LES LOGES DU CHER DANS L'APRES-GUERRE DE 1940
La difficile après-guerre
Les loges se multiplient
Les Francs-Maçons célèbres
Les résultats des travaux
Société Initiatique et Société de
pensée
LA PERIODE DIFFICILE
DE L'APRES-GUERRE
C'est par une ordonnance du 15 décembre
1943, signée de de Gaulle portant annulation de la loi
du 13 août 1940, que renaît officiellement la Franc-Maçonnerie
en France.
Dans les derniers jours de l'Occupation,
un de ses frères les plus en vue, Bourlier sera fusillé
par les Allemands tout près de Bourges. Le colonel Arnaud
de Vogüe raconte l'épisode tragique :
" Le 31 août 1944, le sous-lieutenant
Bourlier, seul avec un autre soldat, réussit par un coup
de main extrèmement hardi à capturer près
de Brécy une voiture d'état-major avec ses trois
occupants, et à la ramener directement au P.C. du commandement
F.F.I. du Cher-Nord. Parmi les papiers saisis sur un des officiers
se trouvait l'ordre de marche de la XVIe Division, qui traversait
précisément le département ce jour-là,
avec indication des itinéraires de repli pour toutes les
unités, des dates et des points de passage et de stationnement,...
jusque dans la région de Beaune, où cette division
devait se rendre. Cet ordre fut aussitôt remis, dans la
soirée, à l'éat-major américain,
siègeant à Orléans, qui put ainsi, durant
les journées suivantes, faire harceler efficacement par
l'aviation et les blindés la XVIe Division en retraite.
Malheureusement, quelques heures plus tard, l'auteur de cette
brillante capture, le sous-lieutenant Bourlier, tombait aux mains
des Allemands et était fusillé par eux la veille
de leur départ de Bourges."
Barbier, c'était le nom de Résistant
de Bourlier, commandait le groupe "Bir Hakeim" et était
établi du côté de Turly.
La loge Travail et Fraternité va reprendre ses travaux
après la guerre, la première réunion se
déroule le10 décembre 1944, à Maison des
Syndicats rue Michel de Bourges, en attendant la restitution
du temple.
A la première réunion, sont présents : Marcel
Soubret qui participe par ailleurs au Comité Départemental
de Libération au titre des mouvements philosophiques.
A ses côtés, Taizières, Alphonse Durand,
Merlin, Votat, Fleury, Quitollet, Guillaume, Legay, Bailly René,
Bailly Marcel, Gazé, Morin, Ernoux René, Ernoux
Maurice, Dollet, Ancel, Tortel, Moreau, Rouzier, Poisson, Niepceron,
Pontonnier, Beauchène, Delamarre, Julien Gaudry. Trois
frères n'ont pas pu assister à cette première
réunion, il s'agit de Bonnin, Magnon et Marc Gaudry.
Ce n'est que le 27 février 1945
que les frères de Travail et Fraternité retrouveront
leur Temple.
Le problème d'alors était de survivre, c'est à
dire de renaître et de recruter des francs-maçons.
La guerre avait été une épreuve terrible
pour une société de pensée, elle avait vue
tous ses repères vaciller. Elle avait été
classée parmi les causes de la défaite.
Dans cette période, que ce soit
au plan national ou au plan local, la Franc-Maçonnerie
subit une double crise :
- matérielle, elle perdu ses locaux qui ont été
spoliés ou détruits, ainsi qu'assez souvent ses
archives, (à Travail et fraternité, une partie
des archives, dont les "livres d'architectures", sur
lesquels sont consignés tous les comptes rendus ont été
sauvés).
- morale, les 4 années de ténèbres ont porté
un coup à la philosophie maçonnique qui croit en
l'homme et se targue de considérer l'optimisme comme une
vertu.
La toute nouvelle loge mixte, Pax Labore
cherche à se reconstituer, et dès la Libération
de Bourges en septembre 1944, ce fut la reprise de contacts,
et les premières demandes de réintégration
en maçonnerie. Mais il faudra attendre la fin de l'année
1946 pour que la Fédération Française Mixte
Internationale du Droit Humain autorise officiellement la reprise
des activités de Pax Labore à Bourges.
Il y avait une dizaine de membres, et ce
sont des épouses de frères de la loge La Gauloise
de Châteauroux qui vont venir progressivement "garnir
les colonnes".
