la résistance a bourges - Roland Narboux -Bourges Encyclopédie

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LA RESISTANCE A BOURGES
Par Roland NARBOUX

Ce que fut la Résistance à Bourges entre 1940 et 1944 + personnages

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Version 2009

 

Alain Raffesthain et quelques auteurs ont traité de la Résistance dans Bourges et le Cher, un sujet très difficile et encore à travailler compte tenu de la complexité du sujet. Il est délicat d'évoquer aujourd'hui encore le début de la Résistance en France, tant de tabous sont toujours présents un demi-siècle après les événements.

Cet article est une contribution qui attend encore des témoignages et des recherches. C'est ainsi qu'en 2008, avec la sortie d'un ouvrage de Gilbert Moreux, intitulé "Le secret d'Alice", qui remet en cause la vezrsin jusque là officielle de la mort de Julien Girault, le commandant Maxime, chef des FTP du Cher. >>>cliquer

LA RESISTANCE S'ORGANISE A PARTIR DE 1943

Chacun reconnaît que l'institution du S.T.O., Service du Travail Obligatoire, au début de l'année 1943, dont le recensement à Bourges commence le 26 février, a été le ferment du développement des maquis et de la Résistance.
Le besoin de main-d'oeuvre pour l'industrie allemande avait provoqué la réquisition de plusieurs centaines de travailleurs pour aller soit en Allemagne, dans des firmes aéronautiques, soit sur les chantiers de la construction du mur de l'Atlantique. Ces convocations, au titre de "la relève" ou du S.T.O., vont provoquer à Bourges, une forte évolution des mentalités et de l'action politique. Comme l'écrit Maurice Nicault, beaucoup de jeunes gens vont quitter leur domicile et entrer dans la clandestinité. De la nécessité de vivre caché à la recherche de groupes de résistants organisés, il n'y avait qu'un pas, qui fut aisément franchi.
Il ne faut pas oublier, la situation géographique du Berry et du Cher coupés en deux par la ligne de démarcation.
Appel pour les Volontaires SS Français
La Dépêche du Berry du 7août 1944

Les premiers résistants seront des "passeurs" de cette ligne de démarcation.

Il n'y a pas eu de "grand ordonnateur" de la Résistance dans le Cher. L'action s'est faite de manière lente et progressive, avec des groupes multiples, sans liens les uns avec les autres, souvent le fait de fortes personnalités. C'est le cas de Marcel Cherrier, le communiste, entré dans la clandestinité très tôt, comme beaucoup d'autres de ses amis. Il y aura aussi Arnaud de Vogüe, commandant Colomb dans la Résistance, il sera à la tête de "Libération-Nord".

Pierre Jacquet, jeune instituteur et futur journaliste, analyse les débuts de cette Résistance à l'occupant :

"La ligne de démarcation passait à proximité de Bourges et ça a été un peu là qu'a commencé la Résistance parce qu'avec la complicité de la population, et notamment des fermiers, c'est dans cette ligne qu'ont eu lieu les premiers actes de résistance : faire passer des juifs, des prisonniers évadés, des clandestins obligés de fuir la zone occupée, et puis la population a apporté une large contribution.
Les maquis, on n'en a pas entendu parler tout de suite, il y avait parfois plusieurs petits maquis, dans des fermes très distantes les unes des autres, ils s'ignoraient, ce n'étaient pas des maquis, c'étaient des zones de refuge. Des gars qui travaillaient dans les bois, et venaient dormir dans des huttes, comme au maquis de Maupiou, vers Dun.
Il fallait la complicité, sinon active, du moins réelle de la population, les gens voyaient tout ce qui se passait, allaient au ravitaillement, apportaient des nouvelles sur les Allemands.... On n'a pas assez insisté sur le rôle de la population, notamment des petits fermiers qui ont souvent pris des risques".

En juillet 1942, les autorités préfectorales du Cher commencent à s'inquiéter de manière précise sur les agissements de certains habitants du département. Dans une lettre, le préfet attire l'attention de chacun sur "la nécessité de prévenir les actes de sabotage dont les conséquences ne peuvent qu'être infiniment préjudiciables à l'ordre et à la tranquillité publics". En guise de tranquillité, la période ne s'y prêtait guère !
La crainte exprimée alors, c'était de voir des "individus" sans ressource "se laisser soudoyer" par une puissance étrangère, et le préfet s'intéresse aussi à des personnes nerveuses ou malades qu'il faut absolument contrôler ou même interner.
En octobre 1942, le préfet demande qu'on lui fournisse des renseignements permettant l'arrestation de soldats ennemis, d'agents d'espionnage, de saboteurs et de parachutistes. Il informe la population qu'une récompense sera attribuée sous la forme de la libération d'un membre de la famille du dénonciateur.

