jacques coeur adepte - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
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JACQUES COEUR, ADEPTE ET SON PALAIS DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges, avec la présence de l'alchimie et des alchimistes et cette question sur Jacques Coeur : était-il un adepte, a-t-il chercher la pierre philosophale ?

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JACQUES CŒUR UN ADEPTE ?

Jacques Cœur, une vie ou un roman ?
Jacques Cœur, un adepte
Fulcanelli et Jacques Cœur
La fortune de Jacques Coeur
Une fin controversée

Tous les érudits depuis 6 siècles ont cherché à décrypter à la fois le personnage Jacques Cœur ainsi que les traces qu'il a laissé, aussi bien par les écrits que par les témoins de pierre de ses constructions.
Un personnage de légende, dont la notoriété et les controverses n'ont jamais cessé par un phénomène assez clair : on ne sait rien de l'Argentier du roi, et cela s'explique par une malencontreuse perte des documents au cours de l'histoire.
Le professeur Robert Guillot, a étudié Jacques Cœur à partir des documents disponibles, son texte est disponible sur Internet avec pour titre "Jacques Cœur, les documents d'abord".

Jacques Cœur, une vie ou un roman ?

Bourges a vu naître des personnages illustres, des rois et des princes, mais l'homme qui s'identifie le plus avec sa ville ce fut Jacques Coeur. Grand Argentier du roi Charles VII, c'est avec l'argent qu'il prête à la cour et au roi qu'il permet à la France de " bouter les Anglais hors de France ".
Jacques Coeur est né à Bourges en 1400 dans une maison proche de l'église Saint-Pierre-le-Marché, rue de la parrerie, où son père exerçait la profession de marchand pelletier. Il passe son enfance dans ce quartier de la rue des toiles, au pied du rempart et pas loin du Palais du duc Jean. Très jeune, il gérera un des douze changes de la ville. C'est à cette époque qu'il se trouve en difficulté, jouant un peu avec les titres et faisant quelque peu dans la fausse monnaie.
Jacques Coeur devient un commerçant à une échelle beaucoup plus ample que ses concurrents de l'époque. Il conçoit des routes, installe des comptoirs pour faire " commerce avec les infidèles ", créa une flotte de navires et le négoce devint plus que prospère.

Jacques Coeur est anobli en 1441, et deux ans plus tard, il acquiert un terrain, pour y construire une " grant'maison ", ce que nous appelons le Palais.
Les travaux vont commencer assez vite, mais les difficultés techniques apparaissent, car la construction se fait sur une partie du rempart gallo-romain.
En 1450, le Palais est presque terminé. Jacques Coeur donne une fête dans la salle des festins, pour la réception organisée à la suite de l'accession comme archevêque de Bourges de son fils, Jean. Ce sera une des rares occasions pour Jacques Coeur de profiter de son palais.
Jacques Coeur est arrêté sur l'ordre du roi Charles VII le 31 juillet 1451. Il est emprisonné pour une dizaine de motifs plus ou moins sérieux. Mais à l'époque on ne badine pas avec les aveux. Torturé et soumis à la question il avoue tout ce que veulent ses détracteurs, et il est condamné le 23 mai 1453.

Il va finir sa vie aventureuse comme dans un roman de cape et d'épée. Il s'évade de sa prison, rejoins Rome et le Pape, affrète une flotte au nom de son illustre hôte, et s'en va combattre les infidèles. Il meurt le 25 novembre 1456 dans l'île de Chio, sans doute lors d'un combat naval avec les Turcs.

Jacques Cœur, un adepte

La vie de Jacques Coeur est donc pleine d'aventures, et sa mort, si loin de son Berry natal ajoutera au mystère.

Il y a une légende ésotérique sur Jacques Coeur, sur sa vie et l'origine de sa fortune. Pour beaucoup cet homme était un initié, c'est devenu une évidence .Il n'y a pas de preuve, mais différentes corrélations de faits :

- Tout d'abord, il manipulait l'argent avec beaucoup de connaissance et de passion. Si bien qu'il a un peu commencé sa carrière dans la fausse monnaie. Ce n'était pas le seul à l'époque, mais ça fait un peu désordre.

- Il faisait partie de ces Bourgeois, chefs d'entreprise, dans un secteur assez particulier puisqu'il possédait des mines, dans lesquelles il exploiter des minerais d'argent et peut être d'or. C'était un homme qui fréquentait les " métallurgistes ", des hommes qui possédaient un savoir important et souvent mystérieux, l'alchimie était souvent leur passe-temps et leur passion et pour certains leurs métiers.

- Ensuite, Jacques Coeur a beaucoup commercé directement en payant de sa personne ou par des intermédiaires, avec les pays arabes et les infidèles. Or l'Alchimie vient de ces pays. Il a donc sans aucun doute pris des contacts avec les savants du Levant et abordé ou rapporté des éléments mystérieux, autres que les orangers et les datiers.

- Son Palais qu'il fait constuire à l'apogée de sa richesse et un peu à la fin de sa vie recèle des symboles et des sculptures qui ne sont pas innocentes sur le plan de l'alchimie. Souvent à plusieurs sens, il est possible de faire un parcourt alchimiste du Palais sans trop " en rajouter pour la cause ".

- Enfin, il est devenu riche, et cette richesse, ce n'est pas en vendant quelques morceaux de tissu ou des parfums même venu de l'Orient qu'il a pu l'acquérir. Il est donc devenu riche par un autre moyen qui est forcément la pierre philosophale.

Chez les historiens, ces affirmations les laissent plutôt froids et dubitatifs. Pour quelques uns, cela oscille entre l'extrême réserve et le silence, pour la majorité, c'est l'hostilité la plus âpre par rapport au sujet. Il est vrai que Jacques Coeur n'a pas écrit ses mémoires, et qu'il n'a pas laissé de témoignage " de première main ", et que toute affirmation peut être contredite, mais cela va dans les deux sens.

Déjà de son vivant, Jacques Coeur était devenu une légende, un mythe, c'était l'homme qui donnait de l'argent au Roi et à la cour. Cet or va contribuer à lever des troupes et à bouter les Anglais hors de France.
D'ailleurs, le peuple, lorsqu'il apprit sa mort dans la lointaine ile de Chio, refusa de la croire. Ce sera le cas de Villon qui mettre en doute cette version officielle dans un poème ( Bourges cité première, p 127)

De son vivant ou des quelques années qui suivirent sa disparition, il y a des textes, pas très nombreux d'après les spécialistes, qui parlent de Jacques Coeur et de son Palais, mais aucun n'évoque l'alchimie.

On a retrouvé pourtant un texte de Jacques Coeur qui parle explicitement d'Alchimie, mais dans un sens différent.
Dans une lettre autographe adressée au sieur de barbançois, Jacques Coeur parle longuement qu'un receveur des finances de Saint Benoist " avait des accointances avec des Arquemiens, par le moyen desquels il faisait des écus d'arquemie, qui servaient à payer les gens d'arme.


Et le Grand Argentier de Charles VII ajoute, en connaisseur de fausse monnaie :
" ... de telle sorte exchangié cinq lingots qui n'estaient d'or comme sembloyt, mais n'étoit que léton doré par le dit moyen d'arquemie ".

