Sigaud de Lafond par Roland Narboux - Bourges Encyclopédie -

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SIGAUD DE LAFOND GRAND HOMME DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

Un des grands savants de Bourges, Sigaud de Lafond, né à Bourges est totalement inconnu, et pourtant c'est un homme fort estimable.

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Version 2015

 

Sigaud de Lafond de BourgesSigaud de Lafond (Joseph-Aignan) est un savant méconnu, il s'est intéressé à la physique, à l'enseignement et à l'électricité. Mais il semble bien qu'il ne fut jamais chirurgien !

Né à Bourges le 5 janvier 1730 dans une des maisons de la rue Porte Jaune au numéro 2.

Son père, Joseph Sigaud Lafon, était maître-horloger ; son parrain Aignan Raby chirurgien. Son frère, Henry, naît cinq ans plus tard et sera peintre à Nantes.

Destiné à entrer dans les ordres, Sigaud est envoyé au Collège Royal de l’Université de Bourges et il fait des études très solides chez les Jésuites.

Sigaud suit donc gratuitement les cours de théologie, de lettres et de sciences. Cet établissement est très renommé ; il comptera jusqu’à quelques centaines d'élèves en 1762, année au cours de laquelle les Jésuites seront chassés.

Le nom Lafond est parfois orthographié avec 2 f, et surtout il y a souvent des confusions, que L'Encyclopédie a aussi véhiculées, sur un Sigaud de La Fond, Jean René, connu comme chirurgien et auteur de travaux sur "l'art de l'accouchement".

Il travaille à Paris au collège Louis-le-Grand tout en pratiquant l'enseignement, avant de mettre en oeuvre un "cabinet personnel". Il y enseignera la physique et la chimie.

Il devient un des grands savants de son époque, et il fut en outre un homme bien intégré dans l'enseignement.

Sigaud de Lafond, comme souvent en ce milieu du XVIII ième siècle a "touché" un peu à tout dans le domaine scientifique.

C'est un homme qui serait aujourd'hui avant tout un grand physicien, c'est un chercheur qui va travailler essentiellement sur la physique appliquée. Il va créer de nombreux instruments , et même des machines.

Il devient répétiteur en philosophie et en mathématiques, tout en s'appliquant à l'étude des sciences physiques. Dans son jeune âge, Sigaud de Lafond est un disciple de l'abbé Nollet, et à l'âge de 19 ans, il commence diverses expérimentations.

En 1776, il est le premier scientifique, avec Macquer à synthétiser l'eau, et il est en quelque sorte un homme de la taille de Lavoisier. Au cours d'une expérience avec Macquer, il démontre que l'air est inflammable (hydrogène), et en brûlant, donne de l'eau. Il s'agit d'une expérience importante démontrant que l'eau, contrairement à la théorie d'Aristote n'est pas un élément premier.

On lui doit aussi l'introduction des plateaux de verre dans les machines électriques.

Trois ans plus tard, en 1779, Sigaud de Lafond revient quelques mois par an dans sa ville natale à Bourges, où il devient enseignant au collège de Bourges, il s'adonne à la physique expérimentale. Dans sa ville natale, les Jésuites ayant été chassés en 1762, il n'y a plus beaucoup d'élèves au collège de Bourges.

Ce n'est qu'en 1782 qu'il se fixe définitivement à Bourges pour y enseigner aussi les mathématiques.

Il est accueilli "comme un sauveur", et outre un "logement de fonction", on lui achète de nombreux instruments pour une somme proche de 10 000 livres.

Tout en enseignant à Bourges, Sigaud de Lafond écrit des ouvrages de science qui sont publiés à Paris comme un Dictionnaire de physique en 4 volumes écrit en 1781. Il publie dans les années suivantes, de 1782 à 1787, un certain nombre de réflexions, on dirait aujourd'hui qu'il est un philosophe, s'intéressant à la morale et à la religion, et il s'oppose à nombre de ses contemporains qui dénigrent les religions, allant à l'encontre des idées de Rousseau.

C'est à cette époque que le collège étant dans une situation toujours aussi mauvaise, Sigaud de Lafond voit les Pères Doctrinaires prendre en main la direction de l'établissement.

Par brevet du 2 novembre 1786, Louis XVI nomme Sigaud de Lafond détenteur de la chaire de physique expérimentale créée au collège royal de Bourges, et là, ce grand homme à 56 ans donne encore des cours publics toutes les semaines.

Il publie de nombreux écrits, comme des traités sur l'électricité, ainsi qu'un dictionnaire des merveilles de la nature.


La tourmente révolutionnaire arrive et Sigaud de Lafond passe cette époque sans trop de difficultés, ce qui semble montrer une forte popularité dans tous les milieux locaux, alors qu'il reste proche de la religion.

En 1792, Lakanal, qui préside alors le comité d'Instruction publique transforme le Collège Royal en Ecole Centrale. Lors de l'inauguration de la nouvelle Ecole Centrale, il est nommé professeur de chimie, Il est alors à Bourges un professeur à la fois admiré et respecté.

 

 

En 1802, il écrit un ouvrage, le dernier, intitulé "l'Electricité médicale" il a travaillé sur les liens entre l'électricité toute nouvelle et la médecine, en particulier sur des personnes paralysées ou comportant des troubles psychologiques.

Homme de grande valeur en 1802, avec l'appui d'Antoine-François Fourcroy, un de ses élèves et grand chimiste, Bonaparte nomme Sigaud de Lafond, alors âgé de 72 ans, comme premier proviseur du lycée de Bourges. Il tiendra ce poste jusqu'à l'âge de 77 ans.

Trois ans plus tard, il est nommé Président de la Société libre d'amis des arts, du commerce et de l'agriculture.

