L'EAU SOUS LA VILLE,
c'est aussi le titre d'un chapitre entier qui est dans un ouvrage
qui est BOURGES MYSTERIEUX. Voici quelques pages de ce chapitre.
Bourges, ville d'eau
Les puits et les cours d'eau souterraine
Les puits dans la ville
Les grandes fontaines de Bourges
La rivière sous la ville
L'eau sous la cathédrale
A la recherche de l'eau
Un réseau hydrographique peut devenir
entièrement souterrain, il est fréquent d'observer
la disparition de certaines rivières. Ainsi, comme il
est écrit dans Webencyclo :
"La rivière souterraine
du gouffre de Padirac, qui circule à une profondeur de
100 mètres sous le causse de Gramat, réapparaît
à l'air libre à une distance de 11 kilomètres,
au cirque de Montvalent".
Il est donc intéressant de connaître
le circuit des eaux sous la ville de Bourges. Là encore
le sujet a été peu étudié, mais le
nombre de rivières qui convergent dans la cité
berruyère est important, formant des marais depuis les
temps les plus reculés.
Parmi les significations d'Avarich, on trouve plusieurs traductions
possibles, mais toutes ont une relation forte avec l'eau. Pour
les uns, c'est "La ville des eaux" ou "Ville entourée
d'eau". Pour d'autres auteurs, c'est "La ville traversée
par l'Yèvre". L'eau est omniprésente dans
la ville.
Bourges, ville d'eau
L'eau est donc à Bourges un élément
essentiel du monde souterrain avec des fontaines, des puits,
un château d'eau devenu monument historique !
et
des rivières souterraines.
Cette eau, visible dans l'environnement
proche de la ville, est-elle aussi présente dans le sous-sol
calcaire du promontoire ? C'est une question intéressante
puisque les légendes sur les eaux souterraines et leur
vertu thérapeutique sont restées dans la mémoire
collective des Berruyers.
De plus, compte tenu du nombre important d'édifices religieux,
il est incontestable que la présence d'eau souterraine
modifie la structure du sous-sol et des lignes telluriques.
On observe à partir des lignes telluriques, des différences
de magnétisme, qui agissent sur l'organisme. Ce magnétisme
varie selon la composition du sous-sol et la présence
d'éléments comme des métaux, de l'eau ou
des tessons.
Lors de la construction des églises,
les lignes telluriques étaient prises en compte pour placer
au bon endroit le sanctuaire et donc le chevet de l'édifice.
La cathédrale de Chartres est traversée par de
nombreuses rivières souterraines.
L'eau est donc présente sous
la ville de Bourges et la nappe phréatique, comme l'indique
Paul-Adrien Bourdaloue au XIXe siècle est à un
niveau de 22 mètres l'hiver et à 37 mètres
l'été. Ceci signifie que les puits devraient avoir
une profondeur de 20 à 30 mètres selon leur situation.
Les dernières études datent de 1954, ce qui n'est
pas très récent, la nappe phréatique est
en général et en moyenne à une cote de 125
mètres. Cette nappe ceinture l'agglomération de
Bourges. Comme le sol de Bourges varie d'un maximum de 156 mètres
au niveau du promontoire, cela signifie une nappe phréatique
à 30 mètres de profondeur. Mais il y a des exceptions,
comme à Asnières les Bourges où des terrasses
d'alluvions permettent d'avoir l'eau à seulement 2 mètres
de profondeur.
La pente phréatique, dirigée
du Sud-Est vers le Nord-Ouest est faible, de l'ordre de 1%. En
fait comme l'indique un rapport officiel :
"Bourges est
le centre de convergence des eaux souterraines des environs.
Le trop plein d'écoulement souterrain, compte tenu de
l'absence d'émergences importantes dans Bourges et au
Nord de la ville, est évacué par des sources situées
au Sud et à l'Est de la ville".
La caractéristique essentielle et
visible de Bourges sur le plan de l'eau tient à la présence
des marais et des rivières naturelles ou artificielles
qui les alimentent. Comme cela ne devait pas suffire, un plan
d'eau de 82 hectares a été mis en eau en 1977.
