De Gaulle a Bourges par Roland Narboux - encyclopedie de Bourges,

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES
ECONOMIE
URBANISME
PATRIMOINE
CULTURE
POLITIQUE
ENVIRONNEMENT
HISTOIRE

DE GAULLE ET LE DISCOURS DE BOURGES
Par Roland NARBOUX

Bourges, une des grandes visites "historiques" de De Gaulle, avec le célèbre discours de Bourges de 1959.

 RETOUR AU SOMMAIRE
 
 
RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL
Version 2011

 

DE GAULLE A BOURGES : UN DISCOURS ENTRE DANS L'HISTOIRE

Les élections se poursuivent à un rythme effréné, le 27 avril 1959, ce sont les sénatoriales qui se déroulent de manière traditionnelle dans la salle du Duc Jean. Ces élections ne concernent pas exclusivement Bourges mais l'ensemble du département du Cher. Ils sont 802 grands électeurs inscrits, et, au premier tour, 801 votent.... Il manque un électeur que chacun cherchera pour le second tour de l'après-midi.

 


Charles Durand recueille 473 voix, il se trouve donc réélu devant Eugène Jamain, René Cherrier et René Mariat. On comptait 13 candidats. Au second tour, Eugène Jamain est élu.
Charles Durand est né le 15 avril 1901 dans la Nièvre à Bazoche. Il a pour métier, celui d'agriculteur à Neuvy le Barrois, il est en outre Président de la Chambre d'Agriculture du Cher et de la Mutualité Agricole du Berry. Il est Sénateur depuis 1952, élu en remplacement de Gustave Sarrien, décédé, et réélu au premier tour de scrutin en 1955. Son collègue Eugène Jamain est un Berrichon de Clémont, né en 1891, il est maire de son village natal et exerce le métier de minotier.

La visite de De Gaulle à Bourges, le 7 mai 1959, un an après son retour au pouvoir, apparaît comme un des grands moments de la vie politique locale. C'est le pendant à la visite en 1938 du Président Lebrun.
La situation du pays est grave, le problème algérien, pour lequel De Gaulle a été "rappelé" au pouvoir, n'est pas résolu, et les relations entre Alger et Paris ne sont pas au beau fixe. Une ambiguïté commence à poindre sur les actions et négociations.

Boisdé est le tout nouveau maire de Bourges, il doit recevoir le général qui vient d'atterrir à Avord à 9 h 45 à bord d'un avion S.O. Bretagne. Comme il ne visitera pas l'usine Nord-Aviation, par manque de temps, une exposition de missiles a été organisée sur la base, et de Gaulle écoute avec beaucoup d'intérêt les explications du directeur de l'Etablissement berruyer, Raymond Puisségur, ainsi que ceux d'Emile Stauff, le grand ingénieur, l'homme qui a créé en France, après la guerre, l'industrie des missiles. Le P.D.G. de Nord-Aviation, M. Mazer, est lui aussi descendu de Paris pour la circonstance et il montre les missiles SS10, SS11 ainsi que le tout "petit dernier", le SS12. En allant rejoindre la DS 19 décapotable, le cortège passera devant les avions de la firme berruyère, comme le N 3400 ou le NordAtlas 2508.

Le cortège présidentiel comprend outre le général, deux ministres, Mr. Michelet, Garde des Sceaux, et Mr. Bokanovski, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, ainsi que Gaston de Bonneval, son aide de camp. Par la route, à une vive allure, De Gaulle rejoint Bourges par Savigny-en-Septaine où il passe sous un arc de triomphe réalisé par les villageois. Ce fut ensuite un arrêt à l'orphelinat de la police d'Osmoy, où 200 enfants lui ont chanté la Marche Lorraine.

C'est en compagnie du préfet, M. Virenque, que le général arrive en cité berruyère. M. Boisdé attend devant les grilles de la Préfecture, une courte réception se déroule avant que le nouveau maire ne conduise son illustre hôte jusqu'à l'Hôtel de Ville. Dans la Salle des Mariages, chaque adjoint est présenté, puis ce sera le tour des notabilités berrichonnes. Ensuite le général prononcera une courte allocution devant quelques maires des communes du Cher, avant d'aller se reposer un court instant.
Raymond Boisdé, ému, présentera sa ville, en des termes bien choisis :

"Permettez au 150e maire de la "bonne ville" de Bourges de vous exprimer son émotion, sa fierté et celle de ses concitoyens".
Puis il évoque en vrac, Jeanne d'Arc, Tite Live, Avaricum, Charles VII et Jacques Coeur, avant de poursuivre par une vue synthétique des réalisations berruyères :

"La ville de Bourges présente actuellement un vaste programme de logements et d'usines, de centre culturel et de Cité Universitaire".