Et puis, sous l'Occupation, les comportements
individuels des français et aussi des francs-maçons
n'ont pas toujours été cohérents ou exempts
de reproches.
Des francs-maçons ont eu des comportements
exemplaires, d'autres lâches, et beaucoup indifférents.
Sur des esprits faibles, dans une aussi difficile période,
la propagande de Vichy aidant, certains ont flanché.
La Franc-Maçonnerie décide aussi, à la Libération
de "faire le ménage" parmi ses membres, et les
"frères" suspects de collaboration, plus ou
moins active seront bannis de leur qualité maçonnique.
LES LOGES
SE MULTIPLIENT DANS LE CHER
Les loges à Bourges et dans le Cher
vont se multiplier, un peu à l'image de ce qui s'était
fait juste avant le Révolution française de 1789.
La première loge à se créer,
à côté de Travail et Fraternité, est
une loge mixte, celle du Droit Humain, en 1937, elle prend pour
nom "Pax Labore", elle accepte des hommes et des femmes.
Elle occupe le même temple que la loge du Grand Orient
de France, et il est fréquent, semble-t-il que des frères
de travail et fraternité aient leur épouse dans
cette loge.
Une autre loge apparaît au milieu
des années 1970, il s'agit de Minerve, une loge du Grand
Orient de France, dont les membres viennent de Travail et fraternité
pour la plupart, il s'agit d'un essaimage. Comme souvent dans
les sociétés initiatiques ou de pensée,,
au dessus de 40 à 50 personnes, le travail n'est pas satisfaisant,
et il y a lieu de créer une autre loge plus petite.
Depuis 15 ans, d'autres loges sont apparues
à Bourges, sans que l'on sache trop les dates de constitution,
il n'y a aucune archive déposée. Ces loges sont
diverses, il y a une loge typiquement féminine, dépendant
de la Grande Loge Féminine de France, elle a pour nom
"De Pourpre et d'Azur", elle est installée le
5 octobre 1982 et elle fêtera ses 20 ans à la saint
jean d'hiver de l'année 2002.
Une autre représentant localement
La Grande Loge de France, elle a pour titre "Renaissance
d'Aubigny", enfin une autre du Droit Humain, issue d'un
essaimage de "Pax Labore" et qui a pris pour nom "Alpha
à Oméga". Enfin, la seule loge berruyère
reconnue par la maçonnerie internationale, et qui a un
Temple dans un lieu différent de toutes les autres loges
est intitulée "Jacques Coeur", elle appartient
à l'Obédience de la Grande Loge Nationale Française.
Il y a sans doute encore une ou deux autres loges, mais c'est
un domaine ou le renseignement et l'information ne sont guère
abondant
A Vierzon et Saint Amand des loges sont
aussi crées, il s'agit du "Boischaut Fraternel",
pour Saint-Amand et "Des Amis de la Liberté"
pour Vierzon pour le Grand Orient de France, alors que le Droit
Humain a une loge à Vierzon appelée "Sphinx"..
LES FRANCS-MACONS
CELEBRES
Au plan national, il est fréquent
que des francs-maçons "se dévoilent"
et parlent à la télévision ou écrivent
des articles dans les journaux. Il est très rare qu'un
franc-maçon en France et encore plus en Berry s'affirme
appartenir à un ordre maçonnique.
Des hommes politiques répondent
de temps à autre positivement à une question d'un
journaliste, ce fut récemment le cas de Jean Poperen,
ou d'Henri Caillavet, mais le plus souvent c'est une fin de non
recevoir. A Serge Moatti qui venait de faire une émission
de 3 heures sur la franc-maçonnerie à la télévision
et à qui un journaliste demandait de confirmer son appartenance
à l'Ordre, le réalisateur répondit : "si
je l'étais je ne vous le dirais pas".
La France et le Berry, ce ne sont pas les
Etats Unis, pays aux 5 millions de francs-maçons. Là-bas,
dans une petite ville de province, grande comme Bourges, en plein
Californie, le temple est au milieu de la place, et sur la porte,
figurent les noms et adresses de tous les responsables de la
loge, ainsi que la date des réunions. A Bourges, la franc-maçonnerie
est très discrète et il est assez difficile de
connaître des francs-maçons, certains le sont et
ne le disent pas, d'autres ne le sont pas et affirment l'être.