Une autre note préfectorale de cette même période signale que l'autorité allemande pourra utiliser des armes à feu lorsque, malgré les appels réitérés de "halte" faits à haute voix, les personnes invitées à s'arrêter chercheraient à se soustraire à cette injonction. Et la note avait commencé par ces mots sans ambiguïté :
"... En présence de la multiplicité des attentats terroristes commis dans certaines régions de la zone occupée...." . Ce qui signifie qu'il y avait, en cette fin d'année 1942, une action importante des mouvements de Résistance.

Louise Belleray, infatigable passionaria de cette époque, tient cinquante ans après, à bout de bras, nombre de manifestations et commémorations sur les événements tragiques de la guerre dans le Cher, afin que ne s'éteigne pas le souvenir des hommes qui ont participé à ce combat, en particulier pour que les jeunes générations n'oublient pas . Elle raconte :


"Les mouvements de Résistance dans le Cher, ça a été à l'image de ce qui s'est passé dans toute la France. Les Français ont commencé à se grouper très discrètement, la Résistance n'a pas été une étincelle, ça s'est réalisé au bout de 4 années.
Il y a eu d'abord le Parti Communiste qui a organisé les groupes de 3, l'O.S, organisation spéciale, les camarades se regroupaient à 2 ou 3, les communistes étaient déjà avant la guerre poursuivis et certains étaient en prison.
Ensuite, ça s'est élargi avec la création d'un mouvement, plus élargi, appelé le Front National, en mai 1941.
Le F.N. regroupait des Français de toute opinion, il y avait à Bourges l'Abbé Moreux, qui n'était pas spécialement un homme de gauche. Ensuite, le Front National, à la faveur des événements, il a commencé avec les éditions clandestines, avec pour but de démoraliser les forces allemandes et de donner du courage aux Français.
Puis, ce fut la création de groupes de sabotages, il y a eu le groupe de sabotage des FTPF qui devint une unité combattante en 1942, groupés parfois dans les maquis".

Pourtant, l'engagement dans le maquis n'était pas toujours aisé pour une partie de la population. Le recrutement de la main-d'oeuvre pour l'Allemagne s'intensifiait. Si les personnes désignées ne se présentaient pas, un autre membre de la famille le remplacerait obligatoirement. De nombreuses personnes reculeront leur engagement dans la Résistance face à ces avertissements, "étant retenues par cette menace de voir un de leurs parents prendre leur place".

interview de Louise Belleray pour Recto-Verso (1984)
interview de Pierre Jacquet pour Recto-Verso (1984)
Bourges sous la botte allemande par Edmond Jongleux (non publié)

1943, RESISTANTS CONTRE NAZIS

Avec les premières semaines de 1943, on semble percevoir les premières difficultés des troupes nazies. C'est le 31 janvier que le feld-maréchal von Paulus capitule à Stalingrad, à la tête de la 6e armée allemande.
C'est aussi en France la création de la Milice par Joseph Darnand. Les uniformes seront bleu marine, avec un béret, ils ont été confectionnés à partir de l'intendance des chantiers de jeunesse, le signe distinctif était formé de la lettre gamma, et la devise portait, en quelque sorte, sur la lutte contre le communisme. Cette organisation, placée sous les ordres du gouvernement français, sera à l'origine d'un certain nombre de "basses oeuvres" contre la Résistance.
Les maquis vont prendre de l'importance numérique à partir de la création du S.T.O., en février 1943. Beaucoup de Français refusaient de partir, malgré les menaces sur leur famille. La Résistance à cette époque n'avait pas les moyens de les héberger, ni surtout de les armer. Des groupes recevaient des parachutages, comme les F.F.I. de Cher Nord, mais les F.T.P. ne recevaient pas d'armes. Il y avait des raisons politiques. Ces Résistants, considérés par les Anglo-américains comme étant d'obédience communiste devront se débrouiller seuls.
Comme l'écrit le colonel "Colomb", pour les F.F.I., il fallut plus d'un an de démarches, de recherches, de prospections et d'appels réitérés pour que les envois espérés puissent commencer à lui être livrés. Arnaud de Vogüe, deviendra le patron des maquis F.F.I. du Cher, prenant le nom de "Colomb". C'est l'exemple du rôle joué par une fraction de la noblesse française en lutte contre l'occupant.