Sur ce thème sulfureux, il n'y a pas, compte tenu des recherches actuelles aucun témoignage des " écrivains " contemporains de son époque.

Un des premiers documents sur Jacques Coeur date de l'année de son arrestation par Antoine Artesan qui écrit dans son " Eloge descriptif de la ville de Paris et des principales villes de France " :
" ..... A Bourges, j'ai vu encore une hôtel digne d'un grand prince, que fait bâtir avec un soin extrême, l'argentier de notre puissant roi, cet homme aussi grand par l'esprit que riche par ses trésors, qui l'égalent au célèbre Crassus, d'illustre renommée.... il désire que rien ne manque à la splendeur de cette résidence ".

D'autres témoignages du XV ième siècle évoquent de la même manière la fortune de Jacques Coeur, " qui estoit si riche qu'on disait qu'il faisoit ferrer ses haquenées et chevaulx de fers d'argent... " avec en filligramme la Grand Maison " une maison plus riche de quoy on povoit parler ".

On sent poindre un zeste de jalousie dans plusieurs écrits, avec les allusions au commerce avec les infidèles ou le pillage des finances du roi. Jacques Coeur est un banni, condamné par le pouvoir, il n'est pas très bon de le défendre ou d'ajouter quoique ce soit aux accusations.

Chastelain évoque aussi le grand Argentier par des mots comme " Le plus grand de la terre, marchand et financier que depuis par fortune, vis mourir en exil,.... "

Mais Christian de Mérindol est allé plus loin, il a trouvé de nombreux témoignages sur les activités alchimistes de Jacques Coeur. Mais il faut remarquer qu'aucun texte ne parle de Jacques Coeur de son vivant. C'est un fait, mais cela ne signifie rien sur de possibles activités alchimiques de l'argentier.

Il faut attendre un siècle après sa mort, ce qui est beaucoup, pour que des auteurs évoquent des activités alchimiques. Il ne s'agit pas de découvertes particulières ou de documents, mais de constats et de réflexions, pour simplement expliquer sa fortune.

Un texte de 1575 parle sous la plume d'André Thevet :
... Jacques Coeur " a esté plus de vingt ans à faire la pierre Philosophale, et y oeuvra si bien, qu'il se fait l'un des Seigneurs de sa ville, luy qui n'estoit rien au commencement ".

Une statue le représente sur un mulet lequel a les fers inversés ??? et à ses cotés celle de sa femme et de quelqu'un d'autre qu'on dit être sa servante.

David de Planis-Campy, médecin de Louis XIII en 1633 évoque le secret que possédait Jacques Coeur en échange duquel il aurait obtenu du roi le pouvoir de forger des monnaies d'argent pur.

Pierre Borel ( 1620 / 1689) a beaucoup oeuvré pour faire accréditer la thèse d'un Jacques Coeur alchimiste et possesseur de la Pierre Philosophale. Il insiste en particulier sur les " figures hiéroglyphtiques " qui sont aux portes de la Grande Loge de Montpellier construite par Jacques Coeur.

En 1579, François Garrault les sculptures de la grand-Maison sont les " emblèmes de sa vie et de ses actions ". Et la fortune de Jacques Coeur est essentiellement fondée sir l'exploitation de ses mines. Et les mots de sa devise Dire Faire Taire n'explique aucune opération chimique.

Christian de Mérindol conclut un récent article, parfaitement documenté en rappelant que Jacques Coeur ne semble pas avoir été un grand lecteur, et que les qualités de l'homme semblent très loin de l'alchimie. C'est une étude sérieuse mais bien dans notre temps.
Il n'y a aucun écrit de Jacques Coeur explicitant qu'il fut alchimiste, alors, l'Alchimie n'a rien à voir avec le personnage.

Il faut donc chercher autre part les possible traces d'un adepte, puisque la littérature n'aboutit pas à des preuves intéressantes. Fulcanelli, qui a redoré le blason des alchimistes s'est un peu intéressé à Jacques Coeur.

Fulcanelli et Jacques Cœur

Pour le maître Fulcanelli, il parle peu du palais Jacques Coeur, il dit qu'il y a eu trop de vandalisme et que la décoration intérieur a disparu, ce qui hôte beaucoup de preuves. Cet écrit des années 1920 est parfaitement corroboré aujourd'hui par les recherches sur le Palais.

Jacques Coeur dit Fulcanelli a la réputation d'un Adepte éprouvé. Il rappelle lui-aussi des auteurs comme David de Planis-Campy qui parlent de lui comme de celui qui " possédait le don précieux de la pierre au blanc " ce qui signifiait qu'il connaissait la transmutation de métaux vils en argent. Et Fulcanelli ajoute, d'où son titre d'argentier. Là il va un peu loin. Et ces allégations ne sont pas des preuves.

En tout cas, par la décoration de son Palais, Jacques Coeur fit tout pour accréditer la thèse qu'il est un adepte.

Son blason comporte aussi les 3 couleurs de l'oeuvre, le noir, le rouge et le blanc. C'e sont aussi les couleurs des chevaliers de l'Ordre de l'Etoile. Pour le bleu qui est la couleur de la Vierge, c'est souvent la couleur de la matière première des Alchimistes.

Ses devises, et ses blasons ne sont pas innocents, Fulcanelli parle même du grand Argentier comme d'un homme qui a pratiqué lui-même l'alchimie.
Si Jacques Coeur fut un adepte, rien n'indique qu'il a pratiqué le Grand oeuvre, c'est dans l'emblématique qu'il faut chercher quelques éléments de preuves, avec toute la prudence nécessaire.

La fortune de Jacques Coeur

Il restera toujours un mystère sur l'étendue et la façon dont il a accumulé une fortune immense. Pour les uns, c'est le commerce avec les infidèles. Pour d'autres, c'est plutôt l'exploitation de mines de plomb argentifère et de cuivre qui lui donneront cette fortune, en particulier dans les mines du Lyonnais.
Il semble toutefois qu'il devait s'intéresser à ces mines, mais plus comme minéralogiste que comme alchimiste et surtout que ces mines n'ont pas été géré de manière optimales et ne rapportaient peut-être pas grand chose. Mais il le laissait croire.

Pour d'autres auteurs, c'est plus simple, la monnaie d'or en occident était rare, et on utilisait principalement l'argent. Au contraire l'Orient croulait sous ce métal par l'accumulation de trésors. Il y avait donc un décalage entre les deux et Henri de Man, ministre Belge des finances affirme qu'il y avait un tel décalage qu'avec une certaine valeur d'or, on obtenait le double de valeur de l'argent, on avait en effet un faible commerce entre occident et orient ce qui empêchait les cours de se régulariser.

Une transaction et Jacques Coeur obtenait un bénéfice de 100%. C'est mieux que l'alchimie et le Grand Oeuvre.
En fait, la fortune du grand argentier ne serait pas dans la vente de quelques tissus ou fourrures aux nobles de la cour, ni dans la fabrication de l'or à partir de métaux vils comme cela se murmurait dans les milieux alchimistes. C'était sans doute plus simple et plus rentable. Jacques Coeur profitait des différences de change qui existaient au Moyen Age. L'Occident possédait beaucoup d'argent et le Moyen Orient beaucoup d'or, par le jeu des échanges, le grand argentier transformait le plus légalement du monde son argent en or.... Encore fallait-il aller à l'aventure.

