bourges protohistorique - neolithique - Roland Narboux -Bourges encyclopédie

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
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LE NEOLITHIQUE A BOURGES
Par Roland NARBOUX

Le Néolithique à Bourges, avec le V° siècle av JC, période remarquable.

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Version 2009

 
BOURGES PROTOHISTORIQUE, c'est un sujet d'une grande difficulté, surtout pour les non-spécialistes. Il existe aujourd'hui de nombreux ouvrages sur le sujet, mais bien peu de monde ont la connaissance indispensable pour les lire.
 
Localisation du site de Bourges
 
Bourges est situé sur une vaste plate-forme calcaire du jurassique supérieur. Elle est traversée par plusieurs fleuves qui vont d'Est en ouest, entre la Loire et l'Indre. On trouve ainsi l'Yèvre, l'Arnon, le Cher la Sauldre et quelques autres.
Au sud et au nord, la zone est délimitée par des "cuestas", qui sont des rebords de plateaux.
C'est donc un relief sans fracture, très ouvert, qui favorise le passage. On peut penser que la première route de l'étain passait pas ce s chemins.
Passage et présence de l'eau vont favoriser l'émergence du site de Bourges pendant l'âge du fer, c'est à dire vers le V° siècle av JC. Les différences de niveau entre les points les plus haut et les marais est d'environ 25 mètres ce qui est assez faible.
La ville va s'étendre sur les rares parties hautes, entourées d'eaux et de marais pour se protéger.
Les écrits de cette époque sur le sujet sont assez rares. Tite Live rapporte que sous le règne de Tarquin l'Ancien à Rome, les Bituriges Cubi dominaient l'ensemble de la Celtique.
Mais il faudra attendre César pour avoir des informations plus précises en 52 av. JC.
Le grand Jules signale et décrit la ville, et remarque le côté esthétique de la cité, ce qui est unique comme jugement de valeur dans sa conquête de la Gaule. Il écrit aussi : la plus belle ville de toute la Gaule ou peu s'en faut".
 
Le premier âge de fer
 
Le site remontre à la fin du premier âge de fer : vers le VIII e siècle av JC. (aujourd'hui, les spécialistes établissent que le site est fréquenté dès le 9° siècle av JC et jusqu'au 6° siècle av JC pour des pratiques cultuelles, établies sur le cours marécageux du Moulon, en amont de sa confluence avec l'Yèvre (vers la gare d'aujourd'hui !)
(ce premier siècle de l'âge de fer va de 1000 ans à 500 ans av JC, c'est le temps des grands échanges et de la métallurgie du fer.
Ce n'est qu'à partir de 1980 que l'on commence à avoir davantage d'éléments sur cette lointaine période.
 
La chronologie de l'âge de fer
 
On distingue aujourd'hui avec Jacques Troadec des phases suivantes au nombre de 4 :
- le site est très fréquenté au VIII e au VI e siècle av JC ( vers 500 à 700 ans av JC).
J. Gran Aymerich distingue deux phases dans cette période.
La première dite Phase A va de la fin du VIII e siècle à la fin du VII e siècle, ce qui correspond à l'Hallstatt C.
Par contre l'habitat a surtout été trouvé autour de Bourges, en dehors du promontoire, sans doute parce que pour l'instant on a pas tout cherché sur le promontoire.
A signaler une épée de type Gündlingen en fer, sans doute les restes d'une sépulture de l'époque.
La seconde phase, dite B est datée de la fin du VII e siècle (- 680 ans) et le dernier quart du VI e siècle ( - 575 / - 600 ans) . Cela correspond à la phase Hallstatt D1.
Cette période est connue par le règne d'Ambigat et des Bituriges, traité par Tite-Live. Et dans notre région, l'occupation du site n'est pas évidente.
Ce sont donc des phases dites préliminaires, les phases principales d'utilisation du site protohistorique devenant le suivant avec 3 phases principales :
- Tout semble commencer vers 525 av JC et se développer dans la seconde moitié du VI e siècle av JC (soit vers 550 ans av JC).
On commence à trouver des habitats sur le promontoire. Un habitat bien structuré ainsi que des sépultures. En particulier, dans cette dernière période qui va de 440 à 400 ans av JC, on a retrouvé beaucoup de céramique à Saint Martin des Champs à Bourges. Cet habitat est doté d'un mobilier de grande qualité.
Cela semble disparaître à la fin du Ve siècle (an 400 av JC) .
C'est un peu une question et un mystère.
 
- La phase II correspond aux IV e siècle et III e siècle av JC ce sont les phases dite de La Tène, c'est à dire le second âge du fer. ( - 300 à - 200 ans av JC) .
Pendant 2 siècles, c'est comme un abandon de l'habitat, l'occupation existe mais n'est pas structurée sur le promontoire. Cela concerne les IV e et III e siècles av JC (c'est à dire 200 à 300 ans av JC). Que s'est-il passé ? Les spécialistes n'en savent rien.
Dans la seconde partie de cette longue période, dans la Tène moyenne, on a retrouvé un peu de mobilier, comme lors des fouilles de la Nation. De même on a retrouvé à Lazenay un tesson de céramique à vernis noir datant du III e siècle av JC.
- Et puis tout revient presque comme avant, c'est à dire vers l'an 100 av JC, et progressivement pendant 50 ans, la ville se repeuple, avec une réinstallation sur le promontoire et des fortifications comme César va nous les décrire en 52 av JC.
Les objets trouvés sont intéressants, par exemple des bijoux ou un rasoir de type "villanovien" qui venait d'Italie, ou encore un manche de poignard allemand du début du VII e siècle (600 ans av JC).
On a trouvé aussi des épées, une douzaine, et d'autres en bronze. Les celtes étaient déjà des fabricants d'armes. L'enquête continue.
Vers 400 à 500 ans av JC, on trouve de l'habitat très important, et en particulier une résidence aristocratique.
Vers le golf, c'est un tumulus avec des bijoux dont une figure de bélier, sans doute une tombe princière.
Mais c'est aussi en centre ville avec une autre demeure princière rue Littré, et une zone d'habitat rue de la Nation.
Enfin, du côté du fin Renard, on a découvert des nécropoles, tout comme à Lazenay. Enfin, ces derniers mois, c'est à Esprit 1 (Port Sec Nord) que l'on a trouvé des traces de l'époque du 5° siècle av.JC.
 