Sigaud de Lafond meurt dans sa ville natale de Bourges le 24 janvier 1810, il avait 80 ans.


Plus tard, Ampère reprendra certains des travaux de Sigaud de Lafond, tout comme Laënnec pour les études réalisées sur l'électricité en médecine.


Les principaux ouvrages de Sigaud de Lafond ont pour titres :

Leçons de physique expérimentale (Paris, 1767, 2 vol.);
Traité de l'électricité (Paris, 1771);
Dictionnaire de physique (Paris, 1780-1782, 5 vol.);
Description et usage d'un cabinet de physique expérimentale, 1775;
Dictionnaire de physique, 1780;
Éléments de physique théorique et expérimentale, 1787;
Dictionnaire des merveilles de la nature (Paris, 1781, 2 vol.; 2e éd., 1802). (L. S.).
 
On notera un ouvrage daté de 1781 :
 
"Précis historique et expérimental des phénomènes électriques, depuis l'origine de cette découverte jusqu'à ce jour.
Et signé par M Sigaud de La Fond, professeur de physique expérimentale, Membre de la Société Royale des Sciences de Montpellier ; des Académies d'Angers, de Bavière, de Valladolid, de Florence, de Saint-Petesbourg etc.."

DANS LE JARDIN DE L'HOTEL DE VILLE FIGURE EN BONNE PLACE LE BUSTE DE SIGAUD DE LAFOND REALISE PAR LE SCULPTEUR JULES DUMOUTET

Sigaud de Lafond de BourgesSitué entre la Mairie et la Cathédrale, le jardin de l'Hôtel de Ville de Bourges comprend outre le buste de Louis Bourdaloue, le prédicateur, un autre buste de même facture, il représente un personnage du Berry, dont la mémoire est totalement tombée en désuétude. Qui à Bourges et en Berry, connait Sigaud de Lafond ? Bien peu de monde, et c'est fort dommage.

Le buste de Sigaud de Lafond, comme pour celui de Bourdaloue aura une dimension de 0,80 mètre de hauteur, sur 0,65 mètre de largeur avec une épaisseur de 0,36 mètre, ce sont des dimensions un peu plus grandes que nature. La commission chargée de réaliser ce legs "a jugé nécessaire, pour la position qu'ils doivent occuper, qu'ils soient exécutés en bronze Keller, c'est à dire, non en cuivre jaune ordinaire (laiton), mais bien avec l'alliage des monuments, fondu et ciselé, pesant environ 50 à 60 kilogrammes, le coût au maximum sera de 600 francs".

La commission a aussi étudié la possibilité de faire réaliser cette oeuvre en fonte de fer. Elle serait ensuite ciselée et peinte en bronze ordinaire et cela ne coûterait alors que 250 francs. Mais en raison de la facilité avec laquelle la fonte de fer s'oxyde, il aurait été nécessaire pour obtenir une parfaite conservation, de les recouvrir d'un cuivrage selon le procédé Oudry, tel que cela se pratique habituellement. Le seul problème, c'est le coût complémentaire de ce cuivrage. Sigaud de Lafond sera réalisé en bronze d'art, il est toujours en place.

Cette statue est généralement entourée de magnifiques fleurs pendant plusieurs mois de l'année. Les fleurs de la Ville de Bourges, dans les rues ou dans les jardins sont devenues depuis les années 1980, un art nouveau et très important pour le rayonnement de la cité.


instrument de Sigaud de LafondUne grande exposition de février à avril 2010, pour les 200 ans de la mort de Sigaud de Lafond, à la médiathèque de Bourges.

Avec une présentation d'une quinzaine d'instruments datant des XVIII e et XIX e siècle.

Ces instruments, rares sont de grande qualité, certains sont ciselés et décorés de feuilles d'or. Ils sont conservés au lycée Alain Fournier de Bourges et ils sont classés "monuments historiques".

Ce travail a été réalisé par :

Mme Christelle Langrand professeur de sciences physique au lycée Marguerite de Navarre à Bourges.

M. Jacques Cattelin, professeur de sciences physique au collège François Rabelais de Tours.

M Sébastien Bourdreux, professeur de sciences physique au lycée Léonard de Vincy d'Amboise.

Et il faut ajouter M. Robert Moreno, l'intendant et conservateur de ces instruments au lycée Alain Fournier de Bourges.

Article réalisé à l'aide des données des services de la Ville de Bourges


Sur la plaque du nom de la rue, Sigaud de Lafond, on trouve "Chirurgine", or pour les spécialistes d'aujourd'hui, il n'en fut rien. Et lorsque l'on attribue "l'art de l'accouchement" à Sigaud de Lafond, il s'agit en fait de Sigaud De La Fond, Jean René 1730-1810, c'est le même nom, les mêmes dates de naissance et de mort, et le prénom est différent. Il serait né à Dijon.

Pour Sébastien Bourdeux :

" Dans les notices écrites par M. Chevalier de Saint-Amand et par M. Méchin-Desquins (1841), il est précisé que Sigaud aurait suivi des études de médecine à l'Université de Bourges puis à Paris. Or, les registres d'inscription de l'Université de médecine de Bourges ne font mention que de deux "Delafont" mais les prénoms ne concordent pas. En outre, il y a confusion entre Joseph-Aignan Sigaud de Lafond et Jean-René Sigault né à Dijon en 1738. Un article intéressant à cet égard a été écrit sur Sigault par Madame Chauney-Bouillot - bibliothécaire responsable du fonds Bourgogne à la Bibliothèque Municipale de Dijon".

http://s.bourdreux.free.fr/cabinet_Sigaud/biographie/sigaud.htm

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