Mais ce système, Jacques Coeur n'avait-il pas intérêt à le cacher? et en conséquence à faire croire qu'il l'avait obtenu par l'alchimie ?

Donc Jacques Coeur faisait fortune en Orient et ceci réussissait car ils n'étaient pas nombreux et si cela devait s'accroître, ce serait fini, alors, il donnait " le change " avec deux moyens :
- l'or obtenu par le Grand Oeuvre
- l'or obtenu dans les mines du lyonnais
et il était tranquille et pouvait continuer son commerce et faire fortune sans danger.

Faut-il chercher ailleurs les indices des adeptes ?
On va étudier un bas relief situé dans la cour d'honneur, on peut penser qu'il s'agit d'une carte postale de l'époque rappelant les voyages du maître en orient. Ou bien, il s'agit d'un véritable message n'ayant rien à voir avec l'emblématique.

Une fin controversée

A partir de ce dernier voyage avec l'armada du pape, tout devient flou et imprécis. Il fut " peut être inhumé dans l'église des franciscains à Chio ". écrit Jacques Heers.
Elément important quelques années après cette mort, en 1467, le fils de l'argentier, Jean Cœur obtient du pape l'autorisation de ramener le corps de son père et il dit que ce corps est enterré " dans un lieu de Grèce appelé Chio ".

La seule trace de l'époque date tout de même de 1501, c'est à dire 50 ans après les faits, et c'est un visiteur, Jean Auton, qui passe à Chio. Comme on peut le voir, Jacques Cœur et sa mort demeurent un mystère. On a dit qu'il avait été tué en mer lors d'un combat naval. Pour certains, il fut blessé dans un combat et il mourut plus tard à Chio, enfin, d'autres historiens affirment qu'il fut malade et débarqué à Chio où il succomba. C'est une énigme.

Toutes les hypothèses depuis 6 siècles ont été mises en avant, bien que la mort à Chio ait la faveur des historiens, dont Jean Yves Ribault et Robert Guillot, alors que Jacques Heers est plus mesuré.
A côté de cela circulent une foule de légendes, dont celle d'un Jacques Cœur qui n'est pas mort à Chio. C'est ce que l'on pourrait appeler la " version ésotérique ou alchimique ", Jacques Cœur n'est pas mort, car c'est un adepte et il ne peut pas mourir puisqu'il possède l'élixir de longue vie.
Lorsqu'un tel personnage, si riche, un peu alchimiste disparaît si loin de son pays, la légende, de belles légendes prennent forme. Et c'est ainsi que pour beaucoup, Jacques Cœur n'est pas mort à Chio

Pour certains, comme La Thaumassière au XVII e siècle, il a fuit et il s'est tout simplement retiré dans l'île de Chypre où il avait refait fortune, il s'est à nouveau marié avec une dame Théodora qui lui avait donné deux filles qu'il a fortement doté …. Et ainsi de suite....... C'est dans un écrit évoque le fait que Jacques Coeur aurait refait sa vie à Chypres, et aurait eu deux enfants.

Autre légende, Jacques Cœur est revenu en France et a vécu à Cuers, un village situé au nord de Toulon, où il serait enterré dans le choeur.

Les recherches et études continuent encore aujourd'hui. C'est toujours un vrai mystère, sachant que l'hypothèse la plus probable est bien la mort à Chio dans des circonstance que nul aujourd'hui ne connaît.

Pour Jean Yves Ribault, Jacques Coeur a été débarqué sur l'île de Chio, et il note deux hypothèses :

- la première, c'est une blessure reçue lors d'un combat naval avec les Turcs.
- la seconde, c'est la maladie, une personne affirmera, lors des recherches sur place au XX e siècle, qu'il est mort de la peste à Chio.

Bref, on n'a aucune preuve sur les causes de sa mort, sinon qu'il avait près de 60 ans, et que les années d'emprisonnement l'avaient particulièrement affaibli. Donc blessure ou maladie, il n'en fallait pas beaucoup pour le précipiter dans l'au-delà.

Il reste encore des hypothèses sur la mort de Jacques Coeur par les documents :

Il faut savoir que pendant longtemps, on n'a pas cru à cette mort de l'ancien argentier, sauf les chanoines de la cathédrale de Bourges.
Dans les années 1930, une riche américaine, passionnée par Jacques Coeur voulait retrouver la tombe de l'argentier, et elle écrira au maire de Bourges Henri Laudier afin que celui-ci intervienne.
Laudier enverra plusieurs courriers à l'ambassadeur de France à Athènes afin de savoir où pourrait être l'emplacement de la tombe de Jacques Coeur sur l'île de Chio.

Récemment, Robert Guillot de retour de Chio, et Jean Yves Ribault, chacun à leur manière, comme des historiens de tradition, ont apporté des théories qui ne permettent pas d'apporter la preuve d'une mort sur l'île de Chio, mais de montrer avec trois éléments, la forte probabilité de leur affirmation.

1/ On connaît un procès fait au Parlement de Paris dans lequel furent jugés des Génois. Ces derniers étaient en conflit sur le plan juridique avec des commerçants de Paris. Et au cours de ce procès, les génois parlèrent de Jacques Coeur qui avait dirent-ils enterré sur l'île de Chio avec tous les honneurs dus à son rang, ils l'auraient inhumé, comme si cela avait été un des leurs.

2/ Un des rares témoignages sur cette mort et le lieu où Jacques Cœur a pu être inhumé, vient du récit de Jean d'Authon qui s'est rendu sur les lieux en 1501, c'est à dire 44 ans après la mort de Jacques Cœur. Il dit simplement " auquel lieu est pareillement en sépulture Jacques Cœur dedans le milieu du chœur de ladite église".

3/ Une certitude toutefois, en 1467 nous dit Jacques Heers, on a retrouvé une demande de Henri Coeur, le fils, qui avait envoyé au pape Pie II, la permission d'aller en pèlerinage à Jérusalem et de revenir par l'île de Chio afin de ramener en France le corps de son père. Dans sa réponse le pape fait allusion à des combats contre les turcs ce qui est intéressant.

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JACQUES CŒUR EN SON PALAIS HERMETIQUE

 

Le palais de Bourges du Grand Argentier
L'alchimie au palais Jacques Cœur, mythe ou réalité ?
Cœur et coquille
L'architecture hermétique du palais
Dire - Faire - Taire
Les sculptures du palais
L'énigme de Tristan et Iseult
Conclusion prudente : la double lecture

Le palais de Bourges du Grand Argentier

Dès que le mot palais est prononcé, une première énigme apparaît. Pourquoi avoir appelé cette bâtisse un palais ? La réponse est simple, voire simpliste, et ne soufre qu'aucune contestation car ce nom donné aujourd'hui de " Palais " est récent. Jusqu'au siècle dernier, on parlait de "la grande maison de monseigneur l'argentier" ou pour faire plus court, "de la grant'maison". C'est à partir du moment où il reçoit la cour de justice de Bourges au XVIII e siècle que l'on parle de ce bâtiment comme d'un " palais de justice " et le mot " palais " est resté, remplaçant justice par Jacques Cœur !

