les sculptures de Bourges par Roland Narboux - Bourges Encyclopédie -

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LES SCULPTURES DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges, liste des sculptures situées sur le domaine public de la ville de Bourges. Et quelques articles sur les sculptures et sculpteurs.

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Version 2015

 

les Prés Fichaux de Bourges"Dans les villes paisibles, sombres et taciturnes comme Bourges...à la place des massifs informes et des plates bandes par trop primitives, nous sommes certains que des jardins à la française, correctement tracés et plantés, ornés de bassins apporteraient un charme nouveau".

Edouard André , Août 1864

La Ville de Bourges recèle des trésors inestimables dans le domaine architectural, de la Cathédrale Saint Etienne aux maisons de la rue Bourbonnoux, en passant par le Palais Jacques Coeur, l'Hôtel Lallemant où celui récemment rénové des Echevins, sans oublier les restes des remparts Gallo-Romains.

Les études sur ces chefs d'oeuvres ne manquent pas, même si chacun peut regretter qu'il n'existe aucun grand ouvrage d'art sur la Cathédrale, comme c'est le cas pour Chartres. A côté de ces beautés de l'architecture gothique, la capitale du Berry, au fil des siècles a été embellie avec de nombreuses SCULPTURES, en particulier depuis un siècle et demi. L'édification de ces oeuvres n'a jamais fait l'objet d'un plan concerté, ou d'une véritable politique artistique. C'est souvent le hasard qui a prédominé dans le choix des oeuvres. Le berruyer et le touriste peuvent aujourd'hui admirer ces sculptures. Rarement, il y a eu volonté populaire de les imposer, au contraire, à plusieurs reprises, ce fut l'indifférence ou même le refus.
C'est une balade dans cet art hétéroclite qui vous est proposée dans cet ouvrage, une balade le long des rues et sur les places de la cité. Ces sculptures, au nombre d'une trentaine, le berruyer ne les voit plus. Chacun les côtoient quotidiennement, mais bien peu les remarquent encore, les panneaux modernes de publicité ont pris le pas sur l'art, c'est un dur constat.

La sculpture à Bourges apparaît comme un art populaire, très représentatif d'une époque, il n'y a rien de commun entre le Louis XI de Jean Baffier et le Luchrone d'Alain Le Boucher, mais ce sont bien des tranches d'Histoire que l'on découvre ainsi: la fin du XIX° siècle pour le premier, le début du XXI° siècle pour le second.
Puisse ce présent ouvrage permettre à chacun, berrichon de souche ou touriste de passage, de poser un regard nouveau, et critique, sur l'art sculptural de Bourges, qui mérite intérêt .

Où Se trouvent donc les sculptures de Bourges ?

Bourges intra-muros

1°) PLACE GEORGES SAND LEGS DE COULON VILATTE cliquer ici
2°) PLACE DE LA PREFECTURE LEGS DE BOURDALOUE TARLIER : cliquer ici
3°) JARDIN DE L'HOTEL DE VILLE L'OBELISQUE ----
4°) JARDIN DE L'HOTEL DE VILLE VASES DES 4 SAISONS CUGNOT
5°) JARDIN DE L'HOTEL DE VILLE BOURDALOUE DUMOUTET
6°) JARDIN DE L'HOTEL DE VILLE SIGAUD DE LAFOND DUMOUTET: cliquer ci
7°) PLACE JACQUES COEUR JACQUES COEUR PREAULT
8°) JARDIN DE LA POSTE LOUIS XI par BAFFIER : cliquer ici
9°) PLACE DES 4 PILIERS LEGS DE LE BON BEDEAU
10°) HAUT RAMPE ST PAUL L'HOMME TAUREAU BAFFIER
11°) PETIT JARDIN HOTEL DE VILLE LA BAIGNEUSE CORBIN

Autour des Prés Fichaux Cliquer ici

12°) PLACE DE VERDUN MONUMENT AUX MORTS POPINEAU
13°) JARDIN DES PRES FICHAUX ETERNELLE TOURMENTE COULHON
14°) JARDIN DES PRES FICHAUX LA FEMME A LA CARPE POPINEAU
15°) JARDIN DES PRES FICHAUX HARMONIES BERNARD
16°) JARDIN DES PRES FICHAUX LE DIEU PAN MAIGNAN
17°) JARDIN DES PRES FICHAUX LE PAYSAN DALOU
18°) JARDIN DES PRES FICHAUX VASES DE SEVRES PATOUT
19°) JARDIN DES PRES FICHAUX LA MENADE VALETTE

