la démocratie locale - Bourges encyclopédie - Roland Narboux

L'ENCYCLOPEDIE DE BOURGES

LA DEMOCRATIE LOCALE A BOURGES
Par Roland NARBOUX

La démocratie locale, c'est la prise en compte de l'avis de la population dans les décisions concernant leur ville, que s'est-il passé à Bourges?

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Version 2009

Dans le passé, depuis le début du XX ième siècle, avec les différentes équipes municipales, il semble que la démocratie locale passait essentiellement par les élections.

Il y avait des réunions publiques, mais pas de réunion de quartiers, pas de relations directes avec la population.

Avec Raymond Boisdé, il utilisa l'écriture à travers deux "livres blancs" l'un sur le lac d'Auron, l'autre sur l'urbanisme.

C'est avec l'arrivée de Jacques Rimbault et la municipalité de gauche que le maire communiste lança ce que l'on peut appeler la démocratie locale.

Il utilisa deux moyens importants :

- le premier qui tenait à sa personne, c'était le contact directe, avec le citoyen dans la rue ou sur le marché. D'un abord plein de simplicité, Il pouvait taper amicalement sur l'épaule de tout Berruyer qu'il croisait et qui lui exposait son problème.

- le second, c'est la concertation et les Assises pour Bourges

Comme son prédécesseur, le maire de Bourges Jacques Rimbault aime faire en début de Conseil municipal des déclarations préliminaires. Dans une de ces communications en date du 14 juin 1978, il évoque " une activité intense et multiforme ", et mentionne les " efforts faits dans le sens d'une gestion démocratique, recherchant toujours davantage la participation des Berruyers à la vie et à la gestion de la cité ".
C'est une méthode qu'adoptera M. Rimbault tout au cours de ces années. Il parle de l'information écrite avec la publication du numéro 5 de " Bourges " une innovation et d'un numéro spécial " Vieille Ville en fête ". Il insiste sur la concertation dans les dossiers de la liaison avenue de Dun / Val d'Auron et dans les problèmes de circulation.


A chaque Conseil municipal, le maire fait un rappel des travaux effectués. On peut retrouver le même thème sur plusieurs conseils, c'est une impression d'information forte et soutenue, sans cesse répétée. En 1978, M. Rimbault parle des travaux de voirie, mais aussi du démarrage du service municipal de l'enfance, de l'ouverture du lac d'Auron, "remarquable emplacement de loisirs et de sports, poumon vert de l'agglomération berruyère". Même s'il ajoute que les soucis financiers sont présents, il y a un changement d'attitude. La nouvelle municipalité adopte le Val d'Auron !

La pratique du dialogue se développe avec la mise en route systématique par la municipalité de visites dans tous les quartiers de Bourges. Le maire explique que :

" ce type d'activité est finalement très symbolique de notre style de gestion municipale. A l'opposé d'une politique de notables enfermés dans leur bureau, elle nous confronte sur le terrain avec les difficultés des Berruyers. Elle nous amène à beaucoup mieux cerner les urgences, à beaucoup mieux connaître la réalité de la vie de notre ville".

Même les actions les plus mineures sont mises en avant, c'est le cas d'une foire à la brocante qui se tient le dimanche matin dans le quartier Saint Bonnet ou le premier corso carnavalesque qui n'est autre que le carnaval cher à l'équipe Boisdé. Enfin, l'accent est mis sur la première grande réalisation originale de la nouvelle municipalité : la "Vieille Ville en Fête", projet de Charles Parnet qui veut remplacer le carnaval jugé comme "ringard". Cette expérience connaît un succès populaire et sera renouvelée en 1979.

C'est en septembre 1978, que s'ordonne de manière très précise la concertation avec la volonté " d'informer, de consulter, et d'agir ", et s'effectue le lancement des Assises pour Bourges définies par Bernadette Gimonet, conseillère municipale, un modèle que d'autres villes en France reprendront dans les années 1980.
Les Assises sont prévues du 13 octobre au 4 novembre 1978. Elles comportent alors essentiellement :

- des présentations et des discussions sur ce que fait la Municipalité, avec les priorités en matière d'enseignement technique à Bourges, la politique culturelle de la cité ou les problèmes du Val d'Auron.
- des visites comme celles des serres municipales ou des Marais de Bourges.
- des expositions concernant la circulation à Bourges.


Les Assises sont donc essentiellement thématiques. Il s'agit pour la municipalité :


"d'expliquer à nos concitoyens les obstacles qui entravent notre volonté de bien gérer la ville, et de débattre avec eux, pour trouver le seul chemin, celui de l'action en direction d'un pouvoir soucieux de se libérer au maximum de ses charges sur le dos des collectivités locales".

Suit alors un discours sur la politique gouvernementale de Giscard et Barre, " dont les maîtres mots sont inflation, austérité, chômage...." et le besoin pour unir et rassembler les Berruyers " en vue de l'action pour le devenir de notre ville".

Les Assises auront une double vocation : parler des réalisations, même faibles, et surtout des projets dans tous les domaines, sans avoir pour autant un objectif précis en terme de coût et de délai. Beaucoup de sujets chemineront ainsi, de concertation en discussion pendant des mois et des années sans aucune réalisation. De temps à autre un projet va à son terme ; c'est aussi un moyen d'occuper le terrain et de donner de l'espoir.

