le grand café de Bourges - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

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LE GRAND CAFE A BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges et un immeuble qui fut un des plus célèbres de la ville, c'est le Grand Café, rue Moyenne, devenu une banque.

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Version 2010

 

Le Grand café au N° 16 de la rue Moyenne en plein centre de la ville de Bourges a été construit à la fin du XIX ième siècle.

A l'origine il est le cercle militaire des officiers de la garnison de Bourges.

L'architecte a réalisé une façade à travée rythmiques de style néo-renaissance.. Et l'ensemble est inspiré des traités de Vignole et de Serlio.

Au rez de chaussée, comme dans ces immeubles de rapport de commerce, il comprend un café avec de belles vitrines. "des façades ostentatoires et coursières ininterrompues sur toute la longeur de l'édifice". Ce café est ouvert à tous.

A l'étage, de grandes baies vitrées qui éclairent des salles de réunion qui sont réservées aux militaires.

Le fondateur de ce grand ensemble avait été réalisé par M. Margueritat qui avait vu grand, très grand même,

Puis, c'est M Chanut qui va lui succéder en 1902 ou 1903, et il apporte une innovation importante, très appréciée, des concerts symphoniques qui se déroulaient de 5 à 7 et de 9 à 11 heures. Les musiciens étaient recrutés parmi les musiciens locaux. Le prix des consommations était majoré de 0,10 francs pendant la durée du concert.

Il y eu au total 6 propriétaires successifs, le dernier étant M. Operrin. Ce dernier fit moderniser la décoration et l'aménagement du premier étage.

Beaucoup de vitrage et des salon fabuleux au premeir étage.

Le restaurant était réservé aux officiers de la garnison de Bourges qui était très importante à cette époque du début du siècle.

On voyait les officiers dans leur bel uniforme apparaître sur le balcon, "dans leurs uniformes de drap satin noir réhaussé d'écarlate, de blanc et de garance selon leur arme". Ils pouvaient en effet être artilleurs, dragons ou fantassins.

Ces uniformes faisaient rêver la gente féminine locale.

De temps à autre, un concert était donné dans la salle du Grand Café, une musique militaire, et il arrivait quelquefois que que le concert se déroule après diner dans la rue !

L'après diner sigale un témoin, ce sont "des hommes désoeuvrés, joueurs impénitents, fêtards attardé composaient la grande partie de la clientèle". Mais la clientèle était surtout bourgeoise.

 

Au soir de la déclaration de guerre de 1914, c'était le 2 août, le public berruyer vint en nombre manifester leur enthousiasme que l'affichage de l'ordre de mobilisation avait soulevé.

On écoutait par ailleurs, assez souvent des chants patriotiques.

On pouvait aussi lire des journaux comme "le Rrire", "la Vie parisienne" ou encore "L'illustration" qu'un garçon en veste noire d'alpaga et en tablier blanc apportait.

On buvait aussi "le Pernod", qui fut interdit dès l'entrée en guerre de la France en 1914.

 

Le Grand Café va disparaître en 1950 et c'est en 1953 que la Banque Populaire s'installe au rez -de-chaussée.

La raison est simple, c'est la perte des garnisons de la ville de Bourges.


Une anecdote historique sur le Grand Café :

" A Bourges, à cette époque, vers 1910, un des établissements les plus fréquentés était le Grand Café, rue Moyenne. Un jour, Henri Laudier (futur maire de Bourges) et ses jeunes amis y prenaient l'apéritif, lorsqu'un Capitaine de la Garnison, très importante alors, entra dans la salle. Une réflexion fusa de la table occupée par Laudier, qui en était l'auteur. L'officier vînt exiger des excuses qui furent refusées bruyamment, puis il déposa sa carte en déclarant : nous nous battrons demain, et il rejoignit sa table d'où son parlementaire vint trouver Laudier pour régler la rencontre. Malgré la pression de ses amis qui appréhendaient à juste titre cette dernière si inégale, Laudier refusa énergiquement tout compromis et lui, qui n'avait jamais tenu une épée, fut le lendemain matin, avec ses témoins, sur le terrain où, après quelques minutes, il reçut un coup d'épée dans le bras, ce qui arrêta le combat".

Laudier qui était à cette époque un homme classé très à gauche, "trés rouge", était allé jusqu'au bout de ce qu'il pensait être son devoir et son honneur.

Ces épisodes montrent le caractère entier de Laudier, sa détermination et son sens du combat politique sans limite."

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