La Renaissance a Bourges - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
ECONOMIE
URBANISME
PATRIMOINE
CULTURE
POLITIQUE
ENVIRONNEMENT
HISTOIRE

LA RENAISSANCE A BOURGES 1500 - 1600
Par Roland NARBOUX

Bourges,une période délicate, avec la reconstruction de la Ville, une Université au top niveau, et les guerres de religion.

 RETOUR AU SOMMAIRE
 
 
RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL
Version 2011

 

Avec le début du XVI e siècle, c'est une drôle de période pour Bourges. D'une part la ville a été en grande partie détruite, et c'est un véritable désastre. Mais dans le même temps, c'est une reconstruction frénétique, assurée par l'argent que le roi va verser, mais aussi par une volonté forte des habitants de remonter la pente et de conjurer le mauvais sort.

En 1500, le maire de la Ville de Bourges se nomme Pierre du Breuil.

Quelques repères chronologiques :

Charles VIII, meurt en 1498

Louis XII qui est le fils de Charles d'Orléans, fils de Louis d'Orléans, assassiné en 1407. Ce roi Louis XII va régner de 1498 à 1515. Il viendra à Bourges et fera une entrée remarquée. Il n'a pas de fils et le trône passe à son " petit-cousin " François d'Angoulême, fils de Charles d'Angoulême.,

François 1 er est né en 1494, il devient roi à l'âge de 21 ans, en 1515, enfin une date connue, et il meurt en 1547 après un règne de plus de 30 ans.

Henri II, né en 1519, il est le fils de François 1 er roi de 1547 à 1559

François II, est le fils de Henri II n'a pas eu de chance, il ne reste roi qu'un an en 1559/1560.

Charles IX, lui aussi fils de Henri II est né en 1550, il devient roi en 1560, il a donc 10 ans et il va régner jusqu'en 1574, c'est à dire durant 14 ans.

Henri III devient roi en 1574, il est le frère de Charles IX, il meurt en 1589. Et les Valois passent le trône aux Bourbons.

Henri IV, il est né en 1553, il devient roi en 1589, jusqu'à la rencontre avec Ravaillac en 1610.

 

Se relever du désastre de 1487

Lorsque l'on se promène aujourd'hui dans le Bourges anciens, le nombre de maisons et de monuments édifiés dans ces années là est considérable.

C'est une grande partie des maisons en pans de bois, c'est l'Hôtel Dieu, l'Hôtel Lallemant, l'Hôtel Cujas et quelques autres.

Le début du XVI e siècle est particulièrement tragique dans la ville. A peine sorti du Grand Incendie, c'est la tour Nord de la Cathédrale qui s'écroule une nuit du 31 décembre 1506 dans un fracas sans faire de victime. Mais deux portails de la façade et les premières voûtes de la nef sont atteintes.
Il faudra trouver de l'argent pour reconstruire la tour Nord. Et comme à l'époque on ne veut pas augmenter les impôts, on organise une sorte de " téléthon " qui consiste à donner de l'argent en échange de ces offrande, les fidèles auront l'autorisation de manger " gras " à Carême. Ce sera " la tour de beurre ". Et la tour sera reconstruite avec les conseils de l'architecte Guillaume Pelvoysin dans un style gothique flamboyant.

Puis en 1522, c'est à dire quelques années plus tard, c'est un tremblement de terre, des tornades et une explosion rue de l'Alchimie…. Il devenait dangereux de vivre au pied de la Cathédrale à cette époque. Et un peu plus tard en 1529, ce fut le rivière l'Yèvre qui déborda avec des crues considérables.

Louis XII vient à Bourges au début de l'année 1509, et le 13 mars, il jura solennellement à l'intérieur de la Sainte Chapelle de Bourges d'observer " la Ligue de Cambrai ", qui avait pour objectif le démembrement de la République de Venise.

Les reconstructions :

Outre la tour nord de la cathédrale, il y a comme une frénésie de reconstruction de la ville qui a brûlé en 1487.
C'est l'Hôtel des Echevins reconstruit par l'architecte Jacques de Pigny dès 1492. Dans ce lieu, se retrouvèrent le pouvoir local de la ville, avec selon les directives du roi Charles VIII, les élections par les 4 quartiers de la ville de 8 élus par quartier, ce qui fait 32 conseillers municipaux, comme aujourd'hui, lesquels élisent le maire et 4 échevins, un par quartier, comme les adjoints aujourd'hui.

