Jankélévitch et Bourges - Roland Narboux - Bourges encyclopédie

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JANKELEVITCH Vladimir, NE A BOURGES
Par Roland NARBOUX suivant les sources d'Alain VERNET

Un des plus grands Philosophes du XX e siècle, il est né à Bourges : Vladimir Jankélévitch.

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Version 2009

 

Vladimir Jankélévitch est à la fois un grand philosophe et un grand critique de musique. Et en plus il est né à Bourges. Il possède une rue à son nom, dans le quartier de Juranville, pas très loin d'où il est né en 1903.

En effet, Vladimir Jankélévitch est né le 31 Août 1903 dans une belle maison du 13 boulevard Gambetta à Bourges. Il était juif et fils d'émigrés russe, et va se nourrir de culture grecque, judéo-chrétienne et bien entendu russe.

Comme le rappelle Alain Vernet, qui fut son élève et qui de décrit d'une manière passionnante, Jankélévitch fut :

"musicien, écrivain, philosophe, professeur, résistant, homme de courage et de conviction, d'engagement, il était un amoureux passionné de la vie et de ses charmes : l'art, les femmes, la danse, les pâtisseries, bref un Voltaire, la gentillesse en plus".

Le père de Vladimir Jankélévitch se prénommait Samuel, il venait d'Odessa et il fut le premier traducteur de Freud en français. C'est en fuyant les campagne contre les juifs qu'il vient s'installer à Bourges après avoir obtenu son diplôme de médecin. Il aura trois enfants avec son épouse, elle aussi d'origine russe. (à noter que la soeur de Vladimir, Ida épousera Jean Cassou grand poète et résistant).

Vladimir Jankélévitch fera ses études à Bourges, au "petit lycée", situé à l'Hôtel des échevins, et il sera particulièrement brillant dans ses études. A 14 ans, la famille s'en va à Paris et Vladimir fera le Lycée Montaigne, puis Louis le Grand et enfin Normal Sup, il obtient l'agrégation de philosophie à la première place en 1926.

Après ses études, Jankélévitch devient professeur, à Prague, puis à Caen, ainsi qu'au lycée du Parc à Lyon... etc il est Maître de conférence à Lille.

Dès les années 1930, il enseigne et commence à écrire, le premier ouvrage est consacré à Bergson dont il est un des disciples, puis c'est un livre de philosophie, "l'ironie ou la bonne conscience", et en 1938, il écrit son premier ouvrage sur la musique, commençant par Gabriel Fauré.

Toute sa vie sera dès lors consacrée à la musique et à la philosophie, il fut un excellent pianiste.

La guerre de 1939 / 40 est une épreuve, lui, le fils d'émigré, et juif de surcroît. Il est mobilisé, puis blessé au front et évacué à Marmande. C'est alors qu'il apprend qu'il perd sa nationalité française et son poste à l'université à la suite des lois contre les juifs.

Il se réfugie à Toulouse, fait venir sa famille et passe la guerre dans la clandestinité et la résistance.

Après la guerre, il devient directeur des programmes de musique à radio Toulouse puis il revient à Paris et retrouve une chair de philosophie, nommé en 1955 titulaire de la chair de philosophie morale à la Sorbonne.

Ses réflexions métaphysiques, éthiques, esthétiques sont essentiellement tournées vers le problème existentiel de la durée et de l'instant. Sa pensée a parfois dérouté ses lecteurs par la diversité des images, de ses références. C'est le domaine de l'insaisissable, du " je ne sais quoi " et " du presque rien".

Ratimir Pavlovic poète français et critique d'art écrira sur Jankélévitch qu'il est :

"un philosophe qui était capable d'aller jusqu'à tremper sa plume dans le feu astral pour dire la vérité. C'est pourquoi ses pensées sont chargées de tant d'étincelles d'immortalité... comme autant de somptueuses victoires sur le Néant".

Vladimir Jankélévitch reviendra à plusieurs reprises dans sa ville natale, beaucoup se souviennent de son séjour en 1981, c'était au Grand Théâtre de la Maison de la Culture, il dialogua avec des étudiants des classes de terminale, puis avec les élèves de l'Ecole de Musique.

Il meurt à paris le 6 juin 1985, il avait écrit :

"la mort est un vide qui se creuse brusquement en pleine continuation d'être".

 

Et Alain Vernet écrit encore sur Vladimir Jankélévitch en guise de conclusion le 29 novembre 2003, alors qu'une plaque est apposée sur sa maison natale de Bourges boulevard Gambetta :

"Philosophe de la vie, puisse l'action, l'oeuvre, l'attitude de Vladimir Jankélévitch nous servira nous retrouver moins tard, vers ce qui pour lui était essentiel, et faisait, pensait-il le génie de la France, ces valeurs symboles de sa devise, et dont le destin était devenu le sien : liberté, égalité, fraternité".

Une plaque commémorant la naissance du grand homme a été placée au 13 du boulevard Gambetta le samedi 29 novembre 2003 en présence de M. Serge Lepeltier, maire de Bourges et d'Alain Vernet qui fut l'élève de Jankélévitch.

Ses oeuvres :

- La mauvaise conscience (1933)
- L'ironie ou la bonne conscience (1936)
- Le mal (1947)
- Philosophie première 1947
- La mort (1966)
- Le pardon (1967)
 
 
- Gabriel Fauré, ses mélodies, son esthétique.(1938)
- Maurice Raval (1939)
- Debussy et le mystère ( 1949)

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