Les sculpures modernes

20°) PARC SAINT PAUL NU DE FEMME CACHEUX
21°) COUR HOTEL TEMOIN GROUPE BARRIOT
22°) COUR HOTEL CUJAS LE SANGLIER MARTINIE
23°) MAISON DE LA CULTURE LA DANSE POPINEAU
24°) MAISON DE LA CULTURE CALLIBAN CALDER
25°) PLACE DU 8 MAI 45 LA RESISTANCE POPINEAU
26°) BUTTE D'ARGELET LA FLAMME ALARD
27°) JARDIN JEAN DE BERRY HARMONIES DE LA FORÊT RECIPON
28°) RUE MIREBEAU LA FONTAINE JEANNET
29°) HAUT RAMPE SAINT PAUL LE LUCHRONE LE BOUCHER
30°) PLACE SAINTE CATHERINE L'HUITRE ALARD
31°) ILOT VICTOR HUGO L'ORCHIDEE ARADON

 

COSMOS par Bernard Delagrange
PIANISTE par Sylvie Paulhac cliquer ici
JEAN DE BERRY par Coville : cliquer ici
Le TRIPTYQUE de Pierre Jaggi : cliquer ici

Les oeuvres oubliées

32°) OEUVRE OUBLIEE : la DIANE de BLANCHARD
33°) OEUVRE OUBLIEE : L'ETE de POPINEAU
34°) OEUVRE OUBLIEE : JEUNE FILLE de POPINEAU

Regard sur des sculptures de lieux connus

35°) LA CATHEDRALE SAINT ETIENNE Cliquer ici
36°) LE PALAIS JACQUES COEUR
Cliquer ici
37°) L'HÔTEL LALLEMANT
Cliquer ici
38°) L'HÔTEL DES ECHEVINS

Les Sculptures du Bourges insolite

39°) LE PORTAIL SAINT URSIN
40°) LA CROIX MOULT JOIE
41°) LA FONTAINE DE FER
42°) LE RODIN DES CAPUCINS
43°) LA PIERRE DE CALVIN

Les sculptures récentes

Le site sur Robert Barriot: cliquer ICI www.robert-barriot.com
Le legs Germaine Gressin Cliquer ICI

 

 

LE LEGS DE COULON par JEAN BAPTISTE VILLATTE

Cette fontaine est située au centre d'une des places les plus mal connues de Bourges, son nom est pourtant célèbre, il s'agit de la Place Georges Sand.
La sculpture surmontant la fontaine fut édifiée dans les années 1880, à la suite du don effectué par un dénommé Edmé Coulon. Cet homme était menuisier, il devint "propriétaire" et souhaita, dans son testament écrit 6 jours avant sa mort:
"remettre et payer à la ville de Bourges et commune de Bourges, 30 mois après mon décès, et sans intérêt, une somme de 6000 francs dont je fais legs à la ville et commune de Bourges, à la charge pour celle-ci de faire établir une fontaine sur la place Saint Pierre le Puellier de la manière qu'il conviendra".

Il était nous dit Geneviève Bailly, " au lit, malade de corps, néanmoins sain d'esprit, mémoire et entendement" en sa demeure du 21 de la rue Porte Jaune.

Cette place n'était pas très ancienne, elle datait de la Révolution de 1789. Elle avait été tracée à l'emplacement de l'Eglise Saint Pierre le Puellier. A cette époque, elle prit le nom de Place Voltaire, puis, Place des Bonnets Rouges, avant d'être baptisée du nom de la bonne dame de Nohant. Georges Sand ne logeait pas dans ce quartier lorsqu'elle venait dans la capitale du Berry, elle retrouvait son "ami", Michel de Bourges, le grand avocat républicain, entre la rue d'Auron et le Palais de Justice.

C'est le 3 novembre 1870 que la municipalité de Bourges sous le Mairat de Philippe Devoucoux accepte le legs de Monsieur Coulon.

Un concours est lancé par le maire, P. Devoucoux en 1872, ce sera une fontaine monumentale, à la fois décorative et d'utilité publique avec la sculpture représentant une Ville, peut-être celle de Bourges, une vasque et des bornes fontaines.

La réception de cette oeuvre est réalisée en 1874, au mois de juillet par l'archiutecte d ela ville, M. Bourbon.


