L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
ECONOMIE
URBANISME
PATRIMOINE
CULTURE
POLITIQUE
ENVIRONNEMENT
HISTOIRE

LE QUARTIER DU PRADO ET LES PRES DOULETS
Par Roland NARBOUX

Bourges, et un quartier, celui des Prés Doulet et du Prado qui a beaucoup changé, avec une zone entière consacrée au loisirs et au commerce..

 RETOUR AU SOMMAIRE
 
 
RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL
Version 2009

 

Jaggy au Prado à BourgesLe quartier du Prado est le lieu où se situait autrefois le champ de foire et les abattoirs de la ville, construits en 1864, c'était un modèle du genre. Les abattoirs furent abattus et transférés en 1975 dans la zone de la Prospective pour faire place " au nouveau Prado ".


Ce projet immobilier date de 1985, il est inauguré en janvier 1986 et comprend un hôtel, Ibis, un centre Leclerc et divers magasins dont une pharmacie ainsi que 200 logements ainsi qu'un important parking.

ci-contre Pierre Jaggy devant ses sculptures au Prado mises en place en décembre 2005.


La bataille du nouveau Prado

C'est au début de la campagne électorale à la fin de l'année 1982, que se déclenche la bataille du nouveau Prado. A la place des abattoirs, entre l'Auron et le canal de Berry, sur un site "à la périphérie du centre ancien", comme le dit Serge Lana, architecte en chef du projet et qui a toute la confiance de Jacques Rimbault.

L'opération est prise en charge par la ville de Bourges et les organismes d'HLM, afin de devenir "une zone d'appui et de renforcement du centre-ville". Le programme est basé sur l'habitat social avec plusieurs centaines de logements et sur un centre commercial de 1500 mètres carrés de surface de vente. Un hôtel 2 étoiles est prévu, il comprendra 80 chambres, enfin des magasins et des bureaux termineront cet ensemble.
Mais ce projet ne fait pas l'unanimité à Bourges et le 29 novembre 1982, les commerçants du Cher organisent une grande manifestation contre le gouvernement …. Et contre le projet du Prado. Ils sont plusieurs centaines à défiler aux cris de " Fabius tu nous tues " ou encore " Mauroy ça ne va pas ", et ils marchent vers le Prado, symbole de leur colère au plan local.
Une délégation emmenée par Pierre Bigot est reçue en préfecture.


Le 17 décembre 1982 la pose de la première pierre "Prado-Pré Doulet" s'effectue en présence du préfet du Cher, M. Gillard. Jacques Rimbault explique et défend son projet qui devrait être achevé en 1985. Le maire évoque les 204 logements collectifs au Prado, les 100 autres de même forme au Pré Doulet, passe rapidement sur les commerces et insiste sur les nombreuses places de parking qui sont prévues. Il y en aura très exactement 507. Le coût du projet est évalué à 14 milliards de francs (anciens).

Quelques jours plus tard, le 21 décembre 1982, c'est " La fronde des commerçants ", les 12 responsables d'associations réaffirment "dans un Front unis des présidents d'Unions commerciales" leurs craintes, parlent de gâchis, "d'incohérence dans l'organisation harmonieuse de la cité" . Ils soulignent aussi qu'il est prévu 1499 mètres carrés de surface commerciale, et qu'un projet passe en commission d'urbanisme à partir de 1500 mètres carrés, ils trouvent la ficelle un peu grosse.
Les commerçants reprochent au maire son manque de transparence dans la concertation :


"Que de chemin parcouru depuis le 14 janvier 1982 ! ce jour-là vous promettiez une vaste concertation pour définir le projet du nouveau Prado. Rien de tout cela ! Nous réaffirmons nos craintes les plus vives sur les conséquences incalculables qui vont naître de votre choix".

Le courrier publié dans la presse locale se poursuit :


"Aujourd'hui, face à cette réalisation qui déstabilisera gravement la vocation commerciale du Centre-ville de Bourges, nous réaffirmons notre opposition à ce projet".


Et la lettre se termine par : " les Berruyers jugeront ", et c'est signé de Mrs Bigot, Dufour, Legrand, Buades, Piétu, Ducros, Tabare… etc.
Quelques jours avant le premier tour des élections municipales, Jacques Rimbault fait face à nouveau à cette levée de boucliers de la part des commerçants de Bourges qui refusent l'implantation d'une grande surface et de magasins au Prado.
Le maire de Bourges a cette réponse :


" Pour ma part, je ne suis pas inquiet, il est évident que si une telle implantation avait mis en péril le commerce de la rue d'Auron, j'aurais agi pour l'empêcher" !!!!!

Et il conclut en ajoutant que le programme immobilier en ce lieu va accroître la population du Centre-ville de 10%.

De nombreuses critiques ponctueront l'avancée du projet, durant plusieurs années. Et pourtant, les habitants du quartier seront généralement satisfaits, aux cris des corbeaux près…. Et le commerce fonctionnera dans de bonnes conditions. Un pari urbain réussi et comme les architectes l'avaient prévu " En préconisant un parti de pénétration verte, sous forme de mail, dans le site, à partir de la place Juranville et dans l'axe du portail sud du vieux marché, par le moyen d'une passerelle piétons, franchissant l'Auron".


