigieuse à l'origine du convertisseur
Bessemer, du four Martin (Martin de Bourges). et des alliages
d'acier au nickel.
- A cette époque l'usine a 350 employés,
et devient un site expérimental en matière d'innovation
technique.
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- En 1968, nouveau changement de nom,
avec la création de la FASER:
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- La FASER, Fonderie d'Aciers Spéciaux
et Réfractaires est une société importante
(avec une majorité de Creusot-Loire et le reste d'un américain,
bien connu à Vierzon, ABEX). Mazières entre par
ce biais dans le groupe Creusot Loire de l'Empire Schneider (les
maîtres de forges...) avec à partir de 1960, le
baron Empain.
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- C'est une nouvelle étape avec de
très forts inverstissements :
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- - les tubes en acier réfractaire
coulés par centrifugation , tubes utilisés dans
la pétrochimie.
- - les pièces en acier réfractaire
pour les fours et autres incinérateurs.
- - les pièces de sécurité
de l'industrie automobile (traverses...)
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- A cette époque, le site est sur
25 000 M2 couverts, et 12 hectares.
- Difficultés de Faser et vente
en 1973 à Manoir
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- Les effectifs commencent à diminuer,
ils sont de 493 et 1972, et l'usine Faser devient une filiale
de Manoir ( Société des Fonderies et aciéries
du Manoir) qui est située près de Rouen.
- Il semble que l'usine reparte avec la
fabrication des tubes de l'industrie pétrolière
ou chimique, avec 25% du marché mondial. Les effectifs
remontent pour atteindre 600 (la direction est assurée
par M de Kempfi).
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- L'usine se retrouve ensuite dans le groupe
(une holding ?) Pompey.
- Pour les représentants des syndicats,
c'est à partir de ce moment que tout se casse. "le
groupe Pompey participe à la casse de la sidérurgie".
- Les années 1990 : la fin
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- A partir de 1980, la Faser devient la
FAB, (Fonderie des Aciers de Bourges), et c'est une baisse progressive
de l'activité, logique financière pour les syndicats,
manque de charge pour les actionnaires, le résultat, c'est
une suite de changement de nom, Faser, FAB, MIB, .... etc
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- Un incendie criminel a lieu de 7 juillet
1992, avec 20 millions de francs de dégâts.
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- C'est un peu le début de la fin,
les effectifs fondent, en 20 ans, ils passent de 500 à
180 personnes en l'an 2000.
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- En Octobre 2002, le groupe Manoir doit
verser des indemnités de licenciement "aux Manoirs",
devenus célèbres à Bourges, et vend le site
à DH Industrie. (Delamarre, Hauffmann, Industrie) qui
va poursuivre une petite activité de presse avec 44 salariés,
dans un petit bâtiment. L'ensemble des autres bâtiments
servant d'entrepôt pour les outillages.
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- Un ouvrage très intéressant
a été publié par l'Institut CGT en janvier
2007 dans les Cahiers d'Histoire Sociale. (par Roger Pellentz
et Mathijs Schoevaert), c'est le point de vue des syndicalistes,
mais il montre la chute d'une des usines les plus célèbres
de Bourges.
- Adresse : 80 quai du Châtelet
- BP 1316 - ORLEANS - 45 003.
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