L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
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L'EFAB - devenue GIAT INDUSTRIE DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

C'est un "établissement militaire", qui a fait l'histoire industrielle de Bourges.

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Version 2009

 

Pour tout Berruyer, le vocable de GIAT Industrie n'est pas entré dans le vocabulaire courant. On parle toujours de l'EFAB, Etablissement de Fabrication d'Armement de Bourges.

Dans les années 1970, l'entreprise occupait encore plus de 2500 personnes, ils seront sans doute un peu plus de 1000 en l'an 2000, tant l'armement en France et en Europe voit ses effectifs baisser. En avril 2003, le 6 e plan social prévoit de diminuer les effectifs de manière considérable.

Ainsi de 809 employés en 2003, le chiffre de 2006 serait de 576.


L'entreprise berruyère a des atouts importants par la qualité de ses moyens et la compétence de ses personnels. Elle aborde l'avenir en misant sur ses métiers de base tout en recherchant une diversification dans des domaines civils.


GIAT industrie est par tradition l'entreprise spécialisée dans la fabrication des canons d'artillerie.
Le premier canon sort des chaînes berruyères en 1867, mais trois ans plus tard, c'est la défaite de l'empereur, et la fonderie fonctionne toujours, elle ôte, le terme d'impérial sur les canons, et poursuit la fabrication.... pour la République. L'établissement prendra plus tard le nom d'ABS (Atelier de construction de BourgeS.
C'est à cette époque qu'une école de pyrotechnie venant de Metz se recentre en Berry, on l'appellera l'ECP, Ecole Centrale de Pyrotechnie.
Les deux entités ABS et ECP fusionneront en 1967 pour devenir l'EFAB (Etablissement de Fabrication d'Armement de Bourges).

L'objectif était selon un document des Amis du Patrimoine de l'Armement de Bourges " d'améliorer les liaisons entre concepteurs et constructeurs de la bouche à feu et de ses munitions". Le but se devait aussi de restructurer un ensemble immobilier vétuste réparti sur plus de 200 hectares.

La restructuration fut difficile d'autant qu'en 1973 arriva le premier choc pétrolier. Les matériels développés se nomment alors :

155 automoteur
155 tracté
105 léger
artillerie pour AMX
artillerie pour le char Leclerc
L'ensemble de ces Etablissements Militaires se spécialisera dans la fabrication des canons. Ainsi sortiront des chaînes berruyères, le fameux canon de 75, vainqueur de la grande Guerre, plus proche de nous, les bouches à feu de 105 mm et plus tard de 155 mm, les plus gros calibres utilisés ces dernières années. Enfin, le canon du char Leclerc sort de Bourges.

Mais les commandes militaires vont se tarir avec en particulier, comme pour sa voisine Aérospatiale Missile, la fin de la menace soviétique.

C'est en 1986 que les ingénieurs et techniciens prennent possession de leurs nouveaux bureaux dans un bâtiment résolument futuriste. Les pyramides du GIAT deviennent célèbres dans tout le monde industriel par la qualité et innovation architecturale.

Il reste encore ce bastion, symboliquement représenté par les "Pyramides du GIAT", mais en ce début d'année 2006, pour combien de temps encore ?


Un musée de l'armement axé sur les canons est à la fois magnifique et unique en France.
Ce musée comprend une soixante de pièces d'artillerie couvrant la période comprise entre 1880 et 1950.

C'est un magnifique ensemble, mais la structure porteuse n'est pas connue. Il reste un association, volontaire et sympathique, mais sans argent. C'est le problème depuis plusieurs années.



L'HISTOIRE LOINTAINE DE GIAT INDUSTRIE

L'ARMEMENT A BOURGES S'IMPLANTE

Il y a souvent eu confusion à Bourges dans la dénomination des Etablissements militaires, depuis un demi-siècle, les noms et sigles, comme la DFA, l'ETBS, l'ABS, le GIAT, la DEFA, sont pour le moins confus dans l'esprit de beaucoup et il n'est pas simple de s'y retrouver. Cet article comporte l'étude de ce qui est aujourd'hui GIAT INDUSTRIE.

LES PREMISSES

A l'origine, il y a une position géographique favorable, par rapport à Paris, les autorités pensant que le Berry et Bourges pouvaient constituer une excellente zone de replis. Lorsqu'en 1793, il y eut, en pleine Révolution des tensions à la Convention, pour éviter de subir les pressions de la rue parisienne, plusieurs Conventionnels demandèrent que la Convention, c'est à dire les Députés soient à Bourges et non à Paris.
Plus tard, en 1815, c'est à dire à la fin, Napoléon premier, qui n'est jamais venu à Bourges dira de la ville : "c'est un important centre stratégique".

Cette notion de réduit stratégique va occuper plusieurs hommes politiques à partir de 1830. Deux noms sont à mettre en avant :
- le colonel Marnier, chef de cabinet du ministre de la guerre, originaire de Bourges, il voit cette région du et la frontière de la Loire, comme un bienfait.
- le maire Mayet Génétry, mobilise la population pour avoir le financement d'un polygone de tir. Son objectif est de permettre l'installation à Bourges d'un régiment d'artillerie. Il faut construire un réduit naturel et stratégique au centre de la France disent ces deux hommes.
La municipalité intervient pour le financement, et Bourges, en 1837 se retrouve avec un Régiment d'Artillerie, avec 1400 hommes et 1300 chevaux.

C'est dans le même esprit qu'en 1845, Bourges obtient son dépôt d'artillerie.
Avec l'arrivée du Chemin de Fer (1847), la ville peut progressivement se transformer en un vaste arsenal dans lequel les armées viendraient "s'alimenter en matériel et munitions".

