le rempart de philippe auguste - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie -

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
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LE REMPART de Philippe Auguste A BOURGES
Par Roland NARBOUX et Denis JEANSON

Bourges possédait un rempart, celui dit "gallo-romain", la ville se dote d'un second rempart, appelé du nom du roi Philippe Auguste.

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Version 2009

 

la grosse tour de BourgesC'est en 1179 que le roi Louis VII qui est très malade, donne les reines du pouvoir à son fils Philippe Auguste, qui n'a que 14 ans.

Dans la décennie 1160 / 1190, l'extension de la ville et un nouveau contexte politique font que l'enceinte gallo-romaine doit être revue de manière substantielle. En 1181, le roi autorise les habitants à construire des maisons et autres édifices au-delà du rempart gallo-romain. Certains avaient commencé depuis un certain temps.

 

 

Une enceinte médiévale est alors construite, c'est "un mur de pierres, taluté et bordé d'un fossé, doublé d'un rempart de terre à l'intérieur" nous dit le service du patrimoine de la Ville.

Cette enceinte est alors formée d'un vaste territoire allant vers le pont d'Auron, longeant cette rivière puis longeant la Voiselle au nord et revenant par les marais à l'est. Des portes sont aussi réalisées, comme la porte Saint Privé (rue Edouard Vaillant), la porte d'Auron, , la porte Saint Sulpice et la porte Saint Ambroix.

C'est sur le côté le plus vulnérable, là où l'on dit que César a pris la ville que la nouvelle enceinte reprend le tracé en ajoutant tout de même la Grosse Tour de Bourges.

A partir de 1180, et plus précisément en 1188, que Philippe Auguste fait construire à Bourges cette nouvelle enceinte avec un immense donjon de 38 mètres de haut et 23 mètres de diamètre. Les murs ont une épaisseur de 6 mètres et les fossés sont profonds d'environ 7 mètres. Ce sera le rempart de Philippe Auguste avec la Grosse Tour de Bourges.

La grosse tour fut démolie en 1653.

Cette Grosse Tour est sans doute un prototype puisqu'elle date de 1189, un an avant celle du Louvre. Cette Tour est aussi défendue de l'extérieur.... que de l'intérieur. (son empreinte au sol est aujourd'hui matérialisée au sol).

L'enceinte comprend alors une quarantaine de tours, aux noms les plus cocasses : tour du Diable, de Cresson, Charlemagne, Margot, Bouffe-chou, Gardefort, Percée, Barbenoire, Sautereau ... etc Ces tours servaient de prison et en temps de paix, elles pouvaient être louées.

L'enceinte fut construite en moellons, avec un parement extérieur en pierre de taille. Plusieurs sections possédaient des meurtrières. A l'avant, on trouvait un fossé de 10 mètres de largeur qui isolait la ville.

Il reste en l'état aujourd'hui deux de ces tours visibles du domaine public, la tour Clément, boulevard Gambetta, et la tour à poudre ou tour à balais, en haut de la rampe Saint Paul.

A la fin du XVIII e siècles, plusieurs tronçons furent démolis, , on en fit des promenades, comme le cours Beauvoir. où on construisit la Banque de France. Finalement, le mur gallo-romain a mieux résisté au temps que l'enceinte médiévale.


Voici la contribution de M. Denis JEANSON sur les tours de ce rempart :

L'extension de l'espace urbain.
L'époque carolingienne est liée à une première domestication des marais et peut-être à la création de l'Yévrette, rivière artificielle rejoignant celle de l'Auron près abbaye Saint-Sulpice.
Proche de celle-ci, le bourg Saint-Sulpice se développa autour de son marché et de ses foires.
En 1100, le vicomte de Bourges Eudes Arpin, vendit ses biens au roi de France Philippe 1er pour financer son départ en croisade.
Rempart XIIe s.
Prenant en compte le contexte politique et l'extension de la ville, la construction de ces remparts s'échelonna entre 1160 et 1190 ; Philippe Auguste autorisa les habitants de Bourges à construire sur l'ancien rempart à partir de 1181.
Cette enceinte engloba la ville basse et de vastes zones inhabitées, marais et jardins. Les nouvelles portes se situaient sur les anciennes voies d'accès, entraînant parfois la construction de ponts fortifiés comme pour la porte Saint-Privé, rue Édouard-Vaillant, et la porte d'Auron.
Sur le côté le plus vulnérable, qui reprend le tracé du mur antique au Sud, la construction de la Grosse Tour verrouillait la rue ' et condamnait la porte de Lyon ; la porte Bourbonnoux devenait ainsi l'un des principaux accès à la ville.
Cette enceinte consista en un mur continu, longé au dedans par un rempart de terre large de 20 pieds et au dehors par le fossé, renforcé de tours dont l'espacement s'adapta à la topographie des lieux, serrés sur les hauteurs, lâche devant les marais. La partie basse du mur et des tours au droit des fossés, était en talus, afin de maintenir la poussée des terres.
Le nouveau mur d'enceinte s'appuya sur la tour gallo-romaine n° 5, devant l'archevêché, ce qui protégeait le chevet de la cathédrale, appuyé sur le mur gallo-romain, et atteignait la porte Bourbonnoux.
La ville de Bourges obtenait une surface de défense d'environ 115 ha.

