Les Visites royales et présidentielles de Bourges - Roland Narboux - encyclopédie

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
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VISITES ROYALES ET PRESIDENTIELLES A BOURGES
Par Roland NARBOUX

Quelques visites de hautes personnalités à Bourges : rois et présidents de la République, avec la visite de Nicolas Sarkozy en juin 2008.

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Version 2009
FRANCOIS 1er
LOUIS XIV
NAPOLEON III
Albert LEBRUN
DE GAULLE ,
CHIRAC
SARKOZY
   DE GAULLE, MITTERRAND, CHIRAC, SARKOZY ET QUELQUES VISITES ROYALES OU PRESIDENTIELLES A BOURGES

LES ROIS, DE (OU) A BOURGES

Chacun sait que Bourges est une ville royale, ne fut-elle pas capitale de la France, celle du "Petit Roi de Bourges", en 1422. Charles VII vivait alors entre Mehun-sur-Yèvre et Bourges, alors que plus de la moitié du pays était occupée par les Anglais.
Son fils, le Dauphin et futur Louis XI naîtra à Bourges, à quelques pas de la cathédrale. S'il reviendra souvent dans sa ville natale, et crééra une prestigieuse Université, il n'en gardera pas un souvenir impérissable.

Plus tard, François 1er, saigna le pays et le Berry, par des impôts considérables, afin de payer sa lutte contre Charles Quint. La Duchesse du Berry était alors Marguerite d'Angoulême, soeur du roi, elle s'intéressait beaucoup à son apanage, et encourageait, autant se faire que peu, les arts et les lettres. Elle avait beaucoup à faire pour rendre le régime populaire, il faut dire que la période était rude, entre des orages et un tremblement de terre, la population luttait contre la peste.... et les bandes armées de soudards, au service du roi.

Le 23 juillet 1524, la duchesse du Berry, avec une suite composée du dauphin et de la reine-mère entra dans Bourges. La ville était dans une noire misère, mais, par devoir ou par contrainte, devant cet événement, chacun fit des efforts, et ce fut une entrée "en grandes pompes". Les échevins avaient changé leurs vêtements, et le drap fut remplacé par du satin.

Et c'est pour revoir "la famille" que François 1 er vint de manière solennelle à Bourges quelques temps plus tard. C'est pendant qu'il séjournait dans la capitale du Berry, qu'il apprit la mort de sa femme, la reine Claude de France.

Alors que la fronde grondait en 1651, le prince de Condé, qui s'était opposé à Mazarin vint à Bourges, accompagné du prince de Conti et d'une suite importante. A cette époque, Bourges possédait une forteresse constituée d'une muraille infranchissable et d'une "grosse tour", alors que Saint-Amand était aussi, à Montrond un lieu fortifié. Conti, qui se comportait en gouverneur du Berry, s'opposait au roi Louis XIV, lequel n'appréciait plus les écarts des "grands" de ce monde.
Le roi envoya à Bourges des troupes pour remettre de l'ordre, et lorsque Conti vit arriver les soldats, il s'en alla se réfugier à Montrond, emmenant comme otage le maire de Bourges Claude Biet. Mais Louis XIV tenait à voir lui-même l'action de ses troupes et vint à Bourges. Il était accompagné de la reine, coucha au château de la Chapelle d'Angillon, avant de rejoindre la capitale du Berry.

C'est le 16 octobre 1651 que le cortège royal fit son entrée dans Bourges, par la porte Sainte-Privé. Le roi se rendit immédiatement au Palais Jacques Coeur, lequel appartenait alors au marquis de Châteauneuf, Monsieur Charles de Laubépine. Louis XIV vit partir ses soldats en direction de Montrond, après avoir chargé M. de Palluau de prendre la forteresse récalcitrante.

Du Palais Jacques Coeur, Louis XIV remit la ville sous son autorité, en changeant les personnalités locales en place par des hommes totalement voués à sa cause, et pour répondre au voeux des Berruyers, il donna l'ordre de démolir la "grosse tour", ce qui fut fait en décembre de la même année. Il promit que toutes les pierres de cet édifice de 38 mètres de hauteur seraient distribuées à la population pour leurs propres constructions. En fait, les pierres seront utilisées pour construire le grand séminaire, lequel existe toujours, c'est le centre administratif Condé.