Et c'est ainsi que Jean Baptiste Villatte, un Berrichon né à Crosses dans le département du Cher, le 15 mai 1823 est appelé à réaliser cette fontaine. Villatte excella dans l'art religieux, on lui doit certaines oeuvres du séminaire Saint Célestin à Bourges. Il sera le sculpteur de plusieurs éléments du portail de l'Eglise de Baugy, ainsi que d'un "portrait de monsieur Célestin Girard sous forme d'un buste en bronze datant de 1886".
L'existence et la mémoire de Villatte ont été sorties de l'oublie par Madame Geneviève Bailly. Elle a rappelé qu'il était le benjamin d'une famille de 9 enfants, et qu'il épousa une jeune fille de Dun-sur-Auron, Françoise Varenne, dont il eut 6 enfants. Deux de ses fils deviendront à leur tour des sculpteurs, le premier au prénom fort peu berrichon s'appelait Torello, le second c'était Louis. Ce dernier a réalisé en 1899 le buste de son père, cette oeuvre en pierre est sur la tombe familiale du cimetière des Capucins à Bourges où tous, père et fils sont enterrés. Dans ce même cimetière, plusieurs statues sont dues au ciseau de Villatte, c'est l'ange qui prie au-dessus de la chapelle de la famille de Corbin, ainsi qu'une oeuvre monumentale de plus d'un mètre de hauteur sur une tombe du vieux cimetière.

La fontaine de Jean Baptiste Villatte est haute de 6 mètres, elle représente une femme couronnée de tours, symbole de la ville, et non pas de Jeanne d'Arc comme on le croit souvent; sur sa main, cette femme tient une tablette sur laquelle est produite l'inscription suivante "Travail- Progrès" . Sur le socle il est encore possible de lire l'épitaphe:


LE LEGS DE BOURDALOUE PLACE DE LA PREFECTURE,par TARLIER & MARTIN

C'est le 2 avril 1870 que le Conseil Municipal de Bourges accepte le projet dressé et présenté par Emile Tarlier. Cet architecte et sculpteur est arrivé premier au concours qui avait été organisé pour édifier une fontaine sur la Place de l'Arsenal, et répondre ainsi au testament olographe rédigé par Paul Bourdaloue, le 16 mai 1868.

Paul Adrien Bourdaloue est un berruyer, né en 1798, il fut, sa vie durant, un grand ingénieur. C'est grâce à sa science et à son action, qu'il permet à Ferdinand de Lesseps le percement du canal de Suez. En effet, Bourdaloue s'était spécialisé dans les mesures géodésiques, et c'est lui qui va établir le nivellement de la zone du célèbre canal, donnant un outil considérable lors de l'établissement des plans. Pour la première fois, Bourdaloue procède au nivellement de notre pays. Entre les années 1857 et 1863, il met en place un réseau de 15 000 repères en fonte scellés: ce sont les premières lignes de niveau de la France.

Paul Adrien Bourdaloue sera le premier géodisien français. Il est enterré dans le vieux cimetière des Capucins à Bourges. Sa tombe, de forme pyramidale, évoque l'Egypte, et au pied d'une des quatre faces, un de ces repères indique l'altitude du lieu.

Bourdaloue à la fin de sa vie avait été élu Conseiller Municipal de Bourges, et dans son testament, il avait donné une forte somme d'argent pour créer plusieurs oeuvres d'art à Bourges. En plus de l'argent, il donnait un anneau en or, garni de onze diamants et provenant d'un don de l'Empereur de Russie, à cela s'ajoutaient deux médailles en or et trois en argent, décernées lors des expositions universelles de Londres et Paris. Le tout sera évalué à 1300 francs.

Madame Veuve Bourdaloue, avec l'argent du legs de son mari, qui s'élevait à 8000 francs, et celui des objets vendus demanda que soient érigés deux bustes et une fontaine. C'est cette fontaine qui, bientôt, sera inaugurée Place de L'Arsenal, devenue depuis Place de la Préfecture ou encore Place Marcel Plaisant.
Cette fontaine a donc une curieuse origine, et ce n'est pas terminé. Comme le legs n'était pas suffisant pour les trois oeuvres d'art prévues, Madame Bourdaloue s'était "engagée à donner gratuitement à la ville, les grandes vasques en fonte formant le château d'eau actuellement placé sur la terrasse de son jardin". Et c'est ainsi que les architectes durent composer avec ces vasques.
La première proposition de Tarlier s'intitulait "les Bituriges", elle remporta le concours devant une oeuvre appelée "décembre 1859". Mais elle était proposée au prix de 7900 francs, alors que le niveau maximum avait été prévue à 6000 francs, il fallait en effet tenir compte du coût des bustes...


