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L'HISTOIRE DE BOURGES AU XVII e SIECLE
Par Roland NARBOUX

Bourges, au XVII e siècle, de 1600 - 1700 (article en construction)

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Version 2009

 

palais archevêché de BourgesLa caractéristique du XVII e siècle à Bourges tient dans peu de faits. C'est en premier lieu le siècle de la grande épidémie de peste dans le monde, qui faisait suite à celle des années 1346 - 1353 de triste mémoire. Il faut reconnaître que la peste n'en est pas à sa première version puisque l'on compte 23 fois l'apparition de la maladie à Bourges de 12374 à 1656. Mais la peste de 1628 restera dans la mémoire des berruyers pendant de très longues années.

Elle fit à Bourges 5000 victimes pour une ville qui n'avait pas plus de 15 000 habitants. Il est vrai aussi que les habitants de la Septaine étaient venus à Bourges pour se faire soigner.....

Le XVI e siècle est donc celui des grandes pestes, et cela va durer puisque la grande peste de Londres date de 1655 et celle de Marseille est de 1720.

Sur un autre plan, le XVII e siècle est caractérisé par l'installation de la municipalité dans le palais Jacques Coeur, que la ville achète à Jean Baptiste Colbert qui était le seigneur de Châteauneuf sur Cher. Cela se fait le 30 janvier 1682 pour un prix de 33 000 livres.

Une histoire difficile pour Bourges

Le siècle commence bien puisque depuis 2 ans, (1598, Edit de Nantes), la liberté de conscience est accordée aux cultes. Mais cela ne va pas durer. On note que c'est Henri IV qui est roi, et son ministre Sully est un "régional", il fera construire Henrichemont à deux pas de Bourges. Mais Henri IV est assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610. Il ne sera jamais venu à Bourges, Il avait fait faux bond aux autorités quelques années avant.

En juin 1616, c'est Henri II de Bourbon qui est un Prince de Condé qui est un des protecteurs des protestants qui est nommé gouverneur du Berry. Et aussi capitaine de la grosse Tour. Lorsque les Berruyers accueillent le nouveau gouverneur et capitaine de la Grosse Tour, Henri II de Bourbon, la ville n'est plus qu'un centre administratif dont un bon nombre de monuments et d'ouvrages fortifiés sont dégradés, l'économie exsangue et la population affaiblie par les épidémies de peste.

Mais comme il est parent du roi, on lui demande de revenir à la cour du roi, et on lui envoie un émissaire, l'évêque de Luçon qui est tout simplement Richelieu. Mais lorsqu'il arrive à paris, Condé est arrêté sur les ordre de Marie de Médicis qui dirige le royaume (c'est la mère de Louis XIII) . Un nouveau gouverneur est nommé pour le Berry, c'est François de Lagrange, maréchal de Montigny. Il meurt un an plus tard, il est remplacé par le maréchal de Vitry. (celui-la même qui avait abattu Concini, le favori de la reine....).

A Bourges, il organise en juillet 1619, le grand concours du meilleur tireur à l'arquebuse. IL y aura plus de 650 participants et tout cela se passe aux Prés Fichaux. C'est aussi de Vitry qui fait combler les fossés des Arènes alors que Condé revient à Bourges en avril 1621. Et là, il commence à mener une belle vie.

Sur le plan national, Louis XIII est au pouvoir et il met un terme à la féodalité, il met en place le centralisme parisien et le pouvoir absolu des rois de France. Pour de nombreuses provinces, donc pour Bourges et le Berry, c'est un peu le début de la décadence.

Evènement important, le 7 septembre 1621, avec la naissance à paris de Louis II de Condé, celui que l'on va appeler "Le Grand Condé". Il a 5 ans, et on pense à lui, comme futur roi, aussi il est reçu de manière enthousiaste à Bourges le 5 ami 1626, et c'est dans la cathédrale de Bourges qu'il est baptisé.

C'est alors que survient la grande peste de 1628. Il y aura 5000 morts entre le mois de juillet et celui de décembre. La ville va avoir beaucoup de peine à s'en remettre.

Le futur roi Louis XIV naît en 1638. Il va mourir en 1715.

En 1643, le roi Louis XIII meurt et c'est Mazarin qui assure la présidence du conseil de Régence, c'est à dire le pouvoir, avec Anne d'Autriche. En 1647 meurt à son tout Henri II de Bourbon et son fils, le Grand Condé devient gouverneur du Berry.

le grand Condé En 1651 le roi Louis XIV fait une entrée solennelle, c'était le 5 octobre, il avait 13 ans. Il était accompagné de sa mère Anne d'Autriche et du vieux Chancelier de Laubespine, lequel était propriétaire du palais Jacques Coeur.