C'est vers le mois d'avril 1943 que les prospections de terrains furent commencées et il faudra attendre le mois de juin 1944 pour voir les premiers parachutages !
Et Louise Belleray de conclure : "Et puis il y a les Français de Londres, je pense à une femme, madame Cerveau qui a appartenu au groupe Vengeance, qui était en rapport avec Libération Nord. Les sabotages ont commencé."
Parmi les enjeux stratégiques, le combat sur la possession des émetteurs radio prend de plus en plus d'importance. Dans le centre de la France se trouvait le village d'Allouis, situé à une douzaine de kilomètres de Bourges. Cette base, avec ses deux émetteurs, avait été mise en service en avril 1937, mais les travaux ne sont pas totalement terminés lors de l'arrivée des Allemands. Allouis est occupé, mais le centre n'est pas muet, il sert d'abord comme centre de brouillage de la B.B.C., puis le gouvernement de Vichy obtient l'autorisation de diffuser "La voix de la France" à partir de août 1941. Plus tard, en mars 1944, un second programme sur ondes courtes, "La France Musulmane" à destination de l'Afrique du Nord, est diffusé.
Moins connu, de 1942 à 1944, les Allemands créent depuis Allouis une fausse Radio Brazzaville. Ce pseudo-poste émetteur de la France libre a ses studios à Paris !
Marcel Cherrier évoque au micro de Recto-Verso en septembre 1984, son action dans la Résistance. C'était en mai 1943, et les résistants berruyers décident de saboter l'émetteur d'Allouis, d'où partaient les voix de Jacques Doriot ou de Xavier Vallat.
Marcel Cherrier, raconte :

"Nous avions organisé sérieusement ce travail parce qu'il y avait beaucoup de risques, étant donné que nous l'avons fait en plein jour. D'abord, nous avons obtenu des renseignements sur le passage d'un câble venant de Radio-Paris et alimentant Allouis, et nous avons décidé de le couper sur le trottoir gauche sur la route qui va de Mehun à Neuvy-sur-Barangeon. On a fait une tranchée assez profonde jusqu'à ce que l'on découvre le câble qui était à 80 cm sous terre. Le camarade FTP Roger Melnick s'est employé à couper ce câble en deux endroits et il a enlevé un morceau de ce câble. Pendant quelques jours on n'a plus entendu les calomnies de Radio-Paris. Les Allemands étaient furieux, on avait porté un coup à leur propagande."

Marcel Cherrier, surnommé "le malin", va se sortir de situations difficiles, d'autres vont payer de leur vie ce dur combat. Ainsi, le 11 novembre 1943, Roger Melnick, Gabriel Dordain et 9 autres Résistants d'Ivoy le Pré sont condamnés à mort. Marcel Cherrier se souvient :

"Ceux qui venaient d'être condamnés à mort étaient parmi les camarades les plus valeureux. C'étaient des combattants de l'ombre, très courageux et très modestes. Ils étaient au Bordiot. Nous attendions. Un jour, nous recevons une lettre de Gabriel Dordain, par un gardien patriote qui la fait parvenir à un camarade FTP clandestin. Dans cette lettre, le condamné écrit "demain, nous allons être fusillés, venez si vous pouvez nous délivrer!"


Marcel Cherrier, avec un camarade FTP, Allano, envisage alors de libérer les condamnés à mort. Il se met en relation avec Roland Champenier qui venait de libérer, quelques jours auparavant, au début de novembre, des camarades de l'hôpital de Nevers.


Cherrier me dira :

"Nous lui demandons, si il pouvait revenir avec la camionnette qui avait permis de libérer les résistants de Nevers, et faire la même chose à Bourges. Il avait accepté, et cette nuit-là, la nuit qui précédait l'exécution, nous étions au pied de la prison, moi et Allano. Moi avec une grenade dans la poche, et puis Allano avec un revolver. Nous étions là pour attendre les camarades. Dès qu'ils arrivaient, nous coupions les fils du téléphone, pour empêcher la liaison avec les unités allemandes qui étaient route de Saint Michel.
Nous avions la complicité des gardiens de l'intérieur de la prison qui devaient nous aider à libérer les prisonniers. Mais il fallait disposer d'un subterfuge. Avant minuit, deux hommes portant un chapeau et traînant entre eux un troisième, devaient se présenter devant la porte de la prison et crier Gestapo. La porte se serait ouverte, et les maquisards auraient délivré leurs camarades."
"A minuit, personne n'est arrivé, nous avons attendu une heure, j'ai dit à Allano que nous devrions lancer la grenade, pour montrer que nous étions venus, nous étions peiné, car il avait dû se passer un événement"

Par la suite, Marcel Cherrier apprendra que la voiture qui devait venir, était restée en panne du côté de Jussy Champagne sur une petite route. La libération a avorté, car les hommes de la camionnette étaient nombreux et rompus à ce genre d'actions.