Le livre d'Or devait être signé au premier étage, mais dans la confusion et la bousculade, il y eut un oubli, et ce fut la cavalcade dans les escaliers pour récupérer le livre et le ramener à de Gaulle, afin qu'il y mette son illustre signature.

Parmi les précautions prises, sur le plan de la sécurité, il est à noter que 3 aller et retour furent effectués entre la préfecture et l'hôtel de ville, et chaque fois, le circuit du Général fut différent, ce qui devait poser quelques problèmes aux responsables de la sécurité, car les possibilités de variante sont très limitées.
Dans le court laps de temps disponible, De Gaulle accordera trois audiences particulières, une à Mgr Lefèbvre, une seconde à Arnaud de Vogüe, le colonel Colomb de la Résistance, et enfin au général Bailly qui fut un de ses anciens officiers.

A 12 H 12, De Gaulle descend des salons de l'Hôtel de Ville pour rejoindre le podium situé place Etienne Dolet.

De Gaulle à Bourges



Devant une foule énorme, que les uns situent à 3000 personnes et les autres à plus de 10 000, le général s'adressera aux Berruyers, mais surtout au pays. Ce discours entrera dans l'histoire sous le nom "du discours de Bourges". De Gaulle fera en effet de nouvelles propositions sur l'avenir de l'Algérie. Il parlera de la pacification, mais commencera, comme souvent, en professionnel de la communication qu'il était devenu, par ces mots :


"Bourges, Vieille, Chère, noble ville française, capitale de la France si longtemps, aujourd'hui en plein essor.."

Et ce fut la partie politique :

"L'Algérie, l'Algérie nous préoccupe tous profondément. L'Algérie est une vaste, une grande question que nous devons résoudre.
Je le dis à Bourges, sans fixer, bien entendu aucune date, sans avancer aucune promesse, sans me vanter d'aucune outrecuidance, je dis que le jour est en vue où l'Algérie sera pacifiée grâce à une compréhension générale de tous ceux qui l'habitent pour aboutir à une transformation profonde de ce pays et afin que tous ses enfants - je dis tous ses enfants- puissent disposer de leur sort et du sort des terres qu'ils habitent. Je le dis en toute connaissance de cause".

Ces mots seront largement repris par l'ensemble de la presse nationale et internationale, il s'agissait d'une étape importante devant mener à la fin du conflit.
Comme toujours De Gaulle évoquait aussi les problèmes de la planète, et à Bourges il répéta sa position sur le tiers monde en des termes peu équivoques en s'adressant aux Grandes Puissances :

".... Leur devoir, puisqu'ils sont les plus riches, les mieux pourvus et les plus forts, leur devoir, c'est d'aider les autres, ceux qui sont dépourvus, ceux qui sont sous-développés"

Et le grand homme termina ainsi son propos, comme à l'accoutumée par un fort et vibrant :

"Vive Bourges, Vive le Berry, Vive la République, Vive la France.
Et bien, puisque nous sommes d'accord sur les grands sujets, mes chers concitoyens, nous allons l'exprimer en chantant tous ensemble, en chantant au milieu de ces magnifiques monuments, notre hymne national : la Marseillaise"

Et la foule entonna et chanta avec de Gaulle avant de se disperser, il était 12 H 33.

A 13 heures, un repas est prévu, puis à bord de la DS 19 présidentielle, De Gaulle s'en va vers Issoudun. Il fera une halte à Saint-Florent, puis une autre à Charost. Dans ce village, les habitants avaient pensé que le général donnerait le coup d'envoi d'un match de foot...... Il ne faut pas exagérer, le Général s'arrêta, serra quelques mains, et repartit sans avoir donné de coup de pied dans le ballon.

La semaine suivante, Raymond Boisdé en Conseil Municipal rappellera l'importance de cette visite :

" Nous pouvons nous féliciter de cette magnifique matinée qui a marqué dans les annales de Bourges et qui a eu son retentissement en France et même dans le monde entier en raison du discours particulièrement important que le général de Gaulle a prononcé du haut de notre tribune, face à la Cathédrale".

Retrouvez quelques articles de l'Encyclopédie :
François Mitterrand à Bourges
Chiffres essentiels
Les Templiers
Les élections à Bourges au XXe siècle
Les Très Riches Heures du duc de Berry
les villes jumelles
Radios locales
Les francs-maçons
Kiosque et musique
Agnès Sorel
L'horloge astronomique
Les tramways de Bourges
L'Yèvre à Bourges
L'alchimie
La Bouinotte, magazine du Berry
L'usine Michelin
La maison de la Reine Blanche
Serge Lepeltier
L'industrie à Bourges au XXIe s
Monuments Historiques Classés
 

Et puis une nouveauté : L'information et l'actualité à savoir sur Bourges, en quelque clip et quelques lignes :

http://www.bourges-info.com/

 

Vous souhaitez enrichir le site de l'Encyclopedie de Bourges ?

 

Cliquer ici