Bernard Delagrange, sculpteur de Bourges par R. Narboux - Encyclopédie

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BERNARD DELAGRANGE, SCULPTEUR DU FEU & DINANDIER
Par Roland NARBOUX

Bernard Delagrange, artiste et personnage de Bourges a réalisé de nombreuses sculptures à Bourges et en Berry. Il s'est éteint en février 2006. une exposition lui a été consacrée en juin 2007 au château d'eau (cliquer ici)

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Version 2009

 

Dans la grande série des artistes qui comptent en Berry et plus spécifiquement dans le département du Cher, nous avons, dans cette encyclopédie abordé les oeuvres d'Emile Popineau, c'était avant guerre, puis Claude Alard, cet artiste Belge venu s'établir en Berry et à qui nous devons de nombreuses sculptures publiques.
Aujourd'hui (1998, revu en 2006) nous évoquons Bernard Delagrange, un des sculpteurs contemporains les plus actifs et imaginatifs de cette seconde partie du XX ième siècle en Berry.

Les photos de plusieurs oeuvres de Bernard Delagrange : >>>cliquer ici

UN PARCOURS SINUEUX .... MAIS COHERENT : L'AVIATION

Bernard Delagrange a parfois des allures de " titi parisien ", c'est sans doute dû à son ascendance puisqu'il est né à Paris en 1935. Son père est alors chauffeur de bus dans la capitale, et lorsqu'il est réquisitionné par l'Occupant pour transporter les troupes allemandes vers la Normandie, il s'enfuit et comme beaucoup, se réfugie en milieu rural. C'est ainsi que le petit Bernard suit la famille à la campagne et débarque à 9 ans dans la ferme de Germigny située à quelques centaines de mètres de la cathédrale de Bourges. Aujourd'hui cet emplacement est situé au bout du lac d'Auron.

Le chauffeur de Bus parisien se plaît en Berry, il apprend le jardinage et devient ouvrier agricole.

Bernard Delagrange habite à Bourges dans le quartier de l'Aéroport, et suit ses études comme tous les gosses du quartier en passant par l'école d'apprentissage du Moulon, " avec un enseignement très viril " se souvient-il. Il obtient un CAP de chaudronnier et poursuit la filière normale de l'époque : entrer à Nord Aviation comme ouvrier, ce qu'il fait en 1954.

Chaudronnier à Nord-Aviation, c'est pas facile, " on fait 10 heures par jour, et dans la cabine de grenaillage, il fait très chaud, je travaillais sur l'avion " Noratlas ", puis sur les ailes du " Mirage ", mon meilleur souvenir, c'est d'avoir conçu et réalisé le coin toilettes de l'avion Super-Broussard..... "

Il aime cet univers de l'usine, lui le " schoumack " comme on appelait alors les chaudronniers, métier difficile et plein de nuances, car frapper les alliages d'aluminium à l'aide de marteau ou de maillet sans provoquer de fissures dans la tôle, c'était un coup de main qui demandait un grand professionnalisme. Il était bien payé et la situation était confortable, autour de lui, ses collègues rêvaient de devenir technicien, c'est à dire d'être en blouse blanche. C'était une grande époque, celle de la reconstruction et du plein emploi. La fabrication des avions à Bourges tournait bien après les péripéties de l'après-guerre et Nord Aviation construisait ces avions que les Berruyers venaient voir décoller. C'était le temps des Noratlas, puis des Transall.
Bernard Delagrange découvrait en même temps un autre univers, complètement en marge de son métier, le théâtre.

LE PREMIER VIRAGE : THEATRE ET ANIMATION

Alors que ses collègues de travail étaient plus portés sur la belote, le tiercé ou la pêche à la ligne, le tout bien arrosé, Bernard Delagrange suivait des cours d'art dramatique à la Maison des Jeunes et de la Culture de la place Malus, la première MJC de Bourges.

C'est son premier virage professionnel, car c'est la rencontre de gens exceptionnels. Pendant deux ans, il apprend la comédie, et c'est alors le début de la Comédie de Bourges et l'arrivée de Gabriel Monnet qui va donner à la toute nouvelle Maison de la Culture de Bourges son essor. Delagrange évoque toujours Monnet avec beaucoup de respect, " ... quand on le rencontre, on reste marqué à vie, il avait la magie du verbe. Il nous connaissait, il venait nous donner des cours d'art dramatique ".

