Bourges avec Michèle Lemaire
et Laurent Arthur est une ville devenue un des premiers centre
d'étude et de recherche sur les chauves-souris. Ceci en
liaison avec le Muséum d'Histoire Naturelle. Tous les
deux ans, se déroulent à Bourges un colloque européen
sur les chauves souris.
Et on trouve des chauves-souris à
Bourges, aussi bien en centre-ville que dans les carrières.
Cet article permet d'aller voir plus
loin, mais pour en savoir plus, il faut aller sur le site du
Muséum de Bourges.
La borne chauve souris de la trouée verte
avec les enfants de l'école Barbès.
elle a malheureusement été
détruite au cours d'un Printemps de Bourges par de jeunes
gens irresponsables.
Les chauves-souris
dans les carrières de Bourges
La température des carrières
de Bourges est sensiblement de 8 degrés, et reste à
peu près constante. C'est Fabre qui l'affirme en 1838
et il ajoute "que c'est la valeur relevée par Lemonier
et Cassini lorsqu'ils firent la triangulation de la méridienne
de France" c'était au XVIIIe siècle.
Dans ces temps anciens, sur les voûtes des carrières
de Bourges se sont accrochées des milliers de chauves-souris.
Butet, en 1829 écrit :
"Rien n'est plus singulier que de
voir, dans l'hiver, les voûtes de ces carrières
tapissées d'une multitude de chauves souris qui y sont
collées et qui attendent que le printemps...."
Ce texte ne serait pas renié par
Laurent Arthur et Michèle Lemaire qui se consacrent depuis
près de 15 ans à l'étude et à la
sauvegarde de ces chiroptères. Ils sont tous deux conservateurs
au Muséum de Bourges et ont écrit un livre de référence
sur ces animaux qui s'intitule "Les chauves-souris,
maîtresses de la nuit", dans lequel on trouve
tout ce qu'il faut savoir sur le sujet :
"Les chiroptères ou chauves-souris,
sont des mammifères. Comme tous les représentants
de cette classe, les femelles possèdent des glandes mammaires
pour nourrir leur petit de lait. Ils sont vivipares et ont le
corps en partie couvert de poils".
Puis Laurent Arthur et Michèle Lemaire
poursuivent sur plus de 260 pages l'étude complète
de cet ordre des mammifères qui comprend une classe tout
à fait à part, avec 932 espèces, compte
tenu de leur morphologie si particulière.
Ces petits animaux passent la plus grande
partie de leur existence la tête à l'envers, les
chauves-souris s'accrochent ainsi dans les grottes et autres
cavernes de Bourges et d'ailleurs. On trouve ainsi dans la région,
différents types de chiroptères comme les Grands
Murins, les Grands Rhinolophes et les Vespertillions.
Lorsque au début des années 1990, les autorités
locales décident de construire la rocade Est reliant la
route de Dun à celle de La Charité, le tracé
prévu passait tout simplement au milieu des carrières....
et devrait détruire les grottes des chauves-souris.
On a trouvé jusqu'à 1500 de ces animaux dans les
seules grottes du Château. Les chauves-souris appartiennent
à des espèces protégées, et finalement,
le tracé sera un peu " tordu " afin de sauver
ce lieu hautement écologique et symbolique.
La présence de ces animaux en nombre,
a toujours une signification importante, c'est le signe d'une
bonne qualité de l'environnement.
L. Arthur et M. Lemaire écrivent
sur le sujet :
"De
plus en plus de personnes à la recherche de sensations
nouvelles s'aventurent dans les cavités,
.Cette
longue procession armée de lampes arpente tout au long
de l'année les réseaux souterrains. Les chauves-souris
ont de plus en plus de mal à trouver des gîtes tranquilles
et voient dans le même temps le nombre de cavités
souterraines accessibles se réduire".
Pour ne plus ennuyer ces petites bêtes, il a été
décidé d'éviter de les déranger et
de ne les compter qu'une fois pas an. Elles sont en effet très
susceptibles, et l'accroissement des visites à certaines
époques ou de récents travaux avec des moyens considérables
ont effrayé ces chiroptères. Un essaim de plusieurs
centaines d'éléments est parti à une vingtaine
de kilomètres de Bourges, les chauves-souris ne supportaient
plus les bruits et vibrations...... on les comprend !