Rappelons de manière succincte la genèse du palais et ce qu'il est devenu jusqu'à nos jours. Jacques Coeur est alors conseiller et argentier de Charles VII lorsqu'il achète en 1443 le fief de la Chaussée à Jacques Belin pour 1200 écus vieux à raison de 64 au marc, devant Châteaufort, un notaire de Bourges.

Il fait construire son Hôtel entre deux tours gallo-romaines situées Place Berry. La construction coûte plus de 100 000 écus d'or. La somme est si considérable que Charles VII, de passage à Bourges en 1447 semble avoir posé quelques questions sur une telle dépense, et sur l'origine des fonds. Louis XIV fera de même avec Fouquet lors de la visite du roi Soleil à Vaux le Viconte.... et le sort des deux " serviteurs " sera presque identique.

Jacques Coeur ne va pratiquement pas habiter son palais, car il sera arrêté avant de le meubler et de réellement en apprécier le charme et le confort. On ne connaît qu'une seule fête en ces lieux, en septembre 1450 lorsque son fils est élevé au siège archiépiscopal de Bourges.
Après le procès et la spoliation de tous ses biens, le Palais appartient directement à l'Etat, c'est à dire au roi qui ne s'y intéressa pas du tout.

L'histoire du monument au cours de l'Histoire est peu commune. En 1457 il est rendu aux enfants de l'ex-grand argentier, et c'est Geoffroy Coeur qui en prend possession. Son fils Jacques Coeur II en hérite puis le vend à la famille Turpin en 1501. Il se retrouve ensuite dans les mains de la famille de Laubépine qui va le garder un siècle. A cette époque le frère de Claude de Laubépine, évêque de Limoges fait construire un hôtel qui prend comme nom Hôtel de Limoges, aujourd'hui disparu. De 1629 à 1636, le prince de Condé et son frère le prince de Conti habiteront respectivement le palais de Jacques Coeur et l'hôtel de Limoges. En 1679, Colbert acquiert l'édifice. Acheté par la municipalité en 1682, c'est l'Hôtel de Ville de Bourges.

Il subit alors de profondes modifications intérieures pour permettre le travail administratif et l'archivage. Il héberge ensuite et de manière progressive les institutions de la justice, le bailliage et le présidial.
Ce n'est qu'au début du XX ième siècle après le départ de la mairie puis celle de la justice que le bâtiment revenu dans le giron de l'Etat devient le fleuron du patrimoine civil berruyer.
L'intérieur possède encore de magnifiques architectures, cheminée, plafond, chapelle, mais les restaurations ont dénaturé de nombreuses pièces. Il reste toutefois quelques belles sculptures, dont un Tristan et Iseult, un bas relief représentant une galée et des vitraux remarquables.

Ce qui est assez difficile, aujourd'hui, c'est de discerner les sculptures d'époque, de celles qui ont été fortement régénérées, de celles qui sont de pures créations du XIX ième siècle. Comme pour la Poste (PTT) de Bourges en date de 1930 et devant laquelle certains s'extasient persuadés de voir un monument du XV ième siècle, on doit pouvoir faire quelques erreurs sur certains bas reliefs pour des raisons identiques.

Il a été classé monument historique.

L'alchimie au palais Jacques Cœur, mythe ou réalité ?

Le palais de l'Argentier reçoit des visites chaque fois qu'un grand personnage passe à Bourges, Louis XIV le 9 octobre 1651. Le Grand Condé y logea lorsqu'il suivait les cours au Collège Sainte Marie, et Charles IX y passera 5 jours.
Plus tard, il servira de cours d'Assise au procès de Blanqui, Barbès, Raspail, et l'on y verra Lamartine et Vidocq.

Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historique de passage à Bourges écrit : "Après la cathédrale, la maison de Jacques Coeur est le monument le plus célèbre de Bourges " De son côté, Jules Michelet de son côté dira :

" il faut visiter la curieuse maison de ce personnage,.... maison pleine de mystère comme fut sa vie ".

Le Palais Jacques Coeur comprend 4 corps de bâtiment donnant sur une cour centrale.
C'est un lieu qui comprend à la fois le fonctionnel dans une architecture pleine de contraste et un côté artistique. Le plan architectural tient compte des contraintes de l'emplacement.
Comme pour la Cathédrale de Bourges plus de deux siècles auparavant, nous ne savons pas quel est l'architecte du palais. On peut penser aux architectes qui ont travaillé sur les chantiers berruyers du palais du Duc Jean, peut être Colin de Picart ou Jean de Blois.

La question posée tient dans l'influence du grand argentier sur le plan général de l'édifice bien sûr, mais aussi sur le programme iconographique, c'est à dire les sculptures très nombreuses des tympans, des culs de lampe et des bas reliefs.

Les travaux ont duré 8 ans, et en juillet 1451, lorsque Jacques Coeur est arrété, le Palais semble à peine habitable. Si l'on ajoute que durant ces huit années, Jacques Coeur était par monts et par vaux pour ses affaires, ou pour suivre le roi et la cour, il n'est pas évident que son influence soit forte et totale sur les sculptures du Palais.

Ce qui semble certain, c'est l'agencement général du Palais. On sent la personnalité du grand argentier. L'édifice est fonctionnel pour l'habitation et les affaires, le système de chauffage, les pièces, les couloirs et escaliers, tout est pensé pour bien vivre dans un cadre beau mais surtout pratique. C'est sans doute cette partie générale de l'homme d'actions qui ressort des plans. De plus, à cette époque, Jacques Coeur a beaucoup voyagé, et il tient compte de cette expérience vécue.

En est-t-il de même pour le programme iconographique ? Rien n'est moins sûr.
Les différentes scènes sculptées dans la pierre sont cohérentes sur le plan technique, les personnages, les objets sont dans une certaine continuité. Il n'y a pas semble-t-il d'anachronisme.
Par contre, les scènes sont de plusieurs types. On trouve des sculptures sur la vie de tous les jours, comme dans les livres d'Heures, ou encore les coeurs et coquilles sans oublier les devises du grand argentier que l'on rencontre beaucoup. D'autres scènes semblent plus mystérieuses, ce sont les rectangles des arbres, les culs de lampe, ou encore des figures allégoriques.
Quel fut le rôle du grand argentier dans ces scènes, alors que le chantier était dirigé par deux de ses facteurs, des Berruyers, Pierre Jobert et Jacquelin Culon.

On peut penser qu'il y deux parties assez distinctes dans les sculptures. Comment pouvaient travailler les concepteurs et les facteurs qui surveillaient le chantier. Et quelles étaient leurs relations avec l'argentier ?
On peut penser que des projets étaient présentés régulièrement à Jacques Coeur, et que celui-ci acceptait refusait ou amendait les dessins ainsi projetés. Il devait aussi donner son avis sur l'esprit de certaines sculptures et peut être pour quelques unes être plus directif.