Finalement, avec les deux vasques en fonte moulée, provenant des hauts fourneaux de Desforges et Festugières de Brouseval, maîtres de forges en Haute Marne, Tarlier composa le motif principal avec l'aide du statuaire Auguste Martin, dans le cadre d'un marché complémentaire pour le groupe en fonte placé en avant de la fontaine principale.
Il s'agit très certainement d'Isidore Martin, l'auteur du Salon de la Victoire à Bourges, né en 1828 et décédé en 1910.

Ce Martin était né à Orval, et il travailla pour le prix modeste de 400 francs. C'est le Marquis de Vogüe qui fournira la partie principale du motif, dans la fonderie de son usine de Mazières.
Paul Adrien Bourdaloue avait exigé que "sa fontaine" soit construite dans les six ans suivant sa mort, il devait craindre la lenteur berrichonne.

Il y a donc deux motifs :

- la Fontaine avec les deux vasques,

- le Groupe des enfants et dauphins.


Cette fontaine monumentale représente sur un socle de pierre, trois griffons ailées, et au sommet, au dessus des deux flasques, un enfant. Les griffons sont issus des ateliers JJ Ducel à Pocé-sur-Cisse en Touraine.

Cela se fera sous la municipalité de M. Chédin.

Sur le devant de la fontaine, une sculpture d'un autre enfant chevauchant un poisson est très agréable, ce pourrait être une carpe ou un dauphin. C'est la photographie de la couverture de l'ouvrage sur les sculptures de Bourges par Roland Narboux.


Il y a quelques années, cette fontaine s'oxydait et une réfection fut entreprise, le résultat n'est pas totalement satisfaisant, il est difficile et coûteux de maintenir en état notre patrimoine.

De plus par deux fois, le vandalisme a sévit, en 1986 et en 2003, avec de jeunes gens qui sont montés au somment ... et tout s'est écroulé. Il n'y a pas eu de mort, fort heureusement.


PIANISTE par Sylvie PAULHAC
 
pianiste, sculpture de Sylvie PaulhacCette sculpture trône aujourd'hui devant la nouvelle Ecole de musique, qui est un ensemble considérable, d'un coût d'environ 18 millions d'Euros. Elle est à l'entrée de l'école, rue Henri Sellier.
Elle est due à un sculpteur, Sylvie Paulhac, c'est un bronze stylisé représentant un pianiste.
 
 
Le choix a été fait par Serge Lepeltier à la fin de l'année 2004 alors qu'il était ministre de l'écologie.
 
 

JEAN DE BERRY par COVILLE
 
sculpture de Jean de Berry
 
La sculpture qui vous attend dans le petit jardin de l'Hôtel Dieu : Jean de Berry par Coville
 
Il s'agit d'une initiative de Philippe Gitton lors de la biennale d'art contemporain, et cette sculpture fut présentée dans le château d'eau avec d'autres oeuvres.
Puis la sculpture fut achetée par la ville et mise dans le jardin de l'Hôtel Dieu.
 
En fait elle ne représenterait pas Jean de Berry, mais le roi d'une bande dessinée des années 1950.
 
 
 
 
 
 
 
 

Le TRIPTYQUE de Pierre Jaggi
 
La sculpture de Pierre Jaggi a été installée en novembre 2007 sur l'esplanade du Prado.
 
 
Pierre Jaggi, sculpteurC'est un triptyque qui ouvrait en quelque sorte la seconde Biennale d'Art contemporain de Bourges, en novembre 2004, car il était situé au Pavillon d'Auron, et avec ses trois " poteaux " de bois ouverts sur des galets, c'est une œuvre qui ne laisse pas indifférent.
En fait il s'agit de 3 totems en bois, comportant des galets scellés.
Les dimensions sont modestes, avec une hauteur de 2,40 mètres et de 25 centimètres de largeur. Chaque totem, compte tenu de sa hauteur est fixé sur un socle en fonte de 45 centimètres de côté.

