le moyen age a bourges - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie -

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
ECONOMIE
URBANISME
PATRIMOINE
CULTURE
POLITIQUE
ENVIRONNEMENT
HISTOIRE

LE MOYEN AGE A BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges,et le Moyen Age, 1000 ans d'Histoire..... (article en construction).

 RETOUR AU SOMMAIRE
 
 
RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL
Version 2009

 
Bourges, dans ce que chacun peut voir aujourd'hui apparaît dans son centre-ville, à l'intérieur du rempart gallo-romain et même à celui de Philippe-Auguste comme une cité médiévale. Une ville dont le patrimoine historique peut être daté à partir du XIII ième siècle avec l'âge d'or qui est le XV ième siècle.
C'est une ville où le Moyen Âge est très présent.
 
Dater ce qu'est le Moyen Age :
 
Le Moyen Âge occidental est l'époque de l'Histoire située entre l'Antiquité et l'Époque moderne, donc grossièrement entre 500 et 1500 après Jésus Christ. Elle s'étend donc sur une période de 1000 ans.
 
Les spécialistes font commencer le Moyen Âge à la déposition du dernier empereur romain d'Occident Romulus Augustule en 476. Cependant, beaucoup d'historiens contemporains font perdurer l'Antiquité au-delà de cette date traditionnelle. Il est à noter que tout événement unique ne peut jouer qu'un rôle symbolique dans un changement d'époque, qui en fait est un processus. Certains historiens retiennent aujourd'hui la mort de Clovis Ier au 27 novembre 511 comme date conventionnelle de la fin de l'Antiquité, d'autres retiennent la date de son baptême, soit le 25 décembre 496, par l'évêque de Reims, Saint Rémy. Ainsi, ils font commencer le Moyen Âge symboliquement avec la mort de Sainte Geneviève le 3 janvier 512.
 
La fin du Moyen Âge est généralement située vers 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :
1492 qui marque la fin de la Reconquista espagnole, avec le 2 janvier la reprise de Grenade qui voit Christophe Colomb débarquer en Amérique le 12 octobre.

 
Le moyen âge commence à Bourges un peu après avec la chute du Bas-Empire romain ce qui entraîne une généralisation des abandons et des destructions d'édifices publics et d'habitats, ainsi que la construction d'un rempart du IVe siècle est soigneusement appareillé en pierre et chaînages de briques, renforcé par une cinquantaine de tours et percé de 4 portes.
 
Les vestiges de cette enceinte sont encore visibles sur la "promenade des remparts", derrière le nouvel hôtel de ville, et à la base de l'hôtel Jacques Coeur. Mais cet ensemble a été très remanié au cours des siècles.
La ville se renferme sur 25 hectares . Son enceinte marque pour toujours la topographie urbaine en délimitant une ville haute dont les rues suivent le tracé elliptique.
 
La capitale de l'Aquitaine première
Comme le rappelle le service du Patrimoine de la Ville de Bourges, selon la tradition rapportée par Grégoire de Tours, l'Eglise de Bourges aurait été fondée au IIIe siècle par saint Ursin.
On trouve alors la présence de grands évêques : Simplice élu au Ve siècle, Oûtrille et Sulpice au VIIe siècle, jouent un rôle politique et religieux important, dans cette ville encore très romaine dont les évêques garderont pour longtemps la suprématie sur l'Aquitaine.
 
C'est aussi le temps des monastères et autres basiliques funéraires
Les textes attestent de nombreuses fondations de basiliques funéraires à la fin du VIe siècle et au début du VIIe siècle : Saint-Oûtrille, Saint-Sulpice, Saint-Symphorien (plus tard Saint-Ursin), Saint-Paul, Saint-Ambroix au siècle suivant... dont les noms sont présents tout au long de l'histoire de Bourges, et encore aujourd'hui. Ces édifices sont construits hors-les-murs sur des zones funéraires antiques (tel le petit oratoire de Saint-Martin-des-Champs) ou à proximité des voies d'accès aux portes de l'enceinte. Ces sanctuaires, élevés en mémoire de saints martyrs ou évêques protecteurs de la cité, regroupent peu à peu autour d'eux sépultures et... habitations.
 