Visites
guidées dans les carrières de Bourges
Il n'existe pas à proprement parler
de visites guidées des carrières de Bourges, et
c'est dommage. Il est toutefois possible d'y pénétrer
en prenant beaucoup de précautions.
A partir de la rue de la Rotée,
il faut suivre un chemin de terre sur la droite, à proximité
des nombreux lotissements du Val d'Auron.
Après un cheminement de quarante mètres dans un
sentier très ombragé, le visiteur se heurte à
une grille de fer, soudée et quelque peu rouillée.
Pour pénétrer, il faut une clé pour ouvrir
la grille ; pour les plus lestes, une ouverture de 45 centimètres
par 35 centimètres est aussi utilisée
...mais
c'est particulièrement dangereux.
L'entrée d'une grotte est déjà un symbole.
La pierre est blanche, sur les murs on observe de nombreux graffitis.
Sur la gauche, juste à l'entrée, apparaît
une petite salle creusée dans la pierre, elle devait servir
à ranger les outils des tailleurs de pierre, puis aux
cueillettes de champignons.
Dans cette zone d'entrée, de nombreux
signes très mystérieux sont gravés dans
le rocher. Ce sont, dans ce couloir, des sculptures représentant
des fenêtres d'église stylisées, de part
et d'autre dans le mur, comme si l'on entrait dans un sanctuaire.
Ces traces ne semblent pas très anciennes, sans doute
quelques décennies seulement. En haut, des crochets en
métal montrent qu'il existait un fil électrique
qui cheminait au moins dans cette première partie.
La voûte est située à 2,5 mètres de
haut, la largeur de ce tunnel est d'environ 3 mètres.
Depuis la grille, le tunnel s'incurve vers la gauche sur une
vingtaine de mètres. Il fait noir, très noir !
Puis c'est l'arrivée dans les premières salles
très vastes de la carrière. Nous pénétrons
dans une vaste pièce de 40 mètres par 60, la hauteur
sous voûte est de 3 à 4 mètres. Au milieu,
trois piliers tournants assurent la solidité de l'ensemble.
On remarque immédiatement, des traces laissées
par les tailleurs de pierres, ce sont de nombreuses veines comportant
des plaques verticales caractéristiques de la pierre qui
vient d'être découpée.
Avec mon guide d'un jour, Michèle
Lemaire, conservatrice du Muséum de Bourges, nous avançons
avec les lampes torches de forte puissance, et nous observons
enfin les chauves-souris. C'est la période d'hiver et
elles sont donc présentes. Depuis ce jour, pour ce livre,
toutes les visites de ces grottes ont été faites
à la belle saison, alors que les chauves-souris sont parties.
On ne fait alors que les imaginer.
En avançant encore, on découvre,
accrochés aux parois les premiers spécimens. Il
faut faire très attention, ces petits mammifères
sont en hibernation, laquelle dure 6 mois. Ce qui signifie que
les chauves-souris ne se nourrissent pas et ne bougent pas durant
toute cette période.
Des précautions doivent être
prises, par exemple, ne pas diriger la lampe sur elles au risque
de les réveiller et de les contrarier. Une fois dérangées,
par des problèmes d'énergie et de stress elles
peuvent mourir. De même chacun doit parler à voix
basse, et marcher doucement.
Sur les chauves souris, la dernière
réalisation a été la mise en place d'une
borne dans la trouée verte, avec la collaboration
d'une école primaire (Barbès), et l'expertise technique
de Laurent Arthur, et la présence des services de la ville
de Bourges. Cette borne a été inaugurée
en juin 2007. C'est un totem et en appuyant sur un bouton, il
est possible d'entendre les ultra sons des chauves souris qui
circulent à la nuit dans la trouée verte.
Cette borne est une
"première européenne".
Une exposition
nouvelle :
C'est en juin 2011 que
commence une exposition consacrée aux chauves souris,
elle a été conçue par Michèle Lemaire
et Laurent Arthur sur la mezzanine, et le résultat est
tout à fait remarquable avec des textes, des maquettes,
de la vidée, des bruits et des chauves souris vivantes.
Cette exposition, inaugurée
le 7 juin par l'adjoint à l'écologie restera en
place au moins un an et demi, et devenir peut être le point
de départ d'un zone entière consacrée aux
chiroptères.
A suivre