Vignes et Vignobles - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
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HISTOIRE

VIGNE ET VIGNOBLES A BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges fut dans les temps lointains, un territoire de vignobles, avec une superficie aussi importante que Sancerre.
Il ne reste rien sinon à Asnières.
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Version 2016

 

Petite Histoire de la vigne et du vignoble

La vigne sauvage est une liane qui poussait sur les arbres des lisières et ripisylves jusqu'à plusieurs dizaines de mètres de hauteur

Le vin et la vigne : des origine lointaines

La vigne et le vin, une belle histoire qui remonte aux premiers hommes de l'humanité.

Il y a la légende, belle légende, celle d'Adam et Eve qui sont chassés du paradis terrestre et Adam pour protéger son corps veut voiler une partie de ses parties intimes et il met devant son sexe une ou des feuilles de vigne.... Selon l'imaginaire du dessinateur.

Plus tard, c'est Noé qui, après le déluge commence sur la terre retrouvée par planter un pied de vigne selon la Génèse, il avait dû conserver ce plan de vigne dans son arche. Et la cathédrale de Bourges évoque cet épisode dans la pierre.

Enfin, le premier miracle de Jésus, c'est au cours des noces de Cana, et là, catastrophe, il n'y a plus de vin dans les jarres et Jésus fait son premier miracle, transformant l'eau en ... vin.

 

Petite Histoire chronologique de la vigne et du vin

Les premières traces de ceps de vigne cultivées ont été relevées sur les flancs du Caucase, dans l'actuelle Géorgie et datent d'il y a plus de 7000 ans. C'est dans le village Shoulaveris Gora que l'on a trouvé des vestiges de vigne et de vin datant de 5000 à 5600 avant notre ère.

La première représentation des procédés de vinification est le fait des Égyptiens, remontant au IIIe millénaire avant Jésus Christ, avec des bas-reliefs représentant des scènes de pressurage et de vendange, datant de 2500 av. J.-C..

Les Grecs et les Phéniciens, producteurs eux-mêmes, implantèrent la vigne dans tout le bassin méditerranéen au cours de leurs nombreux voyages, entre 1500 et 500 av. J.-C.

Exportée par les Grecs, la vigne s'implanta en Italie ; les Romains en développèrent la culture et avec elle l'industrie du vin.
Ce n'est qu'aux environs de 600 av. J.-C. que les Phenicéens, en créant Massilia (Marseille), implantent la vigne en Gaule celtique.

En 102 avant JC, Posidonius écrit sur la manière de se nourrir des Celtes :
" Le vin apporté d'Italie et de la région de Marseille est la boisson des riches. Ils le prennent pur ou le mélangent quelque fois à un peu d'eau ".
Pour les petites gens, le breuvage, c'est à base de blé ou d'orge avec l'utilisation de miel, c'est souvent le dercoma.
A noter enfin que la bière était assez courante.

L'avancée romaine en 125 av. J.-C., le long du couloir rhodanien et à l'ouest vers le Languedoc actuel, diffusa la culture de la vigne et permit à l'industrie du vin de se développer. Narbonne et Port-Vendres en devinrent les centres commerciaux les plus importants.

Dans la Guerre des Gaules, on pourrait penser que César et ses légions qui ont séjourné à Avaricum et du côté de Sancerre appelé alors Gortona, ont bu et apprécié le vin qui était alors produit. E
Et bien non, César ne signale nulle part dans son récit de la conquête de la Gaule la présence de vigne ou de bon vin. Il n'en parle pas, alors que les légendes sont nombreuses sur César buvant déjà du Sancerre.
Il parle de subsistance pour ses légions, en particulier du grain et du fourrage, mais rien sur le vin. César est un homme de guerre et il ne songe qu'à l'essentiel.

Cependant, la production narbonnaise commença à menacer les vins romains, et l'empereur Domitien fit interdire en 92 la plantation de vignes, et ordonna l'arrachage de 50 % du vignoble méditerranéen. Cette interdiction ne fut levée que deux cents ans plus tard, par l'empereur Probus.
Les vignobles bordelais, languedocien et rhodanien s'épanouirent sous Jules César et la vigne atteignit même la région parisienne, qui resta longtemps l'une des plus grandes régions viticoles françaises. Les Gaulois développèrent la culture viticole, améliorant les procédés de vinification, en introduisant le vieillissement en fûts de chêne.

Turpin dans son ouvrage qui fait foi écrit que " les Nevriens et les Suèves au Nord proscrivent l'usage du vin et en interdisant le commerce ".

La chute de l'Empire romain en 476 porta un coup au développement de l'agriculture gauloise.

À partir du IVe siècle, le christianisme apporte son renfort dans la valeur attachée au vin et prend la relève de l'Empire romain anéanti. La communion sous les deux espèces, pratiquée jusqu'au XIIIe siècle, sera l'un des moteurs du maintien de la tradition viticole.

Le Moyen Âge va être le témoin du développement de la qualité du vin. Alors que les vins de l'Antiquité étaient coupés d'eau et agrémentés d'herbes et d'aromates, c'est le vin tel que nous le connaissons qui fait son apparition au Moyen Âge. L'expansion de la civilisation chrétienne va être à l'origine de l'expansion de la viticulture dans le monde.

En 800, Charlemagne prend des mesures pour améliorer la qualité du vin dans une ordonnance qui stipule : " Que nos intendants se chargent de nos vignes qui relèvent de leur ministère, et les fassent bien travailler, qu'ils mettent le vin dans une bonne vaisselle et qu'ils prennent toutes les précautions pour qu'il ne soit gâté d'aucune manière. " Mais les vrais dépositaires de la qualité sont les moines, qui perpétuent la tradition viti-vinicole.

Les cathédrales et les églises étant propriétaires des vignobles, sous couvert de l'activité " vin de messe ", les moines s'occupent des vignobles monastiques et contribuent à la naissance de nombreux vignobles de qualité existant encore aujourd'hui

L'essor de la vigne est avant tout provoqué par le besoin de vin de messe, mais aussi, plus simplement, car cette boisson est plus saine que l'eau, très souvent polluée. Une légende associe volontiers Saint-Martin à l'invention de la viticulture en Occident. Ce vin est majoritairement blanc et vient des régions septentrionales, le vin rouge étant réservé à la célébration dominicale

Alors que les vins de l'Antiquité étaient coupés d'eau et agrémentés d'herbes et d'aromates, le vin sous la forme que nous le consommons aujourd'hui, apparaît au Moyen Âge. L'expansion de la civilisation chrétienne est à l'origine de l'expansion de la viticulture dans le monde

 

La vigne dans l'Antiquité

C'est par des auteurs comme Pline d'Ancien (et Columelle avec son " de l'Agriculture) que l'on connaît la vigne et les vignoble dans ces temps lointains

La plus importante unité viti-vinicole de l'antiquité, la villa du Mollard a été mise à jour au sud de Donzère. Elle s'étendait sur deux hectares. L'entrepôt des vins de 70 x 15 m contenait deux travées abritant 204 dolia disposés en six alignements ayant chacune une contenance de 1,2 hectolitre. À chaque extrémité, un grand fouloir de 18,5 m2, y étaient adjoints deux pressoirs.
L'exploitation, qui a été datée entre 50 et 80 de notre ère, produisait 2 500 hectolitres de vin par an. Le rendement des vignes romaines ayant été estimé à 12 hl/ha, le domaine possédait 300 hectares ce qui nécessitait le travail de 150 esclaves. Tout ou partie de sa production était expédiée par le Rhône en tonneaux

 

La vigne à Bourges aux temps anciens

Et à Bourges que savons-nous de l'histoire lointaine de la vigne ?

