l'IUT de Bourges - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

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L'IUT DE BOURGES (HISTOIRE)
Par Roland NARBOUX

L'Institut Universitaire de Technologie, un établissement supérieur qui a déjà une Histoire, c'est l'IUT de Bourges.

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Version 2009

 

Après avoir mis en place le Centre Associé du Conservatoire des Arts et Métiers, le maire de Bourges Raymond Boisdé s'attaque à une autre structure de l'enseignement supérieur.

Cette seconde étape ne sera pas immédiate, il s'agissait d'implanter un Institut Universitaire de Technologie (I.U.T.) à Bourges et ensuite une Ecole d'Ingénieurs. Boisdé mettra dans ce combat toute sa puissance et sa fougue, mais s'il réussira avec l'IUT, ce sera l'échec pour l'Ecole d'Ingénieurs.

Pour Boisdé, Bourges, en 1964, paraît, sur le plan de la répartition des Facultés, particulièrement défavorisée, il dit même "déshéritée et tenue à l'écart des équipements universitaires nouveaux". Tout cela provient de la rivalité entre Tours et Orléans, et de la constitution d'une région du Centre groupant des départements sans lien ni homogénéité. Il poursuivra son analyse en essayant de promouvoir une nouvelle région qu'il appelle "Berry-Nivernais-Bourbonnais" laquelle, compte tenu du nombre croissant d'étudiants, serait parfaitement viable.


En juillet 1964, de fortes personnalités de Bourges, comme Francis Gay, professeur de géographie, Jean Favière, conservateur du Musée, et Jean-Yves Ribault, directeur des Archives Départementales du Cher, proposent pour la ville de Bourges la création d'un "Centre d'Etudes Supérieures de la Civilisation Européenne", il s'agissait dans l'esprit de ces éminents spécialistes de "désengorger les établissements universitaires parisiens". L'originalité du projet tenait aussi à son financement qui serait assuré dans un premier temps par la Ville et le Département. Le Maire va soutenir le projet, alors que le Recteur Antoine, comme le rappelle Philippe Goldman, est beaucoup plus réservé.
En fait, cet Institut ne verra jamais le jour, pas plus que le projet d'un établissement de "technicien traducteur commercial", étudié par M. Eyrignoux.

Pourtant, la municipalité avait fait l'acquisition de l'ancien Couvent des Augustins, afin d'avoir des locaux disponibles à l'enseignement si des portes s'entrouvraient.

Le 1er juillet 1966, Raymond Boisdé est de retour à Bourges, il vient de Paris, et il est fâché. Il vient de rencontrer Christian Foucher, ministre de l'Education Nationale, car la presse régionale faisait état, en reprenant des propos de Monsieur le Recteur, de la création d'un Institut Universitaire de Technologie à Orléans. La décision fut prise, ajoute le député-maire de Bourges car "le doyen de la Faculté des Sciences d'Orléans, professeur de chimie, désirait enseigner cette matière dans un I.U.T., alors que la création avait été promise à Bourges".
Les relations entre Bourges et Orléans sont des plus conflictuelles, Boisdé rappelle sur un autre sujet que "leurs Floralies découlent d'une idée prise à Bourges".
Boisdé aura un entretien houleux avec le ministre, car cela fait trois ans que Bourges aurait dû avoir le premier I.U.T du Centre de la France, "puisqu'il est convenu que nous avons cette vocation à l'enseignement technique".
Le ministre de l'Education vexé, écrira à Boisdé : "J'envisage toujours de créer à Bourges, un Institut Universitaire de Technologie". C'est ce qui se fera plusieurs années plus tard, Bourges ayant une double vocation à la fois Technique et Artistique.

Boisdé va mettre tout son poids dans l'obtention d'un enseignement supérieur, et il montera en haut de la tribune de l'Assemblée Nationale afin de défendre le dossier de Bourges, dans la discussion sur la loi cadre relative à la recherche technique. Il réclame des classes préparatoires, une école d'Ingénieurs et un I.U.T. Il obtiendra finalement cet I.U.T tant attendu, mais qui ne fera pas la une de la presse locale lorsque le premier département ouvre ses portes en novembre 1968.

C'est tout en haut de la page 6 du quotidien "La Nouvelle République" que l'on trouve quelques lignes sur une rentrée à Bourges, celle des étudiants de l'IUT. La faible importance de l'événement, traité dans ce journal entre l'amicale damiste et l'horaire des cars, montre que les Berruyers ne sont pas toujours sensibles aux grands mouvements de l'Histoire.