C'est à partir de 1500, la grande époque de la Renaissance à Bourges avec la présence de l'architecte Guillaume Pelvoysin. On peut voir encore l'immeuble Pelvoysin daté de 1541, qui est rue Pelvoysin et abrite le siège de la Caisse d'Epargne.

Puis en 1515, c'est la construction par Durant Salvi de l'Hôtel qui est devenu le Musée du Berry.

Ajoutons deux églises de cette époque, Notre Dame vers 1525 et Saint Bonnet un peu plus tard vers 1539.

L'Hôtel Dieu, dont on voit encore la magnifique chapelle date de cette époque, c'est à dire en 1525.

Enfin le chef d'œuvre de la Renaissance à Bourges avec l'Hôtel Lallemant, construit pas cette grande famille de commerçants devenus des notables. Ils seront à cette époque parmi les Chevaliers de la Table Ronde de Bourges.

C'est aussi l'arrivée de grandes dames en Berry, la première c'est la duchesse Jeanne de France, fille de Louis XI, qui va travailler sur la création du collège Saint Marie, mais surtout elle sera à l'origine d'un ordre monastique, celui des Annonciades.
On trouve aujourd'hui encore sa chapelle située rue du 95 e de ligne.
Elle fut la première duchesse du Berry.

Les deux Marguerites, duchesses de Berry

Et puis c'est la présence dans ce XVI e siècle des " deux Marguerites ". Ce n'est pas simple à comprendre et chacun d'entre nous peut mélanger l'une et l'autre.

Pour faire simple :

- La première est Marguerite de Navarre, qui était la sœur la plus aimée de François 1 er, c'est une femme de lettre et le roi lui donna son apanage le 11 octobre 1517. Elle s'appela tout d'abord Marguerite d'Angoulême, duchesse d'Alençon par un premier mariage.
Puis elle épousera Henri d'Albret, , et c'est ainsi qu'elle deviendra en fait la grand mère du célèbre roi Henri IV.
Elle fut la seconde duchesse du Berry.
Elle était belle et intelligente, elle fut très présente dans son duché, organisant " les Grands jours ", qui était une sorte de tribunal qui avait la possibilité de juger les autres affaires de droit de l'ensemble de la province. Une sorte de cour de cassation avant l'heure.
Dans une période délicate sur le plan religieux, elle était très tolérante.
Elle fit venir de Milan plusieurs professeurs de grande renommée dont André Alciat, lequel était très proche des idées de la Réforme. Il resta 5 ans à enseigner à Bourges.
De même, elle fit venir Cujas. Et d'autres professeurs parmi les plus grands de l'Europe, comme Melchior Wolmar.

On doit aussi à cette première duchesse un essai de navigation sur l'Auron, en utilisant les données des travaux réalisés à Vierzon à la demande de Louis XII.

- la seconde est Marguerite de France, qui est elle, le sœur du roi Henri II. Le roi lui donna son apanage en 1549. On la dénommait Duchesse Marguerite de Valois. Elle était la nièce de la seconde duchesse.
Elle fut donc la troisième duchesse du Berry. Elle cumulait aussi ce duché avec celui de Savoie.
Elle était cultivée et suivait les idées nouvelles, que ce soit celles de l'enseignement que dans celui plus délicat de la religion.
Elle suivait les idées de Michel de l'Hospital, le célèbre chancelier, " le plus grand, le plus savant, le plus digne et le plus universel qui fût jamais ".
Elle mourut en 1574.

Et les deux duchesses " Marguerite " à plusieurs décennies d'intervalle vont travailler pour développer l'Université de Bourges, avec un grand succès.
" Bourges jouissait alors d'une autonomie comparable à celle des plus puissantes cités libres d'Italie et d'Allemagne, c'était un centre opulent d'industrie et de commerce, en même temps qu'un foyer d'instruction et de perfectionnement ".

Le roi François 1 er en personne venait à Bourges avec toute sa cours afin de suivre les leçons du grand jurisconsulte Alciat.
C'est aussi Alciat qui fut le professeur de grands hommes à Bourges comme Théodore de Bèze, Jacques Amyot et Jean Calvin.
Jacques Amyot sera le précepteur du futur roi Charles IX.

Jean Calvin fera ses études à Bourges et sera aussi un peu professeur tant ses idées nouvelles étaient fortes. On remarque à Bourges la pierre de Calvin située place Gordaine et le couvent des Augustins où il a sa chair…. Mais c'est sans doute une légende.

