La Sainte Chapelle de Bourges - Roland Narboux - encyclopédie

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LA SAINTE CHAPELLE DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

La Sainte Chapelle de Bourges, monument remarquable du

XV e, aujourd'hui disparu, renaît...

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Version 2013

 

Le duc de Berry se fait construire de nombreux châteaux et palais dont celui de Bourges qui possédait une vaste salle de 816 mètres carrés, l'une des plus vaste du royaume.

En 1392, Jean de Berry, suit l'exemple du roi Saint Louis à Paris et surtout sur son frère, le roi Charles V lance les études et la construction à son tour d'une Sainte Chapelle attenante au Palais.

La construction est assez rapide, de 1392 à 1397, et c'est Drouet de Dammartin qui assure la direction du chantier. En 1405, l'édifice est opérationnel et ce sont 45 personnes qui en forment le chapitre. Elle était dédiée à Saint Sauveur.La Sainte Chapelle de Bourges fut édifiée à partir de 1391 par le duc Jean de Berry, qui la confia à un collège de chanoine à partir de 1405.

Elle devait recevoir la sépulture du duc Jean de Berry, et en particulier son magnifique tombeau.

Elle fut détruite en 1756, à la suite d'un ouragan et c'est l'archevêque de Bourges, le cardinal de La Rochefoucauld que l'édifice est entièrement démoli. Une rivalité entre les chapitres de la cathédrale et ceux de la Sainte Chapelle n'est sans doute pas étrangère à cette destruction.

Elle comprenait les sculptures des prophètes, des vitraux magnifiques dont certains ont été retrouvé, .......


Les sculptures sont l'oeuvre de André Beauneveu et de Jean de Cambrai.


La fin de la Sainte Chapelle

Tout commence avec un incendie en 1693, le 31 juillet qui va détruire la couverture, mais aussi la charpente et le clocher.
Comme l'écrit Philippe Goldman, nous possédons en provenance de plusieurs sources, tous les détails de cet incendie, lequel détruisit aussi la grande salle du palais et les chambres du Conseil.
Mais il est signalé aussi que l'intérieur de la Sainte Chapelle est resté en dehors des flammes.
Le détail et les mémoires sur cet incendie avaient aussi pour but de récupérer de l'argent, car assez vite, charpente, clocher et couvertures furent reconstruites, " à moindre coût ", et en particulier la charpente fut moins haute que la précédente.
La conséquence fut simple, il y avait une petite partie du pignon qui restait ainsi à découvert et le vent pouvait semble-t-il s'y engouffrer.
Dans le domaine des anecdotes, il est signalé que le nouveau petit clocher ne comportait que 2 cloches et les chanoine , compte tenu de la beauté de cet édifice en voulaient 6 comme à l'origine.

Et puis il y eut l'ouragan de 1756, c'est à dire plus d'un demi-siècle plus tard.
Nous étions au soir du 18 février 1756, lorsqu'un ouragan, sans aucun doute violent emporta le pignon qui s'effondra sur la Chapelle et " brisa deux voûtes jusqu'au clocher, cassant quatre croisées et leurs vitraux, deux autels , une statue d'apôtre et des stalles ".

Les dégât étaient jugés considérables car cette fois c'était l'intérieur de la Sainte Chapelle qui était affecté.

La politique ecclésiastique s'en mêle :

L'ouragan fut-il le prétexte pour supprimer la Sainte Chapelle ? Nul ne sait, mais il aurait sans doute été possible, avec de la bonne volonté de tous, de trouver des finances pour refaire, une fois encore des travaux.
Mais la politique est entrée en jeu, et comme le souligne Philippe Goldman, il est certain que les rivalités des deux chapitres, Saint-Etienne et Sainte Chapelle ont eu une importance considérable.

D'un côté, l'archevêque, qui était alors un des grands du royaume, au nom prestigieux, le cardinal de La Rochefoucault, qui avait l'appui de l'intendant du Berry, Denis Dodart et face à cette coalition d'intérêts, financiers, il faut le dire et de pouvoir, la Sainte Chapelle ne faisait pas le poids.

Et puis Bourges n'avait plus la grandeur du XV ième siècle, l'incendie de 1487, puis l'entrée des troupes protestantes en 1562 avec quelques destructions symboliques du côté de la Cathédrale Saint-Etienne avait abaissées la cité qui avait alors moins de 15000 habitants et qui " vivotait grâce à des fonctions administratives, éducatives et religieuses ". L'activité économique était alors très faible.

Ainsi, il y eut une volonté de l'archevêque de réunir les deux chapitres pour des offices communs … à la Cathédrale.
Et puis Dodart le premier émit l'idée de supprimer la Sainte Chapelle et de réunir ainsi les revenus des deux chapitres… Et l'archevêque fut totalement d'accord.
De plus la restauration de l'édifice fut évaluée et là, il y eut sans aucun doute une arnaque pour prendre le vocabulaire d'aujourd'hui. En effet, pour un nommé Girardot, il aurait fallu 10 000 livres pour effectuer les réparations et le chapitre avait un revenu de 40 000 livres, mais dans le devis présenté au Roi, la restauration du palais royal brûlé en 1693 fut intégrée dans les comptes qui atteignirent 200 000 livres !

Et en février 1757, par des " lettres patentes d'extinction ", tout ce qui concernait la Sainte Chapelle, immeuble, profits, droits, vases sacrés et autres ornements étaient donnés au chapitre de la Cathédrale Saint-Etienne.

Et le roi se réserva le portrait de Charles VII…

Et a partir de l'automne 1757, sous la conduite de Denis Dodart, la démolition commença, avec difficulté, surtout pour les piliers et cela va durer plusieurs années, les pierres étant récupérées parfois par les riverains ou par Dodart pour son hôtel et aussi pour élargir la rampe qui passait à proximité de la chapelle Saint Paul. Il semble même que des matériaux furent utilisés pour reconstruire le pont Saint Privé et restaurer l'hôtel de l'Intendance, aujourd'hui préfecture du Cher.
Drôle de fin pour un monument aussi sublime.

 

 

à suivre

 

La Sainte Chapelle de Bourges a fait l'objet en 2004 d'une exposition au Musée du Berry de Bourges, et un ouvrage de très grande valeur a été édité à cette occasion.

 

Pleurant de la Sainte Chapelle

 

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