De là à penser que Jacques Coeur est à l'initiative de toutes les sculptures, il y a un pas que nul ne peut franchir. On retrouve donc les sculptures générales de l'époque, comme l'architecte les pensait, avec le symbolisme accroché au grand argentier, à sa femme et au roi, et de temps à autre " la patte " du maître des lieux.
Il a donc voulut imprimer dans ces sculptures sa marque et quelques scènes à double sens. Ces scènes, c'est depuis peu de temps que certains cherchent à les déchiffrer. Le premier fut Fulcanelli, sans trop de bonheur à mon sens.
Il faut être juste, et ajouter que le palais, compte tenu de ses différents propriétaires ou affectations a subit de très nombreuses modifications. On ne connaît aucune représentation sérieuse de l'édifice de son époque. Le seul document montrant en couleur le Palais, est un livre d'heure sans doute réalisé pour un membre de la famille de Jacques Coeur avec une belle vue du Palais, c'est la seule représentation qui montre le roi Charles VII sur son cheval sous de dai avec de part et d'autre les deux bas-reliefs représentant deux personnages, un homme et une femme..... situés à l'inverse de ce qu'ils sont aujourd'hui !
Comme l'affirme Thérèse Legras, il faut se méfier des livres d'Heures, d'autant qu'il y a une montagne sur le droite de la gravure.... on la cherche encore à Bourges cette montagne.
Il y a donc beaucoup d'inconnues et les hypothèses sont nombreuses pour traduire la réalité historique.

La pierre utilisée dans le Palais provient des remparts gallo-romains, puis des carrières de Saint-Florent et de Charly. Cette dernière pierre tendre étant utilisée par les sculpteurs. Le bois des charpentes proviendrait de la fôret de Blois et d'Aubigny sur Nère. Quant aux métaux nécessaire aux faîtages, Jean Favière pense qu'ils ont été fournis par les mines de Jacques Coeur dans les monts du Forest.

Cœur et coquille

La coquille, c'est celle du saint patron de Jacques Coeur, c'est aussi l'emblèmes des pélerins de Saint Jacques de Compostelle et bourges se trouvait sur cette route mythique.
La coquille, c'est le principe du Mercure, c'est aussi le signe de l'eau, mais l'eau très particulière de " l'eau des sages ".

C'est avec cette eau qui doit être plusieurs fois purifiée que doit apparaître l'Etoile du Nord, qui confirme la réussite des premières opérations.
C'est alors la compot-étoile, ( ou compos-stella) c'est la réussite qui arrive, c'est l'aboutissement du grand pélerinage du Moyen Age de la route de Saint Jacques de Compostelle.
C'est le réceptacle de l'eau ignée.
On en retrouve beaucoup dans l'Hôtel Lallemant.

Le coeur c'est le principe du soufre.
C'est aussi le siège des passions et de l'âme
Alors la coquille Saint Jacques et le coeur, c'est le symbole de l'Esprit, c'est la quète du pélerin.

 

L'architecture hermétique du palais

Comme le rappelle Christian de Mérindole, l'interprétation alchimique de la sculpture de l'Hôtel de Jacques Coeur est un phénomène récent. Il y a deux écoles qui se contredisent de manière fondammentale. La première est constituée par les " nouveaux alchimistes " du XX ième siècle, c'est Fulcanelli, Lecour, et Van Lennep. Leurs travaux se fondent sur leur connaissance livresques et leurs réflexions par rapport à la connaissance actuelle que nous avons de l'alchimie du XV ième siècle.
Cette thèse est corrobée par l'enveloppe de mystère de la vie et de la mort du grand argentier. Il y a tant de chose que nous ignorons que l'on ne peut pas, par un coup de baguette magique, refuser tout rapport de l'homme avec l'alchimie.
De nombreux symboles sont à double représentation. La coquille, c'est le pélerinage de Saint-Jacques de Compostelle, c'est Jacques Coeur (ou sa femme), c'est aussi la mérelle, et encore le Mercure !
Des symboles de la " Grand Maison " figurent bien évidemment dans le Mutus Liber, un des livres de référence des Alchimistes, tout comme les descriptions de Jabir Ibn Hayyan.

De récentes recherches ont portées ces dernières années sur le symbolisme de plusieurs bas reliefs du Palais, et en particulier, des symbolistes berruyers sérieux ont travaillé de manière discrète sur le rectagle des arbres et les indications DIRE FAIRE TAIRE.

 

Dire - Faire - Taire

Les récentes études portent sur l'analyse des symboles des deux rectangles illustrés de la tour hexagonale de la cour d'honneur, située à l'intérieur de l'édifice, c'est à dire dans la cour intérieure.
Pour des raisons de discrétion, il n'est pas possible de dévoiler l'auteur de cette étude, réalisée dans un esprit très ouvert, mais orientée sur la philosophie et le monde initiatique.

Les touristes, nombreux à Bourges, visitent le Palais à la suite d'un guide conférencier qui explique la vie du grand argentier, et l'architecture du palais. Lorsqu'il arrive dans la cour d'honneur, devant la tour qui possède deux bandeaux presque identiques constitués d'une fôret avec principalement trois arbres, l'explication rapide évoque essentiellement le Levant et le souvenir de ses voyages, c'est en quelque sorte une carte postale.... un peu lourde sans doute, mais sans signification particulière. C'est comme le triangle équilatéral avec les trois cercles entrelacés du chateau de Chaumont sur Loire qui évoque pour les historiens purs et durs des armoiries de la famille de Diane de Poitiers et pour d'autres, un signe cabalistique totalement rejeté dans les documents touristiques. Et si c'était la même chose ?

Une description simple

Pour aller plus profondément dans ce sujet essentiel, il faut décrire un des bandeaux. Ce qui se détache, ce sont trois arbres exotiques, un figuier peut-être, un oranger au centre et un palmier dattier bien reconnaissable à droite.
Entre les arbres, d'autres petits arbustes, des plantes et des plumes d'autruche.
Dans l'encadrement, figurent des inscriptions pour lesquelles il faut un peu de temps pour les lire. On voit nettement des lettres et des mots qui apparaissent, c'est " dema joie " puis une des devises de Jacques Coeur : DIRE - FAIRE - TAIRE
Aux quatre angles on trouve les lettres R.G. avec entrelacés, des coeurs et des coquilles.

Une interprétation

Comment interpréter d'une autre manière que le souvenir du Levant ce bandeau ? Avec une forte probabilité de détenir la vérité ? Ce n'est pas simple, et même si Fulcanelli qui étudiera l'édifice nous donne beaucoup de renseignements, son approche est loin d'être suffisante.

Fulcanelli lit la devise de Jacques Coeur de la manière suivante : il s'agit pour le maître de Savignie de la définition du Grand Oeuvre ou de la Pierre Philosophale pour laquelle, l'adepte doit suivre des conseils, qui sont simple et élémentaires .
Il faut :


DIRE PEU
FAIRE BEAUCOUP
TAIRE TOUJOURS

Mais les explications complémentaires de Fucanelli ne sont pas suffisantes. Il faut aller plus loin et chercher dans les principes du monde initiatique.
C'est donc le principe même de l'alchimie et des initiés, c'est même le cas pour toutes les sociétés initiatiques, celles d'hier et d'aujourd'hui respectueuses de l'homme et d'une grande valeur morale.
Ce perfectionnement moral et spirituel, repose sur les trois angles du delta lumineux connu des Egyptiens et largement utilisé depuis. C'est le triptique de la Pensée, de la Parole et de l'Action.
C'est pour certain l'Art Royal, l'art initiatique des constructeurs. La devise des maîtres maçons qui batirent le palais Jacques Coeur, mais aussi la cathédrale était dans la même philosophie.