L'eau à Bourges, ce sont, en surface,
les Marais, ceux de l'Yèvre et de la Voiselle, ceux de
la vallée de Saint Paul et de Robinson et quelques autres
disséminés. Ainsi, sur 135 hectares, au pied de
la cathédrale se situent les plus importants marais de
Bourges qui appartiennent à environ 1100 propriétaires.
La plus grande parcelle fait 1,5 hectares et la plus petite 13
mètres carrés.
Cette vaste étendue marécageuse est citée
par Jules César en 52 av JC, lorsqu'il s'empare d'Avarich.
Il écrit dans la "Guerre des
Gaules" :
"Avaricum, vu
sa position car presque de tous côtés elle est entourée
par l'eau courante et le marais, et n'offre qu'un accès,
qui est d'une extrême étroitesse.. La ville était
entourée presque de toute part d'un marais difficile à
traverser et plein d'obstacles, dont la largeur n'excédait
pas cinquante pieds".
Plus tard, cette zone des marais fut acquise
par des communautés religieuses, la ville possédant
les communaux. En fait, par rapport à la situation actuelle,
les rivières naturelles étaient l'Yèvre
et le Langis. C'est au XIIe siècle que sont réalisés
les premiers travaux importants avec la construction d'un "vrai
lit" pour l'Yévrette et l'édification de moulins.
Plus tard, dans les années 1830, le grand canal de dessèchement
est creusé pour éviter les inondations. Enfin la
Voiselle est "construite", à partir de l'Yèvrette
à la Folie Bâton.
En fait, ces marécages n'étaient
pas autrefois des lieux de promenade : il s'agissait de zones
incultes, nauséabondes et parfois dangereuses. Seul avantage
de ces marais, la pêche, car toutes les rivières
étaient très poissonneuses, et se nourrir à
cette époque, était une préoccupation pour
beaucoup de gens !
Au XVIIe siècle les acquéreurs de marais sont obligés
de les entretenir. Plusieurs parcelles sont constituées
puis louées aux habitants du faubourg Saint-Privé.
C'est le début d'une exploitation
locale des marais avec les jardins, auxquels on accédait
en barques plates qui étaient manuvrées avec
une " bourde ".
Les produits des cultures, légumes et fleurs étaient
mis dans de grands paniers appelés des " maniques
". On cultivera aussi le chanvre dans les marais de Bourges.....
pour en faire des cordages réputés.
A la Révolution, les marais appartenant aux communautés
religieuses sont vendus comme biens nationaux et souvent achetés
par les locataires qui poursuivirent leurs tâches. A cette
époque et jusqu'au milieu du XXe siècle, les marais
sont exploités par des maraîchers professionnels.
Ils disparaîtront peu à peu, laissant la place aux
marais loisirs et jardins potagers familiaux.
Lieu mythique de Bourges, c'est un poumon vert en pleine ville.
Dans cette ville de marais et de petits cours d'eaux, les moulins
se sont beaucoup développés et il reste parfois,
en plein Centre-ville comme celui de la Chappe ou le moulin de
Saint-Paul.
Les puits dans la ville
Lorsqu'on évoque l'eau et le sous-sol
d'une ville ancienne, il faut s'intéresser aux puits.
Dans la cité de Charles VII, c'est un point majeur. Dans
des périodes lointaines comme aujourd'hui, l'eau, c'est
la vie.
Les puits sont nombreux, et les gravures d'époque montrent
leur "riches ornementation de fer", avec parfois des
sculptures et des voûtes ou des demi-coupoles.
Les cours et les maisons des "grands" de la ville possédaient
un puits, c'était un signe d'autonomie et de puissance.
Ces puits s'observent dans le palais Jacques Cur.
On connaît par des documents historiques
le puits autrefois situé dans la cour de l'Hôtel-Dieu.
Il est au milieu de la cour, sous le bitume, et lorsque la neige
tombe sur la ville, on peut observer sa localisation, réchauffant
la zone circulaire. On connaît aussi le puits de l'hôtel
des Echevins, le puits Noir et celui de la rue Saint-Privé.
Rue des Toiles, dans la maison dite de
Pelvoysin, un puits subsiste avec une magnifique tête de
lion. Dans un hôtel particulier de la rue de la Grosse
Armée, un puits est intéressant, il descend dans
la nappe phréatique et traverse dans cette zone, la cave
et un souterrain situé à une dizaine de mètres
de profondeur. Il faut noter que pour le propriétaire
de la maison, il était aussi important que l'on puisse
accéder au puits par la cour que de l'intérieur
des caves et souterrains.