Louis XIV restera une dizaine de jours à Bourges, ses troupes ayant délogé Condé de Montrond, qui s'enfuya en Guyenne. Le roi retourna à Paris, non sans avoir donné aux maires de Bourges le droit de noblesse.

Franchissons les siècles, et retrouvons Bourges qui, après avoir tranquillement vécu la Révolution Française, continuait de s'assoupir sur le plan culturel et économique. Le réveil viendra avec le neveu de Napoléon premier, ce dernier n'ayant jamais mis les pieds à Bourges.

 

UN FUTUR EMPEREUR A CHEVAL

Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon prit le pouvoir, avec le coup d'Etat qui mit bas la seconde République. Comme souvent, pour les dictateurs, il se décida à faire des tournées en province, et commença par le Centre et le Midi.

Il débuta son périple par le Berry, et prit à Paris, le train qui arriva en gare de Bourges le mardi 14 septembre 1852, à 6 H 15. Dès sa descente du train, il entendit les 101 coups de canon et serra la main des autorités locales, à la tête desquelles se trouvait Pierre Planchat, le maire de la ville, élu depuis 1848.
Nous étions à une époque de transition, puisque, aussitôt descendu du train et l'accueil terminé..... il monta à cheval, accompagné, à ses côtés de Pierre Planchat. Chevauchant entre une haie de soldats formés par les Gardes nationales du département, le cortège s'ébranla, alors que sonnaient à toutes volées les cloches de la cathédrale.

Une foule énorme était venue, les rues étaient pavoisées de fleurs et de banderolles, certaines draperies, représentant des aigles n'étaient pas innocentes. Sur quelques unes, des Berruyers facétieux ou visionnaires avaient écrit :
Vive Napoléon suivi de trois points d'exclamations, ce qui pouvait vouloir dire aussi, Vive Napoléon III.
Comme toujours, la première étape se devait de passer à la cathédrale, où le Prince-Président fut reçu par le Cardinal Du Pont, entouré de 150 prêtres, lesquels proposèrent à l'illustre visiteur, un Te Deum. Il fut logé dans le palais de l'Archevêque, dans les appartements duquel se trouvaient, nous disent les chroniqueurs, "une trentaine de jeunes filles avec des fleurs".....La soirée se poursuivit par un grand diner, précédant un magnifique feu d'artifice tiré sur la place Séraucourt.
C'est pendant ce feu d'artifice que fut ouvert le bal de la préfecture, le prince-Président ayant proposé la première danse à l'épouse du préfet, M. Pastoureau.
C'est dans ces instants que la foule, tout en admirant les feux de bengale qui embrasaient la cathédrale, lança pour la première fois, des cris du type "Vive l'Empereur".

Le lendemain, après avoir reçu l'ensemble des personnalités du département, puis passé en revue les troupes, il retourna à la cathédrale, alors que la foule, évaluée "par les services de police" à 100 000 personnes applaudissait à tout rompre et lançait, cette fois, sans aucune retenue, les cris de "Vive l'Empereur".

Nous étions le 15 septembre 1852, et alors qu'il était 13 heures, tout en reprenant le train pour continuer son périple en Berry par nérondes et La Guerche, le Prince-président devait songer à ces ovations des Berrichons, certains historiens pensent qu'il en a tenu compte puisque le 2 décembre suivant, ilprit le nom de Napoléon III, empereur des français, comme son tonton !

La République ayant remplacé l'Empire, Bourges verra apparaître des Présidents de la République, et le premier Président de la République à avoir visité Bourges fut Mac-Mahon en 1877. Mais une des visites importantes qui reste, aujourd'hui encore dans la mémoire des Berruyers, est celle d'Albert Lebrun, le dernier Président de la "troisième".

UNE VISITE PRESIDENTIELLE : ALBERT LEBRUN

C'est au mois de novembre 1937 que fut décidé le principe de faire inaugurer la Foire Exposition, XIXieme du genre, par Le Président de la République en personne, c'est alors Albert Lebrun qui occupe cette fonction. Après plusieurs péripéties, demandes d'audiences et autres entrevues, la visite fut fixée au 25 juin 1938. Mais l'emploi du temps du premier personnage de l'Etat n'est jamais très flexible. Aussi, le 16 avril 1938, un communiqué de l'Elysée informa le pays et le Berry, que Monsieur Albert Lebrun "répondant à l'invitation qui lui avait été faite, se rendrait à Bourges le 18 juin prochain". Le 18, ce n'est pas le 25 ... et il fallut, dans ces conditions, après avoir écarté l'erreur de frappe, modifier les dates d'ouverture et de clôture de la Foire Exposition de Bourges.