Sous ce vocable, le mot DIRE commence le tryptique. Il s'agit de transmettre son savoir, mais en donnant peu de renseignements, tout juste suffisants pour intéresser le futur adepte. Il faut savoir maîtriser ses paroles.

Par contre, FAIRE, c'est à dire travailler beaucoup, l'action est fondamentale, il ne faut pas se contenter de réfléchir ou de prier, il faut agir.

Et enfin se TAIRE vis à vis des non initiés, c'est le grand secret de l'alchimie et de l'initiation. Il faut s'imposer une grande discipline du silence. C'est aussi savoir écouter. Un principe très moderne.

Cette trilogie se retrouve dans des sociétés initiatiques actuelles comme la franc-maçonnerie, où le nouvel initié peut " avoir la gorge tranchée s'il ne garde pas le secret de ce qu'il a vu, lorsque le bandeau qu'il avait sur les yeux durant ses trois voyages est enlevé ".

Lao Tseu, et on s'éloigne de Jacques Coeur, mais cela peut montrer l'universalité de ces devises, dit : " Celui qui parle ne sait pas, celui qui sait ne parle pas.... " Il a donc réussi à se dominer.

Il y a donc dans cet art architectural creusé sur les pierres de son hôtel des préceptes utilisés par les adeptes et les alchimistes, nous dirions aujourd'hui les philosophes.

Les arbres

Il y a deux tableaux presque identiques et pourtant différents dans les détails.
Le premier est situé au dessus de la porte
le second juste à droite.

Le carré long au dessus de la porte

Trois arbres majestueux forment le corps du tableau, on remarquera que celui situé au centre, l'oranger, est entouré d'une ceinture et d'un cadenas.

Au centre, l'oranger, c'est le symbole du blanc, même si les oranges sont "oranges ", c'est la matière première, c'est le début de l'initiation. L'homme est nu, " dépouillé de ses métaux ", et s'il réussit à ouvrir le cadenas de la connaissance, il pourra aller vers la pureté, vers la pierre philosophale des alchimistes.

A droite, le palmier-dattier, c'est aussi chez les hermétistes, le symbole du Phénix, c'est un arbre de vie qui renaît par lui-même. Il y a dans cet arbre symbolique, la maîtrise du Grand Oeuvre, c'est l'accomplissement de l'Oeuvre.

Enfin, à gauche l'arbre est un figuier, " un arbre impur qui renvoie à la terre ", C'est la mort initiatique qui est nécessaire pour mieux renaître. Cette mort, courante dans une initiation commence souvent la cérémonie. Cette mort symbolique est nécessaire pour mieux renaître.
Dans le cas de l'alchimiste, c'est la phase de putréfaction, qui est indispensable dans l'obtention du Grand Oeuvre.
Toutes les opérations alchimiques doivent commencer dans le fond de la terre, il faut d'abord une dissolution de l'élément avant de commencer la pratique.

Pour Jean Favière l'arbre est peut-être un cèdre.

Sur une lithographie de Hazé, on observe encore mieux les détails du bandeau.

Les plantes

Entre les trois arbres, des plantes assez difficiles à identifier. Dans le bandeau et entre des plantes des plumes d'autruches que l'on peut comprendre comme souvent suivant deux perceptions, la première c'est l'exotisme, les plumes d'autruches sur les chapeaux .... ou le symbole de l'égalité, égalité devant Dieu, car ces plumes sont toujours de la même longueur.

Parmi les plantes, on distingue à droite des oeillets,
en plante basse sans doute des soucis.

A noter encore dans les mots " DE MA JOIE ", le fait que le J et le I sont identiques et surtout, le O, est un 8. Il n'y a pas de faute d'orthographe, mais une volonté de signifier quelque chose.

Le second carré long au dessus d'une fausse porte

Semblable au précédent, l'oranger au centre est identique , par contre les deux arbres de part et d'autre sont différents.
Il y aurait un grenadier, dont le fruit est un des symboles des hermétistes et que l'on retrouve en flamme à l'hôtel Lallemant. Le second serait un olivier.

Entren deux plantes importantes, des chardons et des " cardons à foulon "
Le texte est presque identique, on trouve toujours DIRE FAIRE TAIRE et DE MA JOIE, avec un J et O, c'est à dire sans modification ou fantaisie. De même entre les lettres, la coquille, le coeur, et les deux plumes d'autruche ont disparu.

Quel est la signification des différences de traitement des deux tympans ? Soit Jacques Coeur a voulu dans le premier, délivrer un message, soit, et c'est beaucoup moins romantique ou mystérieux, lors des restaurations de 1840 environ, les sculpteurs ont apporté une touche différente, ajoutant coeur, coquilles et plumes..... C'est pourquoi les interprétations sont difficiles.

L'oranger était parmi les arbres qui apparaissent dans les tableaux représentant le Paradis. Jean Favière écrit que " Bourges paraît posséder les plus anciennes et les plus authentiques figurations exactes de l'oranger, de ses fleurs et de ses fruits de tout l'art occidental ".
Sur le dessin de Hazé figure aussi le cadenas ou la ceinture entourant le tronc de l'oranger. Elle est très difficile à voir aujourd'hui sur la sculpture.

L'oranger est situé au centre, il a le tronc entouré d'une chaîne bouclée par un cadenas, c'est le blanc originel, la matéria-prima, et pour trouver cette matière première, l'homme doit être un sage. Ce n'est qu'à cette condition qu'il pourra ouvrir le cadenas.

C'est donc la première clé de l'énigme : la sagesse est nécessaire pour entrer dans le laboratoire.

Le figuier enfin est l'arbre qui est impur, qui renvoie à la terre. Pour l'alchimiste, tout doit commencer par la putréfaction. Le processus va des ténèbres à la lumière de l'or, donc le point de départ est bien un matériaux en putréfaction.

Ainsi, les trois arbres représentent les trois étapes que l'homme doit franchir pour s'accomplir. Mais rien n'est simple dans ce parcourt de l'adepte, car il y a des épines, et c'est ainsi que l'entourage des arbres recèle aussi des roses et leurs épines, mais aussi des chardons et des plumes d'autruches, qui sont toutes égales.
Dans ce dernier cas c'est une contrainte supplémentaire signifiant que tout doit être fondé sur l'égalité et la justice.

Après Dire Faire Taire, c'est donc à nouveau trois arbres et trois symboles qui apparaissent

Il n'y a rien qui conduit à la recherche de la pierre philosophale sur le plan pratique. Or la voie alchimique est différente de toutes les autres, dans la mesure où elle prend en compte un aspect spirituel, mais un aspect pragmatique et opératoire.
Chez Jacques Coeur ce ne semble pas le cas. Il ne s'intéresse qu'à l'aspect mystique et philosophique de l'Art. Comme pour se détacher des accusation de fabricant d'Or.