Entre la domination des Wisigoths et la lutte des rois francs contre les ducs d'Aquitaine, c'est au cours de périodes un peu plus calmes que sont construits plusieurs monastères, pour la plupart réservés aux femmes : Notre-Dame-de-Salles, Notre-Dame-de-Montermoyen, Saint-Pierre-le-Puellier, Saint-Laurent...
 
Les siècles passent.....

L'époque carolingienne est liée à une première domestication des marais et peut-être à la création de l'Yévrette ; cette rivière artificielle rejoignait l'Auron près de l'abbaye Saint-Sulpice.
Proche de celle-ci, le bourg Saint-Sulpice s'est développé autour de son marché et de ses foires.
Sans que l'on sache avec précision ce qui s'est passé, les Normands ont effectué& quelques raids tout comme les Hongrois à la fin du IXe siècle et au Xe siècle.
 
La Ville royale s'affirme
 
On connaît un peu plus l'Histoire locale à partir du X° siècle. En 1100, le dernier vicomte de Bourges Eudes Arpin, vend ses biens au roi de France Philippe 1er pour financer son départ en croisade.
 
Et puis ce sont de grands moments de l'Histoire de France qui commencent à Bourges. Ainsi, le jour de Noël 1137, Louis VII est couronné dans la cathédrale romane de Bourges, en présence de sa jeune épouse, Aliénor d'Aquitaine. Lorsque celle-ci se remarie avec Henri II Plantagenêt, ce petit territoire du Berry devient le seul domaine royal au sud de la Loire, face aux possessions du roi d'Angleterre.
Il faut rappeler que ce sont ces événements qui ont largement contribué au XIV e siècle à ce que l'on a appelé la Guerre de 100 ans contre les anglais.
 
Grandioses constructions
 
Les deux constructions majeures de cette époque, la Grosse Tour et la Cathédrale gothique, seront les symboles du pouvoir royal des capétiens et de la puissance des archevêques de Bourges, primats d'Aquitaine.
Mais cette Grosse tour, aujourd'hui détruite correspond aussi à une extension de l'enceinte médiévale .
Prenant en compte le contexte politique et l'extension de la ville, un nouveau système défensif est mis en place entre 1160 et 1190 ; Philippe-Auguste autorise les habitants de Bourges à construire sur l'ancien rempart à partir de 1181.
 
L'enceinte médiévale - un mur de pierres, taluté et bordé d'un fossé, doublé d'un rempart de terre à l'intérieur - englobe la ville basse et de vastes zones inhabitées (marais et jardins). Les nouvelles portes se situent sur les anciennes voies d'accès, entraînant parfois la construction de ponts fortifiés comme pour la porte Saint-Privé (actuelle rue Edouard Vaillant) et la porte d'Auron.
Sur le côté le plus vulnérable, qui reprend le tracé du mur antique au sud, la construction de la Grosse Tour verrouille la rue Moyenne et condamne l'ancienne porte de Lyon ; la porte Bourbonnoux devient alors l'un des principaux accès à la ville.
 
La Grosse Tour, selon les spécialistes est peut-être le prototype des donjons de Philippe-Auguste puisqu'elle a été construite en 1189, un an avant le donjon du Louvre. Cet ouvrage militaire, véritable forteresse royale possède ses propres tours, enceintes et fossés, l'isolant de la ville comme de l'extérieur.
Son empreinte au sol est matérialisée aujourd'hui devant la nouvelle mairie, juste en face de la place André Malraux.
A la fin du XIIe siècle, une cathédrale d'avant-garde (classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1992)
Figure de proue du domaine capétien face au midi de la France, la nouvelle cathédrale Saint-Etienne se devait d'être unique dans sa conception.
 