Le 28 Août 1944, les Allemands avouent ne plus contrôler la région, les "terroristes" sont partout. Marcel Cherrier, accompagné de Macquaire, de Louis Bernard et de Didier quittent leur P.C. de Brinay pour une liaison vers la Nièvre. Marcel Cherrier est alors responsable interrégional, il contrôle 5 départements.

Avant Nérondes, il avait rendez-vous avec une camarade qui devait lui indiquer un passage peu dangereux pour traverser la route de Nevers à Bourges, laquelle était sillonnée par de nombreux convois :

" Nous étions arrêtés près d'une petite ferme lorsque soudain, une voiture allemande avec deux officiers et deux autres hommes, s'arrête, j'appuie sur la mitraillette et le combat commence. Les Allemands utilisent des balles explosives et à un moment donné, le chargeur de ma mitraillette est bloqué, nous attendons, c'est le silence. Nous étions 3, nous partons vers une meule de paille, derrière le mur, les deux Allemands mettaient en batterie des fusils-mitrailleurs, un de mes camarades avait une grenade, je dégoupille, je calcule, un deux trois quatre cinq, je lance, elle tombe à leur pied, mais elle n'éclate pas tout de suite, une seconde après, mais alors, il y aura des dégâts.
Il y avait les deux officiers, morts, nous filons dans les bois, et nous arrivons dans un endroit où une paysanne nous conduit à Germigny.
Lorsque nous sommes rentrés plus tard à Bourges, nos camarades nous croyaient morts, j'étais criblé d'éclats par les balles explosives, mais vivant".

La Résistance accueille tous les Berruyers qui veulent lutter contre les nazis et c'est ainsi que dans la ville de Bourges elle-même, se constitue des groupes de résistants, placés sous l'autorité de Georges Rossignol, dont le pseudonyme est "capitaine Robin".
Georges Rossignol est un Berruyer né en 1913, après quelques études à l'école d'Auron, il devient peintre-émailleur puis se dirige vers le bâtiment. C'est en juin 1943 qu'il entre dans la Résistance, au sein du groupe Vengeance. Après avoir échappé à la Gestapo et rencontré le colonel "Colomb", alors tout nouveau chef départemental des F.F.I. du Cher, Rossignol devient "l'oeil de la Résistance" dans la ville de Bourges. Il prendra part aux transports des armes, puis à la libération.

Il y a des Résistants qui se battent, qui sont traqués, et ils ont besoin de ce que l'on appelle aujourd'hui, une logistique. Dans ce domaine, les femmes et les "travailleurs de l'ombre" seront au premier plan. Ainsi Louise Belleray leur rend hommage :

"On oublie ceux qui ont travaillé dans l'ombre, il y avait les agents de liaison, il y avait les fonctionnaires en place dont l'action était nécessaire, ils ont parfois été soupçonnés des deux côtés, aussi bien par la Résistance que par les Allemands. On dit qu'ils aidaient la Résistance, comme les fermiers ou les femmes.
Il faut donner la place à ceux qui ont participé de manière entière, il n'y avait pas d'aides, le risque était le même, dès qu'on était en rapport avec un résistant, celui qui avait caché
Il y a eu par exemple à Genousie, à la Bombarderie, le fermier, sa femme et sa fille de 16 ans qui ont été déportés, on ne les a jamais revus, parce que des maquisards avaient été pris à la porte de leur ferme par Paoli, ils ont alors massacrés les maquisards, et les fermiers ont disparu.

C'était un travail et un rôle obscurs, les femmes pouvaient tenir les rôles d'agents de liaison plus facilement.

Un demi-siècle après ces événements, lorsque les historiens étudient les chiffres des victimes, il faut reconnaître, comme Alain Rafesthain, que la Résistance dans le Cher a eu 172 morts, ce qui est assez faible "même si il s'agit de 172 morts de trop". Cela prouve que les combats de guérilla et la libération du département du Cher a été bien conduits. Les Allemands, par exemple ont eu, dans le Cher et dans cette même période, environ 800 à 1000 morts.