La progression de l'adepte va du silence à la parole maîtrise et cela doit aboutir à l'action. C'est ce dernier volet que l'on ne trouve pas dans l'architecture du Palais.

Pour certain, la maxime du DIRE, FAIRE, TAIRE est sans aucun doue le testament de l'adepte. Il a voulu laisser les traces de la métamorphose de l'homme par la purification, et la régénération.

En tout cas, ce n'est pas la recette pour faire de l'or.

Entre les lettres du bandeau, ont été sculptées des fleurs et plantes qui sont pour certaines dans le rectangle principal entre les arbres. Il est curieux de constater trois anomalies parmi ces plantes. Sur le montant de gauche, une coquille, au centre du bandeau supérieur, deux coeurs entrelacés et à droite, de manière symétrique par rapport à la coquille, deux plumes d'autruche. On a une fois encore un triptyque, trois arbres, trois symboles forts, non mis au hasard comme le suggère le prudent Jean Favière.
Une coquille, deux coeurs, deux plumes ?

qui signifie REAL GUERDON, ce qui signifie Récompenses Royales,
il y a aussi à coeur vaillant rien impossible.
Une autre devise de Jacques Coeur est aussi tracée dans la pierre, c'est le célèbre " En bouche close n'entre mouche ". Il vaut mieux se taire que dire des bêtises, il faut privilégier le silence à des propos incohérents ou mal réfléchis.
Le silence donne la nature des choses, et c'est aussi le " tourner sa langue 7 fois dans sa bouche " avant de parler.

Les sculptures du palais

 

Ce Palais possède de nombreuses sculptures, en particulier dans les tympans des portes, la plupart de ces sculptures sont classiques et témoignent de l'époque. Nous n'en dirons rien de particulier, des ouvrages sur le palais et son architectures sont forts biens faits pour cela, et il ne faut pas voir la trace de l'hermétisme partout.

Les sculptures de la façade

 

Mais la façade révèle un autre mystère qui n'est sans doute pas d'un proche rapport avec l'hermétisme. C'est la position des sculptures qui sont situées de part et d'autre du dais, lequel comportait la statue à cheval de Charles VII.
En effet, nul ne sait aujourd'hui dans quel sens était cette sculpture du roi à cheval. Allait-il vers la place Cujas ou vers la rue d'Auron ? Telle est la question.

Ainsi les statues et sculptures de l'extérieur, est-ce Jacques Coeur et sa femme Macé de Léodepart sur les bas reliefs, avec la statue équestre du roi Charles VII, et à l'intérieur de cette cour, on voyait aussi une statue équestre, sous un dais, c'était celle du grand Argentier nous dit l'érrudit berruyer Edmond Jongleux.
Jules Michelet écrira à ce sujet :
" la statue équestre du banquier plane impérialement ".

Mais le mystère s'épaissit lorsque l'on examine un livre d'Heures actuellement à Munich et dessiné pour un proche ou la famille de Jacques Coeur.
Lorsque l'on regarde la façade, l'homme est à gauche, le regard tourné sur l'extérieur, et la femme est à droite, le regard aussi vers l'extérieur. Sur le livre d'heures, c'est l'inverse. Et les deux personnages regadent vers la statue du roi, qui s'en va sur la droite, et regarde le personnage masculin.
C'est une parfaite logique, mais cela signifie surtout que ces bas-reliefs ont été déplacés et peut-être tout simplement refaits.

C'est aussi une preuve de la faible connaissance que nous avons du sujet, et cela doit permettre à chacun de garder un peu de modestie quant aux déclarations pontifiantes sur le sujet.
Dans une récente conférence, Jean Yves Ribault, avait montré avec les photos de François Thomas, les difficultés qu'il y avait à interpréter le palais Jacques Coeur, tant d'éléments étant manquant.

Si comme je le crois, les personnages sculptés dans les bas-reliefs sont effectivement Jacques Coeur et Macé de Léodepart, regardant le roi, il y a l'accueil, la soumission d'un sujet à son roi. Et rien d'hermétisme ou d'alchimique ne vient troubler cette hypothèse.

Mais entrant dans la demeure d'un adepte, il a bien fallut donner aux " initiés " d'autres pistes, et c'est dans le typan de la porte d'entrée que nous les trouvons, avec comme toujours, un double sens.

Au tympan de cette porte d'entrée dans le palais se situe un ange avec à ses pieds deux arbres, qu'il n'est pas simple de classer. Un oranger à gauche ou un bergamotier

L'ange a les pieds sur un blason comportant trois coeurs et trois coquilles. Des plantes et des plumes d'autruches. Parmi les plantes, un pied de gingembre.
L'ange a dans sa main gauche un pot qui comporte une plante. Cette plante pourrait être un lys.
Dans la miniature de Munich, l'écu est droit et non penché, et il est sumonté d'un casque. Qui a raison ? doit-on se méfier des livres d'heures ? Sans aucun doute puisque le palais Jacques Coeur est dessiné avec à sa droite une montagne !
De son autre main, l'ange montre un phylactère. Ce phylactère peut comporter une devise aujourd'hui effacée, ou rien, comme c'est le cas dans les symboles hermétistes.

L'interprétation est donc à plusieurs sens, avec la condition que cet ensemble n'ait pas été trop transformé par les architectes chargés de la réfection du palais.

C'est une invitation à entrer dans la maison de Jacques Coeur, et le blason en témoigne. Mais le phylactère a toujours en hermétisme le même signifiant : c'est l'information sur le sens caché de ce qui se trouve dans ce palais. C'est une invitation au mystère. Le palais contient des éléments que l'on ne peut pas écrire, et qu'il faut chercher soi-même.
Les arbres ne sont que deux.

Dans la cour :

Le tympan de la porte d'entrée située a la tour d'escalier, à droite.
C'est l'entrée des domestiques et des cuisines, au centre, une cheminée avec une marmite suspendue, une crémaillère et un marmiton qui tourne la broche.
Sur la droite, une servante lave un plat
Sur la gauche, un serviteur broie une composition avec un mortier.

Ceci est une première lecture, rationnelle et cohérente.

Il peut s'en trouver une seconde avec les trois opérations qui se faisaient dans les caves des alchimistes. C'est le broyage, le tamissage et le chauffage. La Terre, l'Eau et le Feu, au dessus un joueur de cornemuse symbolise l'Air.
A droite, la femme procède à la récupération de la rosée et tamise cette liqueur qui est une des matières qui donnera l'élixir.
A gauche, un homme avec un pilon semble broyer la matière ou la pâte dans un mortier à tourillon. C'est une des phases de grand oeuvre.
Au centre, le feu qui est la caractéristque finale de l'obtention de la pierre philosophale. Tout se termine en alchimie par l'action du feu.

C'est une seconde lecture hermétique de ce tympan.

Les tympans de la montée vers la chapelle

Dans la cour toujours, les trois tympans des ouvertures qui conduisent directement par un escalier à la Chapelle.