La ville a acquis cette œuvre pour la somme de 13 250 euros TTC, et pour éviter tout litige, une convention va lier l'artiste et la ville sur cette œuvre. Dans cette convention, et c'est un élément très nouveau dans l'aspect juridique de cette acquisition, mais " la Ville s'engage ainsi à maintenir cette œuvre dans le lieu où elle a été installée pendant un délai de 5 ans ".
 
Lorsqu'il fut question d'installer cette œuvre " à quelque part dans la ville ", ce ne fut pas simple, et Philippe Gitton fit étudier la possibilité de la placer sur l'esplanade du Prado, en face des cinémas CGR. Une simulation graphique fut réalisée, montrant que ces " trois poteaux " faisaient assez petits sur cette immense lieu, et qu'il fallait mettre la, une œuvre plus monumentale. Un autre lieu fut cherché…. Et ne fut pas trouvé, sinon dans un espace fermé, ce qui n'était pas le but de l'acquisition.
P. Gitton persista et finalement il fut décidé d'ériger le triptyque sur cette esplanade du Prado.
 
Pierre Jaggi, présent à l'inauguration donna quelques clés à son œuvre :
 

" Certains m'ont demandé quelle était la signification de cette " chose ", ces colonnes, ce bois, ces galets… ;
Je dirais que le caractère architectural de cette sculpture se veut un lien entre la nature et le monde urbain.
Galets et bois, alliance du minéral et de l'organique, évoquent la statique et la dynamique, ces deux pôles de la matière distribuée dans l'espace et dans le temps.
Mais, à chacun d'en faire sa lecture, de transmettre sa vision, d'apporter sa réponse. "

 
Pierre Jaggi est un sculpteur qui est originaire de Genève, c'est un artiste plasticien, il travaille avec les matériaux bruts de la nature, il a rapporter beaucoup d'images de ses voyages au Népal, en Argentine ou au Burkina-Faso. Pour lui, son art, c'est le travail du bois, du fer et de la pierre.

Il affirmera ainsi : " j'ai beaucoup travaillé le bronze, et aujourd'hui, je travaille les matériaux premiers, le bois et les galets…. "
Il travaille à Neully en Sancerre, à l'atelier Policet.
Il dira lors de l'inauguration de son Triptyque, en reprenant un mot d'un auteur inconnu : " Voilà l'art au quotidien, prendre le banal et le recycler en merveilleux ! "
Et il terminera par ces mots :
 

Tryptique de Jaggi
" La pratique des arts plastiques permets d'établir des passerelles entre les mondes manuels et intellectuels, de tisser des liens dans le domaine des sciences de la matière et celles de l'esprit….. J'essaie de révéler la nature intime des matériaux avec lesquels je travaille tout en conservant leur spécificité ".

 

 

 


Les sculptures des serres municipales

 

Mais c'est le temps qui est à l'origine des disparitions de certaines oeuvres. Le bûcheron de Riché situé aux Prés Fichaux a été retiré, tout comme les vases monumentaux de Sèvres ou encore le "nu de femme" de Barrias. Récemment, les vases de Cugnot ont subit le même sort. Pour eux, une solution s'imposa : la réfection. Pour la première fois, les responsables ont pris conscience de la valeur de ces œuvres d'art, ce ne fut pas le cas dans le passé, c'est bien dommage. On trouve de l'argent pour construire, édifier, élaborer, rarement pour remettre en état.

Des statues sont donc aujourd'hui stockées. Elles attendent dans les sous-sols de bâtiments publics ou en plein air, comme dans les serres municipales de Bourges situées Chemin Tortiot.

 

J'ai retrouvé ainsi la Diane Surprise de Blanchard, qui est restée plusieurs décennies aux Prés Fichaux. Elle est encore debout, en assez bon état, il suffirait presque d'un petit "coup de Karcher", pour rendre au marbre toute sa magnificence, et aussi de lui remettre un bras, qui gît à terre.


Et puis, recouvert de plaques de mousse, un nu couché d'Emile Popineau. C'est une importante statue de pierre appelée l'Eté. Elle a été plusieurs fois présentée au public berruyer, dans le cadre de fêtes et manifestations. Là, ce nu de femme couchée, de belle facture paraît bien oublié.....

Autre oeuvre de Popineau, une Baigneuse sur pied, aussi appelée "grande figure de jeune fille". Elle est en excellent état et serait une fois nettoyée, un monument que les berruyers pourraient apprécier. C'est l'art très classique du XX° siècle.