Interview de Louise Belleray pour Recto-Verso (1984)
Bourges sous la botte allemande par Edmond Jongleux (non publié)
1944... et le Cher fut libéré par Alain Rafesthain

En savoir plus sur la guerre de 1939 / 1945 cliquer ICI

Personnages ET commentaires des lecteurs :

Louis Billant et Pierre Lebrun

Louis Billant : c'est un homme qui est le Président des Etablissements Billant de Bourges, qui deviendrons ensuite les Etablissements Luchaire. Pierre Lebrun est Directeur général adjoint de ces mêmes établissements qui étaient situés au Prado actuel, que l'on appelait "les Prés Doulets".
Lorsque les Allemands arrivent en juin 1940, ils veulent fermer l'usine, car ils sont très inquiets des évènements qu'ils n'avaient pas prévu. Ils sont obligé par l'occupant de continuer la fabrication des munitions et des grenades, sous leur contrôle.
Ils entrent tous deux dans la résistance et profitte de leur position dans l'usine pour embaucher de jeunes à qui ils veulent éviter le STO (Service du Travail Obligatoire). De plus ils font passer des jeunes en zone libre.
Mais les Allemands sont très présents, ils soupçonnent leurs activités et :
le 17 mai 1944, Louis Billant et Pierre Lebrun sont arrêtés dans leur usine, à trois semaines du débarquement de Normandie.
Ils sont incarcérés au Bordiot et déportés quelque temps plus tard.
 
Louis Billant décède à la suite de mauvais traitement dont il est l'objet au camp de Compiègne le 24 août 1944, alors que Bourges sera délivré mois de 15 jours plus tard. Il avait 72 ans.
Pierre Lebrun décède lui, dans le camp de Neuengamme le 20 novembre 1944 dans une chambre à gaz.
Le 5 septembre 2002, à la demande de plusieurs associations de la Résistance, une stèle a été érigée par la Ville et inaugurée en leur mémoire au Prado, là où ils avaient été arrêtés.
Sur ces thèmes de la Résistance, nous avons reçu ce court texte par un email signé moreux.gilber
 
texte: Il est étonnant de constater combien l'assassinat de Maxime, chef des FTP du Cher, assassiné le 16 août 1944 est passé à la trappe de l'Histoire, sous la forme de "crime mystèrieux" et ignoré dans l'encyclopédie.
Pierre Jacquet qui a révélé en 1991 les circonstances de la mort de Maxime son camarade, a gardé le silence pendant quarante cinq ans.
Étrange non ?
 
De même, dans un autre ordre, que la disparition, le 12 septembre 1944 d'Octave Paviot maire de Civray et Victor Bernard directeur de l'usine Rosière, descendus par une équipe aux ordres d\'un colonel Beaudouin,membre éminent des FTP du Cher, que vous semblez ignorer aussi.
 
Lundi 3 décembre, sur les antennes de France-culture,"la fabrique de l\'histoire" Henri Martin, militant bien connu pour sa résistance à la guerre d'Algérie, originaire de Rosières, a déclaré que Victor Bernard était membre de la milice alors que mes informations ne le confirment pas.
Sur ces sujets, des lecteurs de l'Encyclopédie auraient-ils des informations pertinentes ? Merci
Le livre de Gilbert MOREUX apporte des éléments nouveaux sur la mort de Julien Girault, dit "Maxime" à Saint Germain du Puy :
 
Dans cet ouvrage intitulé "Le secret d'Alice", l'auteur remet en cause l'histoire dite officielle qui affirme que Julien Girault, alors chef des FTP du Cher a été assassiné à la mi-août 1944 (son corps a été retrouvé le 26 août) par les Allemands.
Or, une enquête approfondie montre dans cet ouvrage, en résumé, que "Maxime", qui était un communiste, était devenu gênant pour beaucoup de monde, à l'intérieure même de la Résistance. C'était le moment, en cette mi-août 1944, de l'unification sur le terrain des différents mouvements de résistance du Cher, en particulier des FFI de Colomb et Magnon et des FTP de Maxime.
 
Maxime aurait donc, selon cette thèse, été assassiné par un accord entre le parti communiste, "les staliniens" dit l'auteur et les Résistants de la France libre de De Gaulle.
Les Allemands et la milice n'y seraient pour rien.
 
Le livre de Gilbert Moreux est passionnant, et permet de mieux comprendre cette période tragique.
 
La vérité est aujourd'hui à deux pas, mais il manque une révélation d'un des auteurs de cette période. Si Pierre Jacquet va donner 30 ans plus tard plusieurs éléments, dont celui de dire "que Maxime n'a pas été tué par les Allemands ou la Milice", mais sans donner le nom de l'assassin ni les commanditaires.
 
Un article complet de l'Encyclopédie de Bourge sur le commandant "Maxime" a été écrit avec de npombreux témoignages
>>>Commandant "Maxime "
 
 
 
à suivre
 

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