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Parmi les personnalités du département
du Cher, au cours du XXe siècle, on peut citer :
- Abel Tortat, instituteur et auteur
d'ouvrages locaux, mort en mai 1934
- Robert Lazurick, de Saint-Amand,
il sera élu député, et deviendra le patron
du journal l'Aurore.
- Jacques Mitterrand, aucun rapport
avec le Président de la République. Il deviendra
député de l'Union Coloniale, et plus tard Grand
Maître du Grand Orient de France. Très à
gauche, on dira de lui qu'il a ancré l'Ordre dans la laïcité
et le désengagement colonial.
A Bourges, Jacques Mitterrand se fait élire dans les années
1950 au Conseil Municipal de Bourges. Il sera parmi les partisants
de la gauche unie.
- Marcel Haegelen, gendre du Frère
Boury, une cérémonie se déroulera à
Travail et Fraternité le 11 juin 1950 lors de sa mort.
Lorsqu'une plaque sera dévoilée dans l'avenue qui
porte son nom, une délégation de Travail et fraternité
sera présente.
- Raymond Beuzelin, instituteur,
secrétaire départemental du SNI, il était
de Charost et se définissait comme un"syndicaliste
révolutionnaire" ou encore un vieux socialiste libertaire".
Il entre en franc-maçonnerie en juin 1921, à la
loge Travail et Fraternité.
Beuzelin représente dans l'entre-deux-guerre, le syndicalisme
enseignant. Il fait une courte incursion au P.C.F. en 1927. Son
action est souvent "agressive" d'après les rapports
de police. Pendant le Front Populaire, il mènera une politique
très critique envers la gauche. Il était pacifiste.
Il sera bientôt en difficulté avec sa loge, en effet,
en 1935, il ne veut pas payer ses "cotisations tant que
le Frère Chautemps sera franc-maçon"? Camille
Chautamps était alors radical et parfois Président
du Conseil..... Beuzelin quittera effectivement la franc-maçonnerie
le 8 décembre 1935.
- René Boin sera fait franc-maçon
à Paris dans la Loge "Jean Jaurès" en
1922. Il est candidat aux législatives de 1928.
- Albert Buisson, secrétaire
du syndicat des préparateurs en pharmacie de Bourges en
1923 était herboriste. Il fut le principal animateur de
la SFIO jusqu'en 1960 année de sa mort. Il était
membre de la loge Travail et Fraternité depuis 1924.
Il est élu conseiller municipal en 1945 (?) et 1947, il
emmène la liste SFIO avec le docteur Delamarre.
A la mort en fonction du maire de Bourges Henri Sallé,
les élections de juin 1948 se déroulent et opposent
André Cothenet à Albert Buisson ce dernier représente
la SFIO et est soutenu par le PCF. Mathématiquement, Buisson
aurait du être élu maire de Bourges, il est battu
par 17 voix contre 16 voix par le RPF A. Cothenet, des radicaux
n'ont pas voté à gauche.
- Paul Charbonnier, un des secrétaires
de l'U.D. de la C.G.T., il s'occupait du syndicat national des
instituteurs. Il n'était membre d'aucun parti, mais il
se réclamait publiquement de son appartenance à
la franc-maçonnerie, ce qui est assez rare. Il était
entré à Travail et Fraternité en 1919.
- Jules Chègne, né
à Bourges en 1875, il était ouvrier et surtout
coopérateur. Il était socialiste et présidait
le conseil d'administration de la Maison du Peuple. Il entre
en franc-maçonnerie vers 1917.
Pour lui, seul la coopération et le syndicalisme peuvent
conduire à la révolution sociale.
- Henri Coquard, était un
socialiste pur et dur, ami du maire "gauchiste" Vaillandet,
en 1900, il fut nommé concierge municipal.
Au début du siècle, Coquard fut vice-président
de la Bourse du Travail, il était partisant des coopératives
de consommation. Drôle de personnage, il était entré
à Travail et Fraternité, et fut radié après
avoir quitté son domicile et abandonné sa famille.