C'est le département de la Gestion des entreprises et de l'administration qui est alors ouvert.

Ils sont une cinquantaine d'élèves, entourant le directeur de ce nouvel établissement, Monsieur Chamard, avec, à leurs côtés, 7 professeurs. Dans cette première promotion, il y a 15 Berruyers, et 3 élèves de Côte-d'Ivoire et de Dakar. Ces derniers seront pensionnaires au lycée agricole, situé tout proche de l'avenue De Lattre de Tassigny, ou fut construit ce premier IUT qui avait alors une seule section de génie mécanique.


Monsieur Chamard, malade, sera peu présent à Bourges, et l'année suivante, il décédera. Son remplaçant, Gérard Lassau, deviendra le nouveau directeur, et marquera de son empreinte les premières années de cet Etablissement d'enseignement supérieur.

En 1969, à la rentrée s'ouvre un second département, celui du Génie mécanique, et ce sont des arrivées importantes de professeurs, une grande partie, dans les matières très "mécaniques" étant des vacataires.
C'est cette même année que viendront enseigner, en 1969,
Jean-Pierre Saulnier et moi-même, jeune ingénieur à Nord-Aviation.
Dans un article paru en 1972, alors que l'I.U.T. a "fait son trou" dans le paysage berrichon, M. Lassau, qui possède déjà deux départements, celui de "Génie mécanique" et celui de "Gestion des entreprises", travaille sur la mise en place d'un troisième, intitulé : "Génie civil". Il argumente que dans la Région Centre, les secteurs "bâtiments" et "travaux publics" emploient 20% des salariés, ce qui est considérable.

Quant à une éventuelle école d'Ingénieurs, Gérard Lassau se bat pour obtenir une filière aéronautique de "transport et propulsion", dépendant de l'Université d'Orléans, et pour laquelle une liaison serait faite avec la S.N.I.A.S., dès la rentrée de 1973. Il faut, pour les responsables locaux, "chercher des solutions de développement universitaire de Bourges qui ne soient pas une concurrence pour l'Université d'Orléans, mais une complémentarité".

En 1975, s'ouvre le département du Génie civil, c'est à dire les matériaux de construction des routes, ponts, maisons... etc

Si le domaine technique est une priorité, les tenants de l'Université traditionnelle cherchent à mettre en place d'autres filières. C'est ainsi que le 30 octobre 1961, le conseil municipal décide la création de l'Ecole de Droit de la Ville de Bourges. Cette Ecole fonctionne sous la direction de Me Jean Piot, avocat à la Cour d'Appel. Depuis son ouverture, elle a chaque année entre 80 et 100 étudiants et ne demande qu'à se développer.

Ainsi, de toute part, le problème de l'enseignement et de l'Université de Bourges reste au premier plan des préoccupations de chacun. Boisdé, plus que tout autre, est persuadé que sa Ville ne se développera que dans la mesure où elle aura une Université.


En 1992 s'ouvre le Département des Mesures physiques et 7 ans plus tard, un département "Qualité",


En 2005, à la rentrée, ce sont 810 étudiants qui vont entrer dans l'établissement de l'avenue De Lattre, une légère augmentation comme le souligne le directeur, monsieur Jacques Guilly.

Deux "nouveautés" pour cette rentrée :

c'est le WIFI qui devrait être rapidement opérationnel. D'où qu'ils soient, les étudiants pourront connecter leur ordinateur portable sur Internet de n'importe quelle salle.

A cela s'ajoutent 350 ordinateurs en postes fixes.

le second changement sera visible dans quelques semaines, c'est le "relookage" de la façade qui n'avait pas bougé depuis.....

mon époque où j'y enseignait.


L'IUT, dans les années 2008 / 2009 à Bourges comprend près de 1000 étudiants (950) et l'enseignement est assuré par 70 enseignants, et près de 200 vacataires, cette proportion n'ayant pas beaucoup bougé depuis 1969 !

Et puis en février 2009, l'IUT fête des 40 ans. Des portes ouvertes sont organisées.


Les directeurs de l'IUT :

- Lucien Chamard de 1968 (ouverture) à 1969. (il quitte l'IUT pour cause de maladie, un amphithéâtre portera son nom).

- Gérard Lassau de 1970 à 1983

- Jean-Pierre Saulnier de 1983 à 1991

- Pierre Marché de 1992 à 1998

Jacques Guilly de 1999 à 2007

Gérard Poisson prend ses fonctions au printemps 2007.


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