Il y a des écrits sur le vin et la vigne en Berry, avec les traditionnels grands vignobles et en tête Sancerre, puis Quincy, Reuilly, Menetou.... mais jamais il n'est question de Bourges.
Il faut beaucoup chercher pour lire quelque chose sur la vigne et les vignobles de Bourges, pourtant ces recherches mériteraient d'être poursuivies.

Dans notre Histoire, le vin est omni présent dans les textes et dans les traditions orales, à Bourges et en Berry.

Le vignoble berrichon remonte à l'Antiquité, et c'est Pline qui parle déjà d'un cépage " Biturien " alors très réputé.
Plus tard au VI ième siècle selon Christophe Gratias, Isidore de Séville dit que le " Biturica " tire son nom du pays qui l'a produit : celui des Bituriges.

Pourtant, il y a depuis ces dernières années des recherches archéologiques qui montre que la vigne, à Bourges il y a 2000 ans, ce n'était pas une légende.

C'est le vignoble de la cité gallo-romaine de la cité d'Avaricum et celui de la place Malus actuelle.

Le vaste domaine viticole de Lazenay / Pijolin

C'était d'août à novembre 2005, dans un secteur appelé Pijolin, un promoteur Francelot se lança dans un vaste projet de lotissement sur 14 hectare et comme cela se passe, une fouille préventive fut ordonnée, et l'équipe locale de Jacques Troadec s'attela à la tâche, sur une surface évaluée à 20 000 M2.

Chacun s'attendait, comme souvent à trouver un peu de médiéval, un peu de gallo-romain et peut être même du V ° siècle avant JC, avec des fosses artisanales ou des villas.

Mais ce qui fut trouvé n'était pas attendu, ce n'était pas une grande villa gallo romaine ou une vaste mosaïque mais simplement " un vignoble ".

Une fois la terre arable retirée, les archéologues se retrouvèrent devant une surface non négligeable de 14 000 M2

Il y avait en fait 2700 fosses répertoriées c'est à dire 2700 pieds de vigne, et un peu moins de 10%, c'est à dire très exactement 194 fosses ont été minutieusement étudiées, car le lotissement une fois réalisé, il ne resterait plus rien.

Même si aucune limite précise de la plantation n'a été faite, il est apparu, par rapport à la surface explorée, et en extrapolation que ce vignoble pouvait comprendre plus de 6000 pieds de vigne.

Les plants de vigne étaient profondes de 25 à 50 centimètres, et le surface de chacun varie avec environ 0,8 mètre par 0,25.

Ces plantation, semblent être reliées au domaine pas très éloigné de la villa de Lazenay, située à 1 kilomètre à l'ouest sur la rive de la rivière Auron.

Ces vestiges de fosses confirment que Bourges est une région viticole, puisque les archéologues avaient déjà retrouvé des pieds de vigne à Saint Martin des Champs au centre de Bourges.
Et ces fosses étaient assez semblables à d'autres retrouvées à Clermont-l'Hérault ou à Marseille.

vignobles de Lazenay

Dans l'étude faire par la SEARB commandée au service archéologique, on trouve pour cette zone qui traverse le quartier du Val d'Auron du lac jusqu'à la route de Dun, on a retrouvé des éléments intéressants.

En particulier, sur la partie sud-est, dans l'angle formé par le chemin de Gionne et le chemin de la Rottée, les archéologues ont mis à jour des fosses de plantation de vigne antique longues de 80 cm et large de 25-30 cm creusées perpendiculaire à la pente .
La datation n'est pas simple, mais aucune structure antérieure à la période gallo-romaine n'a été identifiée.

Il s'agit donc des vignobles gallo-romains identique à ce qui sera mis à jour dans le cadre de Pijolin 2.
On a donc dans ce secteur d'immenses vignobles.

Les vignes de la place Malus

C'est en 1984 puis en 1993 que les archéologues de Bourges ont retrouvé à 500 mètres de la cathédrale des fosses de 1 m par 0,20 et 0,20 de profondeur, associées à de petits bâtiments rectangulaires de 5 m par 5.
ce sont des rangées distantes chacune de 1 mètre.

La datation s'est faite difficilement, de l'ère d'Auguste au milieu du II ième siècle.

On trouva semble-t-il 233 fosses sur ces lieux.

Cette découverte, même avec des incertitudes relança la question de la viticulture dans la cité biturige pendant l'Antiquité.

Première conclusion : Bourges dans l'Antiquité est bien un centre viticole dont on ne peut pas encore définir l'importance.

 


La biturica

Il est un domaine où l'on peine à séparer ce qui est la légende ou la réalité avec la biturica.
La biturica est un plan de vigne dont parle Lucius Columella dans son " De Rustica ", et nous sommes au premier siècle de notre ère, et la biturica est un plan de vigne gaulois.

Il est écrit :
" Des vignes peuvent être recommandées pour leur riche fertilité : la biturica et la basilica ... leur vin se conserve longtemps et se bonifie en vieillissant... Ces vignes supportent mieux le froid que l'humidité, et celle-ci mieux que la sècheresse ".

Cela peut signifier que Columella qui vient d'effectuer un long périple en Gule est passé par le pays des bituriges, le notre et fait l'éloge du vin d'ici.
D'autres parlent d'un plant, le genouillet et d'autre du gamay un plant d'Orléans.

Ce plan Biturica ressemble beaucoup au vocabulaire du nom ancien de Berrichon, qui était alors Biturige.

Emile Turpin l'affirme en écrivant dans " Les Vignes et Vins du Berry " qui date de 1907 :
" Je crois, avec toutes les apparences de la raison que ce plan, aux qualités vantées il y a 2000 ans, est sorti de notre contrée et qu'il ne pouvait recevoir de nul autre pays sa dénomination. "

Le cépage Genouillet

Dans les cépages, les spécialistes évoquent parfois le " Genouillet "
Ce Genouillet, est appelé encore genoilleret, petit genouillet ou petit moret.

C'est un ancien cépage indigène, répandu principalement à Issoudun et à Bourges.

Sur ce sujet, on peut lire :
" Je pense que vous n'estimez pas le Genouillet à sa valeur ; c'est lui qui a produit ces excellents vins dont se délectait César durant ses expéditions dans les Gaules . "
La renaissance d'un cépage oublié : un pas de plus vers la biodiversité
C'est un cépage oublié…Pourtant il faisait les beaux jours de la viticulture berrichonne avant la catastrophe du phylloxéra, et particulièrement du vignoble d'Issoudun, qui comptait 3000 hectares de vignes, donnant un vin léger, frais, astringent au début, mais s'améliorant en vieillissant.
Un vin rouge friand, aux arômes de fruits rouges et noirs.

