Bourges Encyclopédie - Roland Narboux - L'Ecole d'Ingénieurs de Bourges

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L'ECOLE D'INGENIEURS DE BOURGES (ENSIB)
Par Roland NARBOUX

L'école d'ingénieurs de Bourges date de 1997, c'est un élément majeur de l'enseignement supérieur.

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Version 2009

 

L'école d'Ingénieurs de Bourges est entrée dans le paysage berruyer, avec ses locaux du boulevard Lahitolle. Le succès auprès des étudiants n'était pas évident, compte tenu du nombre très important d'écoles de ce type en France. Mais la qualité des locaux, et surtout du corps enseignant et de l'administration locale avec, en particulier Pierre Marché, en fait un point essentiel de l'enseignement supérieur à Bourges.

 

Une bataille gagnée : enfin, l'Ecole d'Ingénieurs de Bourges !

Comme aime à le répéter Philippe Goldman, Bourges a possédé une grande Université à partir de 1463, sous Louis XI. Elle prospère avec des maîtres comme Cujas, Alciat ou Volmar et reçoit de vraies personnalités tel Calvin. L'Université de Bourges s'éteint à la Révolution, par manque d'élèves, de professeurs et du désintéressement de la population.
Faire revivre l'Université à Bourges, ce n'est pas, avant guerre, le souci de Laudier. Par contre Raymond Boisdé s'intéresse à ce renouveau. Par la suite, pour Jacques Rimbault, l'Université à Bourges pendant ses six premières années n'est pas une priorité. Ce n'est qu'ensuite qu'il va s'intéresser au sujet, sous la pression de deux adjoints socialistes, Philippe Goldman et Jean Pierre Saulnier.
Lorsque R. Boisdé obtint à la fin des années 1960, la création d'un IUT à Bourges, il y avait dans les prévisions du VIe plan, au titre du ministère de l'Education nationale, une Ecole d'Ingénieurs. De manière régulière, les responsables locaux évoquaient cette "Arlésienne". Il y eut bien l'Ecole d'Architecture, qui obliqua, en théorie, vers Tours au tout dernier moment, dans un dépit berruyer contenu, mais rien de très concret.
Le 23 juin 1994, M. Saulnier alors maire-adjoint s'exprime ainsi :

" L'Ecole d'Ingénieurs, j'ose à peine y croire maintenant, j'en suis au stade où je me demande si sincèrement les autorités étatiques veulent une Ecole d'Ingénieurs à Bourges. C'est regrettable…."

Au fil des Conseils municipaux, on retrouve les traces de cette école. Le 20 octobre 1994, M. Lepeltier, qui est alors dans l'opposition, signale à M. Saulnier :


" Que l'Ecole d'Ingénieurs, ce n'est plus un bruit de couloir puisque c'est noté dans le Comité Interministériel à l'Aménagement du Territoire. (CIAT)…. Mme Renaudat avait dit que cette Ecole était décidée depuis longtemps. Or, elle est simplement décidée depuis le 20 septembre 1994, c'est cela qu'il faut dire."

Les cinq parlementaires du Cher étaient allés frapper à la porte de M. Balladur, Premier ministre et ressortirent avec l'assurance que cette école était décidée et actée à Bourges.
Mais Jean Pierre Saulnier décidément en " déprime " persiste le 23 novembre 1994 en écrivant : " et s'il fallait renoncer à l'école d'ingénieurs " ?.
En 1995 et 1996, c'est le temps des études de définition et de faisabilité, avec la présence de M. Crespin chargé de mission qui travaille en relation avec " Orléans " et les entreprises de Bourges de haute technologie, dont Aérospatiale, très en pointe avec son directeur Daniel Dubreuil. Ce dernier sera quelques années plus tard, le premier président du Conseil d'Administration de l'Ecole d'ingénieurs. Frédérique Deniau suit ce dossier. Et cette Ecole Nationale d'Ingénieurs de Bourges voit enfin le jour en 1997.
Deux éléments semblent avoir favorisé la décision, hormis le fait que l'école était promise depuis les lustres. Le premier concerne la situation économique de la ville depuis 1990 et la chute des activités d'armement, il fallait une compensation, l'Ecole pouvait en être une.
Le second tient dans les relations politiques entre les élus de la droite et le Premier ministre Edouard Balladur. La population locale n'y croyait plus depuis longtemps, mais Serge Lepeltier et sa première adjointe Frédérique Deniau avaient repris le flambeau de leurs prédécesseurs pour faire aboutir cette "Arlésienne". Dans cette course dans les méandres et couloirs de l'Université d'Orléans ou des ministères, il fallait se retrouver.

Sur le plan politique, il n'est question que de récupération, tant il est vrai que depuis longtemps, quel Berruyer n'a pas eu son " mot " à ce sujet ? J. C. Sandrier, lors du Conseil municipal du 27 mars 1997 se " félicite de l'ouverture de cette école", rappelant que "nous devons cette école d'ingénieurs à de très nombreux Berruyers engagés depuis au moins 10 ans dans un pari difficile", et de citer certaines personnalités locales, en oubliant quelques-unes, ce qui permet à Frédérique Deniau de signaler " qu'une personne dont je porte le nom et qui, je crois a eu un petit rôle dans cette affaire".
Serge Lepeltier n'en rajoute pas, les Berruyers ont compris qu'ils lui doivent cette école, comme l'IUT ou le CNAM ont été impulsés par Boisdé. Le reste n'est que récupération.

Philippe Goldman, prend la parole ce même jour :


" Je rappelle que cette école aura mis plus de 30 ans à se concrétiser…. Et l'essentiel, c'est qu'elle existe. Espérons toutefois qu'elle n'arrive pas trop tard, les écoles d'ingénieurs se sont multipliées. Le succès dépendra de la qualité pédagogique et du recrutement de l'école. Je crois qu'il faut la soutenir au maximum ".

La première promotion comprend une cinquantaine d'étudiants sous la conduite de Pierre Marché, son directeur et l'ENSIB devient un élément phare de la ville. Les cours commencent à l'automne 1997, dans les salles et laboratoires mis à disposition par le Centre de Formation de Bourges de la DGA. Les promotions de 100 vont progressivement se constituer et les étudiants prendre leur vraie place dans la cité.

Bientôt, boulevard Lahitolle se construit sur un terrain de 2,5 hectares, un immeuble s'étendant sur 5300 mètres carrés, du à un architecte local, tout de pierre et de verre, aux lignes harmonieuses et avec un équipement intérieur de tout premier ordre.

Bulletin Municipal Officiel du 20 octobre 1994 et du 27 mars 1997
Texte inédit de 1990 de Philippe Goldman sur le développement universitaire de Bourges


En 2005, c'est Joël Allain qui prend la place de Pierre Marché.

Septembre 2006 : L'école se développe et obtient parmi les 240 écoles d'Ingénieurs de France de figurer dans le peleton de tête, c'est à dire dans les 35 meilleures, juste après les écoles Supérieurs (Polytechnique, Centrale ou les Arts et Métiers).

"On est au Top de la seconde division" dit le directeur. Et puis 95% des étudiants trouvent un emploi immédiatement après leur sortie, et à la fin de l'année 2006, ce sont 500 élèves ingénieurs de Bourges qui ont obtenu leur diplôme.

L'ENSIB comprend 600 personnes :

20 personnes à l'administratif

30 enseignants en permanence

400 étudiants : 100 par promotion (pour 3 ans) dans la maîtrise des Risques Industriels et 80 dans les 3 promotions dans les sciences et technologies de l'information et il faut ajouter 20 "doctorants".

Les vacataires (professeurs) sont au nombre de 150.

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