L'organisation de la visite se poursuit, c'est le décret du 14 juin portant sur le stationnement et le parcage des voitures automobiles, c'est aussi la demande à Monsieur l'Archiprêtre de la Cathédrale et Messieurs les Curés des paroisses de Notre-Dame, Saint Bonnet et Saint-Pierre-le-Guillard, qui reçurent la lettre suivante signée du libre-penseur Laudier :
"A l'occasion de la visite de M. le Président de la République, j'ai l'honneur de vous prier de bien vouloir donner des instructions au personnel sous vos ordres pour que les cloches de votre église soient sonnées à toutes volées, le samedi 18 juin 1938 à 10 h 45."

Aussi, conformément au protocole, Albert Lebrun arrive en gare de Bourges à 10 h 45, il est accueilli par le Sénateur Maire Henri Laudier. Le Président de la République est accompagné du Ministre de l'Air, Guy La Chambre, de celui de l'Education Nationale, Jean Zay, du Ministre du commerce Gentin, et de nombreuses personnalités militaires. Albert Lebrun passe en revue la compagnie d'honneur du 95e régiment d'infanterie, tandis que la musique de La Marseillaise retentit sous la baguette du chef Dubois. C'est ensuite le passage devant des enfants en costume traditionnel berrichon, alors que la petite Geneviève Gautier lit un compliment du au talent du poète local berrichon, Hughes Lapaire. Contrairement au Prince-Président, Lebrun et Laudier ne montèrent pas à cheval..... mais prirent une voiture.

Dans une visite présidentielle, même sous la troisième République, le plus important, ce sont les discours. Après les remerciements d'usage, le contenu est souvent intéressant, d'autant plus que la période s'y prête. Le premier discours de Laudier à l'Hôtel de Ville, assez conventionnel, évoque uniquement "ce coeur de France qui a toujours compris son devoir et qui dans toutes les circonstances et les périls de la patrie, a su donner généreusement le sang de ses enfants ou pourvoir aux plus pressants besoins de la Défense nationale".
Albert Lebrun répond lui aussi de manière assez classique, puis il rappelle qu'il est venu à Bourges, "il y a neuf lustres, c'est à dire si je sais bien compter, quarante cinq ans", il reviendra plus longuement sur cette période, cette partie de discours ayant profondément marqué les berruyers.

A la Cathédrale, le Président de la République est accueilli par Monseigneur Fillon, l'Archevêque de Bourges, avant de s'en aller inaugurer la Foire Exposition. Là, les discours sont plus concrets, Laudier dira par exemple : "Il nous faudra bientôt songer à créer un Palais de la Foire, à souder le Parc des Expositions, le Parc Zoologique et le Muséum d'Histoire Naturelle au Parc des Sports projeté, présentant ainsi un ensemble harmonieux où se conjugueront toutes les manifestations créatrices du génie français ; d'un côté le commerce, l'industrie, l'agriculture, le travail, les métiers et la technique, de l'autre les sports et l'éducation physique". Sur ce thème, c'est Gentin, le Ministre du Commerce qui va répondre en insistant sur la nécessité pour les industries d'exporter. Ce discours avait une connotation très moderne.

Comme dans toute réception à ce niveau sous la Troisième République, il y a un temps pour les discours, un autre pour le banquet. Celui-ci se déroule à la Halle au blé et sont invités 687 convives, dont 44 à la table officielle afin de déguster le menu suivant :

Les Petits pâtés berrichons
La Galantine de Volaille Truffée
Le jambon à la Gelée
Le Brochet de la Loire
Sauce Hollandaise
Le Gigot du Berry à la Printanière
Les Asperges Sauce Mousseline
Le Poulet de Grain Roti Charles VII
La Salade des Ribauds
Les "Crottins" de Chavignol
Les Gauffrettes Vanillées
Les Fruits Divers
Les Mignardises Berriaudes
Café-Liqueurs

Les Vins Régionaux:

Le Blanc de Quincy
Le Rosé et le Rouge du Sancerrois
Le Chavignol (cuvée spéciale)

suivaient d'autres vins comme un Bourgogne, un Chambolle Musigny 1929 et un Champagne Piper Heidsieck-Lanson,
Au dessert, à nouveau des discours, Laudier raconte longuement l'histoire de Bourges, de César à la période comtemporaine. Il termine son propos en décrivant sa perception du berrichon :
" Ce Berrichon pacifique, parfois peut-être "un peu pêcheur de lune", est croyez-moi un amant passionné de la démocratie.
Démocrate sincère, à la fois fervent et pondéré, il ne répugne à aucune réforme sociale si audacieuse soit-elle, mais il estime qu'elle doit se réaliser dans la légalité et la paix.
Prudent, avisé, clairvoyant, il évite les querelles, il aime ardemment la probité, le respect du bon sens, l'ordre et le travail.
Le Berrichon, à l'intérieur désire que l'on mette un terme aux agitations stériles et à l'outrance des passions partisanes. A l'extérieur, il exige une paix forte et durable".
Au cours d'autres discours, des personnalités locales s'exprimeront, M. Gestat, le Président du Conseil Général, puis M. Mauger le Doyen des parlementaires. Et ce fut la réponse attendue d'Albert Lebrun, il remercia les précédents orateurs avant de se souvenir de Bourges :
"J'ai gardé un attachement particulier pour votre Ville, elle se relie dans ma mémoire à l'une des années les plus vivantes et les plus agréables de ma jeunesse.
C'est ici qu'en 1892 et 1893, j'ai accompli une année de service militaire en qualité de sous-lieutenant au 1er régiment d'artillerie de campagne.
Ici, en Berry, je me trouvais transporté dans une existence nouvelle de liberté, de grand air, de sport. Magnifiques randonnées à cheval à travers le polygone tout au long de jolis chemins d'herbe de la campagne berrichonne...."

Il poursuivit longuement en se rappelant quartier par quartier, les transformations qu'il avait déjà observées, puis il fit à son tour l'historique des Etablissements Militaires et de l'Usine d'Aviation, avant d'évoquer les problèmes politiques de l'heure, en quelques phrases bien structurées :

Il n'est pas un français, si éloigné soit-il des avenues de la politique, qui ne comprenne la gravité de l'heure, qui ne sache avec quelle activité des pays situés à nos portes accumulent les instruments de guerre et qui ne doivent être prêts à concourir au salut de son foyer, de sa famille, de la patrie en acceptant de collaborer au grand labeur national dans la limite de ses forces.

Ainsi, Albert Lebrun demandait à ses compatriotes de "relever les manches", surtout dans les industries de productions de matériel militaire, il le redira tout au long de cette journée. Il y a dans ses propos, la vision de la guerre et de la défaite d'un pays qu'il sent mal préparé, à la fois sur le plan matériel et moral. La chanson à succès, dans ces années-là n'est-elle pas "tout va très bien Madame la Marquise"....
Après ce repas de légende, l'après midi fut consacrée à la pose de la première pierre des bâtiments du nouvel Hôtel-Dieu. Le Président manipule avec une grande expérience ces types d'instruments que sont la truelle et l'auge.
Toujours dans l'après midi, Albert Lebrun effectuera une rapide visite de l'Aérogare, il faut dire qu'il n'y a qu'un seul bâtiment à découvrir, il se fait néanmoins expliquer par les représentants de la Maison Hanriot, et en particulier par Marcel Haegelen, les caractéristiques des nouveaux prototypes de la firme berruyère. Ensuite, il s'en ira au quartier du 105e R.A.L., là même où il passa une année à la fin du siècle précédent. La presse locale signale qu'il ne peut pas cacher en cet instant, une certaine émotion.
La fin de la visite est classique, en retournant vers la gare, il fait une halte au Jardin des Prés-Fichaux, et c'est à 18 H 30 que le train présidentiel s'ébranle après une des grandes journées qu'a connu la Ville de Bourges.
Dernière visite importante et historique, c'est celle de De Gaulle, il vint à Bourges en 1951, puis en 1959, c'est sans aucun doute cette visite qui a le plus marqué la population.

Robert Lechêne qui était scolaire à cette époque, se souvient de cette visite d'Albert Lebrun, en rappellant ce moment historique :

"nous fûmes conduits et alignés au Champ de Foire en rang plus serrés que le 95 ° d'infanterie. Je ne me souiens pas si nous y vîmes le Président".