Il va alors rencontrer d'autres personnages, comme Alexandre Calder, ami de Monnet, qui fera des décors de théâtre, mais aussi Jean Ferrat auteur de la musique de la première représentation de la Maison de la Culture.... le chaudronnier de Nord-Aviation évolue dans un milieu qui n'est guère le sien.... Il représente en quelque sorte le monde des ouvriers à qui les intellectuels de l'époque veulent apporter la culture. Alors, il passe à France-Culture et France-Musique. Un jour, nous conte-t-il " on nous envoie la télé, alors je sors, mais je suis habillé comme tout le monde, ça ne va pas, je dois être en bleu d'ouvrier pour que l'on puisse me filmer ".

Bernard Delagrange vit ces moments à 100%, il emmagasine le maximum de culture, c'est une période assez folle puisqu'il se lance dans la réalisation de décors pour le théâtre, et réalise ses premières sculptures métalliques en vue d'une exposition.

Bernard Delagrange

En effet, son métier de chaudronnier lui a apporté une connaissance du travail sur métal incomparable, alors il commence à réaliser chez lui quelques sculptures et devient " dinandier ", c'est à dire qu'il réalise des objets ou des sculptures en laiton, cuivre, inox ou étain, ces métaux étant à l'origine en feuille, et travaillés avec " un marteau ", ils prennent des formes artistiques incomparables.

 

 

L'ARTISTE PREND SON ESSOR

Le travail en usine commence à lui peser, et un jour, il laisse les avions pour s'en aller et se donner totalement à son art, il devient sculpteur sur métal. Mais comme rien n'est simple dans le monde artistique, il ne s'en tient pas à cette seule activité et devient Directeur d'une maison de jeunes, c'est à Alberville, il y passe environ deux ans et revient en Berry comme Directeur du Centre Culturel de la Chancellerie, nous sommes en octobre 1966, il restera à ce poste jusqu'en 1982. C'est dans ces années qu'il rencontre Françoise, elle s'occupe de mouvements associatifs, et elle deviendra son épouse en 1970, ils auront trois enfants.

La Chancellerie, c'est ce quartier de plusieurs milliers d'habitants qui se construit à partir des années 1964 au Nord de Bourges. Ces sont des immeubles, des tours, et encore des immeubles..... avec au milieu de tout cela un centre culturel.
Pendant ces années, il est un artiste, il travaille toujours le métal, et il expose principalement dans la région et à Paris. Il fait quelques incursions à l'étranger, comme au Canada ou en Hollande, mais son port d'attache reste Bourges.

Il est un jour attiré par les sirènes de la Côte d'Azur, et accepte de s'en aller à Fréjus comme Président d'une Association de dinandiers. C'est ainsi qu'il représentait cette " profession " partout en France, c'était l'époque où les pouvoirs publiques encourageaient les artisans d'arts, et les dinandiers figuraient parmi les " chouchous " d'alors.
Fréjus va créer une zone artisanale, mais le tourisme, même sur la Côte d'Azur, ça ne dure que trois mois, et le reste du temps, il faut vivre, et c'est assez difficile, les commandes publiques ne suivent pas.... Il y a toujours beaucoup de promesses, mais peu de suite concrète.

La période méditerranéenne s'achève après deux ans et Bernard Delagrange retrouve Bourges et installe une boutique à l'îlot Victor Hugo, à deux pas de la cathédrale pour vendre ses oeuvres, alors que son atelier de travail est situé dans un atelier situé vers Germigny, un retour aux sources.

Aujourd'hui, Bernard Delagrange possède un atelier à Trouy, à quelques kilomètres de Bourges, et c'est là que La Bouinotte l'a rencontré.

UN ARTISTE

Bernard Delagrange porte bien sa soixantaine, le visage jovial, la carrure d'un forgeron, c'est un être passionné. Il parle avec beaucoup de volubilité et de fougue de sa vie et de son métier, de sa famille aussi, c'est un artiste qui aime les autres.
Sincère, il évoque tous les sujets avec une certaine fébrilité, il a ses idées et que ce soit sur l'art ou sur la vie de la cité, ce n'est pas un homme de concessions. Fidèle en tout c'est un personnage attachant.
Il n'a jamais fait les Beaux-Arts, alors dit-il, " je n'ai pas de certitude, je fais de l'abstrait et du figuratif ".