 

Enfin, on découvre dans cet emplacement la sculpture en pierre d'une Petite Fille. Cette oeuvre ne semble pas terminée. C'est peut être la dernière sculpture de Popineau car la Ville de Bourges, à la mort de l'artiste proposa d'acheter quelques oeuvres pour venir en aide à sa veuve. C'était en mai 1951. Parmi les statues présentées par madame Popineau et acceptées par la Ville de Bourges se trouvaient "des petites figurines de fillettes sur pied et en pierre", pour un prix total d'environ 300 000 francs.

Parmi d'autres sculptures des serres municipales, deux ont été sauvées, Psyché un marbre de Célestin-Anatole Calmels, un magnifique nu féminin. Cette sculpture a été implantée dans le jardin du Palais de Justice de Bourges.

Et puis en 2009, des vandales jetèrent la statue à -terre et elle fut "cassée" et à l'automne 2010, l'Etat réclama cette sculpture que la ville avait réhabilité, qui fut en partie détruite mais l'Etat la réclamait après réfection totale. Par quel miracle elle fut réclamée par Paris, où est-elle aujourd'hui ? Nul ne sait.

De même une autre sculpture suivra Psyché, c'est Phryné en pierre, une œuvre de Daniel-Joseph Bacque, mais ce ne sera pas le cas.

Daniel Joseph Bacqué est né dans le Lot et Garonne en 1874, il est décédé à Paris en 1947. Il fut un des élèves de Berstamm et de Fumadelles, il exposera à Paris lors de plusieurs salons, dont ceux de 1900 à 1930.
Pour l'exposition de Paris de 1937, il sculpta sur place, dans un énorme bloc de grès, une statue "La Femme", qui est toujours en place au-dessus des jets d'eau du bassin du Trocadéro.

Phryné est une sculpture de pierre haute de 1,5 mètres, large de 0,58 mètre et profonde de 0,45 mètre. L'Etat acquiert cette sculpture, un magnifique nu, très suggestif, Phryné est en effet une belle courtisane grecque, qui fut la maîtresse de Praxitèle.

Sa tenue, qui pourrait passer pour choquante vient simplement du fait que la belle fut accusée de voler la fortune de ses amants et lors du procès, son avocat soulève ses voiles pour montrer sa beauté, et c'est ainsi que Phryné est généralement représentée.

Il fut question de placer cette statue dans le jardin du Palais de Justice de Bourges, mais le thème de cette femme nue, aurait pu poser quelque problème.



Le semeur d'Ivraie

Pendant la dernière guerre, il n'y aura pas d'importants bombardements de la Ville, et l'art ne souffrira pas. Seul accroc, "le Semeur d'Ivraie" sera emporté par les Allemands pour être refondu : il était en bronze!

On retrouve dans un bulletin municipal de la guerre, un rapport de M. Bouchard, qui indique que " Le secrétariat d'Etat à la Production Industrielle a fait enlever aux fins de récupération des métaux , la statue en bronze du Semeur d'Ivraie ", érigée dans le petit jardin de l'Hôtel de Ville, et les bustes également en bronze d'Emile Deschamps et de Louis Lacombe, œuvres respectives de Baffier et Popineau. "

Et le conseiller municipal va poursuivre en signalant qu'il est navran que des œuvres aussi remarquables soient détruites, et afin de les sauver " de la destruction totale ", un moulage en plâtre a été pris.
Le modeleur fut monsieur Delandre qui habitait à Paris et qui était " agréé par le groupe de récupération des métaux " et il s'était spécialisé dans ce type de travail pour plusieurs municipalités. Le prix du moulage est connu, il est de 14 300 francs

 

à suivre  

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Chiffres essentiels
Les Templiers
Les élections à Bourges au XXe siècle
Les Très Riches Heures du duc de Berry
les villes jumelles
Radios locales
Les francs-maçons
Kiosque et musique
Agnès Sorel
L'horloge astronomique
Les tramways de Bourges
L'Yèvre à Bourges
L'alchimie
La Bouinotte, magazine du Berry
L'usine Michelin
La maison de la Reine Blanche
Serge Lepeltier
L'industrie à Bourges au XXIe s
Monuments Historiques Classés
 

Et puis une nouveauté : L'information et l'actualité à savoir sur Bourges, en quelque clip et quelques lignes :

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