 

DE GAULLE A BOURGES

Cette visite de De Gaulle à Bourges, le 7 mai 1959, un an après son retour au pouvoir apparaît comme un des grands moments de la vie politique locale. C'est le pendant à la visite en 1938 du Président Lebrun.
La situation du pays est grave, le problème algérien, pour lequel De Gaulle a été "rappelé" au pouvoir n'est pas résolu, et les relations entre Alger et Paris ne sont pas au beau fixe. Il commence à y avoir comme une ambiguïté sur les actions et négociations.

Boisdé est le tout nouveau maire de Bourges, doit recevoir le Général qui a atterri à Avord à 9 h 45 à bord d'un avion S.O. Bretagne. Comme il ne visitera pas l'usine Nord-Aviation, par manque de temps, une exposition de missiles a été organisée sur la base, et De Gaulle écoute avec beaucoup d'intérêt les explications du directeur de l'Etablissement berruyer, Raymond Puisségur ainsi que ceux d'Emile Stauff, le grand ingénieur, l'homme qui a créé en France après la guerre, l'industrie des missiles. Le P.D.G. de Nord-Aviation, M. Mazer, lui aussi descendu de Paris pour la circonstance, montre les missiles SS10, SS11 ainsi que la tout "petit dernier", le SS12. En allant rejoindre la DS 19 décapotable, le cortège passera devant les avions de la firme berruyère comme le N 3400 ou le NordAtlas 2508.

Le cortège présidentiel comprend outre le Général, deux ministres, Michelet, Garde des Sceaux et Bokanovski, secrétaire d'Etat à l'Intérieur ainsi que Gaston de Bonneval, son aide de camp. Par la route, à une vive allure, de Gaulle rejoint Bourges par Savigny-en-Septaine où ils passent sous un arc de triomphe réalisé par les villageois. Ce fut ensuite un arrêt à l'orphelinat de la police d'Osmoy, où 200 enfants lui ont chanté la marche lorraine.

C'est en compagnie du préfet, M. Virenque, que le Général arrive en cité berruyère, Boisdé attend devant les grilles de la Préfecture, une courte réception se déroule avant que le nouveau maire ne conduise son illustre hôte jusqu'à l'Hôtel de Ville. Dans la Salle des Mariages, chaque adjoint est présenté, puis ce sera le tour des notabilités berrichonnes. Ensuite le général prononcera une courte allocution devant quelques maires des communes du Cher, avant d'aller se reposer quelques instants.

Raymond Boisdé, ému, présentera sa ville, en des termes bien choisis :
"Permettez au 150 e maire de la "bonne ville" de Bourges de vous exprimer son émotion, sa fierté et celle de ses concitoyens".
Puis il évoque en vrac, Jeanne d'Arc, Tite Live, Avaricum, Charles VII et Jacques Coeur, avant de poursuivre par une vue synthétique des réalisations berruyères :

"La ville de Bourges présente actuellement un vaste programme de logements et d'usines, de centre culturel et de Cité Universitaire".

Le livre d'Or devait être signé au premier étage, mais dans la confusion et la bousculade, il y eut un oubli, et ce fut la cavalcade dans les escaliers pour récupérer le livre et le ramener à de Gaulle, afin qu'il y mette son illustre signature.
Parmi les précautions prises, sur le plan de la sécurité, il est à noter qu'il y eut 3 aller-retour entre la préfecture et l'hôtel de ville, et chaque fois, le circuit du Général fut différent, ce qui devait poser quelques problèmes aux responsables de la sécurité, car les possibilités de variante sont très limitées.
Dans le court laps de temps disponible, De Gaulle accordera trois audiences particulières, une à Mgr Lefèbvre, une seconde à Arnaud de Vogüe, le colonel Colomb de la Résistance, et enfin au Général Bailly qui fut un de ses anciens officiers.
A 12 H 12, De Gaulle descend des salons de l'Hôtel de Ville pour rejoindre le podium situé place Etienne Dolet.
Devant une foule énorme que les uns situent à 3000 personnes et les autres à plus de 10 000 le Général s'adressera aux Berruyers, mais surtout au pays. Ce discours entrera dans l'histoire sous le nom
"du discours de Bourges". De Gaulle fera en effet de nouvelles propositions sur l'avenir de l'Algérie. Il parlera de la pacification, mais commencera, comme souvent, en professionnel de la communication qu'il était devenu par ces mots :


"Bourges, Vieille, Chère, noble ville française, capitale de la France si longtemps, aujourd'hui en plein essor.."