Mais le Genouillet a été délaissé, parce qu'il supportait mal le porte-greffe, qu'il était sensible aux maladies, à l'oïdium, et qu'on lui a préféré les vins des hybrides, issus de cépages américains, plus " modernes " et plus agréables à boire jeune.

Il est devenu si rare qu'il n'a pas été inscrit sur la liste des variétés de vignes cultivables établie après la seconde guerre mondiale, quand on a cherché à rationaliser l'encépagement.
Cet authentique cépage berrichon aurait même complètement disparu sans la ténacité de passionnés réunis dans une association l'URGB (Union pour la préservation et la Renaissance des ressources Génétiques du Berry) qui s'est battue pour avoir le droit de le replanter.
Deux pieds, retrouvés près d'Issoudun dans les vignes d'un vieux vigneron, ont tout d'abord été replantés dans la vigne conservatoire de Tranzault, dans l'Indre.
Pourtant la réinscription du Genouillet au catalogue des variétés de vignes cultivables s'est avérée d'une extrême complexité aggravée par le fait que les droits de plantations se situent sur l'aire d'appellation Quincy. Trois ans de galère, de tracasseries administratives, de tests coûteux et d'obligations de toutes sortes imposés par l'Office National Interprofessionnel des Vins, pour aboutir à la signature d'un protocole simplifié qui autorise une expérimentation sur 7 ans…
150 pieds ont finalement pu être plantés à Villalin le 5 novembre 2005. La première vendange a été effectuée cette année par une vingtaine de bénévoles soutenant cette démarche de réimplantation. L'égrappage s'est fait à la main afin d'obtenir les meilleures conditions possibles de vinification, en sachant bien que le produit fini n'est pas commercialisable puisqu' uniquement réservé à l'observation.
contact@urgb.asso.fr

La vigne au Moyen Age

Le Moyen Age, c'est une période de près de 1000 ans, aussi le vin va être en permanence très présent, et à Bourges, il est intéressant de savoir comment les grands personnages de l'époque à Bourges se sont comportés vis à vis du vin et de la vigne.

On ne dispose d'aucun document sur le vin et la vigne à Bourges et en Berry, avant les témoignages de Grégoire de Tours, c'était en 582.
On dit alors que cette production de vin faisait l'objet d'un commerce très actif autour de qualités très variables directement liées au terroir.

La vigne se développe sur le crétacé, sur un talus situé entre Bourges et Sancerre, mais la plupart des vignes sont situées dans les villes ou à proximité, c'est le cas de Issoudun mais surtout de Bourges.

La vigne a joué un rôle considérable sur le plan économique et social, avec toutes les couches de la société, les ouvriers qui s'occupent des vignes, les propriétaires, les vignerons, les bourgeois des villes et puis les nobles et ecclésiastiques ( histoire économique du Cher, p 17)

La vigne, Vitis vinifera, avait des qualités exceptionnelles au Moyen Age, tant pour la médecine que pour l'alimentation.
la fleur de vigne calmait les toux.
Mais c'est du fruit que l'on tirait le maximum de bienfaits : une grande valeur nutritive, aux vertus diurétiques, toniques, purgatives et astringentes.
le vin entrait dans la plupart des recettes thérapeutiques.

Dans l'exposition de la Tour Jean Sans Peur de Paris (en 2012)on a une vue très synthétique du vin au Moyen Age.
Sa conservation requiert des tonneaux de 400 à 800 litres dans de larges caves ou celliers, mais il vieillit généralement mal et doit être consommé dans l'année. Au XIIIe siècle, la production de vin rouge devient majoritaire. Les plus fameux viennent d'Avignon, de Bordeaux ou de Bourgogne, la ville de Beaune étant consacrée reine des vins. Il intervient dans 60 % des recettes : soupes (pain trempé dans du vin), entremets, viandes, poissons, venaisons, abats ou dans le vinaigre et la moutarde.

Le ménagier de Paris est une source d'information importante à ce sujet. Il est également conseillé aux personnes âgées : "le vin est le lait des vieillards" et certains médecins suggèrent de s'enivrer au moins une à deux fois par mois pour combattre les infections et les fortes douleurs. Étant associé au sang, il est recommandé après les saignées, les accouchements ou encore pour les blessés.

À cette époque, il existe environ 700 tavernes à Paris (On trouve aussi 4000 dans certains documents, mais ce nombre semble exagéré compte tenu de la taille de la population), le prix du vin est fixe et sa qualité contrôlée. Des crieurs attirent le passant devant l'auberge. La dose quotidienne est de deux à trois litres par jour d'un vin à 8 degrés au plus. La règle de Saint-Benoît limite à 1/2 litre la quantité quotidienne de vin au XIe siècle, mais passe à 3 litres au XIVe ! Certains rois comme Louis XI, Charles VI ou Philippe Auguste ont une réputation de gros buveurs.

L'ivresse est en général mal vue, mais ne viole cependant aucun des Dix Commandements et constitue même une circonstance atténuante pour certains actes. Pour l'ivrogne, "qui s'ébat comme un pourceau entravé ou s'étale comme merde dans la rue", il est conseillé de le soigner avec des excréments d'hirondelles, mélangés avec de la graisse de vautours (!) Ce n'est qu'au XVe siècle que l'alcoolisme est reconnue comme une maladie, accusée d'entraîner le delirium tremens, l'hémiplégie, puis la mort…

" À partir du IV ième siècle, le christianisme concourt au renforcement de la valeur attachée au vin, prenant la relève d'un Empire romain anéanti.

La liturgie de la communion sous les deux espèces (le pain et le vin) pratiquée jusqu'au XIII ième siècle est l'un des moteurs du maintien de la tradition viticole. Le Moyen Age se fait le témoin des progrès de qualité du vin. Alors que les vins de l'Antiquité étaient coupés d'eau et agrémentés d'herbes et d'aromates, le vin sous la forme que nous le consommons aujourd'hui, apparaît au Moyen Âge.
L'expansion de la civilisation chrétienne est à l'origine de l'expansion de la viticulture dans le monde.

En l'an 800, Charlemagne prend des mesures pour améliorer la qualité du vin dans une ordonnance qui stipule : " Que nos intendants se chargent de nos vignes qui relèvent de leur ministère, et les fassent bien travailler, qu'ils mettent le vin dans une bonne vaisselle et qu'ils prennent toutes les précautions pour qu'il ne soit gâté d'aucune manière. " Mais les véritables dépositaires de la qualité sont les moines qui perpétuent la tradition viti-vinicole. Les cathédrales et les églises étant propriétaires des vignobles, sous couvert de l'activité du " vin de messe ", les moines gèrent de nombreux vignobles monastiques, contribuant ainsi à la création de vignobles de qualité existant encore aujourd'hui. "

Progressivement au Moyen Age, les goûts évoluent et les vins capiteux sont délaissés pour des vins plus clairs et plus légers. Le vin fait l'objet d'une véritable bataille commerciale dans laquelle les différents vins affirment leur personnalité. S'il est difficile d'imaginer le goût des vins médiévaux, l'on peut supposer au vu des techniques employées, que les vins actuels en soient proches, le premier classement de crus jamais effectué consacrant en 1224 des vignobles encore réputés aujourd'hui.

