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ECOLE DE PILOTAGE DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges a eu dans les années 1930 une école de pilotage, prélude à la grande usine Aérospatiale.

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Version 2010

 

L'Ecole de pilotage Hanriot de Bourges

Au lendemain de l'inauguration de l'Aéroport de Bourges, la première promotion de la nouvelle école de pilotage des Avions Hanriot commence, c'est très exactement au mois d'août 1928. Elle comprend 19 élèves, et tous après quelques mois de formation, ils seront brevetés.

Cette formation s'adressait à des jeunes gens, passionnés d'aviation, pour en faire des réservistes de l'armée de l'Air , le directeur de l'école était alors M. Henry Dabard.
Cette école avait été reconnue par le Ministère de l'Air, et des bourses étaient affectées aux élèves pour ces cours de pilotage qui comprenaient plusieurs types d'enseignements.
Le brevet militaire se préparait en 5 ou 6 mois, et le coût était de 40 000 francs, et dans le contrat, il était indiqué " avec casse comprise ".
Autre brevet, celui du transport public, il était assez proche du brevet militaire et comme il commençait à s'ériger des lignes commerciales aériennes, très prisées par le milieu aéronautique. Ce brevet était d'une même durée que le brevet militaire et … du même coût.
Enfin, il existait un brevet dit " de tourisme " d'une durée plus faible, 2 à 3 mois, et d'un coût plus raisonnable, 11 000 francs pour le premier degré, et les responsables de Hanriot ajoutaient encore " casse comprise ".
Dans le coût de ces formations, le logement et la nourriture étaient fournis, la publicité de l'école vantant les " chambres isolées et confortables ".

Il y avait plusieurs formateurs à Bourges, le premier était Robert Brière, un ancien pilote de guerre qui fit pendant une dizaine d'années, les lignes Paris- Londres et Paris - Varsovie, Autres pilotes et instructeurs, Lafosse, et Bornant, qui était selon Hugues Dosne, plus contesté, parfois en vol, il allait jusqu'à taper sur le casque de l'élève pilote avec ses poings, c'était " une petite terreur "..

Outre le pilotage, il y avait des cours théoriques, selon le type de brevet, les cours portaient sur les moteurs, sur l'aérodynamisme, sur l'entretien des avions et les réglages. Enfin, l'instruction comportait aussi des cours sur les instruments de bord, même si ils étaient élémentaires, la météorologie et la navigation aérienne. Cette partie de cours était assurée par Albert Duchereux, il était très compétent pour l'aérodynamisme et les moteurs.

Les avions utilisés alors à Bourges étaient bien entendus des avions Hanriot des LH 410 et LH 431. Le LH 410 est un avion biplan, qui a été conçu pour être facilement pilotable, et surtout il peut atterrir à une faible vitesse, ce qui est fort utile en cas ce casse. Le LH 431 est un biplan entièrement métallique, à double commande pour l'instruction, son moteur développe 240 ch, il est donc plus puissant et il est apprécié car il est d'une grande sécurité, apte à faire de l'acrobatie. La publicité qui aborde pour l'école les avions utilisés ajoute que tous les avions sont munis de parachutes et d'extincteurs…. Il faut rassurer les élèves.

L'école reçoit le 4 mars 1929, sa seconde promotion d'élèves pilotes. Ils sont 14 élèves et les autorités locales constatent qu'il n'y a que 2 Berrichons, André Chicheraux et André Rafaitin, pour beaucoup, il est nécessaire de faire de l'information dans le Berry, à cette époque, cela s'appelle de la propagande, sans que ce mot soit péjoratif. Une troisième promotion se présente en août 1929, il s'agit d'élèves " Persans " comme on le disait à l'époque. Ils sont 14, comme Ala Dadeghi, Ghezellayaghe, et Lavaïe qui est le chef de ce petit groupe. Ils resteront à Bourges jusqu'à la fin de l'année 1929, et tous brevetés, s'en retourneront en Perse pour devenir à leur tour des officiers instructeurs.
Cette école de pilotage représente pour les Berruyers, un vrai spectacle, lorsqu'ils se présentent en bordure de la route Nationale, puisqu'il y a presque en permanence des atterrissages. Les chiffres donnés sont impressionnants, sur les 6 mois de l'année 1928, il y aura 1096 heures de vol, avec 5453 atterrissages, c'est à dire 30 à 40 atterrissages par jour.
Parmi les moments forts de cette école de pilotage, l'aventure du H 192 mérite d'être notée, il s'agissait d'un biplace d'entraînement et un jeune stagiaire l'utilisa en décembre 1936, lorsque une fois en l'air, le temps devint mauvais, et à une altitude de 800 mètres, face à des cumulus peu engageant, le novice paniqua et s'éjecta. L'avion devait s'écraser quelques centaines de mètres plus loin… et il n'en fut rien, sans pilote, l'avion remonta vers 1100 mètres et continua sa route pour aller percuter une rangée d'arbres après avoir parcouru 55 kilomètres.. Cet avion dessiné par Louis Montlaur démontrait une stabilité rare à l'époque.

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