Et ce fut la partie politique :


"L'Algérie, l'Algérie nous préoccupe tous profondément. L'Algérie est une vaste, une grande question que nous devons résoudre.
Je le dis à Bourges, sans fixer, bien entendu aucune date, sans avancer aucune promesse, sans me vanter d'aucune outrecuidance, je dis que le jour est en vue où l'Algérie sera pacifiée grâce à une compréhension générale de tous ceux qui l'habitent pour aboutir à une transformation profonde de ce pays et afin que tous ses enfants - je dis tous ses enfants- puissent disposer de leur sort de du sort des terres qu'ils habitent. Je le dis en toute connaissance de cause".

Ces mots seront largement repris par l'ensemble de la presse nationale et internationale, il s'agissait d'une étape importante devant mener à la fin du conflit.

Comme toujours De Gaulle évoquait aussi les problèmes de la planète, et à Bourges il répéta sa position sur le tiers-monde en des termes peu équivoques en s'adressant aux Grandes Puissances :

".... Leur devoir, puisqu'ils sont les plus riches, les mieux pourvus et les plus forts, leur devoir, c'est d'aider les autres, ceux qui sont dépourvus, ceux qui sont sous-développés"
Et le grand homme termina ainsi son propos, comme à l'accoutumée par un fort et vibrant :
"Vive Bourges, Vive le Berry, Vive la République, Vive la France.
Et bien, puisque nous sommes d'accord sur les grands sujets, mes chers concitoyens, nous allons l'exprimer en chantant tous ensemble, en chantant au milieu de ces magnifiques monuments, notre hymne national : la Marseillaise"

Et la foule entonna et chanta avec De Gaulle avant de se disperser, il était 12 H 33.

A 13 heures, un repas est prévu puis; à bord de la DS 19 présidentielle, De Gaulle s'en va vers Issoudun. Il fera une halte à Saint-Florent, puis une autre à Charost, dans ce village, les habitants avaient pensé que le Général donnerait le coup d'envoi d'un match de foot...... Il ne faut pas exagérer, le Général s'arrêta, serra quelques mains, et repartit sans avoir donné de coup de pied ans le ballon.

Après De Gaulle, Pompidou devenu Président de la République ne viendra pas à Bourges, pas plus que M. Giscard d'Estaing, ces deux personnalités ayant connu la ville avant leur élection au plus haut niveau. Le premier lors de l'inauguration du lycée Alain Fournier, le second pour l'ouverture de la foire de Bourges. Quant à M. Mitterrand,depuis son élection en 1981, il viendra plusieurs fois à Bourges, soit en visite privée, soit, de manière plus officielle, comme au cours du Printemps de Bourges en 1986, où il assista au concert de Karim Kacel et de Bernard Lavilliers.

 

MITTERRAND à Bourges

Parmi les visites du président Mitterrand à Bourges, deux sont à signaler car elles furent "officielles,ce fut en avril 1987, puis en 1995, à la toute fin de son second mandat.

Avril1987

C'est la période de cohabitation, le président Mitterrand a du temps et ... il vient au Printemps de Bourges, ce devait être un 20 avril. Il n'était pas annoncé, il viste un peu les allées, puis vient discètement d'asseoire pendant le tour de chant de Karim Kacel, peu de monde a remarqué sa présence. Il partira tout aussi discrètement, pour aller s'entretenir avec Bernad Lavillier qui passait en vedette sous le châpiteau.

Il reviendra quelques semaines plus tard à La Groutte, assister aux obsèques de son ami Fajardie.( (31 août 1987).

mars 1995

L'inauguration de l'Hôpital est très officielle, le vendredi 24 mars 1995, est l'occasion d'un des derniers voyages du président François Mitterrand quelques semaines avant de quitter le pouvoir. Une occasion de revenir au pays d'une partie de sa famille, et de donner sa préférence à Bourges en vue des prochaines échéances électorales.
Le Président arrive vers 11 H 30 en avion, accueilli par le préfet Victor Convert, il rejoint à l'hôtel de ville, le maire Jean Claude Sandrier, les élus et les parlementaires du Cher. Après la signature du livre d'or et la présentation du Conseil municipal, il repart vers le nouvel hôpital de Bourges.
Sur le Livre d'Or

Selon l'avis de toutes les personnes présentes, François Mitterrand parait très fatigué, la maladie le ronge….. il quitte le pouvoir dans quelques jours. Il est accueilli par Christiane Coudrier, directrice de l'hôpital, et c'est le temps des discours, très courts en la circonstance.
L'hôpital de Bourges qui prendra le nom de Jacques Cœur comprend un effectif de 1600 personnes dont 160 médecins.