 

Les monastères, qui se développent entre le 9e et le 13e siècle, font une grande consommation de vin. Il est utilisé pour la liturgie, mais figure également au menu du monastère. En effet, si certains monastères particulièrement ascétiques en interdisent la consommation, le vin est généralement admis comme une des bases de la nourriture quotidienne au Moyen Age. Le vin est également utilisé pour le soin aux malades et des vieillards. Son intérêt est également économique : les surplus de vin sont vendus et participent à la trésorerie du monastère.
Desmond Servard a dénombré en France 109 appellations de vins d'origine monastique.

A Bourges, dans la charte des coutumes du Berry, vers 1100, on trouve la quotité de la taxe à payer pour les habitants pour l'entrée du vin.
Et les historiens de conclure alors " que le vignoble de Bourges peut donc prendre rang parmi les plus anciens dont l'existence soit attestée ".

 

Les chroniques de Batereau

Dans ces écrits, qui datent de 1467 à 1506, on note des éléments intéressants sur la vigne et le vin.

1480 : l'hiver est trsè froid, les vignes ne produisirent que peu de fruits car elles ne purent bien mûrir. Le tonneau de vin valait 15 à 20 livres tournois à Bourges.

1490 : fortes gelées début mai, l'hiver fut très froid de la Toussaints à Paques, et il ne resta ni fruit, ni bois nouveau dans les vignes de Bourges... et les souches gelèrent en grande partie.

Mais toutes les années ne se ressemblent pas, et ainsi, 6 ans plus tard, en 1496, l'abondance de vin fut telle que jamais, de mémoire d'homme, on n'en avait vu de semblable, et de poursuivre .... mais ce vin était vert et de peu de valeur.

En 1535, cette fois c'est Cathérinot qui écrit, le 19 mai un orage grêle sur les blés et les vignes, alors qu'en 1540, l'année fut si brûlante que les vignes souffrirent.

En 1723, ce sont des pluies en Sancerrois, il n'y a pas de vin.

En 1762, une sècheresse de 6 mois, qui dure jusqu'en août et le vin a brûlé, la récolte est très mauvaise.

L'année suivante, en 1763, ce sont 8 mois de pluie et il est dit que " les vins qui étoient sans couleur et ne sentoient que l'eau ".....

Un an plus tard, ce sont des gelées qui dévastent les vignes situées à Apremont, Bourges et sancerre

Les grands personnages et le vin

Jean de Berry ?

On dit que le prince appréciait particulièrement les vins de Sancerre, mais il nous manque un écrit..... Par contre un des plus célèbres tableaux le représentant dans les " Très Riches Heures du duc de Berry " est celui d'un prince à table, dans un grand banquet. Le duc devait être un adepte de la bonne chère.

Jacques Coeur :
Sa famille était de Saint Pourçain, pays de vignobles, et à Bourges, on parle beaucoup des vignes, celles de Menetou-Salon car il avait acheté le domaine, avec le château et les vignes environnantes.
Mais on en sait guère plus.
Dans les biens de Jacques Coeur qui ont été recensés en 1453, on trouve qu'il possédait des pièces de vignes près du chemin allant de Bourges à Marmagne, qui fut, après la chute de l'Argentier adjugée à Jean Bellestat en 1457.

Charles VII :
A voir son teint, peint par Fouquet, il n'était pas homme à boire, et d'ailleurs une publicité de dépuratif fit fureur il y a quelques années.
A la fin de sa vie il ne prenait plus rien de peur d'être empoisonné par son fils... et surtout pas de vin.

Louis XI :
Le Dauphin ne passe pas pour un homme à boire.

Le vin dans notre Histoire locale et les grands évènements

Dans notre Histoire, le vin n'apparaît pas au fil des siècles comme un point important qui bouleverse notre Histoire.

 

On peut citer Jacques Coeur qui possédait des terres et des vignes à Menetou , cette légende qui expliquait la présence de caves et de souterrains dans les entrailles du Palais de l'Argentier de Jacques Coeur.
Il est dit, par la tradition que les souterrains permettaient de joindre par des souterrains la cité de Sancerre et celle de Bourges, ce qui permettait à des tonneaux de bon vin d'arriver directement dans la cave de Jacques Coeur sous son Palais.
Une belle légende qui n'a aucune réalité.

 

Plus tard, la Cathédrale de Bourges a-t-elle dû son salut au vin ? C'est fort possible.
Nous sommes en pleines guerres de religion lorsque en mai 1562, la ville est prise par le nord, vers l'Abbaye Saint Ambroix par les troupes des Huguenots, ils ont à leur tête le comte de Montgoméry, celui qui avait tué Henri II en tournoi.
Ils pénètrent dans la ville et commence à la piller et surtout à vouloir abattre tout simplement la Cathédrale Saint Etienne. Ils commencent par mettre à terre et à briser les statues de la façade de la cathédrale, puis ils décident de placer de la poudre sous la tour Nord afin de la détruire. Fort heureusement, comme les soldats avaient soif et que la victoire était grisante, ils ont alors bu du vin d'une manière plus que raisonnable et ils s'affalèrent pour… dormir. La Cathédrale était sauvée. C'était la veille de la Fête-Dieu.
Le vin avait sauvé la Cathédrale Saint Etienne.

Autre période, et suivant un thème assez proche de ce qui précède, c'était quelques jours après le 14 juillet 1789, et il fallait tout de même " marquer le coup ", il y eut une petite émeute place Gordaine, ce devait être le 27 juillet 1789, contre le marchand berruyer Tourangin.
Cet homme, tout en vendant du tissu, la rumeur faisait de lui un accapareur de blé. Il avait été un des délégués du tiers état pour l'élection des députés aux Etats Généraux.
Sa maison ayant été saccagée, il du s'enfuir, avec l'aide du prévôt général de la Maréchaussée, et l'arrivée d'un régiment du Royal Piémont calma les émeutiers.
Mais c'est l'annonce d'une baisse du prix du pain et surtout la distribution de vins qui mit fin à cette " prise d'une petite bastille locale ". Le marchand de draps sauva sa vie en s'enfuyant à Issoudun. Le vin l'avait sauvé de la foule.

Abondance de rendement

Il y a toujours eu des période de forte production et d'autres de disette, et cela peut se traduire par la restriction des plantations viticoles au profit de la culture des céréales qui étaient pour la population, des denrées de première nécessité.

Une ordonnance de Charles IX, à la suite de la disette de grain de 1566, décide que le vignoble ne doit pas occuper plus de 1/3 du territoire de chaque canton.
Cette ordonnance sera reconduite par Henri III.

Et les Echevins de Bourges, le 10 décembre 1623, prendront une délibération qui interdisait de planter de la vigne sous peine de 100 livres d'amende, " car il y avait de grands désordres car plusieurs particuliers faisaient planter quantité de plans de vignes dans la plupart des meilleures terres labourables ".
Ce fut sans effet, et il y eut un appel des échevins de Bourges vers le roi, et le 17 février, 1625, il y eut une arrêté du Conseil d'Etat qui déclare :
" Ne faire aucune plantation de nouvelles vignes à l'avenir à 6 lieues es environ de ladite ville de Bourges ".
Une amende de 2000 livres était prévue pour les contrevenants.

