immeubles remarquables de Bourges - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

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IMMEUBLES REMARQUABLES DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges et quelques immeubles remarquables du XX ième siècle, avec un art déco parfois assez bien prononcé.

BAINS-DOUCHES, Ets AUBRUN, DAMES DE FRANCE, NOUVELLES GALERIES, MAGASIN VOG, SOCIETE GENERALE, BANQUE DE FRANCE, Ets LESEING

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Version 2012

 

ANCIENS BAINS DOUCHE MUNICIPAUX

Cet immeuble existe encore à l'heure actuelle, mais il n'est plus utilisé pour les bains-douches.

Il date de 1928, il a été construit par la municipalité de Henri Laudier. Il est situé en bordure de la rivière Yévrette, aujourd'hui busée, et sur set emplacement, depuis l'époque médiévale, se trouvait un moulin, celui de la Chaîne.

A cette époque, le maire Laudier, socialiste, était préoccupé par l'hygiène, il fera édifier les Prés Fichaux (marécages) et fera construire ces bains-douches.

Ce bâtiment est au N° 6 du boulevard Clémenceau en face de l'Eglise Saint Bonnet, et il fait l'angle avec la célèbre rue de la poissonnerie.

Il est construit dans l'art de l'époque cher à Laudier, : l'art déco, "il est orné de cabochons de céramique émaillée, un décors de provenance bourguignonne, assez peu représenté à Bourges".

 

ETABLISSEMENTS AUBRUN

C'est l'architecte Sylvère Laville qui va concevoir ce grand magasin, en 1929, à l'angle de la rue Moyenne et de la rue actuelle Alexandre Dumas.

Ce magasin Aubrun a le nom d'une des grandes familles de Bourges, dans le commerce de père en fils depuis plusieurs générations.

C'est à Bourges, le dernier des grands magasins de style "parisien", comme ceux du Printemps.

L'ensemble a un côté Art déco, alors que la rotonde d'angle, est surmontée d'une magnifique coupole.

les travaux commencent en 1927, mais l'incendie du magasin d'en face, les Nouvelles galeries en septembre 1928, vont ralentir le chantier, celui-ci ne sera terminé qu'en 1929.

 

LES NOUVELLES GALERIES

C'est un des magasins les plus célèbres de Bourges.

Les Nouvelles Galeries seront construites rue Moyenne au tout début du XX ième sicèle.

ouvriront le 2 mai 1904, on les remarquera par l'importance de la publicité qui apparaît dans les journaux locaux : souvent une demi-page, parfois une page entière.

Et puis en septembre 1928, c'est un des grands incendies de Bourges, celui des Nouvelles galeries.

Dans l'entre-deux guerres, peu d'incendies sont à signaler. Mais un des incendies les plus importants de Bourges, et dont les Berruyers se souviennent encore, c'est celui des Nouvelles Galeries, en 1928. C'est le premier dont tous les faits et détails nous sont parfaitement connus.
Ce soir là, le vendredi 14 septembre 1928 à 20 heures et 20 minutes un terrible incendie va éclater. Tout commence dans une rue Moyenne à l'heure où celle ci commence à s'endormir, des passants aperçoivent "un mince filet de fumée s'échapper du second étage des Nouvelles Galeries le feu s'était déclaré". Ces magasins, en plein centre ville sont les plus modernes de la cité. Aussitôt l'alerte est donnée. En contournant le magasin, le feu apparaît avec beaucoup plus d'ampleur, il semble avoir pris au-dessus de l'atelier d'emballage.
Les veilleurs de nuits n'étaient toujours pas intervenus, lorsque Monsieur Chollet, le gérant des Nouvelles Galeries arriva en automobile avec son fils et pénétra dans son magasin. Le feu embrasait déjà le second étage tout entier, où se trouvaient l'ameublement et les bureaux. Un agent cycliste, Jarry, arriva lui aussi, il chercha les veilleurs de nuit, l'un s'était enfui, l'autre gisait dans le magasin, Jarry le sauvera.
Bientôt, une voix s'éleva du second étage, c'était M. Chollet, il était prisonnier des flammes. Il réclamait une corde ou une échelle pour se sauver. Comme l'écrit la Dépêche du Berry en relatant ces événements :
"... A ce moment là, des pompiers étaient arrivés. Aidés des habitants et des ouvriers du chantier Aubrun, sous les ordres de M. Henri Laudier, maire de Bourges, on plaça une échelle sur la verrière d'angle. Des hommes montèrent, qui mirent des planches sur la verrière, puis se faisant comme l'on dit vulgairement la courte échelle, parvinrent à atteindre le gérant qui, s'accrochant aux corniches, essayait d'échapper au feu. M. Chollet était sauvé".