Il explique ses sculptures, leur genèse et ce qu'il a voulu exprimer. C'est assez rare chez un artiste. Ainsi, cet oiseau englué, c'est " Amocco ", il fait quelques plumes en métal, patine l'ensemble au vernis à bois et gorge le bois pour montrer le mazout qui coule, c'est le type même de sculpture réaliste, tout comme Icare, une autre de ses sculptures.

Son atelier est aménagé dans une ancienne grange, un peu à tout vent, sans chauffage ni commodités. C'est un bric a brac dans lequel s'entassent sur 200 mètres carrés, des centaines d'objets, de matières premières, ou d'outils. Un atelier d'artiste avec des coins assez particuliers. Il y a une petite forge, un point d'eau et d'acide pour travailler le métal, mais aussi des postes de soudure à l'arc et de soudure autogène, et puis un four pour le recuit des métaux.
A l'étage, c'est avec une échelle " à l'ancienne ", qu'il nous faut monter comme nos grands-parents il y a un siècle. On découvre alors une magnifique exposition de quelques oeuvres actuelles. La beauté de ce lieu est surprenante les sculptures s'offrent au visiteur sous une lumière travaillée. Chacun peut ainsi visualiser puis admirer plusieurs dizaines de sculptures. C'est là que l'artiste prépare ses expositions.

LA TECHNIQUE ARTISTIQUE

Dans ce métier artistique, on distingue trois techniques :
- le modelage, c'est souvent une oeuvre en fonte réalisée en plusieurs modèles.
- la taille directe, c'est la réalisation d'une oeuvre à partir d'une seule pièce
- le coquillé , qui consiste à travailler autour d'un vide et dont le meilleur exemple est la Statue de la Liberté.

Au début, nous dit B. Delagrange, je faisais des copies des oeuvres de Henri Moore, aujourd'hui, " je pars d'une idée et je présente des éléments et bois ou en métal ".
Catalogué pendant longtemps " artiste sur métal ", il cherchera au fil du temps à évoluer et il utilise beaucoup le bois. Il part de souches de chêne et sa méthode de " rabattage " est originale. Fervent amateur de vélo, il parcours certaines régions boisées sur son deux-roues, à son rythme. Artiste ou poète, où les deux à la fois, il regarde la nature.... de temps à autres, ses yeux se portent sur une belle souche, il arrête son vélo, et s'en va l'examiner. L'imagination et sa passion de l'art font le reste, il fait son choix comme d'autres font le marché, alors il note l'endroit .... et le lendemain, avec sa camionnette ou la remorque, il revient et embarque la souche, une oeuvre nouvelle naîtra peut-être dans les mois à venir.
Le bois devient alors sa matière première de base.
C'est ainsi qu'il réalise des oeuvres à partir de la taille directe du bois à l'aide d'une gouge, puis il enrichit la sculpture avec du métal et aujourd'hui de l'altuglas ou de l'acrylique. Le bois est généralement définitif ou presque, il le retouche peu, par contre, il ajoute des plaques de métal ou d'altuglas travaillées par le feu.
utiliser
Il utilise peu la pierre, parfois certaines sculptures tire profit partiellement du " siporex ", autrefois, à Frèjus, il allait dans les monts de l'Esterel prendre des schistes, mais on sent que ce n'est pas son matériau favori, il a besoin du feu.... et la pierre, ca ne brûle pas !

Il aime aussi faire des bas-reliefs, ils sont en aluminium ou en inox, et il ajoute de la soie ou du papier, il obtient alors par le séchage de la peinture une surface tourmentée par réticulation. Même s'il a fait de la peinture dans son jeune temps, il n'utilise jamais le pinceau, mais la spatule, " j'ai besoin de sentir le relief ",

Il est à la limite de l'abstrait et du figuratif, ne choisissant aucune voie rigide, au contraire, il est largement inspiré des formes rondes et arrondies. Il veut donner ce contraste par rapport à la tristesse des lignes droites de notre monde urbain, et son séjour à Bourges-Nord n'est sans doute pas étranger à ce comportement artistique.

Mais le succès de Delagrange, c'est d'avoir réalisé des oeuvres très diversifiées en métal et d'une chaleur incomparable. Le métal est par définition froid, souvent gris et même triste, ce n'est pas le cas des bas-reliefs ou des objets de Delagrange. Il faut dire que le cuivre ou le laiton, bien travaillé peuvent donner des couleurs de lumière.