Sur le tympan de gauche :

A gauche :
un moine qui tient un livre fermé il a un goupillon dans un bénitier.
Derrière, un enfant sonne l'office.
Alors qu'un mendiant arrive. Il porte en avant sa sébille et s'aide pour marcher d'un bâton.

C'est l'appel à la prière, à l'office. Tableau en trois personnages dont la lecture semble assez simple. Mais cela pose encore des questions.
Le livre fermé
des deux extrêms, ce sont les mêmes objets, bâton pour l'un gouplillon pour l'autre, sébille pour le premier, bénitier pour le second. L'un est courbé, l'autre droit. La misère, et la connaissance. A l'entrée de sa chapelle, Jacques Coeur n'aurait-il pas fait figurer un roi ? Il a choisi un pauvre.
Symboliquement on peut aussi traduire la scène d'une manière plus cruelle. La connaissance représentée par le livre n'est pas accessible à tous, d'où le livre fermé. Il faut le secours de Dieu.

Sur le tympan du centre :

C'est un tympan des plus curieux, certains l'on appelé celui de la " messe alchimiste ".
Trois personnages, là encore.
L'un prépare un autel, il semble recouvrir ce qui peut être un anathor. Il y a en effet, un coeur dans lequel se trouve une coquille, le tout surmonté d'une croix. Le tout est dans une figure en forme d'oeuf. ,
Au centre un prie dieu, et un personnage important qui " porte beau ", il remet son chapeau et a un livre de messe à la main. Il semble suivre le troisième homme de la scène, celui-ci quitte la scène à pas rapise, il a son chapelet à la main.

Cette scène évoque la fin d'une messe, c'est à dire une scène de la vie quotidienne, mais quel en aurait été l'intérêt ? Le personnage central pourrait être Jacques Coeur.

Une interprétation nouvelle peut sans doute être donnée, en prenant en compte les deux tympans.
Regardons de près l'autel, c'est l'athanor des alchimistes. Le dessin est typique de ce que l'on retrouve dans le mutus liber, c'est le vase philosophale qui apparait dans la quinzième planche de cet ouvrage muet. Le coeur symbolise le mercure, la
Si l'on considère qu'il s'agit " d'une messe alchimiste ", la première scène montre ce miséreux qui arrive à l'office, il est vieux, courbé, et la seconde scène le représente beau, et riche, il sort de cette cérémonie, alors que l'on recouvre l'athanor, c'est à dire après la réalisation du Grand Oeuvre. L'homme qui sort devant indique avec ses doigts le chiffre 5 qui est peut être celui des 5 phases; un peu comme les cinq voyages initiatiques du compagnon, alors qu'il découvre la lettre " G ".
C'est bien un thème purement alchimiste, celui qui transforme l'homme, de l'intérieur et de l'extérieur.

Sur le tympan de droite :

La scène est plus difficile à interpréter, mais cela arrive !

A droite, un page entraîne trois femmes vers la gauche, elles sont de noble famille pour les deux premières. La troisième semblant plus modeste.
C'est aussi tout simplement l'arrivée des femmes à l'office.

Une autre interprétation de ce typan, en le reliant à celui du centre, c'est le secret qui doit suivre le grand oeuvre. L'athanor est recouvert, car il faut garder secret ce qui vient de se dérouler car les femmes arrivent ..... Cette interprétation " très macho " peut se discuter car dans les mutus liber on trouve la femme présente aux côtés de l'homme.
Mais depuis Adam et Eve, la femme symbolise la faute et le péché. Et puis la femme étant toujours belle, elle n'a pas besoin de l'élixir de l'alchimiste pour rajeunir !

A l'intérieur :

Dans la salle à manger ou " grande salle " la cheminée a trop été restaurée et mutilée pour que l'on puisse en dire davantage.
Dans le tympan de la porte, une sculpture représente deux cerfs ailés.
Le cerf incarne l'âme

L'entrée de la chapelle possède au premier étage une sculpture de l'Annonciation

L'énigme de Tristan et Yseult

Pour Fulcanelli, la chapelle est belle, mais ne contient rien du symbolisme d'antan. Par contre dit-il la pièce la plus originale du palais est sans aucun doute un cul-de-lampe qui orne la chambre du trésor.
Dans une première lecture, il représente une légende, la rencontre de Tristan et Yseult. C'est un poème classique du moyen Age, avec les chevaliers de la table Ronde( issue des légendes grecques, comme souvent).
Au centre, un coffre creux et cubique, ma fille dirait aujourd'hui, tiens, ils avaient déjà la télé à cette époque car ça ressemble à un poste de télévision!
Ce coffre est situé au pied d'un arbre très touffu dont on apparçoit dans le feuillagela tête couronnée du roi Marc.
Rappelons que Yseult est la femme du roi Marc et Tristan le neveu du roi.
De chaque côté de ce coffre, Tristan de Léonois et Yseult. Il a un chapeau de l'époque comme l'on représentera souvent Louis XI ( à bourrelet). Yseult a une couronne et ils regardent tous deux le mystérieux coffre.

Fulcanelli évoque alors le phénomène de réincarnation ou de retour ou de rajeunissement. En fait le roi et son neveu ne font qu'un.
C'est le combat des corps chimiques dont la combinaison donne le dissolvant secret. Suit dans lexplication du maître une longue disgression sur les légendes de ce type, avec Apollon tuant le monstre Python, ou Les saint comme Marcel, Michel ou Georges tuant le dragon ou encore hercule tuant l'Hydre de lerne.
Retour à la chimie, ce disolvant permet la réincrudation,de l'or naturel, c'est à dire son retour à un état friable et fusible. C'est rendre cru ce qui signifie remettre dans un état antérieur. Rétrograder. L'or à un moment perd sa couleur et la récupère ensuite.
La reine est à la fois l'épouse du vieillard et du jeune héros, c'est la triade minérale du grand Oeuvre.
L'arbre situé derrière Tristan est chargé de fruits énormes.
C'est le rajeunissement du roi que signalent les auteurs.

C'est le cas typique d'explications que l'on pourrait dire vulgairement " tirées par les cheveux ". On a l'impression qu'il manque quelque chose, que des paragraphes ont été otés ou que le maître ne dit pas tout.
A moins qu'il n'en sache pas plus que nous.

En seconde lexcture, on peut évoquer ce cul-de-lampe de manière beaucoup plus simple, plus rationnelle aussi. C'est la salle du trésor et pour l'obtenir il faut faire attention, le roi est dans l'arbre, et il y a un miroir , l'eau qui fait que les amants verront la figure du roi se réfléter et ne se donneront pas l'un à l'autre, en tout cas ce jour-là.

Et puis cette dernère lecture retrouvée chez Edmont Jongleux, " Ce serait plûtot traduite d'une façon durable dans la pierre, certaines confidences que l'Argentier n'ose faire çà personne ".
Jacques Coeur qui est le seul à pénétrer dans cette salle peut à loisir rêver sur celle qu'il aime en secret, sa protectrice, cette amie sûre pour laquelle il a toujours manifesté un attachement très respectueux. Bien entendu, il s'agit de la Dame de Beauté, Agnès Sorel.
Pour Jongleux, c'est peut-être la clé de ses ennuis et du procès, " il avait osé lever les yeux sur une femme que son roi avait distinguée ".

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