 

Les guerres de religion à Bourges

La ville de Bourges a rarement été le siège de conflits importants dans toute son histoire. Pourtant, les guerres de religion vont laisser des traces. La raison, c'est la présence à Bourges d'une forte puissance religieuse catholique et en face, le développement de l'Humanisme et du protestantisme.

En mai 1562, la ville est prise par le nord, vers l'Abbaye Saint Ambroix par les troupes des Huguenots, ils ont à leur tête le comte de Montgoméry, celui qui avait tué Henrri II en tournoi. Ils pénètrent dans la ville et commence à la piller et surtout à vouloir abattre tout simplement la Cathédrale Saint Etienne. Ils commencent par mettre à terre et à briser les statues de la façade de la cathédrale, puis ils décident de placer de la poudre sous la tour Nord afin de la détruire. Fort heureusement, comme les soldats avaient soif et que la victoire était grisante, ils ont alors bu plus que raisonnable et s'affalèrent pour… dormir. La Cathédrale était sauvée. C'était la veille de la Fête-Dieu.

En septembre 1562, la guerre de religion se poursuit et cette fois ce sont les catholiques qui l'emportent avec le duc de Guise et ils entrent dans la ville.
Des protestants sont massacrés, d'autres forcés à l'exil.

Quant aux berruyers, ils suivent la bannière du Maréchal de La Châtre qui est un des partisans de ce qui s'appelle " La Ligue ", c'est à dire les ultra catholiques de la famille de Guise.

Le 31 août, un accord est signé par les deux partis, et le tout jeune roi, Charles IX fit son entrée de manière triomphale dans la ville. IL était en compagnie de la reine Catherine de Médicis et resta 6 jours.
Et comme le siècle est un peu " pourri ", la peste fait des ravages et termine les malheureux blessés de la guerre civile. Ainsi les pestes se multiplient, en 1562, la " belle année ", puis 1582, 1597 et plus tard en 1628.
Les guerres de religion se poursuivent avec le point crucial de la Saint Barthélémy, le 24 août 1572. Comme toujours, le temps que l'information arrive à Bourges, et c'est entre le 1 er et 10 septembre 1572 que les protestants furent arrêtés et enfermés dans les prisons de l'archevêque. Plusieurs notables protestants furent massacrés le 11 septembre comme Pierre de La Grange conseiller au Présidial ou Ragueau le notaire.
D'autres protestants comme Hughes Doneau seront sauvés par leurs élèves…. Et s'enfuirent à Genève.
Avec cet événement commence le déclin de l'Université de Bourges. En effet plusieurs professeurs quittèrent la ville.

Les protestants de Bourges qui réussirent à s'enfuir s'en allèrent à Sancerre derrière les murailles de la ville. On l'appela " la petite Rochelle ".

Henri IV, la visite manquée

En avril 1595, le roi Henri IV, sans doute en souvenir de sa grand mère la duchesse de Berry, donne l'apanage du Berry à Louise de Lorraine, qui était tout simplement la veuve du feu roi Henri III.

Et on attendait le roi qui devait venir, d'ailleurs plusieurs tableaux monumentaux avaient été commandés au grand peintre local Jean Boucher, les tableaux furent peints.

Enfin en 1598, le 15 avril c'est enfin la liberté religieuse avec le célèbre Edit de Nantes.

Et ce fut le 14 mai 1610 et sa rencontre avec Ravaillac.


à suivre et à compléter

Retrouvez quelques articles de l'Encyclopédie :
Ils sont nés à Bourges,
François Mitterrand à Bourges
Chiffres essentiels
Les Templiers
Les élections à Bourges au XXe siècle
Les Très Riches Heures du duc de Berry
les villes jumelles
Radios locales
Les francs-maçons
Kiosque et musique
Agnès Sorel
L'horloge astronomique
Les tramways de Bourges
L'Yèvre à Bourges
L'alchimie
La Bouinotte, magazine du Berry
L'usine Michelin
La maison de la Reine Blanche
Serge Lepeltier
L'industrie à Bourges au XXIe s
Monuments Historiques Classés
 

Et puis une nouveauté : L'information et l'actualité à savoir sur Bourges, en quelque clip et quelques lignes :

http://www.bourges-info.com/

 

Vous souhaitez enrichir le site de l'Encyclopedie de Bourges ?

 

Cliquer ici