Henri Sellier par Roland Narboux - Bourges Encyclopédie -

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HENRI SELLIER, NE A BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges, dans les années 1920 souffre du manque de logements, en particulier pour les gens modestes. Ce sera l'oeuvre du maire Henri Laudier et d'un natif de Bourges , Henri Sellier.

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Version 2009

 

HENRI SELLIER, LE MINISTRE BERRICHON

Henri Sellier naît à Bourges le 22 décembre 1883 ; son père est ouvrier aux Etablissements Militaires.
Il s'en va très vite à Paris pour suivre des études de haut niveau. Il réussit parfaitement à H.E.C. avant de faire son Droit. Il est boursier, car il n'y a pas beaucoup d'argent dans la famille. En 1898, il s'inscrit au Parti Socialiste Révolutionnaire d'Edouard Vaillant, un autre Berrichon.
Son circuit professionnel commence dans la banque où il devient employé, avant d'entrer au Ministère du Travail comme rédacteur. La politique au début du siècle le passionne. Il n'oublie pas son département du Cher et oeuvre en 1905 pour la réunification des familles socialistes alors divisées.
L'année où Laudier prend la mairie de Bourges, Sellier, lui, s'empare de celle de Suresnes. En 1920, il choisit le camp des "reconstructeurs" et suit la majorité S.F.I.C. après le Congrès de Tours ; il devient donc Communiste. Ce n'est qu'en août 1924 qu'il revient à la "Maison S.F.I.O." ; quelques années plus tard, il devient Président du Conseil Général, puis Sénateur de la Seine.

C'est dans le domaine de l'urbanisme qu'Henri Sellier montre toute sa compétence. Dès 1916, il est administrateur de l'OPHBM de la Seine et il constitue autour de lui une équipe comprenant des architectes et autres hommes de l'Art. Il acquiert des terrains pour construire plus tard des cités-jardins. Henri Sellier anime alors plusieurs Offices et autres organismes d'habitations. En 1920, il est secrétaire de l'Union Nationale des organismes d'habitations à loyers modérés. Sa thèse principale date de 1921 ; il publie en effet "la crise du logement et l'intervention publique en matière d'habitat populaire", puis devient le fondateur de l'Association Française pour l'urbanisme.

Son oeuvre restera dans l'histoire celle de la création des cités-jardins, qui seront des pôles d'attraction résidentiels implantés en fonction du marché du travail. Les cités-jardins constituent des ensembles urbains dans lesquels on réunit des groupes d'individus avec leur famille afin de créér de toutes pièces une cité. Il s'agit de régénérer le tissu urbain. Henri Sellier écrira :

" L'urbanisme social se doit d'organiser un meilleur aménagement de l'humanité, vers un niveau de lumière, de joie et de santé, un meilleur rendement économique car il y a urgence à défendre la race dans tous les domaines contre la certitude de dégénérescence et de destruction que les lamentables statistiques de la natalité, maladie, mort, laissent apparaître : 18 % de la perte du revenu national est due à la maladie".

Dans son action, Sellier cherchera aussi à "redresser les mentalités". Il va appliquer des règles sociales et des grilles de sélection "des candidats" au logement. Le service social de l'OPHBM se chargera de mesurer par exemple le taux de rotation des habitants d'une cité pour évaluer la stabilité et rectifier les écarts avec les normes. Dans l'entre-deux guerres, Sellier sera à l'origine de onze cités-jardins créées autour de Paris.

Cet homme sera un militant de l'urbanisme "à visage humain" et à Bourges, il viendra éclairer de ses conseils les socialistes locaux, dont Laudier.

Sur le plan politique, Henri Sellier militera le reste de sa vie à la S.F.I.O., et il sera ministre de la Santé de 1934 à 1937 ; il ne prendra pas part au vote pour la déchéance des députés communistes ni au vote donnant les pleins pouvoirs à Pétain. Il meurt le 23 novembre 1943, alors que deux ans auparavant, le gouvernement Pétain l'avait révoqué de son poste de maire, la ville de Bourges a donné son nom à une des rues du centre-ville.

