C'est
à l'occasion d'une exposition sur la coutellerie au musée
des Meilleurs Ouvriers de France à Bourges que furent
donnés différents éléments sur l'industrie
de la coutellerie.
La coutellerie à Bourges fut
introduite vers 1760 par un maître coutelier que nous connaissons
sous le nom de Jullien. Il s'occupa essentiellement de la fabrication
des canifs, dont "la réputation s'étendit
bientôt jusqu'à l'étranger, qui en demanda
des envois massifs.
photo d'une vitrine
de l'exposition des MOF
Le fils de ce monsieur Jullien lui succéda
et il inventa plusieurs machines considérées comme
ingénieuses".
L'accroissement de la fabrication des
canifs fut telle qu'il exista simultanément jusqu'à
7 à 8 "maîtres canifiers" lesquels fabriquèrent
jusqu'à 1300 douzaines de canifs par an occupant une cinquantaine
d'ouvriers.
On dit que c'est à Bourges que
furent imaginés les canifs à coulisse et surtout
ceux à une ou plusieurs lames.
Un article de Matthieu Planchon pour
la Société des Antiquaires du Centre évoque
longuement en 1917 "le canif à coulisse de Bourges".
Le canif a continué à
se fabriquer au début du XIX e siècle, avec Jean
Larüe ( 1761 - 1827) qui était rue Mirebeau, au coin
de le rue de la Frange, puis il s'installa rue de Paradis. Les
livres de comptes montrent qu'en 1913, Jean Larüe a expédié
1933 douzaines de canifs ou grattoirs, les clients étant
des quincailliers, des bijoutiers et autres voyageurs de commerce;
Le couteau à lame rentrante était
destiné à tailler les plumes d'écriture,
c'est un canif sans ressort à lame rentrante. La lame
est en acier 12 C 27 de 3 mm d'épaisseur, polie ou brute
de forge, le tranchant est très coupant. Le manche aujourd'hui
est variable, c'est du vinaigrier, du pommier ou encore du prunier.
En 2005, Thierry
Boyer, coutelier à Bourges rue Mirebeau en
lisant l'Histoire de Bourges voulait recréer un couteau
"à l'ancienne", et il trouva le célèbre
"couteau à coulisse" que certains appelaient
encore le "couteau à secret", car la petite
lame pouvait se rétracter dans le manche.
Il retrouve aux Archives départementales
du Cher, une gravure de ce couteau, et il réussit à
en trouver un dans une brocante. Il s'en va à Thiers,
capitale de la coutellerie, et s'accorde avec des artisans de
là-bas pour obtenir les mécanismes qu'il assemble
ensuite dans son magasin appelé "le petit rémouleur",
au 20 de la rue Mirebeau.
Thierry Boyer, est de la sixième
génération de couteliers, il est issu d'une famille
originaire du Cantal, des paysans l'été qui devenaient
affûteurs de couteaux et autres serpes l'hiver.Son grand
père à Thierry Boyer était taillandier,
spécialiste en hache, scie et serpes, et il a épousé
une demoiselle Chaumeil qui va ouvrir une quincaillerie rue d'Auron,
la célèbre quincaillerie "Boyer-Chaumeil".