 

Jacques CHIRAC à Bourges en 2000

Quelques mois plus tard, le jeudi 5 octobre 2000, c'est la visite du président de la République, Jacques Chirac pour le Cher et Bourges. Le chef de l'Etat a toujours eu des relations privilégiées avec Serge Lepeltier. Député, maire ou sénateur, depuis toujours, ce dernier a été un fidèle de Chirac, de "ce gaullisme souvent considéré comme pur et sans faille". Cette visite est aussi un intermède dans la période mouvementée que traverse le chef de l'Etat aux prises avec "les affaires de la mairie de Paris" au temps où il en était le maire. Venir à Saint Amand, Bourges ou La Borne, c'est reprendre un peu de cet oxygène de la France profonde, loin des turpitudes parisiennes.
Peu de monde sur la toute nouvelle place Etienne Dolet, où sont passées autrefois les foules gaullistes du Général. Mais Jacques Chirac serre toutes les mains, avant de prononcer un discours très fort sur Bourges et son maire.

Ensuite, Serge Lepeltier présente sa ville avec beaucoup de détermination, insistant sur le virage pris dans le domaine économique avec la diminution de l'activité d'armement. Et comme cadeau …. Il remet une caisse de bière de Bourges, que le Président dit apprécier.

Le repas du midi s'est déroulé à la préfecture en petit comité. Le menu est assez différent lorsque l'on se reporte à ce qui fut mangé par le président Lebrun en 1938 ! Ainsi, le Président Chirac eut :

Crottin de Chavignol chaud sur lit de salade

Poulet en barbouille et sa garniture forestière

Poire belle Hélène

Et c'est tout ! Certains dirent que c'était à la demande de Jacques Chirac qui avait tendance, ces dernières semaines " à prendre du poids ".

En s'en allant vers La Borne, le président de la République fait une halte à l'usine de cogénération, la chaufferie dont Bourges est très fière. Cette technique a été installée en mars 1997 par la Cogetherm, filiale d'EDF. Cela permet pour chauffer les 6600 logements HLM de la ville, d'utiliser du gaz à la place du charbon, et de produire de l'énergie thermique avec, en prime de l'électricité. Un "plus" pour l'environnement, les centrales au charbon d'avant 1997 étant parmi les plus polluantes.

Pour en savoir plus, lire

les fascicules de Suzanne Portier
l'ouvrage de l'auteur : l'Histoire de Bourges au XXe siècle en 3 volumes
 
Nicolas SARKOZY à Bourges
 
Ce fut du "viendra - viendra pas" pendant plusieurs jours en cette mi juin 2008.
Nicolas Sarkozy devait venir à Bourges en Avril 2008, afin d eparler d'enseignement, semble-t-il, mais cette semaine était celle du printemps de Bourges et une visite présidentielle à ce moment devenait impossible.
Alors ce sera le vendredi 13 juin 2008.
Le président arrive en avion vers 10 H 30 à Avord et s'en va visiter l'Hôpital Jacques Coeur, car cette physique est sur le thème des soins palliatifs.
Au lieu de passer comme c'est souvent le cas 1/2 heures en visite, il s'attarde, écoute, pose des questions. Il reste une heure ou presque de plus que prévu. Il est accompgné de Roselyne Bachelot ministre de la santé et du maire de Bourges Serge Lepeltier..
Puis il "fonce" au Palais d'Auron avec 65 minutes de retard, quadrillé par des forces de police comme jamais les Berruyers n'en avaient vues.
Il assiste alors à une table ronde sur les soins palliatifs.
Cela dure une heure, c'est de très haut niveau, en particulier ses mots sur la fin de vie sont émouvants.
Puis c'est le transport vers Asnières pour rencontrer les militants de l'UMP qu'il va "remonter" en ces périodes de doute sur sa politique, et de mauvais sondages.
Voici ce que disent les agences sur ce déplacement :
 
Soins palliatifs: Sarkozy annonce un plan de 230 millions d'euros et il veut en faire "une priorité absolue"
 
Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi à Bourges un plan de développement des soins palliatifs d'un montant de "230 millions d'euros" prévoyant le doublement, de 100.000 à 200.000, en quatre ans du nombre de patients pris en charge.
"On va faire passer le nombre de personnes prises en charge de 100.000 à 200.000" d'ici à 2012, grâce à un plan de "230 millions d'euros", afin que "les gens puissent mourir dignement", a déclaré M. Sarkozy lors d'une table ronde avec des associations et praticiens spécialistes au cours d'un déplacement à l'hôpital de Bourges.
 