En quelques minutes, le brasier va s'amplifier. Les pompiers mettront beaucoup de temps à installer leur matériel, les bouches d'incendie étaient mal réparties, la pression de l'eau très faible, et l'affolement était indescriptible. Ce n'était pas un incendie ordinaire, mais "un véritable fléau". A 21 heures, l'ensemble de l'immeuble était en flamme, et la panique prenait tout le quartier Coursarlon.
Les grandes glaces du premier étage ont déjà éclatées en mille éclats, et soudain c'est la toiture qui s'effondre. "Le dôme avec sa forme de campanile s'effondre ; on ne peut plus approcher du brasier à moins de 20 mètres. A cet instant, les fils électriques du tramway se brisent et ce sont des court-circuits tout au long de la rue Moyenne. Les flammèches et autres escarbilles sont projetées dans tout le quartier. C'est au tour du Palais Jacques Coeur de recevoir des fumées et débris, les mesures de protection sont immédiatement prises pour le sauver. Vers 22 H 30, grâce à une seconde lance, le danger est écarté de ce côté là.
Mais un second incendie en face se propage alors que les charpentes métalliques sont tordues et fondues.
"Les étincelles jaillies tout à l'heure des fils électriques ont communiqué le feu aux immeubles d'en face. On a vu s'enflammer les stores des magasins Dressoir. Que va-t-il advenir du quartier tout entier, 20 foyers sont abrités dans cet immeuble."

Le vent actionne lui aussi l'incendie, vers 23 heures, les autorités paniquent, elles craignent que l'incendie ne s'étende à toute la rue Moyenne. Mais l'effort des pompiers venus de tout le département, placés sous le commandement unique du Capitaine Hémery commence à porter ses fruits, et vers 2 heures du matin, l'incendie était enfin maîtrisé.
Cet incendie fut sans aucun doute le plus important à Bourges dans cette période de l'entre-deux guerres. Autant par le côté spectaculaire, il y aura une foule immense que le commissaire de police M. Dagonet aura du mal à canaliser, ces curieux, berruyers d'abord viendront ensuite des environs, car les flammes se voyaient à plusieurs kilomètres à la ronde.
La presse relate aussi la participation à l'organisations des secours du Maire Henri Laudier qui venait de rentrer chez lui au début de l'incendie, et fut un des premiers sur les lieux "où il se dépensa sans compter".

Dans les jours qui suivirent, la foule vint rue Moyenne, comme pour un pèlerinage, "les curieux contemplent de loin le lieu de dévastation tandis que de hardis travailleurs jettent bas les pans de murs qui menaçaient ruine". tel fut le titre d'un journal local. Comme toujours après une catastrophe, on s'interroge sur les causes du sinistre, puis sur la mauvaise organisation des secours, même si la presse reconnaît le courages des pompiers, ceux de Bourges, de la Pyrotechnie, du 95° d'Infanterie ou encore de Vierzon-Ville.
Dans cette période contemporaine, signalons simplement en 1932, sur la place Séraucourt, le 22 juillet, sinistre anniversaire, le feu du chapiteau "Le Carrousel-Salon", qui était présent pour les foires Jacques Coeur.
Après guerre, le 10 mai 1960, c'est un dépôt de matériel qui est détruit, route de la Charité, en particulier en raison de la valeur des matériels qui étaient entreposés.

Au mois de janvier 1965, un incendie assez limité va toucher deux travées du fond de la nef.

Plus proche de nous, un soir de janvier 1986, la cathédrale de Bourges reçut la visite "en urgence des pompiers". Le feu commençait à prendre à l'intérieur, tout près du portail central. En quelques instants, les lances vinrent à bout de ce début de sinistre et il n'y eu que quelques dégâts, dont tout de même l'horloge astronomique.
L'enquête démontra que des gosses du quartier avaient trouvé un nouveau jeu : faire exploser des "pétards" à l'intérieur de l'édifice, le bruit étant très fort.... c'était amusant. Mais lorsqu'un pétard lancé un peu loin s'en alla dans la réserve des cierges, ce fut l'embrassement. L'alerte fut donnée, de la fumée commençant à s'échapper, mais grâce à l'intervention du bedeau puis des pompiers la cathédrale fut sauvée.

Après cet incendie, les Nouvelles galeries vont se reconstruire.

Sans doute aui tout début des années 1930 que les Nouvelles galeries vont être reconstruites.

Dans un style assez différents.

Mais en face, au N° 17, l'immeuble avait aussi été détruit par l'incendie d'en face.

Dans la presse de 1950, il est écrit "que l'angle formé par la rue Moyenne et la rue Corsarlon resta à l'abandon et des pallissades durent être dressées pour éviter tout accident".

Il semble aussi que les Allemands, au début de la Guerre, en 1940, photographiaient ces ruines en pensant qu'elle étaient dûe à des bombardements.