Les techniques du Moyen Age

L'activité principale du paysan à l'automne, c'est le vigneron qui foule le raisin fraîchement coupé à la serpette tandis que la femme tient la balance.

Il existe deux techniques pour presser le raisin au Moyen Age, comme le montrent des tapisseries ou des enluminures.

la première technique, c'est le foulage aux pieds : le paysan est monté dans la cuve emplie de fruits et il les piétine jusqu'à ce que tous les grains soient écrasés. Ceci se fait lorsque les vignes sont peu importantes.
La seconde technique consiste à utiliser un pressoir muni d'une vis sans fin que tournent deux paysans au moyen d'un bâton.
cette vis tournant sur elle-même fait descendre un long morceau de bois qui appuie ainsi sur le couvercle posé sur le raisin. Le jus s'écoue par un trou ménagé dans la cuve.
On remarque aussi sur cette tapisserie le fût de bois dans lequel on conserve le vin, la bouteille de verre bouchée hermétiquement n'existe pas au Moyen Age.
Comme le vin continue d'évoluer, finalement on le tire assez vite pour le boire.

Dans les rares documents du Moyen Age, pour le Berry et la ville de Bourges, il est intéressant de lire les techniques utilisées. Nous avons des exemples très précis dans le début des années 1400, a propos des vignes de la Sainte Chapelle qui étaient très importantes, c'est à dire en 1402 à 1404.

La taille est effectuée 1 fois en octobre et 2 fois en février / mars, les vignes sont essartées en février, et de la fin avril à début mai.
On peut lire : " Jusqu'en septembre, on redressait les pampres et les raisins dans la vigne échalassée de Beauregard ".
Les pampres sont des tiges qui portent les feuilles et qui sont appelées aussi " les gourmands ".

On note sur ces vignes un seul piochage au mois d'avril.

Toujours dans la technique, mais plus tard, vers 1566, on note " qu'un propriétaire de Bourges fait provigner et fumer sa vigne le 1 er décembre et elle est taillée les jours suivants ". Provigner, c'est développer par marcottage.

Sur la taille de la vigne, Turpin écrit qu'elle est taillée haut dans la région de Châteauneuf et bas à Saint-Michel de Volangis.

On signale en sur les plantations à Bourges, des lignes d'augettes, avec des fossettes de 0,25 cm de profondeur.
On utilise le sarment simple et à Bourges le chevelu.
L'espacement des lignes de fossettes est d'environ 1 mètres à Bourges.

Les vendanges étaient autrefois très courtes, ainsi en 1402, les vignes de la Sainte Chapelle sont vendangées en quelques jours :
Les 9, 11, 12 et 13 septembre, on vendange, " les hommes qui ont tenue le charroy " et foulé pendant 4 jours. Ils entonnent, mettre dans le pressoir le 14 et la grappe est pressurée le 15 septembre.


Ou se trouvaient les vignes à Bourges ?

La localisation des vignes n'est pas très simple à appréhender à Bourges, car il s'agit, même dans les grandes périodes, ce sont des parcelles très morcelées. Elles sont souvent de petite surface, et surtout, elles ont pu varier selon les siècles.

Le plus typique d'un vignoble, c'est en centre-ville très exactement place Cujas actuelle, dans cette zone assez minuscule se trouvait une vigne pour le couvent et l'église des Carmes.

Les vignes à Bourges au XVI ème siècle

Les Présavois
Sous la Renaissance, mais cela date sans doute d'avant, apparaissent dans des archives le " presssouer de Estienne Houet " et ceci dès 1502.

Il s'agit d'un domaine situé au Nord de Bourges dans le quartier appelé actuellement " Les Gibjoncs ".
On appellera ce lieu de persouer Houet vers 1554, puis le pressoir à Vouet en 1669 et enfin en 1715 le Pressavoir pour avoir enfin le Pressavois en 1744.

Etienne Houet est un bourgeois et marchand, qui fut membre de l'Ordre de la table Ronde de Bourges, donc un notable important, et il fit construire dans les premières années du XVI ième siècle un pressoir, c'était au milieu de 4 ou 5 arpents de vignes qu'il possédait en cet endroit.

On connaît assez bien cette construction du pressoir car il y eut un procès avec le chapitre de la Sainte Chapelle, lequel possède et c'est intéressant son propre pressoir au Bouillet dans le faubourg Saint Privé, juste en face de l'Eglise.

Plus tard ce pressoir passe dans les mains d'Antoine Barathon, puis à Messire Pierre Toubeau à la fin du XVII ième siècle qui était prêtre, chanoine du château, seigneur du Pressoir-Houët.

Il était situé à l'extrême limite nord-ouest de l'ancien lycée agricole, entre les rues actuelles Théophile Gautier et François-Copée.

 

La vigne et le vignoble en Occident au XVIII ème siècle

Pendant que la vigne s'étend autour du monde, la viticulture européenne, française en particulier, connaît son lot de problèmes.

En 1731, Louis XV interdit les nouvelles plantations afin de juguler la production de vins médiocres, sauf dans des terroirs aptes à donner des vins de qualité. La Révolution française, en rétablissant la liberté de culture, et en morcelant les biens de l'Église pour les distribuer au peuple, va profondément bouleverser le paysage viti-vinicole français. La vigne et le vin deviennent les centres d'activités les plus importants, notamment en Europe du sud où ils occupent en Italie 80 % de la population active.

La révolution industrielle du XIXe siècle, en favorisant le développement des transports, va permettre l'essor de l'industrie du vin et faciliter l'acheminement des produits, asseyant ainsi la suprématie des vins d'Europe du Sud.

Les vignes à Bourges au XVII et XVIII ème siècle

On retrouve dans les archives municipales de Bourges des documents intéressants sur la localisation des vignes .

La carte de Cassini, qui date de la seconde moitié du XVIII ième siècle pour la région de Bourges, c'est à dire vers 1750, montre des éléments intéressants. On voit où se situent les grands vignobles de Bourges :

- Le nord de la ville, à partir des Quatre Vents
- Le sud-est de la cité, avec la zone de l'Auron.
- L'ouest et la partie Bourges - Marmagne vers les Danjons ou Beauregard.

Pour Jean Jenny, dans son étude sur la Butte d'Archelet, il évoque les fouilles de 1862 qui ne révèlent qu'une fosse sans doute funéraire.

Le nom d'Archelet viendrait de arcella qui signifie borne.

Au début du XIX e siècle, c'est une promenade publique, et elle fut ensuite louée à des particuliers.

Il y aurait des vignes sur la Butte; et on en arracha en 1870 en vue d'un siège, et Jean Jenny ajoute qu'il y avait une fête des vendanges , avant la Toussaint au début du XX e siècle.

Il faut ajouter ce qui ne figure pas sur la carte, c'est à dire les mille et unes petites parcelles qui sont à l'intérieur du rempart de Philippe Auguste.