LES OEUVRES PUBLIQUES

Comme tous les grands sculpteurs, B. Delagrange a réalisé des oeuvres pour les collectivités,

Sa première commande dans le cadre des 1% sera un Jacquemar réalisé pour le collège de Sancoins. Il s'agit d'un automate, puisque le mouton remue la tête, installé dans le collège Marguerite Audoux.

Il s'en ira en 1993 en Allemagne, à Gevelsberg, ville jumelle de Vendôme, pour y installer une fontaine en inox et cuivre comportant un mur d'eau d'une dizaine de mètres de longueur, avec un système hydraulique sophistiqué.
Ce sont de telles oeuvres qu'il aime réaliser, car il se plaît dans le " monumental ", c'est véritablement sa dimension. On lui doit donc une fresque monumentale dans le lycée Littré de Bourges

Par la suite, il réalisera les " cubes de l'espace récréatifs " du collège de Lignières, et la " sphère éclatée " de Saint-Amand Montrond.

Les titres de ses oeuvres sont suggérés, c'est " ventre-lové ", " oiseau de feu ", métamorphose ou Icare. Il donne souvent le titre à la fin, un peu à la manière du peintre Estève.

Il fait des objets en étain pour la table, mais aussi des objets sacrés comme des ciboires des calices ou des tabernacles. Et dans le domaine religieux, on lui doit l'autel, le pupitre et les fonds baptismaux de l'Eglise Notre Dame de Bourges, le jour de l'inauguration, en mai 1993, l'abbé Massip dira " depuis mon arrivée, je rêvais d'un nouvel autel et d'un aménagement du choeur de cette église. ", et ce fut une réussite, Delagrange expliquera ainsi son oeuvre ; " L'essentiel de mon travail a consisté, outre les lignes, à donner de la couleur au cuivre. Couleurs d'oxydations réalisées au chalumeau et avec des produits chimiques.... "

Delagrange fera aussi dans " le logo ", comme celui du lycée technique de La Salle ou de l'URSAFF du Cher. On retrouve aussi une oeuvre importante au collège Littré.
Mais une des oeuvres les plus remarquables, c'est sans aucun doute la sculpture réalisée en 1978 pour l'immeuble de Christian Gimonet et intitulé " Le Dunois ", rue Jean Baffier à Bourges. C'est une oeuvre de dinanderie pure, visiblement en laiton, et qui a passé 20 ans dans un état de conservation parfait, sans prendre une ride. Une oeuvre qui mérite le déplacement.

En parcourant Bourges ou le Berry, dans les domaines les plus divers, on peut donc découvrir les oeuvres de Delagrange, dans les écoles, comme à Bourges ou Sancoins, dans les églises à Aubigny, les cliniques, et dans les places et lieux publiques. Delagrange, c'est " le métal transcendé, magnifié, et les formes flamboyantes et fulgurantes ".

Personnage savoureux, Bernard Delagrange est aussi un homme apprécié et disponible. Ainsi, ce dimanche de juin 1997, il participera à vélo, au dixième Bourges-Sancerre pour cyclotouristes. Alors que la remise des prix battait son plein et se terminait, que tous les concurrents avaient franchi la ligne d'arrivée, on vit se présenter fourbu mais heureux, Bernard Delagrange sur sa bicyclette, il avait parcouru les 150 kilomètres de l'épreuve et traversait le hall d'arrivée...... alors que l'on remettait le trophée Françoise-Sineau qui était une magnifique sculpture " signée Delagrange ". Françoise son épouse était rassurée. Demain, il s'en irait à son atelier remettrait son vélo au garage pour reprendre avec la gouge et le chalumeau une oeuvre monumentale faite de bois et de métal.

Par Roland NARBOUX

sculpure DelagrangeIl a réalisé pour la Ville de Bourges une magnifique sculpture sur "le Monde" tel qu'il le voyait,; cette oeuvre a été placée sur le rond point du château d'eau, rue A. Hervet. C'est une belle sculpture qui a prit sa place dans ce rond point urbain, elle a pour nom : COSMOS elle est en cuivre travaillé en coquillé et patiné très symbolique de la terre et de l'univers, avec les 4 points cardinaux.

Et puis sa dernière oeuvre a été placée place Planchat pendant quelques mois de l'année 2005, (ci-contre) enlevée pour cause de sécurité.