En 1950, le terrain est acheté par un nouveau propriétaire et il confie la reconstruction decet immeuble à un architecte, monsieur Rey.

Il y aura dans le projet, 4 étages avec le rez de chaussée pour 3 magasins, des bureaux au premier étage et les autres étages pour de l'habitat. Il s'agit d'un projet.

ANCIEN MAGASIN VOG

Un magasin que l'on remarque aujourd'hui, c'est un magasin de vêtements en rez de chaussée, alors qu'à l'étage, un restaurant chinois a pris possession des lieux.

Il a été construit en 1930, il est fait de béton, de verre, de métal et de marbre, il est situé à l'angle de la rue du Commerce et de la rue Jacques Coeur, en face de la place Cujas.

C'est sans aucun doute le plus bel exemple de l'art déco dans un bâtiment du centre-ville.

La façade est recouverte de grandes plaques de marbre, alors que "les angles coupés sont traités en verrière".

Dans les verrières et les structures métalliques, se trouvent comme éléments décoratifs, les lettes V O G.

 

SOCIETE GENERALE

Un grand bâtiment qui date du début du XX ième siècle, il est situé à l'angle de la rue du commerce et de la rue Pelvoysin. En face, le bâtiment des Dames de France.

Il a été construit juste après l'élargissement de la rue Pelvoysin, ex rue des Toiles, en 1908.

 

DAMES DE FRANCE

Un des grands immeubles et magasins de Bourges, il est situé place Planchat, à l'angle de la rue du Commerce et de la rue Pelvoysin.

Il date de 1905, construit avec les nouvelles techniques de construction, basées sur des structures métalliques porteuses et de grandes surfaces de verre.

A noter la présence d'une marquise en fonte. C'est un peu le modèle parisien qui arrive en province.

L'architecture est Renaissance sur certains côtés, avec quelques magnifiques bas reliefs verticaux.

Ce magasin va subsister jusque dans les années 1970, avant d'être destiné à d'autres activités qui n'auront pas beaucoup de chance. C'est là que la radio Recto Verso s'installe en 1984, avant de devoir partir pour des raisons financières. Plus tard, le grand quotidien La Nouvelle République s'installe à son tour et doit fermer son édition du Cher en 2009.

 

MAISON DE LA FORESTINE

Grand immeuble daté de 1895, il est en pierre calcaires, et c'est le confiseur Georges Forest qui le fait édifier à l'angle de la rue Moyenne et de la rue Trompette, devenue rue des Beaux Arts.

Cet immeuble appartient à l'Hôpital général de Bourges (?).

 

NOUVELLES GALERIES

Le magasin qui fut, avec les Dames de France et Aubrun, le plus célèbre des grands magasin, d'autant plus que son histoire est tourmentée.

Il est le premier grand magasin construit à Bourges, rue Moyenne, à l'angle avec la rue du Dt Témoin (aujourd'hui), et c'est en 1904 qu'il est édifié.

Il est en béton, métal et verre.Il a été construit à partir d'une structure métallique porteuse, avec une rotonde d'angle et, dans sa première version, une décoration "néo-Renaissance".

En septembre 1928, il est détruit par un gigantesque incendie.

Il est reconstruit, après beaucoup d'hésitations, car certains pensaient à faire une esplanade allant de la cathédrale jusqu'au Palais Jacques Coeur.

Il est ensuite démoli (?) et reconstruit en 1952 au même emplacement., mais avec une décoration davantage portée sur l'art déco.

Les Nouvelles Galeries cesseront leur activité dans les années 1995, pour faire place à la FNAC et H&M.

 

BANQUE DE FRANCE

Cet immeuble date de 1875, il est en pierre, et il est situé rue Eugène Brisson.

Le terrain est acheté en 1870, et c'est en 1873 que la construction commence, en face du jardin de l'Archevêché. La succursale de la Banque de France s'installe en ce lieu en 1875.

 

Cet article a été écrit avec des données des archives municipales de Bourges et de l'ouvrage des Ed Flohic sur le patrimoine des communes du Cher.


 

Immeuble des Etablissements Leiseing rue Michel de Bourges

Pouvez vous faire suivre ce E Mail a Jacques Fleury :

L'immeuble Leiseing de la rue Michel de Bourges date bien de 1930, comme la poste située en face, et l'architecte en fut Louis Roy.


Il a été construit par les Ets Leiseing qui étaient a Bourges les constructeurs " de la ville" c'était bien comme je l'ai dit un immeuble de prestige qui était en fait en premier lieu pour la famille Leiseing, avec le plus Grand confort de l'époque dont un ascenseur pour desservir 3 étages .
C'est de l'art déco, qui s'oppose au néo Gothique de la poste.

 

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