Ainsi en 1619 le premier octobre, il est dit " que la bannye pour faire vendange est ouverte et qu'il est permis à chacun de vendanger les vignobles.... " suit alors un certain nombre de lieux :

- les Basses et haultes Fortunes et Ponternault ( ?)
- du côté de la porte Saint Privé
- du côté du Pont d'Auron dont
- Les vignobles des Bouloises
- Les vignes du Grand et petit Beauregard qui dépendait de la paroisse de Saint Pierre le Guillard.
- Les vignes de la porte de Bourbonnoux
- Le vignoble des Pijolins
- Les vignobles du côté de la porte Saint Sulpice, vers l'abbaye du même nom, pas trop loin de l'Yèvre.
- les vignobles des Grands Danjons, c'est à dire les terrains situés au large du pont d'Auron, en direction de La Chapelle Saint Ursin.
- les vignobles des Tourailles , paroisse de Saint Eloy. ?

Autre lieu et autres vignobles, aux Machereaux, au nord de la ville actuelle, vers le Moulon avec le signalement en 1796 d'une vigne importante ainsi qu'à Vasselay. Les chroniques signalent qu'aux Machereaux, on a négocié un marché d'une durée de 9 ans avec de 2 labours et 1 binage.

- A proximité, les archives évoquent le clos Catin qui devait être à Saint Doulchard.
- Les Goulevents, dans le quartier actuel qui a conservé ce nom, on trouve en ce lieu en 1607 un Jean Gourdin, vigneron à Bourges qui a une vigne dans les Carmes de Bourges en Goulevent.

Dans son itinéraire de la France, qui a été écrit entre 1612 et 1616, le voyageur allemand Jodocus Sincerus constate que le Berry abonde de vins et cite notamment celui du territoire de Bourges comme particulièrement profitable à la santé ".

 

En 1772, dans la paroisse du Château de Bourges, le registre de l'état civil écrit qu'en 1772, le vin a été abondant, la dîme fut affermée à 1900 livres.
En 1779, les vignes du château et celles d'Auron ont été plus maltraitées que les autres par les gelées du 17 avril.

Et puis Asnières, avec des vignes qui entouraient tout le village, comme aux Garettes.

Les pressoirs de Bourges

On trouve aussi le pressoir à vin établi près de l'église Saint Pierre le Guillard avec 6 cuves garnies de leur anches (robinet).

- pressoir de Turly
- pressoir de Fussy

Les tonneliers

On trouve en 1581 un Denis Chastellier, tonnelier à Bourges qui s'engage à faire à neuf une douzaine de vaisseaux à mettre vin, de 3 pieds de long sur 2 pieds de fond, livrable dans 3 semaines moyennant 6 écus.

Les bannyes des vendanges

La bannye a pour but d'empêcher que les fruits ne fussent récoltés avant leur maturité, d'obvier au danger de pillage où serait exposé un propriétaire... et surtout de prévenir les fraudes dans le paiement de la dîme "

Cela remonte à une charte de Philippe-Auguste à Bourges qui précise dans son article 15 que si quelqu'un est trouvé dans les vignes d'autrui cueillant des fruits, il aura sur le champ l'oreille coupée, à moins qu'il ne préfère payer 5 sols d'amende au Roy et rembourser le dommage.
Et tout porc errant dans les vignes sera tué.

Dates des vendanges à Bourges

de 1541 à 1700, la date extrême du début des vendanges est le 4 septembre (c'était en 1561) pour les plus hâtives et la date du 25 octobre (en 1675) pour les plus tardives.

 

Les surfaces et les unités de mesure de capacité

Dans l'ancien régime, avant le système métrique, mis en place à la Révolution de 1789, le 3 nivôse de l'an VI on a les mesures anciennes.

- mesures de surface :
l'unité, c'est l'arpent qui équivaut à environ 60 ares à Bourges et en berry.
Dans un arpent on a 100 perches.

unité de capacité :
C'est pour le vin, la pinte
Selon les régions, la pinte est divisée en 12 ou 15 petits verres.
la pinte pèse environ 2 livres, à Bourges le poids est de 936 grammes.
1 pinte = 2 chopines.

Le muid représente 128 pintes soit environ 120 litres.
Le poinçon représente 240 pintes
Le tonneau vaut 512 pintes soit 480 litres actuels
Le vaisseau est la moitié du poinçon.
Après 1674, les transactions entre marchands s'effectuent en poinçon et en vaisseau, toutes ces unités sont à Bourges (et dans sa région).

Avant l'arrivée du phylloxera, la ville de Bourges possédait une " ceinture " de vignoble. La ville de Bourges posséda pendant longtemps son vignoble, lequel, comme le montre la superficie exploitée n'était pas loin d'égaler les surfaces de Sancerre.

Cette ceinture allait de Marmagne à Asnières et parfois un peu plus loin.
Ces vignes passaient par Saint-Doulchard, Berry-Bouy, Fussy, Pierrelay, Villeneuve et Saint-Michel-de-Volangis.

Il restait après la seconde guerre mondiale que quelques petites parcelles, de 5 ou 6 ares, à caractère familial, et entre ces quelques pieds de vigne, une terre pelée en friche, avec pour habitants, des vipères.

Au village d'Asnières, la vigne est cultivée depuis le Moyen Age. L'article de presse (ci-contre) évoque les vendanges et l'histoire de ce vignoble autrefois important.

Il semble que durant la dernière guerre et dans les années qui suivirent, la vigne, dans plusieurs quartiers fut remise à l'honneur et fut l'objet de soins intensif, ainsi dans la partie ouest de Bourges le long de la voie du Chemin de Saint Jacques de Compostelle, on retrouve des parcelles qui étaient utilisées pour un vignoble.

De nombreuses parcelles faisaient 200 mètres de long et coupées en tranches de 8 mètres, et c'est ainsi que les rangées de vigne étaient cultivées.

La qualité du vin à Bourges

Il est écrit à la fin du XVIII ième siècle, qu'à " Sancerre, la vigne est cultivée avec un soin et une intelligence extrême ".

Selon Chenu, en 1690, de Bourges et Orléans, le vin " est fort bon ".

Plus tard, en 1802, le préfet du Cher, Luçay fait l'éloge du vin de Sancerre , il est " chaud, léger, généreux, potable après 6 mois qui ne vit guère que 6 ans ".

Il est dit aussi que les vins de St Amand et de Bourges sont médiocres dans leur ensemble et les vins de Bourges ont une durée de 20 ans en conservant leur terroir.

Quant à Butet, il parle des vins de l'arrondissement de Bourges, comme Vasselay et Fussy, et il en dit le plus grand bien.

Au concours régional de Bourges en 1869, et il est question des vins d'Issoudun et de Sancerre qui sont de bonne qualité et ... rien sur Bourges.

On va parler de moins en moins des vins de Bourges, même si il y a parfois des exceptions, comme le domaine des Quatre Vents qui ont un grand succès au concours de 1882, mais attention, un de ses vins datait de 1825. Il était " d'une remarquable conservation et d'une bonne qualité ".


Les émeuters des vignerons du début du XIX ième siècle

Comme cela va se produire dans d'autres régions en France, il y eut des émeutes de vignerons à Bourges.
C'était au mois de mai 1832.
Il y avait eu dès 1830 des rassemblements tumultueux avec une manifestation le 15 août 1830 devant la Direction des Contributions indirectes, c'est à dire les impôts, qui étaient situés rue Moyenne. Il y avait plusieurs centaines de personnes.