Le Prado, c'est aussi le nom du stade couvert de basket-ball. En effet, dans les années 1990, se développe une équipe de filles de basket qui franchit en quelques années les plus hautes marches dans ce sport, en devenant championnes de France, puis en remportant à Larrissa en Grèce, la coupe d'Europe. L'engouement du public est extrême, et il faudra agrandir par deux fois le stade du Prado et l'amener à recevoir plus de 3000 spectateurs et le baptiser Palais des Sports de Bourges. Les " filles de Bourges ", appelées amicalement " les tangos " deviennent les ambassadrices de la ville en Europe gagnant deux années consécutives, en 1997 et 1998 la coupe d'Europe de basket féminin.


LES PRES DOULETS : cinéma, restaurants, commerces, patinoire

Un espace peu connu des Berruyers, situé entre la place Juranville, la place Rabelais et le canal de Berry.
C'est dans cette zone que fut implantée à proximité de la voie de chemin de fer métrique, une usine de production d'objets en Celluloïd. Trop en avance ou pas très bien gérée, cette usine ne servit pas et Louis Billant la rachète en 1915 pour fabriquer du " petit matériel de guerre ". Cette usine deviendra par la suite les Etablissements Luchaire.
Luchaire aura son heure de gloire avec les fusées et autres matériels de guerre livrés à l'Iran en dépit de l'embargo du gouvernement. Un scandale sans précédent dans la région.
Luchaire désertera les Prés-Doulets pour le village de La Chapelle Saint Ursin, laissant une friche industrielle que la municipalité de Serge Lepeltier achètera rapidement.

C'est dans cette zone que seront implantées les infrastructures de loisirs nécessaires à la ville de Bourges, avec une patinoire, les cinémas multiplexes et une piscine ludique à vagues. Le tout avec des parkings et un centre commercial, mais tout ne sera pas simple.

En effet, le Centre de loisirs du Pré Doulet patine un peu….. au niveau des délais de réalisation.si les cinémas Multiplex donnent les résultats attendus et font l'unanimité de la jeunesse, les deux restaurants prévus prennent du retard, et la patinoire voit son ouverture reportée…. d'un an ! Quant aux surfaces commerciales, comprenant 4500 mètres carrés, elles existent quelques commerçants qui lance comme en 1982 / 83 une pétition, n'ayant pas tout compris des enjeux économiques d'une cité comme Bourges.

Le succès des multiplex surprend beaucoup de monde, depuis l'inauguration du 26 juillet 2000, ce sont des milliers de personnes qui vont désormais régulièrement au cinéma. Les jeunes ont vite compris l'apport des 12 salles de cinéma et le week-end, les personnes d'un certain âge ou les enfants prennent la direction du Pré Doulet. Certains jours, il manque déjà des places de parking !

 

Pour le reste, il faudra attendre les premiers mois de 2003 pour que la première pierre de la patinoire soit posée d'une manière assez discrète, c'était le lundi 12 mai à 11 heures, alors que les surfaces commerciales commençaient à poindre.

UN DOSSIER A SUIVRE......

La patinoire a été dotée d'une piste de 56 mètres par 26 soit une surface de 1456 m2, l'équipement en configuration "sportive" accueillera 1300 personnes et près de 1400 en configuration "spectateurs".

La patinoire a été inaugurée en 2005 alors que Serge Lepeltier était ministre de l'écologie. Ce fut une cérémonie discrète, avec le maire Roland Chamiot. Les élus firent honneur à la piste et.... le ministre chuta et se cassa un peu le poignet. Lors des questions écrites à l'assemblée nationale il fut possible de le voir avec une main bandée.

Le coût estimé est de 6,5 millions d'euros.

Les résultats de la patinoire furent conforme et même au-delà de ce qui pouvait être prévu.


Demain ?

Au cours des années 2007 et 2008, il y eut quelques évolutions dont la mise en place d'un bowling, puis d'une "sandwitcherie " et aussi la transformation d'un restaurant italien en restaurant chinois.

Et puis, avec la demande forte du Bourges Basket et de son président Pierre Fosset, la construction d'un Palais des Sports fut mise à l'étude.

Fin 2008, le principe était acquis d'un nouveau Palais des Sports (sans salle des fêtes et des spectacles) et le lieu d'implantation serait donc bien le Prado.

Ce Palais des sports devrait commencer fin 2009 et être opérationnel pour 2011.

Retour en haut de page

Retrouvez quelques articles de l'Encyclopédie :
François Mitterrand à Bourges
Chiffres essentiels
Les Templiers
Les élections à Bourges au XXe siècle
Les Très Riches Heures du duc de Berry
les villes jumelles
Radios locales
Les francs-maçons
Kiosque et musique
Agnès Sorel
L'horloge astronomique
Les tramways de Bourges
L'Yèvre à Bourges
L'alchimie
La Bouinotte, magazine du Berry
L'usine Michelin
La maison de la Reine Blanche
Serge Lepeltier
L'industrie à Bourges au XXIe s
Monuments Historiques Classés
 

Et puis une nouveauté : L'information et l'actualité à savoir sur Bourges, en quelque clip et quelques lignes :

http://www.bourges-info.com/

 

Vous souhaitez enrichir le site de l'Encyclopedie de Bourges ?

 

Cliquer ici