Il y a quelques semaines, les archéologues étaient ici sur le site de l'Hôtel Dieu et après avoir mis à jour la période du Moyen Age, le gallo-romain, ils en étaient à découvrir des traces datant du V° siècles av JC.
La ville de Bourges est avec Lyon, la plus grande ville du pays Celte ou de la Gaule dans cette époque de la fin du premier âge de fer.
C'est une étendue assez extraordinaire, puisque l'on trouve des traces de cette période lointaine sur la majorité des sites explorés.
En conclusion, le site de Bourges est globalement peuplé au cours de l'âge de Fer, avec "deux vides principaux" correspondant à deux périodes :
- le tout début du premier âge de fer ( - 1000 à - 700 ans av JC) n'est pas attesté sur le promontoire et un peu à Asnières, Lazenay, sur la rive de l'Yèvre vers Saint Germain du Puy.
- les IV e siècles et III e siècles (c'est à dire de - 200 à - 400 ans av JC) qui ne sont pas attestés, alors que sur le plan des sépultures, en dehors de Bourges, il semble y avoir une continuité.
Quant à l'occupation du site, on a :
- une émergence assez soudaine et précoce d'une agglomération, que des auteurs qualifient de "princière", mais d'une durée assez brèves, principalement le V e siècle av JC. ( - 400 à - 500 ans av JC).
- Puis une réactivation tardive du site, en particulier sur le promontoire. L'occupation de l'oppidum, pose toujours problème dans la période du 1 e siècle av JC. Il y a une différence très forte entre la description de César et les recherches archéologiques qui n'ont pas trouvé de traces indéniables.
On ne trouve pas de continuité entre les occupations du premier âge du fer et la fin du second âge du fer !
 
Le Ve siècle av JC :
 
D'après tous les spécialistes d'aujourd'hui, le V e siècle av JC en Berry "est une période extraordinairement faste" selon Augier, Milcent et Buchsenschutz à la suite des 20 dernières années de fouille.
 
"A Bourges notent les 3 spécialistes, l'analyse de l'habitat comme des riches sépultures de sa périphérie, révèle l'existence d'une agglomération étendue et prospère. Les échanges avec la Méditerranée sont marqués par de nombreuses importations. Un artisanat de luxe laisse des traces dans presque tous les sondages effectués de 1980 à 2000. La répartition des sépultures riches sur le territoire suggère une organisation hiérarchique qu'il faudra préciser".
 
Ainsi les résultats des archéologues sont parfaitement cohérents avec les textes de Tite Live qui fait mention d'une " royauté biturige à l'origine des déplacements celtiques en Italie du Nord et en Europe Centrale".
Avaricum, poursuivent les spécialistes "fait penser à une agglomération proto-urbaine, capitale d'un royaume celtique éphémère dont le rayonnement économique et diplomatique dépasse largement le cadre d'un territoire déjà étendu".
 
La future Avaricum apparaît dans le dernier quart du 6 ° et au 5° siècle av JC, par son ampleur et sa richesse, comme un site majeur de l'Europe Moyenne. Aux 2 ° et 3° quart du 5° siècle, av JC, le site se présente sous la forme d'une agglomération polynucléaire très lâche, étendue sur plus de 200 hectares, répartis en trois zones concentriques :
- les marécages, au bas de l'éperon correspondent à une zone cultuelle;
- l'éperon, espace facile à protéger, accueille une zone résidentielle avec un habitat privilégié,
- au sud est, des activités artisanales et agricoles dispersées le long des voies pénétrant dans le promontoire, mêlé de zones funéraires. (rapport de diagnostique de fouilles par l'équipe de Jacques Troadec).
 
 
 
 
A partir de 420 av JC, les contacts semblent sporadiques, et Avaricum semble être un site pratiquement abandonné, nous sommes à la fin du V ° siècle av JC. Le" nombre d'habitants diminue alors de manière sensible. En 400, il ne reste que quelques habitats dispersés. La société semble alors dispersées, peu hiérarchisée, dominée par une élite guerrière.
Certains auteurs mettent en avant des troubles internes. L'intérieur des sociétés celtiques aurait été miné de l'intérieur, les querelles internes sont une loi sur notre territoire. D'où le développement des mercenaires et des vagues de colonisation vers l'Italie.
 
Il faut attendre le début du 2 ° siècle av JC pour voir le site reprendre de l'ampleur.
L'épée de bronze retrouvé vers le Moulon en 1878 par M Chaudon, est intéressante, elle date de la fin de l'âge de bronze vers 900 - 775 av JC elle était à trois mètres de profondeur dans des dépôts tourbeux. (sans doute sur la zone géographique des Prés le Roy).
Cette épée "est droite, à double tranchant, avec une pointe allongée et émoussée la longueur est de 65 centimètres, 3 à 4 centimètres de largeur et elle pèse 700 grammes".
 
 
 
Article provisoire compte tenu de la complexité du sujet et de la difficulté à le rendre clair à de non-spécialistes.
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