Le président français a dévoilé à Bourges les grandes lignes de son plan de développement des soins palliatifs, d'un montant de 230 millions d'euros. Ce plan prévoit le doublement des patients pris en charge, afin que "les gens puissent mourir dignement", a-t-il déclaré.
 
 
Nicolas Sarkozy a dévoilé vendredi 13 juin à Bourges (Cher) un plan de développement des soins palliatifs de 230 millions d'euros, qui prévoit notamment le doublement de 100.000 à 200.000 le nombre de patients pris en charge d'ici 2012.
"Il faut mettre aussi des moyens sur ceux qui sont condamnés -je ne sais pas si vous êtes choqués que je parle comme ça- à qui il reste quelques semaines, quelques mois, peut-être trois mois à vivre, qui doivent pouvoir vivre sans douleur, sans être humiliés, dignement et étant entourés des gens qu'ils aiment", a-t-il dit lors de sa visite.
"On va faire quelque chose qui est très important à mes yeux, c'est de mettre une culture du soin palliatif et de la lutte contre la douleur dans la formation médicale", a-t-il poursuivi en ajoutant: "Naturellement, le médecin est là pour la vie mais il doit être là aussi au moment de la mort".
"Il ne faut pas simplement proposer un service"
Devant les équipes chargées des soins palliatifs à l'hôpital de Bourges, il a affirmé que "la prise en charge des personnes en fin de vie est une priorité absolue". Pour lui, "il ne faut pas simplement proposer un service" mais aussi intégrer "une vraie culture" car "tout le monde est confronté à la fin de vie". "On ne doit pas se préoccuper que de la recherche de pointe mais aussi du soulagement de la douleur, de l'accompagnement des familles, de la formation des médecins à la fin de vie qui n'existe absolument pas aujourd'hui ou trop peu".
Le chef de l'Etat a ensuite détaillé son plan de développement, la première priorité étant de faire passer en quatre ans de 100.000 à 200.000 le nombre de patients en fin de vie pris en charge. Il a annoncé la création de 1.200 nouveaux lits "de soins de suite" dans les hôpitaux pour les cas les plus lourds, contre 300 aujourd'hui. Seconde priorité: la formation des praticiens. "Le médecin est là pour la vie mais il doit être là aussi au moment de la mort", a dit Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde. Le plan prévoit aussi la création de 75 nouvelles équipes mobiles qui s'ajouteront aux 337 qui interviennent déjà auprès des malades.
230 millions d'euros jusqu'en 2012
Quelque 230 millions d'euros supplémentaires, prélevés sur les recettes issues des franchises médicales, seront donc consacrés jusqu'en 2012 à ce plan. En 2006, 553 millions d'euros avaient été consacrés par l'Etat aux soins palliatifs. Imposées le 1er janvier dernier, les franchises médicales sont censées rapporter 850 millions d'euros par an à l'Etat, destinés à la lutte contre la maladie d'Alzheimer et le cancer, et aux soins palliatifs.
Arrivé peu après 11h par avion, le président de la République est reparti vers 13h. Avec la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, il a rencontré des syndicats d'infirmiers, échangé avec des équipes médicales mais aussi des membres d'associations. Après avoir visité le SAMU ainsi que le centre de régulation de l'hôpital, il a participé à une table ronde sur les soins palliatifs dans une des salles du Palais d'Auron de Bourges. (AP)
 
M. Sarkozy avait fait, dès avant son élection, des soins palliatifs et de la maladie d'Alzheimer, deux "grands chantiers" présidentiels.
L'objectif du doublement de l'offre de soins palliatifs passe par la création de 1.200 lits supplémentaires dans les unités de soins palliatifs des hôpitaux et le développement des structures d'accueil extrahospitalières, selon l'Elysée.
 
Le plan prévoit en outre la création de 75 nouvelles équipes mobiles qui s'ajouteront aux 337 qui interviennent déjà auprès des malades.
Le deuxième objectif du plan vise à développer la culture des soins palliatifs, avec un effort de formation et d'information pour les personnels soignants et d'accompagnement, d'accompagnement des familles, ainsi qu'en matière de recherche.
 
 

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