Pourtant le 24 août de la même année, le préfet du Cher avait ouvert en mairie une souscription en faveur des vignerons nécessiteux. Le préfet était alors e Comte de Lapparent.
Le maire était Mayet Génétry, il avait été nommé par ordonnance, et Louis Philippe avait promis de soulager la détresse des vignerons, le maire avait déclaré :
" Que nos laborieux vignerons conçoivent d'heureuses espérances.... " Et il va se passer deux ans.

Le 13 mai 1832, ils sont 400 vignerons devant l'Hôtel de Ville, situé au palais Jacques Coeur, ils sont très fâchés contre le gouvernement et le maire.
Il y a les réclamations des Contributions indirectes et c'est l'extrême misère puisque les gelées et la grêle ont détruit cette année, tout espoir de récolte
Le 14 et le 15 mai, ce sont des rassemblements dans plusieurs points de la ville, ils sont très échauffés les vignerons, mais la force armée parvient à les disperser....

Le 16 mai de cette année 1832, il est 5 heures trente du matin lorsqu'un rassemblement important se déroule rue d'Auron, puis se met en marche vers l'Hôtel de Ville qui est alors situé au palais Jacques Coeur.
Le préfet, le maire et le général petit qui commande la 15 ° Division sont présents et ils invitent les mécontents à se disperser. Trois citoyens sont arrêtés, et les gendarmes à cheval entrent en action, dispersant les manifestants.
Quelques personnes sont blessées, et l'Hôtel de Ville est dégagé, forçant les vignerons à se tasser place des 4 Piliers.
Sur cette place, c'est la confusion, il y a 200 vignerons, les autorités et les gendarmes sur cet espace très étroit.
Un gendarme est blessé d'un coup de sabot, les chevaux devenant nerveux alors que 2 vignerons, les sieurs Larpents et Lochet sont frappés et blessés à coup de sabre.
La place est alors évacuée.
Les vignerons s'en vont dans le faubourg d'Auron et reviennent encore plus nombreux, et cette fois ils sont armés de faux, d'outils de toute sorte et même de fusils. Il est alors 8 heures du matin.
A la demande du maire, la garde nationale est mise sous les ordres du général Petit.
A 11 heures, le général petit avec une compagnie de chasseurs parcourt la rue d'Auron au milieu des huées, et disperse un important rassemblement lorsque d'une fenêtre partent deux coups de feu, un gendarme est grièvement blessé à la jambe, et l'autre balle abat un cheval....
La manifestation vire à l'émeute armée, et là, le caractère berrichon reprend le dessus, la foule se disperse, craignant le pire et peu à peu chacun rejoint sa demeure.

Le lendemain un certain nombre d'arrestations sont opérées, et le maire Mayet - Génétry fait placarder dans la ville un proclamation adressée " aux Habitants de Bourges ", elle commence par ces mots :
" La tranquillité de la Ville vient d'être gravement compromise, .... il parle des hommes qui ne respectent plus rien ".
Et il peste contre le surplus de la Garde Nationale qui n'est pas venue préter main forte aux gendarmes comme ce devait être son rôle.
Et il termine :
" Nous engageons tous les citoyens paisibles à seconder les efforts de l'Autorité pour le rétablissement de 'l'ordre ".

Le même jour, le maire de la ville s'adressait par affiche " aux vignerons "

Il rappelle tout ce qu'il a obtenu, venant au secours des vignerons, avec une diminution de 40% sur les droits d'entrepôts, un délai de 8 mois pour le paiement des droits, la réduction sur l'évaluation des vendanges de l'année 1931 ... etc

Et il termine ainsi :

" Tous ces adoucissements accordés à la ville de Bourges et dont aucune autre ville de Bourges ne jouit, semblait de nature à satisfaire la classe des vignerons.
On parle de liberté ! mais la liberté, c'est le niveau de la loi.
Si chacun à son gré peut se soustraire à à l'empire des lois, il n'y a plus que désordre, anarchie ; la loi n'est plus la raison du plus fort.
J'engage les vignerons à fermer l'oreille à de perfides conseils....
Dans tous les cas ce n'est pas par les insurrections, par les menaces, les violences et le meurtre qu'on exerce le droit de pétition. Les magistrats seront toujours prêts à réprimer de pareils désordres ".
A L'Hôtel de Ville, Bourges le 17 mai 1832,
Le Maire de la Ville
Mayet-Génétry

 

Le vin et la vigne dans la période contemporaine

A milieu du XIX ième siècle, voici quelques chiffres de superficie de vignes :

Le Berry (Cher et Indre) 30 000 hectares
Département du Cher 12 400 hectares
Ville de Bourges 1450 hectares
Sancerre 1920 hectares.

On voit donc que les surfaces à Bourges sont assez proches de celles de Sancerre.

Un changement important intervient avec la vente des biens nationaux à la Révolution, il y eut 8000 ventes de parcelles dans le département du Cher et ce furent les propriétaires qui achetèrent parfois les nobles, mais le plus souvent les bourgeois et les notables des villes.
Le Sancerrois voit un morcellement complet des exploitations viticoles .
Dans le Cher, en 1807 et pour 12 400 hectares de vignes, on relevait 3960 propriétaires mais 60 % de ces propriétaires possèdent moins d'un demi hectares, c'est à dire 5000 M2.

50 ans plus tard, selon Butet, les surfaces vont diminuer avec seulement 10 774 hectares, mais avec l'accroissement des moyens de transport, en particulier vers Paris, les surfaces du vignoble augmentent jusqu'à 15 000 hectares, vers 1880 et en plus les rendements augmentaient.

Butet estime que le rendement était de 20 hectolitres à l'hectare en 1829 et 30 à 40 hectolitres à l'hectare juste avant l'arrivée du phylloxera qui ne sera à Bourges que vers 1880.(p 42)

Et pourtant il arrive un évènement en 1860 avec le phylloxéra qui débarque d'Amérique et toutes les vignes de France et du Berry sont décimées.
Il apparaît en Berry en 1881 et en 1890, il ne restait rien du vignoble de Bourges et du Berry.

On utilisera de nombreux produits chimiques à Bourges, comme le soufre, le cuivre, l'arsenic, la chaux, la potasse, l'ammoniaque .... etc.

Mais les différents traitements chimiques ne donneront pas les résultats escomptés.

Turpin, en 1907, évoque un insecticide, le sulfure de carbone et il faut toutefois noter qu'en 1884, alors que le Phylloxera se développe, on trouve à Bourges une vigne qui est qualifiée de ressuscitée, elle est située aux portes de la ville de Bourges et que grâce à ce traitement de sulfure de carbone, elle aurait été sauvée.

Le vignoble passera de 15000 hectares à moins de 3500 hectares.

le vignoble va se reconstituer à partir de 1893 avec des plants américains, des hybrides franco-américains et des plans greffés.

Le secteur viticole va dépérir mais aussi par le changement économique de Bourges, c'est en effet l'arrivée de l'industrie d'armement, avec les Etablissements militaires, qui vont employer de très nombreux ouvriers. Aussi les arpents de vignes exploités par nécessite, vont être délaissés par ces gens devenus des ouvriers dans le milieu industriel local.