Autre puits, dans un autre quartier, c'est
celui qui est situé vers la rue du Coin-Haslay. Il est
appelé au début "le puits des Buttes",
et aujourd'hui "le puits Nallet". Il fut construit
en 1494 "aux frais communs de la ville et du chapitre du
Château".
Le puits de la rue de Paradis ou du "petit collège"
était accessible, nous dit Buhot de Kersers de la cour
et de la rue, il était couvert de deux auvents en pierre
:
"L'auvent de la rue se compose d'une
voûte de berceau, perpendiculaire au mur, portée
sur des corbeaux en doucine à plusieurs ressauts et surmonté
d'un couronnement en accolade que décoraient des feuilles
de chardon malheureusement mutilées".
Ce puits, très intéressant
est toujours visible au pied du chevet de la cathédrale
.
Mais il a été placé en cet endroit au XIXe
siècle !
Il existe encore dans plusieurs lieux de la ville des puits,
comme en haut de la rue de la Grosse Armée. Ce puits est
situé dans la cour d'un hôtel particulier, il est
magnifiquement sculpté avec des symboles ayant trait à
Jacques Cur.
Dans les plans de plusieurs réseaux de galeries souterraines,
figurent des puits, qui traversent plusieurs niveaux de caves.
Mais les puits à Bourges ne semblent pas être récents.
Un puits a été découvert lors des fouilles
du secteur du Palmarium, vers la place Séraucourt. L'ensemble
date du début du IIIe siècle ap. JC. Dans le résultat
des fouilles "des thermes de la rue de Séraucourt",
il est écrit :
"A l'intérieur
de ce bâtiment, un puits a été mis à
jour. Son diamètre est de 3,5 mètres ce qui équivaut
à la moitié du diamètre de la pièce
dans laquelle il s'inscrit. Il est entièrement parementé
on peut penser par les techniques de construction utilisées,
qu'il pouvait atteindre la profondeur de 20 à 30 mètres,
nécessaires pour atteindre la nappe phréatique
à pareil endroit".
Ce n'est qu'avec la mise en place d'un
réseau de distribution moderne de l'eau de la Ville que
de nombreux puits ont été détruits ou bouchés,
ils servaient alors de poubelles.
Les grandes fontaines de
Bourges
Deux fontaines ont marqué l'histoire
de Bourges. La première est appelée la Fontaine
de Fer, elle est située dans le quartier actuel Edouard
Vaillant. Elle deviendra une source d'eau ferrugineuse importante,
curative et fortifiante, reconnue et recherchée au XVIIe
siècle.
La seconde fontaine est dénommée "Fontaine
de l'Hôpital", et elle apparaît dans les textes
anciens sous le nom de "Fontaine Saint-Ambroix". Elle
est mentionnée dès 1396. La source de cette eau
est abondante et limpide :
"Elle est captée avec soin,
un conduit souterrain l'amène dans une vasque ronde, à
laquelle on accède par un double degré établi
dans un vaste bassin circulaire qui entoure le premier".
Cette fontaine est toujours visible dans
l'entrée de l'hôpital dit Taillegrain à proximité
de la gare.
Les historiens sérieux affirment
qu'une seconde fontaine existait au XIIe siècle dans cette
même partie de Bourges, près de l'Yèvre et
pas très loin des Marais. Son nom latin, " Fons Ferruneus
", signifie que cette fontaine laissait couler de l'eau
contenant du fer. Les Berruyers l'ont traduit par Fontaine Saint-Firmin,
sans doute à cause du langage parlé et de l'accent.
Ferruneus ou Firmin, c'est du pareil au même!
La réalité aujourd'hui reconnue
à Bourges, c'est la présence d'une fontaine qui
laissait couler de l'eau ferrugineuse, avec laquelle on pouvait
soigner de très nombreuses maladies.
Plusieurs communications scientifiques,
au XVIe siècle, faites par des thérapeutes célèbres,
comme le médecin du duc d'Anjou, vantèrent les
mérites de cette eau de Bourges.