L'OFFICE D'HABITATIONS A BON MARCHE

Une des oeuvres essentielles de la municipalité Laudier se concrétisera dans le domaine du logement. La crise du logement à Bourges depuis la fin de la guerre est des plus aiguë. Les causes sont diverses. C'est d'abord le fait que depuis une dizaine d'années, pas ou peu de logements ont été construits ; ensuite, de nombreuses personnes ayant quitté Bourges pour retourner dans leur ville d'origine - situées dans le Nord ou l'Est - conservent à Bourges le logement qu'elles ont occupé pendant le conflit. Enfin, comme le rappelle Laudier le 23 octobre 1920, " beaucoup de nos concitoyens qui s'étaient gênés au possible pendant la guerre, pour faire place aux passagers, ont tenu à reprendre leurs aises dès la guerre terminée".
à suivre

Contribution sur les HBM et sur Louis NERMOND

Bonjour Monsieur. En racontant à mon fils les "exploits" de son arrière grand-père, j'ai recherché des informations sur H.Sellier. En effet, mon grand-père, Louis Auguste NERMOND était un proche de Mr Sellier. Peut-être que ces informations auront un quelconque intérêt pour vous ?

Louis NERMOND est né à Boussac le 12/02/1893 - Ancien combattant de la guerre de 14-18, dès sa démobilisation, il prend une part active à la formation des groupements d'anciens combattants dans lesquels il exerce des fonctions de responsabilités. Il est en 1949 le président national de son organisation.

Il participe à la création des H.B.M. dont il est administrateur-fondateur. Collaborateur direct et familier d'Henri Sellier, il fait partie de son cabinet au ministère de la Santé Publique. Il entre dans l'administration en qualité d'Inspecteur à l'office public d'HBM du dépt de la Seine, est ensuite nommé contrôleur, puis contrôleur principal des HBM au ministère de la Santé Publique. En 1939, à la déclaration de la guerre, il est chargé du contrôle de l'équipement hospitalier des départements d'accueil.

En 1940, aussitôt après la débâcle, il répond à l'appel du Gl de Gaulle et participe à la résistance à l'occupant. Conseiller municipal de Boulogne Billancourt, il collabore avec son maire à l'organisation d'un service secret destiné à favoriser le passage de la ligne de démarcation aux déserteurs et réfractaires français et alliés. Ce service fonctionne jusqu'à l'arrestation et l'exécution de P. Grenier par les Allemands.
Au cours de ses tournées d'enquêtes, il établit la liaison entre les différents groupes aux côtés de H. Ribière, membre du CNR et d'A. Dunois, mort en déportation. Il refuse de collaborer à la municipalité nommée par Vichy où on lui offre de représenter les anciens combattants. Il est le collaborateur du Commandant Sévère, qui jusqu'à sa déportation organise un réseau armé parmi les anciens combattants de la rive gauche.

A la fin de 1942, il est l'un des 5 membres fondateurs du comité interministériel de libération qui organise la résistance dans les administrations centrales et prépare l'installation du gouvernement de la République française avant la libération.

En 1943, contacté par "Ceux de la Résistance", il devient le représentant de ce groupement à Boulogne Billancourt et à ce titre, reprend sa place de conseiller municipal à la libération.

En 1944 il constitue le Comité de libération du ministère de la Santé Publique, en assume la présidence et le 21 août, alors que dans Paris gronde l'insurrection, il prend possession du Ministère de la Santé Publique au nom du gouvernement provisoire de la République française. Peu après, il est nommé Directeur du Personnel, du Budget et de la Comptabilité, et des Habitations à Bon Marché.

En 1946, Mr le Ministre de la Santé publique le désigne aux fonctions d'Inspecteur Général. Il devient alors Conseiller Technique dans le cabinet du Chef du Gouvernement provisoire, puis attaché au ministère de l'Intérieur et enfin Conseiller Technique de Mr le Dr Segelle, Ministre de la Santé publique.

Il est le président de l'organisation des fonctionnaires résistants du ministère de la Santé Publique.

Titulaire de la croix de guerre de 1914-1918, de la médaille de la Résistance, de la cravate de commandeur dans l'Ordre de la Santé Publique et de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur pour services rendus dans la Résistance, il est le nouveau Directeur de l'Institution nationale des Sourds-Muets de Paris.

Il s'éteindra le 6 juin 1949 - Je n'ai pas d'autres informations pour l'instant, mais j'ai l'optimisme de croire que quelqu'un, quelque part se souviendra de lui ? - Voulez-vous seulement me dire si ces informations vous intéressent et si elles croisent en quelque point les vôtres ? Je vous en remercie à l'avance. Carole NERMOND

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