Vers 1903 (ou 1910) la surface reconstituée des vignobles dans le Cher sera de 8300 hectares et dans les grandes zone actuelles de Sancerre, Quincy, Reuilly ... etc alors que Bourges ne reconstitue pas son vignoble.
En plus, non seulement il y a eu le phylloxera, mais aussi la concurrence des vins du Languedoc qui arrivent plus facilement dans les grandes villes par les moyens de transport qui se développèrent à cette époque.

 

La période moderne post-phylloxéra

Après la tragédie du phylloxéra, la vigne se reconstitue suivant deux pistes :
- la productivité des surfaces cultivées
- la qualité des vins produits.

Ainsi, le Sancerre dont on ne connaissait que les vins rouges, deviendra avec le blanc le grand vin connu aujourd'hui de par le monde entier.

En 1929, selon Chavard le vignoble de Sancerre a 900 hectares et Quincy 200 hectares et se développe jusqu' obtenir son AOC, alors que d'autres vignobles sont en déclin, comme Chateaumeillant Graçay... etc

En 1945, l'activité viticole s'exerce sur 5000 à 6000 hectares

Les appellations AOC :

Sancerre blanc 1936
Quincy 1936
Reuilly 1955
Sancerre rouge et rosé 1959
Menetou-Salon 1959

Ces appellations deviennent alors des atouts considérables qui vont essentiellement profiter au Sancerrois dont les superficies ne cessent d'augmenter.

Aujourd'hui (1990), il ne reste que 2800 hectares de vignes dont les 5/6 ièmes sont composés de vins de qualité. le cépage est du Sauvignon.

Les vins blancs de Sancerre demandés dans le monde entier vont entraîner d'autres vignobles comme Menetou-Salon qui a selon les spécialistes la même qualité et un prix moindre.

En valeur, pour le Cher si les productions de céréales représentent 32 %, le vin est à 14% ce qui est considérable.

En 1990 (1989) les superficies sont les suivantes :
- Sancerre 1727 hectares
- Menetou 153
- Quincy 111
- Reuilly 21
-Chateaumeillant 56
Le total est de 2068 hectares.
Et on remarque que le vignoble de Bourges a totalement disparu.

175 000 hectolitres sont produits dans le Cher
L'exportation représente 40% de la production dont 145 000 en AOC pour 1990.

 

Les expositions sur la vigne et le vin

En 1955 se déroule au Musée du Berry une exposition sur la vigne et le vin en Berry.

" Pour vivre plus de cent ans
Bois du vin d'Asnières
Car il rend le cœur content
Le bon vin d'Asnières ".

oLe député Alfred Leconte, poète et chansonnier écrit une chanson sur le vin d'Issoudun dont le refrain dit :
" Il est corsé, franc et rustique,
le vin des vignes d'Issoudun
et tout bon vigneron se pique,
d'en vider deux verres pour un ".


Vin de Sancerre

Quelques chiffres


· AOC reconnue en 1936 pour les vins blancs et en 1959 pour les vins rouges et rosés
· Cépages : sauvignon blanc, pinot noir
· Surface : 2 800 hectares (2500 hectares en 2004, 400 vignerons et 25 négociants producteurs, et 14 communes.
· 150 000 hectolitres
· Production annuelle :
· Sancerre blanc (sauvignon): 17 millions de bouteilles
· Sancerre rouge (pinot noir) : 3 millions de bouteilles
· Sancerre rosé (pinot noir) : 1,6 millions de bouteilles


Notes d'Histoire


De nombreuses légendes laissent supposer que depuis la plus lointaine antiquité, la vigne a toujours été présente à Sancerre. Dès 582, Grégoire de Tours indique l'existence du vignoble dans ces écrits. Au XIIe siècle, le vignoble connaît un essor considérable grâce aux moines Augustins de St-Satur et aux comtes de Sancerre. Le Duc Jean de Berry l'estime le meilleur vin du royaume. Plus proche de nous, le vignoble a connu de grands bouleversements. Planté essentiellement en pinot, il fut détruit par le Phylloxéra à la fin du dernier siècle. Par la suite, le sauvignon, particulièrement bien adapté au climat, se développe. Les terroirs et ses hommes en feront un vin dont la qualité sera reconnue dès le premier décret AOC en 1936. En 1959, les vins rouges et rosés, issus de pinot noir, cépage noble, sont à leur tour classés en AOC.
Le développement continu de l'appellation sous l'impulsion renouvelée des générations de vignerons en fait l'un des vignobles les plus reconnus dans le monde. Aujourd'hui les vignerons améliorent sans cesse la qualité de leur travail pour un respect renforcé de l'environnement et une expression encore plus forte des terroirs de l'appellation.

 

Compléments :

A la suite d'une conférence à la bibliothèque des Gibjoncs, plusieurs compléments nous sont parvenus :

Suite à votre conférence d'hier soir que j'ai trouvé très intéressante je vous envoie les documents qui prouvent que mes aïeux ont été il y a bien longtemps propriétaire d'une vigne, ce qui permettra de compléter vos recherches.
Bonne journée
Cordialement
Eliane Beck née Bernagoux

Il s'agit d'un décret du président de la République de 1875 au sujet d'un vaste demaine, "Les vignobles des pelles", situé au sud de la ville pour construire un hôpital militaire qui prendra le nom de Hôpital Baudens.

Le décret de la préfecture date lui de mai 1876.

Ainsi, tout cet espace était couvert avant 1876 par des vignes.


De même Pierre Farges dans le Berry Républicain commente ce sujet des vignes à Bourges :

"Il existait en 1877 une auberge dans le quartier Bourbonnoux, au coin de la rue Béthune Charost qui avait pour nom "Auberge du Gros raisin"."

Et il ajoute que les maisons de l'avenur Eugène Brisson sont dotées de jardins, sûrement d'anciennes vignes.

 

Au sud de la ville, rue Proudhon, la maison de Pierre gaillard était aurefois sur le chemin des vignes. C'est la réalisation des premières habitations de l'Abri populaire qui conduisent à l'arrachage des vignes.

 

Il ajoute que la ruelle du loup, l'avenue de Dun forment un territoire viticole, le domaine de Saint Outrille, et cela est le terrain dit des "vignobles des Pelles" dont il est question dans les plans de Mme Beck.

Retrouvez quelques articles de l'Encyclopédie :
Ils sont nés à Bourges,
François Mitterrand à Bourges
Chiffres essentiels
Les Templiers
Les élections à Bourges au XXe siècle
Les Très Riches Heures du duc de Berry
les villes jumelles
Radios locales
Les francs-maçons
Kiosque et musique
Agnès Sorel
L'horloge astronomique
Les tramways de Bourges
L'Yèvre à Bourges
L'alchimie
La Bouinotte, magazine du Berry
L'usine Michelin
La maison de la Reine Blanche
Serge Lepeltier
L'industrie à Bourges au XXIe s
Monuments Historiques Classés
 

Et puis une nouveauté : L'information et l'actualité à savoir sur Bourges, en quelque clip et quelques lignes :

http://www.bourges-info.com/

 

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