Porte Bourbonnoux.
La Porte Borbone, 1470 ; La Porte Bourbonnou, 1567 (Nicolay, Description générale de Berry, p. 31) ; La Porte Bourbonnoux, 1592 (A.D. 18-E 2181) ; Porte de Bourbonnaux, faubourg de Bourbounoux, 1705 (B.M. de Bourges, plan Nicolas de Fer) ; Porte Bourbonnoux, 1814 (Cadastre M).
Cette porte était défendue, à l'origine ou à une période postérieure, par le pavillon flanqué de 2 tours.

Tour n° 1.
Cette tour se situait entre la tour gallo-romaine n° 5 et la porte Bourbonnoux.

Tour n° 2.
Tour détruite en 1871. Le 1er niveau était voûté en demi sphère, avec de petits claveaux assemblés à larges joints. 5 meurtrières en plein cintre, larges de 5 cm. Embrasures rectangulaire voûtées en plein cintre. Toit en cône.
Tour n° 3.
Tour détruite en 1871. . Le 1er niveau était voûté en demi sphère, avec de petits claveaux assemblés à larges joints. 3 meurtrières en plein cintre, larges de 5 cm. Embrasures rectangulaire voûtées en plein cintre. Toit en cône.
Tour n° 4. Tour du Diable.
Tour au Diable, faubourg de Bourbounoux, 1705 (B.M. de Bourges, plan Nicolas de Fer) ; Tour au Diable, 1814 (Cadastre). Tour d'angle Nord-Est du rempart XIIe s., paroisse Saint-Ursin. Détruite en 1871. Cette tour fut refaite en 1487 parPierre de Crosse sur un plan polygonal. Elle servit de prison au fief du chapitre Saint-Ursin de Bourges. Le 1er niveau était voûté en demi sphère. Meurtrières en plein cintre, larges de 5 cm. Embrasures rectangulaire voûtées en plein cintre. Toit en cône.
A partir de cet angle, le mur descendait vers la rivière de l'Yèvrette. Le désir de mettre l'église collégiale Saint-Ursin intra-muros dut imposer ce tracé.
Tour n° 5. Tour du cimetière de Saint-Ursin.
Tour n° 6. Tour de Cresson.
Tour située près la rue Peschereau.
Tour n° 7. Tour de la Croix de Saint-Marceau.
Tour n° 8.
Tour n° 9. Tour Saint-Louis.
Porte Saint-Louis.
Cette porte était en fait une poterne qui pouvait se fermer en temps de siège (A.D. 18-8 G 911).
Tour n° 10. Tour Digrène.
Tour refaite en 1487, inconnue du cadastre de 1814.
Tour n° 11. Tour Margot ou Marquet.
Tour rebâtie sur plan polygonale, sans doute refaite vers la même époque que la tour du Diable, soit vers 1487.
Le mur qui longeait la rivière de l'Yévrette s'appuyait sur elle. Cette tour se situe au delà de l'eau et la rivière coupait l'angle du mur en laissant la tour au dehors. Cette rivière apparaît ainsi comme servant de fossé de défense à la ville. En 1224, les lieux étaient presque dans le même état que sur le cadastre de 1814 (B.M. de Bourges, Cartulaire de Fontmorigny, p. 154).
A une date inconnue, mais sans doute fin XIIe s., le mur d'enceinte fut étendu dans les marais, jusqu'à la rivière de l'Yévrette,de manière à intégrer les abbayes de Saint-Laurent et de Saint-Ambroix dans la ville. La défense naturelle permit d'espacer les tours.
Tour n° 12.
Située près de la rue Mère-de-Dieu = rue Galilée.
Tour n° 13.
Située devant le Moulin de Voiselle.
Près de ce moulin se trouvait une fausse porte dont Louis XII permit l'usage en 1515 (A.D. 18-8 G 911).
A la suite, le rempart était traversé par le canal ou herveau qui permettait au ruisseau du Mardelon de passer (A.D. 18-8 G 915).
Le mur allait jusqu'à la rivière de l'Yèvre et, par un angle presque droit, revenait à l'Ouest en suivant sa rive gauche.
Porte Saint-Privé.
Située près le pont Saint-Privé, extra-muros, cette porte était défendue par 2 tours extérieures et par le pavillon accosté de 2 tours dont les bases fut détruite vers 1871.
Tour n° 14. Tour de Lyon.
Tour n° 15. Tour de Gardefort.
Tour n° 16. Tour du Cimetière Saint-Ambroix.
Dans le mur, à la suite, pilier ou tour carrée sur lequel se trouvait une échauguette de pierre, dite sentinelle.
Porte Saint-Ambroix.
Tour n° 17.
Cette tour a 2 niveaux. Le 1er est percé de 2 meurtrières à embrasures évasées au dedans, larges de 5 cm au dehors. Un solivage sépare les 2 niveaux. Le 2d niveau est voûté d'une coupole ; il a 5 meurtrières en plein cintre, longues de 2 m 20 et large de 5 cm au dehors ; à l'intérieur, leurs embrasures dont 1 m de haut et 65 cm de large. L'escalier pratiqué dans l'épaisseur du mur conduit à la plate-forme supérieure.
Tour n° 18.
Le mur en ligne droite reliait cette tour de Saint-Ambroix à Saint-Sulpice.
Tour n° 19. Tour Barbenoire.
Tour n° 20. Tour Saint-Clément. Boulevard Gambetta.
Porte Saint-Sulpice. Porte Saint-Grégoire.
Son pavillon était flanqué de 2 tours ; côté ville, la niche au centre abritant l'image ou statue de Notre-Dame. Au dehors se trouvait une sorte de demi-lune qui interdisait tout accès direct et qui dut s'étendre jusqu'au bord de la rivière de l'Yèvre (A.D. 18-4 H 211-212).
Porte Saint-Médard ou Saint-Marc.
Poterne qui se murait à volonté.
Tour n° 21.
Porte aux Voies.
Poterne ainsi nommée à cause de la passe établie pour les bateaux, près des écluses du Moulin de Chappe.
Porte d'Auron.
Porte munie d'un pavillon avec tourelles,orné d'une image ou statue de Notre-Dame de Pitié. Au devant se trouvait un pont-levis défendu par la bastille extérieure.
Tour n° 22. Tour Saultereau.
Poterne du Moulin Messire-Jacques. Connue par l'acte de 1453 (A.D. 18-8 G 1879).
Tour n° 23. Tour de la Poudrière. Boulevard Lamarck.
Tour située à l'angle Sud, recouverte d'un toit conique. Cette servit de magasin à poudre, d'où son nom.
Tour n° 24.
Tour n° 25.
Tour n° 26.
Tour n° 27.
Tour n° 28.
Tour n° 29.

