Une bataille
gagnée : enfin, l'Ecole d'Ingénieurs de Bourges
!
Comme aime à le répéter
Philippe Goldman, Bourges a possédé une grande
Université à partir de 1463, sous Louis XI. Elle
prospère avec des maîtres comme Cujas, Alciat ou
Volmar et reçoit de vraies personnalités tel Calvin.
L'Université de Bourges s'éteint à la Révolution,
par manque d'élèves, de professeurs et du désintéressement
de la population.
Faire revivre l'Université à Bourges, ce n'est
pas, avant guerre, le souci de Laudier. Par contre Raymond Boisdé
s'intéresse à ce renouveau. Par la suite, pour
Jacques Rimbault, l'Université à Bourges pendant
ses six premières années n'est pas une priorité.
Ce n'est qu'ensuite qu'il va s'intéresser au sujet, sous
la pression de deux adjoints socialistes, Philippe Goldman et
Jean Pierre Saulnier.
Lorsque R. Boisdé obtint à la fin des années
1960, la création d'un IUT à Bourges, il y avait
dans les prévisions du VIe plan, au titre du ministère
de l'Education nationale, une Ecole d'Ingénieurs. De manière
régulière, les responsables locaux évoquaient
cette "Arlésienne". Il y eut bien l'Ecole d'Architecture,
qui obliqua, en théorie, vers Tours au tout dernier moment,
dans un dépit berruyer contenu, mais rien de très
concret.
Le 23 juin 1994, M. Saulnier alors maire-adjoint s'exprime ainsi
:
" L'Ecole d'Ingénieurs,
j'ose à peine y croire maintenant, j'en suis au stade
où je me demande si sincèrement les autorités
étatiques veulent une Ecole d'Ingénieurs à
Bourges. C'est regrettable
."
Au fil des Conseils municipaux, on retrouve
les traces de cette école. Le 20 octobre 1994, M. Lepeltier,
qui est alors dans l'opposition, signale à M. Saulnier
:
" Que l'Ecole
d'Ingénieurs, ce n'est plus un bruit de couloir puisque
c'est noté dans le Comité Interministériel
à l'Aménagement du Territoire. (CIAT)
. Mme
Renaudat avait dit que cette Ecole était décidée
depuis longtemps. Or, elle est simplement décidée
depuis le 20 septembre 1994, c'est cela qu'il faut dire."
Les cinq parlementaires du Cher étaient
allés frapper à la porte de M. Balladur, Premier
ministre et ressortirent avec l'assurance que cette école
était décidée et actée à Bourges.
Mais Jean Pierre Saulnier décidément en "
déprime " persiste le 23 novembre 1994 en écrivant
: " et s'il fallait renoncer à l'école d'ingénieurs
" ?.
En 1995 et 1996, c'est le temps des études de définition
et de faisabilité, avec la présence de M. Crespin
chargé de mission qui travaille en relation avec "
Orléans " et les entreprises de Bourges de haute
technologie, dont Aérospatiale, très en pointe
avec son directeur Daniel Dubreuil. Ce dernier sera quelques
années plus tard, le premier président du Conseil
d'Administration de l'Ecole d'ingénieurs. Frédérique
Deniau suit ce dossier. Et cette Ecole Nationale d'Ingénieurs
de Bourges voit enfin le jour en 1997.
Deux éléments semblent avoir favorisé la
décision, hormis le fait que l'école était
promise depuis les lustres. Le premier concerne la situation
économique de la ville depuis 1990 et la chute des activités
d'armement, il fallait une compensation, l'Ecole pouvait en être
une.
Le second tient dans les relations politiques entre les élus
de la droite et le Premier ministre Edouard Balladur. La population
locale n'y croyait plus depuis longtemps, mais Serge Lepeltier
et sa première adjointe Frédérique Deniau
avaient repris le flambeau de leurs prédécesseurs
pour faire aboutir cette "Arlésienne". Dans
cette course dans les méandres et couloirs de l'Université
d'Orléans ou des ministères, il fallait se retrouver.
Sur le plan politique, il n'est question
que de récupération, tant il est vrai que depuis
longtemps, quel Berruyer n'a pas eu son " mot " à
ce sujet ? J. C. Sandrier, lors du Conseil municipal du 27 mars
1997 se " félicite de l'ouverture de cette école",
rappelant que "nous devons cette école d'ingénieurs
à de très nombreux Berruyers engagés depuis
au moins 10 ans dans un pari difficile", et de citer certaines
personnalités locales, en oubliant quelques-unes, ce qui
permet à Frédérique Deniau de signaler "
qu'une personne dont je porte le nom et qui, je crois a eu un
petit rôle dans cette affaire".
Serge Lepeltier n'en rajoute pas, les Berruyers ont compris qu'ils
lui doivent cette école, comme l'IUT ou le CNAM ont été
impulsés par Boisdé. Le reste n'est que récupération.
Philippe Goldman, prend la parole ce même
jour :
" Je rappelle
que cette école aura mis plus de 30 ans à se concrétiser
.
Et l'essentiel, c'est qu'elle existe. Espérons toutefois
qu'elle n'arrive pas trop tard, les écoles d'ingénieurs
se sont multipliées. Le succès dépendra
de la qualité pédagogique et du recrutement de
l'école. Je crois qu'il faut la soutenir au maximum ".
La première promotion comprend une
cinquantaine d'étudiants sous la conduite de Pierre Marché,
son directeur et l'ENSIB devient un élément phare
de la ville. Les cours commencent à l'automne 1997, dans
les salles et laboratoires mis à disposition par le Centre
de Formation de Bourges de la DGA. Les promotions de 100 vont
progressivement se constituer et les étudiants prendre
leur vraie place dans la cité.
Bientôt, boulevard Lahitolle se
construit sur un terrain de 2,5 hectares, un immeuble s'étendant
sur 5300 mètres carrés, du à un architecte
local, tout de pierre et de verre, aux lignes harmonieuses et
avec un équipement intérieur de tout premier ordre.
Bulletin Municipal Officiel
du 20 octobre 1994 et du 27 mars 1997
Texte inédit de 1990 de Philippe Goldman sur le développement
universitaire de Bourges
En 2005, c'est Joël Allain qui prend
la place de Pierre Marché.
Septembre 2006 : L'école se développe et obtient
parmi les 240 écoles d'Ingénieurs de France de
figurer dans le peleton de tête, c'est à dire dans
les 35 meilleures, juste après les écoles Supérieurs
(Polytechnique, Centrale ou les Arts et Métiers).
"On est au Top de la seconde
division" dit le directeur.
Et puis 95% des étudiants trouvent un emploi immédiatement
après leur sortie, et à la fin de l'année
2006, ce sont 500 élèves ingénieurs de Bourges
qui ont obtenu leur diplôme.
L'ENSIB comprend 600 personnes :
20 personnes à l'administratif
30 enseignants en permanence
400 étudiants : 100 par promotion (pour 3 ans) dans la maîtrise
des Risques Industriels et 80 dans les 3 promotions dans les
sciences et technologies de l'information et il faut ajouter
20 "doctorants".
Les vacataires (professeurs) sont au nombre
de 150.