C'est au cours de ce séjour que fut décidée la démolissions de la Grosse Tour. Le roi restera à Bourges au Palais Jacques Coeur jusqu'au 27 octobre. On raconte que le jeune roi (majeur depuis 1 mois) fit l'ascension de la tour Nord de la cathédrale.

En 1652, les chroniqueurs notent un "effroyable et épouvantable tremblement de terre...".

C'est à cette époque de la Grosse Tour est démolie et ce ne fut pas sans difficulté.

 

En 1658, c'est une vrai période glaciaire qui tombe sur le Berry. Les gens avaient connu cela en 1614 et 1622, avec de grands froids, mais cette fois, c'est terrible. c'était vers le mois de février.

En 1682 et jusque vers 1699, l'intendant de Bourges est un parent de Colbert, il a un nom devenu très connu à Bourges, c'est Dey de Séraucourt.

Le grand siècle des constructions classiques de Bourges

Il y a un paradoxe dans ce XVII e siècle à Bourges, car la ville est à l'agonie pour mille et une raisons, et pourtant elle se dote de nombreuses constructions dites "classiques".

L'Eglise de Bourges et le prince de Condé soutiennent la Contre-Réforme, encourageant l'installation de nouvelles communautés religieuses (Minimes, Carmel, Oratoriens, Ursulines, etc), les reconstructions d'abbayes (Saint-Ambroix, Saint-Sulpice, Saint-Laurent) et les restaurations de couvents et d'églises.

C'est au collège des Jésuites, construit dans les années 1620 d'après les plans du père Martellange, qu'est éduqué Louis de Bourbon-Condé. Devenu à son tour gouverneur du Berry, il mêlera la ville aux événements de la Fronde. Cet échec se soldera par la destruction de la Grosse Tour, en 1653, au grand soulagement de la population qui y voyait le symbole de la guerre civile. Le pouvoir local sera désormais aux mains des intendants du roi.


L'architecte berruyer Jean Lejuge, travaille à Bourges de 1620 à 1650, répond à de nombreuses commandes religieuses et municipales. La galerie de l'hôtel des Echevins, l'hôtel du Bureau des Finances entre cour et jardin, selon le type parisien, la reconstruction des abbayes Saint-Sulpice et Saint-Ambroix, les bâtiments ajoutés à l'Hôtel-Dieu, la chapelle Saint-Roch, etc, ainsi que les hôtels qui s'inspireront ultérieurement de son oeuvre, donnent à Bourges un bel ensemble d'architecture classique.

L'Archevêque de Bourges , Michel Phélippeaux de la Vrillière en 1677 fait appel à un célèbre architecte parisien, Pierre Bullet, pour reconstruire un palais archiépiscopal digne de ses ambitions.

Face au portail sud de la cathédrale, se déploie alors le nouveau palais de monseigneur l'archevêque. Une seule aile est réalisée car cela coûte très cher, et le roi Louis XIV ne veut plus rien donner...de ce projet inachevé qui devait être "une des merveilles de ce siècle" sera réalisé à moitié. (il est actuellement occupée par l'hôtel de ville).

Le jardin à la française prévu pour l'accompagner est dû, non pas à Le Nôtre, mais sans aucun doute à son école, mais il ne sera aménagé qu'en 1733.

 

En 1685 c'est la révocation de l'Edit de Nantes, ce qui va entraîner la destruction du Temple protestant de Bourges et l'exil de nombreux ouvriers huguenots.

Dans ce périmètre de la ville haute où se concentreront toujours les édifices du pouvoir, se trouve aussi le grand séminaire (actuel centre administratif) construit sur les plans de Pierre Bullet qui fait appel à ... son fils à la fin du XVIIe siècle.

Les tentatives manquées de relance économique


Marché agricole dépérissant, place forte dont les remparts sont ruinés, Bourges ne s'ouvre pas davantage sur les échanges extérieurs. Les intendants royaux qui se succèdent constatent l'absence d'esprit d'entreprise des Berruyers et la pauvreté de la population. Dans les dernières années du XVIIe siècle, l'intendant Dey de Séraucourt crée des ateliers de charité et emploie 600 personnes pour niveler le terrain de ce qui deviendra l'esplanade Séraucourt. Au cours du XVIIIe siècle, des manufactures de draps et d'étoffes, "d'indiennes" et de coutellerie tentent de s'implanter sans grand succès.

 

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