Le mur du XIIe s. rejoignait ensuite la tour gallo-romaine n° 40.
Porte Saint-Paul.
Près du point de jonction, Louis XI fit ouvrir une poterne mise en communication avec la tour du Roy, palais royal. A cause du prieuré voisin, cette poterne reçut le nom de Porte Saint-Paul.
Cet ensemble de fortification reçut 2 bastilles, l'une devant la Porte Bourbonnoux en 1567,de forme carrée, ouverte de flanc ; l'autre à la Porte Saint-Sulpice en 1589, sur ordre du maréchal de La Chatre. Les portes Saint-Privé et d'Auron étaient protégées par les ponts fortifiés.

Dans son dernier état, la ville avait 4 portes : Bourbonnoux, Saint-Privé, Saint-Sulpice, et Saint-Ambroix ; et 7 poternes : Saint-Louis ou Charlet, Voizelles, Saint-Ambroix,Saint-Médard ou Saint-Marc, aux Voies, du Moulin Messire-Jacques et Saint-Paul. La porte de Lyon était condamnée.
Sous le mairat de Clément de Beauvoir, la partie du mur entre les portes Saint-Privé et Saint-Ambroix fut abattue pour faire le cours Beauvoir.
Fin XVIIIe s., les pavillons des portes furent supprimés pour 2 raisons : entretien lourd pour les finances de la ville et gêne pour la circulation.
Les fossés devant le prieuré Saint-Paul furent comblés en 1782 à l'aide des gravats provenant de la destruction de la Sainte-Chapelle.
Les remparts d'Auron se situe sur l'assiette des quais du canal de Berry. En 1870-1871 furent détruit le boulevard Saint-Ursin et les tours qui s'y rattachaient. En 1872-1873, le boulevard Saint-François fut détruit pour y faire le boulevard de Juranville.
La place Villeneuve, connue du cadastre de 1814, plantée sur ordre du préfet de ce nom, vers 1820, fut agrandie en 1871 par le nivellement du boulevard adjacent.

 

rempart de Bourgesla carte du rempart de Bourges (services du Patrimoine)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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