Le duc de Berry
se fait construire de nombreux châteaux et palais dont
celui de Bourges qui possédait une vaste salle de 816
mètres carrés, l'une des plus vaste du royaume.
En 1392, Jean de Berry, suit l'exemple
du roi Saint Louis à Paris et surtout sur son frère,
le roi Charles V lance les études et la construction à
son tour d'une Sainte Chapelle attenante au Palais.
La construction est assez rapide, de 1392
à 1397, et c'est Drouet de Dammartin qui assure la direction
du chantier. En 1405, l'édifice est opérationnel
et ce sont 45 personnes qui en forment le chapitre. Elle était
dédiée à Saint Sauveur.La Sainte Chapelle
de Bourges fut édifiée à partir de 1391
par le duc Jean de Berry, qui la confia à un collège
de chanoine à partir de 1405.
Elle devait recevoir la sépulture
du duc Jean de Berry, et
en particulier son magnifique tombeau.
Elle fut détruite en 1756, à la suite d'un ouragan et c'est l'archevêque
de Bourges, le cardinal de La Rochefoucauld que l'édifice
est entièrement démoli. Une rivalité entre
les chapitres de la cathédrale et ceux de la Sainte Chapelle
n'est sans doute pas étrangère à cette destruction.
Elle comprenait les sculptures des prophètes,
des vitraux magnifiques dont certains ont été retrouvé,
.......
Les sculptures sont l'oeuvre de André
Beauneveu et de Jean de Cambrai.
La fin de la Sainte Chapelle
Tout commence avec un incendie en 1693,
le 31 juillet qui va détruire la couverture, mais aussi
la charpente et le clocher.
Comme l'écrit Philippe Goldman, nous possédons
en provenance de plusieurs sources, tous les détails de
cet incendie, lequel détruisit aussi la grande salle du
palais et les chambres du Conseil.
Mais il est signalé aussi que l'intérieur de la
Sainte Chapelle est resté en dehors des flammes.
Le détail et les mémoires sur cet incendie avaient
aussi pour but de récupérer de l'argent, car assez
vite, charpente, clocher et couvertures furent reconstruites,
" à moindre coût ", et en particulier
la charpente fut moins haute que la précédente.
La conséquence fut simple, il y avait une petite partie
du pignon qui restait ainsi à découvert et le vent
pouvait semble-t-il s'y engouffrer.
Dans le domaine des anecdotes, il est signalé que le nouveau
petit clocher ne comportait que 2 cloches et les chanoine , compte
tenu de la beauté de cet édifice en voulaient 6
comme à l'origine.
Et puis il y eut l'ouragan de 1756, c'est
à dire plus d'un demi-siècle plus tard.
Nous étions au soir du 18 février 1756, lorsqu'un
ouragan, sans aucun doute violent emporta le pignon qui s'effondra
sur la Chapelle et " brisa deux voûtes jusqu'au clocher,
cassant quatre croisées et leurs vitraux, deux autels
, une statue d'apôtre et des stalles ".
Les dégât étaient jugés
considérables car cette fois c'était l'intérieur
de la Sainte Chapelle qui était affecté.
La politique ecclésiastique
s'en mêle :
L'ouragan fut-il le prétexte pour
supprimer la Sainte Chapelle ? Nul ne sait, mais il aurait sans
doute été possible, avec de la bonne volonté
de tous, de trouver des finances pour refaire, une fois encore
des travaux.
Mais la politique est entrée en jeu, et comme le souligne
Philippe Goldman, il est certain que les rivalités des
deux chapitres, Saint-Etienne et Sainte Chapelle ont eu une importance
considérable.
D'un
côté, l'archevêque, qui était alors
un des grands du royaume, au nom prestigieux, le cardinal de
La Rochefoucault, qui avait l'appui de l'intendant du Berry,
Denis Dodart et face à cette coalition d'intérêts,
financiers, il faut le dire et de pouvoir, la Sainte Chapelle
ne faisait pas le poids.
Et puis Bourges n'avait plus la grandeur
du XV ième siècle, l'incendie de 1487, puis l'entrée
des troupes protestantes en 1562 avec quelques destructions symboliques
du côté de la Cathédrale Saint-Etienne avait
abaissées la cité qui avait alors moins de 15000
habitants et qui " vivotait grâce à des fonctions
administratives, éducatives et religieuses ". L'activité
économique était alors très faible.
Ainsi, il y eut une volonté de l'archevêque
de réunir les deux chapitres pour des offices communs
à la Cathédrale.
Et puis Dodart le premier émit l'idée de supprimer
la Sainte Chapelle et de réunir ainsi les revenus des
deux chapitres
Et l'archevêque fut totalement d'accord.
De plus la restauration de l'édifice fut évaluée
et là, il y eut sans aucun doute une arnaque pour prendre
le vocabulaire d'aujourd'hui. En effet, pour un nommé
Girardot, il aurait fallu 10 000 livres pour effectuer les réparations
et le chapitre avait un revenu de 40 000 livres, mais dans le
devis présenté au Roi, la restauration du palais
royal brûlé en 1693 fut intégrée dans
les comptes qui atteignirent 200 000 livres !
Et en février 1757, par des "
lettres patentes d'extinction ", tout ce qui concernait
la Sainte Chapelle, immeuble, profits, droits, vases sacrés
et autres ornements étaient donnés au chapitre
de la Cathédrale Saint-Etienne.
Et
le roi se réserva le portrait de Charles VII
Et a partir de l'automne 1757, sous la
conduite de Denis Dodart, la démolition commença,
avec difficulté, surtout pour les piliers et cela va durer
plusieurs années, les pierres étant récupérées
parfois par les riverains ou par Dodart pour son hôtel
et aussi pour élargir la rampe qui passait à proximité
de la chapelle Saint Paul. Il semble même que des matériaux
furent utilisés pour reconstruire le pont Saint Privé
et restaurer l'hôtel de l'Intendance, aujourd'hui préfecture
du Cher.
Drôle de fin pour un monument aussi sublime.
à suivre
La Sainte
Chapelle de Bourges a fait l'objet en 2004 d'une exposition au
Musée du Berry de Bourges, et un ouvrage de très
grande valeur a été édité à
cette occasion.
Pleurant de la
Sainte Chapelle
La Sainte Chapelle de Bourges est souvent
comparée à celle de Paris, et il est certain que
ces deux édifices sont proches :
Sainte Chapelle de Bourges
L = 37 m , l = 12 m , h = 21 m à
deux niveaux
Sainte Chapelle de Paris
L = 36 m , l = 17 m , h = 42 m
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