- Henri Debret, instituteur, entra
en loge en 1905, il était adhérent au SNI.Il écrivait
de lui-même : "Franc-maçon et marié
civilement, petit-fils de déporté, je n'ai jamais
séparé l'Ecole de la République, et ai toujours
été l'adversaire convaincu de l'Eglise éternelle
ennemie de tout progrès humain". Cette déclaration
est typique des francs-maçons de cette époque.
- Augustin Durand, il serait né
à Bourges le 8 décembre 1886. Il est présenté
par M. Boin comme "vénérable de la loge de
Bourges".
Il était syndicaliste, et militait aux Etablissements
militaires de la Pyrotechnie jusqu'en 1907.On le trouve assez
vite sur les listes électorales, comme aux municipales
de 1908. Il fut secrétaire de la section socialiste de
Bourges, et de la libre pensée. Pendant la guerre de 1914-18,
il était resté secrétaire de la section
socialiste et était hostile à l'union sacrée.
En mai 1919, il est élu sur la liste de Laudier, et se
retrouve maire-adjoint de Bourges. Plus tard, Durand adhéra
au parti communiste, mais il le quitta en 1923 lorsque le P.C.F.
demanda à ses adhérents de choisir entre la franc-maçonnerie
et le parti communiste.
Il meurt à Bourges le 23 juin 1969 (Arch. Dép du
Cher 25 M 94)
- Louis Fredonnet, né à
Bourges le 28 août 1875, il était typographe et
dirigeant socialiste. Dès son jeune âge, il eut
l'exemple de son père, un farouche anticlérical
et créa en 1886, le premier groupe anarchique de Bourges.
Il fonda un journal, "La vertu", et après la
guerre de 1914, il reconstitua le syndicalisme du livre.
Fredonnet était très à gauche, il adhéra
au Parti Communiste, mais le quitta en 1923, car il entra dans
la loge maçonnique de Bourges le 13 mai 1923, et comme
d'autre, il eut à choisir entre la franc-maçonnerie
et le P.C.F.
Il participa à la création d'Assurances sociales
sous contrôle ouvrier, et constitua en 1939, la caisse
ouvrière "Le Travail". "C'est le plus grand
honneur de ma vie de militant" dira-t-il.
Après guerre, il s'occupa exclusivement de l'Amicale des
Vieux du Cer, sous l'égide de la C.G.T., qui groupa 1300
adhérents.
- Jules Gaudichet, employé
à la Pyrotechnie, était dirigeant du syndicat unitaire,
il fut franc-maçon à partir de 1924.
- Pierre Hervier, né et mort
à Bourges (1868 - 1950), Il fut secrétaire fondateur
de la Bourse du Travail, c'est lui qui organisa le mouvement
syndical dans le Cher entre 1897 et 1914. Pendant la guerre,
il se prononça pour l'Union sacrée. Il fut élu
conseiller municipal de Boirges en 1919.
Il adhéra à la loge maçonnique de Bourges,
et déclara plus tard, "Camarade, je vous informe
que j'ai quitté la Loge maçonnique de Bourges à
la date du 31 décembre 1924 et, qu'à dater du 1
er janvier 1925, je demande à adhérer au parti
communiste. Les camarades Maurice Boin et Venise Gosnat ont bien
voulu être mes accréditeurs en cette circonstance".
(Emancipateur du 10 janvier 1925)
Au Congrès de l'Union Départementale, CGTU en janvier
1925, il fut accusé d'avoir quitté la franc-maçonnerie
et d'avoir rejoint le parti communiste afin de ne pas perdre
sa place.
- Bernard Pilorget, militant anarchiste
et syndicaliste, il était peintre sur porcelaine à
Foëcy, avant la guerre de 1914, ilétait "un
meneur dangereux, capable de prêcher la desertion et la
grève générale au moment d'une mobilisation"
dira le préfet du Cher. Pendant le conflit, il distribue
le Libertaire. Il s'établit comme artisan, mais resta
anarchiste. Il sera initié à la Loge Travail et
fraternité en novembre 1923.
- Jacques Bourlier, résistant.
Les archives ne sont disponibles que jusqu'à
la dernière guerre, il n'est donc pas possible, sur le
plan historique de donner davantage d'informations crédibles.
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LES RESULTATS
DES TRAVAUX
Il n'est pas possible d'obtenir les résultats
des travaux réalisés dans les temples par les francs-maçons
au plan local. La franc-maçonnerie, dans ce cas de figure
est une société complexe qui possède un
exécutif et un législatif et une loge n'a pas le
droit de parler au nom de l'Ordre tout entier.