La seconde vocation des Assises est d'expliquer que si certaines choses ne se font pas, c'est la faute du gouvernement en place qui charge les collectivités locales, et en conséquence, il faut lutter contre le gouvernement, pour le bien des travailleurs et des défavorisés. Cette stratégie commence en 1977, et se termine après la victoire de la gauche en 1981, pour reprendre lorsque la droite revient au pouvoir en 1986.

Mais la politique reprend parfois ses droits et un incident oppose Bernard Gourdon, socialiste et le maire communiste. M. Gourdon demande la parole pour " une intervention d'ordre politique", il en demande l'autorisation au maire..... qui refuse et ajoute "Je te rappelle que les règles interdisent à tout Conseil municipal d'émettre des vœux politiques".

Et il n'y avait pas d'opposition politique au Conseil municipal !

Les Assises pour Bourges vont se poursuivre avec des résultats variables, dans les années 1980, l'ensemble des débats seront retransmis en direct par la radio locale Recto-Verso.

Au fil des années, Jacques Rimbault viendra moins à ces Assises, laissant ses adjoints affronter la population. Les sujets abordés concernent la vie de tous les jours, principalement les trous dans les trottoirs, le stationnement anarchique des voitures, le bruit... Il n'est jamais possible d'aborder des sujets sur la politique générale de la Ville.

Utiles et indispensables, les Assises rassembleront de moins en moins de monde.

Lorsque Serge Lepeltier arrive aux commandes de la Ville aux élections de 1995, chacun pense, dans son équipe que les Assises seront supprimées pour une autre forme de dialogue avec la population.

Mais le nouveau maire de Bourges, d'une part ne veut pas mettre à bas tout ce que la municipalité précédente avait fait, mais surtout, il pense que ces Assises sont utiles et indispensables, ce n'est pas de la concertation, c'est de la réclamation, très individualiste mais c'est ce qui fait la vie de tous les jours.

Il va simplement changer le nom, les Assises deviendront les Rencontres, mais ce sera strictement la même chose. Dans les changement, vers l'an 2002, un pot sera offert aux présents en fin de réunion.

Dans les 15 quartiers de Bourges, le monde reviendra, pour voir si la nouvelle municipalité tient davantage ses promesses et les demandes des citoyens que la précédente.

mais il n'y a pas de miracle et les Rencontre trouveront leur public, et les sujets seront toujours les mêmes, la voiture, le trottoir, les voisins bruyants. Les Rencontres avec leurs imperfections comme les Assises étaient indispensables.

C'était aussi une soupape qui permettait au citoyen de se défouler devant le maire et les élus.

Il y eut aussi une tentative qui va avorter et qui était "les commissions extra - municipales", il semble bien qu'elles avaient commencé sous Jacques Rimbault avec aucun succès. Elles sont reprises vers 1996 avec le thème du commerce et ce type de commission formé avec des éléments de la population volontaires ne va pas fonctionner. Le danger c'était que chacun venait pour son propre compte, défendre sa situation personnelle.

Serge Lepeltier gagne les élections municipales de 2001, et au cours de la campagne électorale, il met en place "les barnums", c'est une tente, avec des affiche qui se plante dans les quartiers les plus divers et là, après une information dans les boîtes aux lettre, les membre de la liste qui se présente aux suffrage des Berruyers est présente pour répondre aux questions de la population.

Autre échec dans ce type de démocratie locale, ce sont les tentatives de faire participer les jeunes à la vie de la cité. Ainsi le Conseil communal des jeunes qui va se faire ne tiendra que 2 ans. On lui doit toutefois l'espace de skate board de la pente de la place Séraucourt.

le succès est indéniable. Aussi à partir de 2001, les "barnums" vont se poursuivre chaque samedi matin ou presque.

Et puis les élections de 2008 arrivent et Serge Lepeltier l'emporte avec une équipe renouvelée.

Tout en maintenait les Rencontres et les Barnums, le maire reprend à son compte, avec une certaine surprise de plusieurs élus, les théories de Ségolène Royal qui, pour les élections présidentielles qu'elle avait perdues face à Nicolas Sarkozy avait "inventée" les notions de démocratie participative ou de la participation des citoyens aux décisions qui les concerne.

Serge Lepeltier avec un cabinet d'assistance lança en septembre 2008 les "Forum citoyens" et les "Conseils de quartier". Il écrira qu'il veut :

"Favoriser la participation de tous les habitants à la vie de la cité ! Afin de renforcer la proximité et la concertation avec les berruyères et les berruyers."

Il poursuit dans un courrier " nous vous proposons, l’équipe municipale et moi-même, de vous inscrire au Forum citoyen et/ou de vous porter candidat à un Conseil de quartier. La mise en place de ces nouveaux lieux d’échanges traduit notre volonté d’associer encore davantage les habitants à la vie de notre ville."

Le "Forum citoyen" et ces Conseils de quartier pour le maire doivent rapprocher l’action municipale du citoyen et établir une concertation régulière avec chacun.

a suivre .

 

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