Atteint d'un cancer à la fin des années 1990, il va lutter et lutter contre la maladie, entre les soins intensifs et douloureux et de longues périodes de rémission, il sera toujours présent dans les inaugurations d'expositions, poursuivant jusqu'à la dernière minute ses activités de sculpteur et d'adhérent des cyclotouristes berruyers.

Un artiste berruyer s'en est allé le 14 février 2006.

Et c'était un ami.


Discours de M Serge Lepeltier, ancien ministre, maire de Bourges prononcé lors de l'inauguration de l'exposition-hommage à Bernard Delagrange au Château d'eau le samedi 16 juin 2007

Chère Françoise,
Mesdames, Messieurs,

C'est un grand plaisir pour moi que ce vernissage en l'honneur de Bernard DELAGRANGE, en ce lieu chargé de culture et d'histoire, le Château d'eau.

Nous honorons ce soir, un artiste, un ami, un homme au parcours atypique. Ne faut-il d'ailleurs pas pour être artiste, voir tout d'une façon différente de celle des autres hommes?

 

Bernard DELAGRANGE n'a pas eu qu'une seule vie, n'est pas arrivé à la sculpture par hasard. En regardant d'un peu plus prés les grands moments de sa vie, nous comprenons rapidement le choix qui a été le sien, sa passion pour la sculpture.

Berruyer d'adoption, les aléas de la guerre l'ayant amené avec ses parents à Bourges, il va se former et exercer le métier de chaudronnier.

Il devient ensuite animateur culturel et de 1966 à 1982, il occupe le poste de Directeur du centre culturel de la Chancellerie. Je serais tenté de dire qu'à ce moment là, la "boucle est bouclée"

En effet, son parcours aide à comprendre comment il est devenu sculpteur et comment il en a fait son métier à partir des années 80.

S'il ne fait plus que cela à partir de 1982, Bernard DELAGRANGE était déjà très présent sur la scène culturelle berruyère, sa 1ère exposition ayant lieu en 1964 à la Maison de la culture de Bourges.

Avec ses sculptures en relief basées sur la technique du coquillé, en acier, en cuivre, en laiton, en étain ou en alu, il travaille avec passion ses matières fétiches.

Toutefois, rien n'arrête ce passionné en perpétuelles recherches d'idées. Il se tournera ainsi vers d'autres matières, d'autres sources d'inspiration comme le bois, le cuir, la peinture, la photo et la liste est encore bien longue.

L'année 1964 demeure une année d'exception pour Bernard DELAGRANGE, l'année des grands changements. Tôles cabossées ou érodées sont ses premières découvertes et l'exposition qu'il nous livra lui valu à l'époque 2 pages dans le magazine ELLE.

Menant de front la sculpture et ses activités culturelles, il multiplie les expositions, évoluant à Annecy, Toulon, Paris, Metz, Honfleur, Biot, Marseille et dans bien d'autres villes.

L'hexagone ne lui suffit plus, Bernard DELAGRANGE regarde vers l'Allemagne, l'Italie, le Québec, les Pays-Bas, les Etats-Unis ou encore le Japon ! Ces expositions sont pour lui un moyen supplémentaire de faire connaître son art et les commandes commencent à affluer, de très loin parfois.

La ville de Montréal a ainsi acheté en 1985, 9 sculptures, d'autres sont venues enrichir des collections au Japon ou au Etats-Unis, mais sans aller si loin, la Ville de Bourges peut se targuer aujourd'hui d'être un formidable écrin pour ses œuvres.

Nous retrouvons en effet plusieurs de ses œuvres dans notre ville et notamment, au centre du rond point qui est à proximité du Château d'eau où nous nous trouvons.

Ma chère Françoise, au-delà des nombreuses anecdotes que j'ai pu évoquer, et de l'amitié que j'ai toujours eu pour Bernard, l'engagement politique a également été un moyen de se rapprocher.

Tu es ainsi devenue conseillère municipale de Bourges, à nos côtés et lorsque Bernard a disparu l'année dernière, c'est toute notre ville qui a été touchée !

Il était empreint de culture, il a vécu en faisant de sa passion son métier. FLAUBERT disait que "l'artiste doit aimer la vie et nous montrer qu'elle est belle; Sans lui nous en douterions", cette citation ne peut que convenir à Bernard.

Je vous souhaite donc à toutes et à tous une excellente exposition, de belles découvertes et une fréquentation importante, à l'image de la qualité des œuvres de Bernard DELAGRANGE.

Bonne soirée à toutes et à tous.

Merci.

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