Le propre médecin de Louis XIV, Guénault, parle
avec beaucoup de conviction de l'eau de la Fontaine de Fer de
Bourges, bien meilleure que celle de Pougues. Et un autre Louis,
roi de son état, quinzième du nom, réclamait
dit-on de l'eau de cette fontaine à la veille de sa mort.....
Il faut remarquer qu'il est assez rare
de trouver dans une vallée calcaire comme celle de l'Yèvre,
de telles propriétés médicinales.
L'eau était captée jusqu'au
XIXe siècle dans un petit bassin carré de 70 centimètres
de côté. On note aussi dans la cour basse les murs
en pierre dans lesquels furent pratiqués des petites niches
destinées à poser les verres des buveurs. Dans
cet espace, deux écussons en mauvais état, symbolisent
les armes des constructeurs.
Buhot de Kersers évoque ainsi cette
source :
"
Elle naît sous
la chaussée Saint-Privé, apparaît quelques
mètres au Nord. En 1613, on la répare ; en 1624
on établit près d'elle un siège de pierre
de neuf pieds de long ; en 1632, on y fait des travaux importants".
Cette eau pouvait effectivement participer
aux soins de maintes maladies, comme la jaunisse, la pierre,
la stérilité et même " tout état
de langueur ".
Aujourd'hui, la source est presque tarie, l'eau n'y est plus
exploitée.... Et plus aucun Berruyer ne se préoccupe
de cette source.... Dommage ! Il y aurait aujourd'hui un intérêt
certain à faire des sondages ne serait-ce que pour voir
la qualité réelle de cette eau.
La rivière sous
la ville
Le plan de la ville de Bourges de Nicolas
de Fer de 1705 montre de manière très précise
un cours d'eau qui traverse la ville du moulin de Charlet jusqu'à
Saint-Sulpice pour rejoindre l'Auron. Cette rivière s'appelle
l'Aurette ou Eurette. Elle prend son origine au lieu-dit "les
trois Bondons" sur la commune d'Osmery, comme le signale
l'étude sur la Place Cujas. Elle se jette dans l'Auron
après être passée le long de la rue Neuve
des Bouchers, et se poursuit sous le couvent des Augustins, passe
le long de la rue de la Parerie, là où est né
réellement Jacques Cur, et se jette en face du Centre
commercial Leclerc dans l'Auron.
Il faut noter que dans le quartier de l'Hôtel Dieu, la
rue du Pont Merlan porte ce nom en référence au
pont qui franchissait la rivière.
Cette rivière artificielle, creusée, selon la tradition
populaire à l'époque de Charlemagne, avait alors
pour but de drainer une partie des eaux des marais et d'alimenter
les moulins, les lavoirs, les tanneurs et les drapiers, nombreux
à cette époque.
La couverture de l'Yèvrette dans la zone de l'Hôtel-Dieu
apparaît dans un Bulletin Officiel Municipal de Bourges
en 1925, et le devis de cette couverture est chiffré à
128 551 francs.
Le plan des rivières à Bourges
selon Nicolas de Fer
La transformation de l'Yèvrette
en égout collecteur est adjugée en 1954. Et dès
l'année suivante, les travaux sont commencés. Une
station d'épuration provisoire, place Rabelais, fait l'objet
de l'acquisition du terrain par la ville.
Depuis plusieurs années des riverains de la rue Mirebeau
se plaignaient des odeurs et surtout des moustiques qui étaient
présents l'été.
Il y a donc une rivière "souterraine" en plein
cur de la ville, elle va de la rue Charlet, passe entre
la rue Joyeuse et le Boulevard Clémenceau pour atteindre
la place Gordaine puis filer sous la rue Mirebeau. Ensuite, elle
passe sous l'Hôtel-Dieu et se jette après la place
Rabelais dans l'Auron vers la place Juranville.
Cette rivière a été
vue lors des travaux réalisés pour construire le
nouvel ensemble de l'Hôtel-Dieu en 1998.
Le busage de cette rivière n'est pas resté innocent,
si les moustiques ont effectivement disparu, les conséquences
après quelques décennies ont été
relativement graves. En effet, la nature du sol sous le couvent
des Augustins a été modifiée avec le busage.
L'eau et l'humidité disparaissant sous le monument, et
le comportement du sous-sol variant, les bâtiments se sont
dangereusement affaissés, ce qui nécessitera des
travaux de restauration.