En 1195, l'archevêque Henri de Sully prend la décision de reconstruire la cathédrale, à partir de l'est, dans le nouveau style gothique.
Le choeur s'élève sur une église basse dite à tort "crypte", établie sur le fossé du rempart gallo-romain, qui est alors franchi pour gagner de l'espace. Les caractéristiques architecturales de l'ensemble sont déjà présentes dans le chevet : composition pyramidale, audace de la double volée d'arcs-boutant, correspondant à la recherche des effets de perspective et de fusion des volumes dans l'espace intérieur.
Le successeur d'Henry de Sully, en 1199, l'archevêque Guillaume de Donjon, ancien abbé cistercien, prend une part importante dans le développement du chantier et dans la définition du programme iconographique dont le but est apologétique: la cathédrale dans sa totalité, son décor sculpté, ses vitraux, est une affirmation du dogme, contre les hérésies. En 1209, le décès de Guillaume interrompt le chantier pour quelques années, mais sa canonisation dès 1218 entraîne un afflux de dons de la part des fidèles et des pèlerins.
Le chantier reprend alors avec la construction de la nef à double collatéraux, puis de la façade aux cinq portails ; le gros oeuvre était sans doute terminé dans les années 1230. La tour sud, menacée d'écroulement, est consolidée par un énorme pilier butant dès le début du XIVe siècle.
Les architectes qui ont succédé au premier Maître de Bourges ont su préserver la cohérence et la simplicité apparente du programme et du plan, l'absence de transept contribuant à l'effet d'unité de l'espace. La ville s'épanouit : l'essor économique et religieux
Le cloître du chapitre se referme autour de la cathédrale et du palais de l'archevêché, d'anciennes églises sont reconstruites, de nouvelles églises sortent de terre, une quinzaine de paroisses se mettent en place pour répondre à l'accroissement démographique. Les ordres mendiants s'implantent avec les Cordeliers (Franciscains), puis les Jacobins (Dominicains), les Augustins, plus tard les Carmes...
La grange-des-dîmes et l'église gothique Saint-Pierre-le-Guillard, témoignent encore aujourd'hui de la richesse architecturale des XIIe et XIIIe siècles à Bourges.
La ville est un chantier de construction, animé d'activités artisanales et de foires annuelles ; autour de la place Gordaine se regroupent un marché, les boucheries et les changes ; les moulins se développent, favorisant notamment le long de l'Yévrette, l'installation de forges et d'ateliers de fabrication du drap et des peaux. Viticulteurs, maraîchers et jardiniers se partagent de larges espaces non bâtis, particulièrement dans le secteur sud-est de la ville.
Bourges est une riche cité dans laquelle les habitants ont acquis des privilèges et les bourgeois des responsabilités pour gérer les biens communs.
 
En savoir plus avec Jacques Coeur
 
HISTOIRE DE BOURGES (synthèse)
HISTOIRE DE BOURGES (2000 ANS) SOMMAIRE
HISTOIRE DE BOURGES AU XV e SIECLE
HISTOIRE DE BOURGES AU XVI e SIECLE
HISTOIRE DE BOURGES AU XVII e SIECLE
HISTOIRE DE BOURGES AU XVIII e SIECLE
HISTOIRE DE BOURGES AU XIX e SIECLE
HISTOIRE DE BOURGES AU XX e SIECLE 1900 - 1940
HISTOIRE DE BOURGES AU XX e SIECLE 1945 - 2000

Retrouvez quelques articles de l'Encyclopédie :
Ils sont nés à Bourges,
François Mitterrand à Bourges
Chiffres essentiels
Les Templiers
Les élections à Bourges au XXe siècle
Les Très Riches Heures du duc de Berry
les villes jumelles
Radios locales
Les francs-maçons
Kiosque et musique
Agnès Sorel
L'horloge astronomique
Les tramways de Bourges
L'Yèvre à Bourges
L'alchimie
La Bouinotte, magazine du Berry
L'usine Michelin
La maison de la Reine Blanche
Serge Lepeltier
L'industrie à Bourges au XXIe s
Monuments Historiques Classés
 

Et puis une nouveauté : L'information et l'actualité à savoir sur Bourges, en quelque clip et quelques lignes :

http://www.bourges-info.com/

 

Vous souhaitez enrichir le site de l'Encyclopedie de Bourges ?

 

Cliquer ici