1853, c'est la création du premier polygone de tir, il a 2 Km de long.

Il y a une volonté unanime des représentants de Bourges pour demander au Ministère "l'organisation dans la ville de Bourges d'Etablissements Militaires".

DATE CLE : 1860, L'ARMEMENT S'IMPLANTE A BOURGES

La décision d'implanter les "établissements militaires" à Bourges date d'avril 1860.
La première réalisation comprend une Fonderie impériale de canons et les premières pièces sortent de Bourges dès 1867, pour le compte de l'empereur Napoléon III. La défaite consommée de 1870 transforme l'établissement en fabricant de canons, après avoir ôté le qualificatif d'impérial. C'est au début du siècle que le nom de ABS (Atelier de construction de Bourges) devient familier des Berruyers.

A la même époque lointaine, vers 1870; une Ecole de pyrotechnie s'implante à Bourges en venant de Metz, elle s'appellera l'ECP (Ecole Centrale de Pyrotechnie).

Les deux entités fusionneront un siècle plus tard……, en 1967, pour devenir l'EFAB (Etablissement de fabrication d'armement), lequel, en 1994 s'appelle GIAT (Groupement Industriel des Armements Terrestres), puis GIAT-Industrie.

LES ETABLISSEMENTS MILITAIRES EN 1914-1918

L'accroissement du personnel est considérable dans les fabriques de canons et d'obus de Bourges. A l'Atelier de Construction, il y a 729 employés au début du conflit, ils seront 8376 à la fin de la guerre.

A l'Atelier de Construction, on édifia à la hâte, des ateliers d'usinage, mais aussi des magasins, des quais et même une usine d'alimentation en eau. Les surfaces occupées furent multipliées par 3 entre 1914 et 1918.

Les canons sortiront à grandes cadences, le 65 mm de montagne, le 155 mm Rimailho, et enfin le 155 GPF du Colonel Filloux. Ce dernier sera utilisé sur le front à partir de 1917 , il figure parmi les armes qui furent décisives pour la victoire. Les cadences de travail sont importantes, on travaille 24 heures sur 24, et journalièrement, il sort de Bourges, 40 canons de 75, il en sera produit au total plus de 3000 exemplaires.

En 1917, il y aura plus de 23 000 personnes, logées pour beaucoup aux Bigarelles. La ville de Bourges atteint alors le chiffre considérable de 100 000 habitants.


LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Si les Allemands ont tracé la ligne de démarcation au sud de Bourges, c'est sans aucun doute pour placer sous leur autorité l'ensemble des industries d'armement. Il s'agissait là d'une richesse qu'il était nécessaire de bien maîtriser.
L'Atelier de Construction de Bourges que chacun appelle l'A.B.S., s'est spécialisé, depuis sa création sous le Second Empire dans la fabrication des canons, et son heure de gloire fut atteinte pendant la Grande Guerre, entre 1914 et 1918.
Lorsque le second conflit du siècle apparaît en 1939, l'Etablissement, placé sous la direction de l'Ingénieur Général Brochard, accroît ses effectifs qui passent de 2000 à plus de 5000 employés, civils et militaires. Les productions du canon de 75 SA 35 et de 105 C 35 B s'accentuent, mais les stratèges français constatent que nos forces sont dépourvues de batteries antiaériennes. Comme le signale Bernard de Pirey, "en quatre jours, le bureau d'études de l'Atelier de Construction de Bourges met au point un projet d'affût monté sur une plate-forme et permettant le tir à la verticale". Ce sera le canon 75 CA 39, qui sortira des chaînes berruyères à partir d'octobre 1939.

C'est donc une usine en pleine capacité que les Allemands découvrent à la mi-juin 1940, elle a été évacuée par le personnel le 17 juin pour un repli sur Guéret.
Dans les premiers mois de l'Occupation, trois cents ouvriers travaillent à des tâches "civiles", comme la fabrication de fendeurs de bois pour gazogènes, d'extincteurs d'incendie, de ruches ou de clapiers.....
L'Ingénieur en Chef Brochard restera en place jusqu'au 20 août 1940, puis cédera sa place à son collègue Gentil. Les bureaux et services sont dispersés dans Bourges, en particulier rue de l'Equerre, alors que l'Ecole d'Apprentissage est rouverte, au bord de l'Auron. En 1942, cette école recevra 57 élèves.

Lorsque les Allemands pénètrent dans l'Etablissement, ils sont totalement surpris par le "colossal butin" laissé par les Français. Il y a en effet des stocks considérables de matières premières, des barres d'étain, des plaques de zinc, de l'acier, de l'argent..... du matériel pour 8 ans de guerre comme l'écrit une revue allemande "Der Sieg". Et puis il y avait 3700 machines pour fabriquer les canons !
D'une manière méthodique, avec leur grand sens de l'organisation, les Allemands vont déménager machines et matières premières pour les envoyer outre-Rhin. Même les charpentes des bâtiments furent démontées, cataloguées puis chargées pour satisfaire l'industrie de guerre en Allemagne.

Comme dans de nombreuses régions, des ouvriers de l'Atelier de Construction furent réquisitionnés et envoyés dans la région de Berlin. L'Etablissement berruyer, privé des éléments parmi les plus jeunes et les plus compétents, sans machine de production, va péricliter et les seuls employés restant seront affectés à l'exploitation forestière. Beaucoup, pour échapper au S.T.O., s'en iront dans la clandestinité.

 

à suivre

EFFECTIFS DE BOURGES ( sans La Chapelle Saint Ursin)

1988 = 2160 p
1991 = 1668
1994 = 1464
1995 = 1392
1998 = 1155
1999 = 1017
2000 = 1067
2001 = 964
2002 = 910
2003 = 810
 
 
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