L'eau sous la cathédrale
Lorsque certaines personnes circulent dans
la crypte de la cathédrale, elles ressentent, selon leur
témoignage, des effets mystérieux. Ce phénomène
qui peut être scientifique ou psychologique est courant
dans de nombreux lieux sacrés.
Il se rencontre dans la crypte romaine de Plaimpied ou certaines
personnes ont des sensations différentes en franchissant
une ligne virtuelle correspondant souvent au centre de la crypte.
Des études ont été
faites dans la cathédrale de Chartres où passent
plusieurs filets d'eau ou de petites rivières. On note
ainsi un cours d'eau qui traverse la cathédrale à
37 mètres de profondeur, et 14 autres petits cours d'eau
essentiellement situés vers le chevet. Un puits existe
aussi : celui des Saints-Forts. Jean Pierre Bayard, dans "la
tradition cachée des cathédrales" évoque
pour sa part la présence d'eau et la recherche d'un puits
dans les constructions des édifices de ce type :
"N'y avait-il
pas là une obligation liturgique ? Je songe aux eaux vives
du baptême, aux courants telluriques, aux champs de force.
Ce puits sert à l'alimentation du chantier ; les citadins
s'y ravitaillent et, dans l'église refuge, les assiégés
puisent l'eau réconfortante
. Car là où
l'eau peut être captée, là peut s'établir
le temple".
Aujourd'hui, aucune étude sérieuse
n'a été faite dans la cathédrale de Bourges.
Il faudrait utiliser des appareils très modernes, comme
des magnétomètres, pour vérifier le positionnement
des lignes telluriques situées sous la cathédrale.
A la recherche de l'eau
:
De manière régulière,
à Bourges, on recherche de l'eau dans le sous-sol, et
il existe plusieurs stations de pompages.
De 1829 à 1836 des fouilles sont réalisées
en plein Centre-ville, très exactement dans le jardin
de l'Archevêché, sur le promontoire. Il s'agit alors
de construire un puits artésien, afin d'alimenter la ville
en eau. On creusa, on creusa encore à des profondeurs
considérables. La cote de 50 mètres est atteinte,
rien ! puis 100 mètres, toujours rien. La recherche se
poursuivit jusqu'à une valeur de 156 mètres sans
trouver la moindre goutte d'eau.
Quelques années plus tard, le 24 août 1836, les
spécialistes se remettent à l'ouvrage et creusent
à nouveau cette fois à 223 mètres de profondeur
dans le même jardin, à deux pas de la cathédrale.
Cette fois on fit appel à un sourcier. Avec sa traditionnelle
baguette, l'homme de l'art assura qu'il y avait de l'eau. La
baguette bougeait. On creusa à nouveau, et comme la première
fois, on ne trouva rien.
Bien que les marais ne soient pas loin, il n'y avait pas d'eau
!
Et pourtant, à quelques dizaines
de mètres de là, rue Bourbonnoux, coulait, nous
disent les chroniqueurs de l'époque, une rivière
souterraine à une profondeur très faible, de l'ordre
de 5 à 30 mètres ! De même, dans la zone
de Guerry, des essais de mesures piézométriques
montrent que la nappe est située à une cote de
130 mètres soit une profondeur des eaux de 20 à
30 mètres. Le puits de l'Artillerie, aujourd'hui désaffecté,
était profond de 35 mètres.
C'est dire que rien n'est simple dans le sous-sol berruyer. Aussi,
la ville, comme dans toutes les cités modernes, comporte
des kilomètres de canalisation d'eau d'alimentation, d'autres
pour les eaux usées, mais aussi des réseaux électriques
et parfois des câbles pour la télévision
ou l'internet.
Pour l'eau, c'est au début du XXIe siècle que les
responsables locaux font des travaux gigantesques pour aller
chercher dans la Loire, une eau de bonne qualité. Une
conduite de 60 kilomètres de longueur est placée
sous terre
. un vrai travail de romain, un peu comme pour
l'édification de l'aqueduc de Traslay, de 43 kilomètres
de longueur.
Pourtant au XIXe siècle, dans cette époque de grands
travaux sous le sol, de nombreux exemples de creusements existent,
comme cet aqueduc de 1888.