Les études réalisées
sont "remontées" à Paris et parfois publiées
par la presse ou dans les revues des obédiences.
Au plan local, de manière régulière,
il y a des conférences, avec un orateur qui est souvent
le Président de l'obédience. Cela se produit tous
les deux ou trois ans, c'est une réunion publique et...
gratuite. L'objectif semble être de démystifier
la franc-maçonnerie, de montrer que c'est une société
comme les autres, qu'elle travaille, mais que la prudence impose
une certaine discrétion.
Sur les grands faits de société,
comme la laïcité ou le racisme, les loges locales
font paraître des communiqués, rappelant la position
des francs-maçons sur ces sujets de société.
Par contre, localement il n'y a jamais eu de prise de position
sur les problèmes politiques, lors d'événements
ou d'élections.
Dans les questions travaillées à
Bourges, certaines archives montrent les titres des études
:
1937 : "L'organisation des loisirs pour les enfants, pour
les jeunes gens et pour les adultes".
1938 : "La réforme de la représentation populaire
est-elle souhaitable ?"
1948 : La civilisation européenne est-elle en décadence,
causes et remèdes".
"Le F Ros. signale que la civilisation européenne
se meurt en raison de sa diversité, il faudrait qu'elle
soit unifiée et qu'il n'y ait qu'un seul pays".
1949 : "les droits et les devoirs
des individus dans la société moderne".
1950 : "Respect de la laïcité par le corps des
assistantes sociales dans les diverses oeuvres sociales".
SOCIETE
INITIATIQUE ET SOCIETE DE PENSEE
De ce que l'on sait, la Franc-Maçonnerie
reste une des rares société initiatique, pour y
entrer, il ne suffit pas de prendre une carte et de payer sa
cotisation annuelle. C'est à la fois plus complexe et
plus profond.
Il apparaît que la maçonnerie berrichonne du Cher
va osciller pendant le demi-siècle qui suit la guerre
entre un renfermement sur elle-même et une volonté
de s'extérioriser ou de revaloriser son image qui subit
parfois le sort de société "mafieuse",
lorsque sur le plan national il en est question.
CONCLUSION
PROVISOIRE
Après une telle étude, il
apparaît se dégager quelques éléments
importants dictés par l'histoire de la Franc-Maçonnerie
dans le département du Cher :
- Il est très difficile d'obtenir
des archives et beaucoup de zones d'ombres subsistent, des documents
ont été dispersés, d'autres détruits.
La Franc-Maçonnerie est une société qui
reste très discrète.
- Le Berry et plus particulièrement
le Cher ne sont pas des fiefs importants de la Franc-Maçonnerie.
Pendant les grands moments où l'Ordre, par l'intermédiaire
de "frères" dans les gouvernements, a été
proche du pouvoir au niveau des idées, il n'y a pas eu
de synergie pour développer un maçonnerie locale.
Sur ce plan, les berrichons apparaissent assez timorés.
- Dans les périodes étudiées,
le Cher n'a pas eu de "grands Francs-Maçons",
ceux-ci étaient dans les allées du pouvoir local,
municipal ou départemental, mais rarement au tout premier
plan.
Comment expliquer ce phénomène
? On peut trouver plusieurs types d'explications, c'est d'abord
le double poids dans le Cher de l'influence cléricale,
le clergé a toujours été très puissant,
et il n'a jamais porté la Franc-Maçonnerie en odeur
de sainteté, "les Francs-Maçons ne sont-ils
pas plus ou moins excommuniés" ? le second type d'influence,
c'est la gauche de type "communiste" pour qui la Franc-Maçonnerie
est un rassemblement de bourgeois plus ou moins fréquentables.
Mais la Franc-Maçonnerie est aussi
une société de pensée, avec un rituel et
d'importants travaux sur le symbolisme. Les berrichons ne semblent
pas très portés sur des recherches philosophiques
ne débouchant pas forcément sur du concret. Ils
n'ont pas tendance à se porter vers les sociétés
de pensée.
Et enfin la
suite de l'étude avec La Franc-maçonnerie moderne
à Bourges de 1950 à 2014.
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