Charles Cochet maire de Bourges - Roland Narboux - Encyclopédie

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CHARLES COCHET , MAIRE DE BOURGES à la Libération
Par Roland NARBOUX

C'est un homme politique de Bourges exemplaire, il fut en outre le maire de la Libération

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Version 2009

 

CHARLES COCHET, ACCLAME MAIRE DE BOURGES

Lorsque les autorités qui prirent le pouvoir cherchèrent à placer à l'Hôtel de Ville un maire accepté de tous, elles trouvèrent sans difficulté un accord sur le nom de Charles Cochet.
Ce notable avait été député du Cher en 1932, alors qu'il avait été élu au conseil municipal de Bourges sous le mairat d'Henri Laudier dès 1929. Resté socialiste, il était devenu le principal opposant au maire et lorsque Vichy, en application de la loi du 16 novembre 1940 sur la réorganisation des corps municipaux, renouvela le conseil municipal berruyer, Cochet sera le seul conseiller refusé par le gouvernement de Pétain. Il se désolidarise d'une politique qu'il condamne et ne manque jamais une occasion de témoigner ses sentiments. Il avait 77 ans à la Libération et son attitude ferme et inébranlable le place à la tête de la ville, en attendant les élections qui se dérouleront quelques mois plus tard.

Charles Cochet fut un personnage attachant, nivernais,il était né en 1867, son père était menuisier. Enfant doué, il réussit le concours à l'Ecole Normale à Bourges et entre dans l'enseignement. Son premier poste le conduisit à l'école de la rue Nicolas Leblanc où il resta 23 ans. Puis Cochet enseigna à Massoeuvre avant de revenir à Bourges prendre sa retraite.
Marié, il a deux enfants, lorsque le malheur marque profondément son existence. Son fils meurt à 21 ans sur la Meuse en 1916, et il perd sa fille quelques années après la guerre, c'est la maladie qui a frappé. Au lieu de se replier sur lui-même, Cochet entre dans la vie associative, il s'occupe de la protection de l'enfance, du comité départemental d'hygiène, etc. En particulier, il est vice-président de l'Alliance d'hygiène sociale et président de l'oeuvre Grancher pour la protection de l'enfance.

C'est en fait le 7 septembre 1944 que se déroule une manifestation qualifiée de "grandiose", avec la présence de Marcel Plaisant, Président du Comité de Libération, de Gustave Sarrien nouveau Préfet du Cher, arrivé du Loiret, et de Charles Cochet.

Le cortège se dirigea par la rue Moyenne vers le Monument aux Morts, où une gerbe fut déposée, alors que Plaisant prononçait un de ses premiers discours. Puis, le cortège prit la direction de l'Hôtel de Ville et Marcel Plaisant annonça de manière solennelle l'installation du nouveau maire : Charles Cochet, lequel s'avança et prononça ces quelques mots :

" Nous connaissons toute l'importance de la fonction pour laquelle nous avons l'honneur d'être désigné aujourd'hui.
Mais les difficultés qui nous attendent ne pourront qu'affermir notre désir de bien faire.
Dans l'ordre et le travail, avec des collaborateurs choisis, nous suivrons la bonne voie qu'exige la sage administration des affaires municipales de notre belle cité.
Vive Bourges ! Vive la liberté ! Vive la République ! Vive la France !"

Ainsi se terminaient ces journées de liesse, comme l'écrit le bulletin municipal officiel, "Quatre années d'asservissement et d'humiliation prenaient fin.... L'Allemand disparaissait de nos rues, de nos places, de nos établissements publics...."

CHANGEMENT DE CAP AUX MUNICIPALES DE 1947

Au mois de novembre 1946, la politique bat son plein en France et à Bourges. Les élections se succèdent. L'année avait commencé avec la démission du général de Gaulle, quelques jours avant la charte du tripartisme. Puis la Constitution, préparée par le M.R.P., la S.F.I.O. et le P.C.F., fut repoussée par les Français lors du référendum le 5 mai. De Gaulle gardera le silence quelques temps, le refus des Français étant analysé comme une défiance vis à vis du parti communiste. Le 2 juin suivant se déroulèrent les élections à la seconde assemblée Constituante puisqu'il fallait bien donner une Constitution à la France ! Lors de la campagne, de Gaulle est présent, son discours de Bayeux prononcé le 16 juin restera célèbre. Le Cher envoie à la Chambre deux communistes, Lozeray et Cherrier, le socialiste Coffin, et le M.R.P. Boisdon. Le parti communiste est alors le premier parti de France.

La Constitution de la IVe République est acceptée par référendum le 13 octobre, plus par lassitude que par conviction. De Gaulle est battu, il trouvera la nouvelle Constitution "absurde et périmée", il dira méchamment qu'elle a été acceptée par 9 millions d'électeurs, refusée par 8 millions et ignorée par 8 millions. Le mois suivant, le 10 novembre 1946 se déroulent les premières élections législatives de la IVe République.
Au plan national, c'est un peu le "renforcement des communistes et des chrétiens". Le P.C.F. reste le premier parti de France, il envoie 165 députés à la chambre, contre 161 pour le M.R.P., les socialistes n'ont que 90 représentants et les gaullistes 82, le rassemblement des gauches obtient 46 sièges.
Dans le Cher, cette élection ne change rien à la représentation précédente, les 4 sortants de la Constituante retrouvent leurs sièges à la nouvelle Assemblée. Le M.R.P. a perdu pourtant beaucoup de voix, au profit des gaullistes.

De mai 1945 à octobre 1947, c'est à dire pendant deux ans et demi, la Ville de Bourges sera gérée dans l'esprit de la Résistance et de la Libération. Toutes les sensibilités, des communistes aux gaullistes en passant par les radicaux, les socialistes et les chrétiens du M.R.P., étaient représentées et travaillaient en bonne intelligence. Les accrochages étaient peu nombreux, et la résolution des problèmes passait avant les tactiques politiques.
Charles Cochet, par son prestige était un maire incontesté. Lui, l'opposant à Laudier dans l'entre-deux-guerres, le conseiller municipal révoqué par Pétain, avait tenu les rênes de la mairie dans une situation difficile.

En homme sage, et compte tenu de son âge, il ne sollicitera pas de nouveau mandat. C'est un cas rarissime à Bourges, il se retire de la vie politique, sa mission étant accomplie, il va "rentrer dans la vie calme d'un administré qui comprend que pour lui l'heure a sonné de passer la barre à d'autres mains".
Cochet rappelle qu'il a été dans l'enseignement pendant 42 ans, et 18 ans comme conseiller municipal ou adjoint au maire avant de devenir député, puis maire de Bourges.
Certains de ses amis, à la S.F.I.O., n'étaient peut -être pas fâchés de le voir partir, et ils n'ont rien fait pour le retenir...

Il dira à ses collègues avant de quitter ce fauteuil si convoité :

"Nous terminons notre mandat, et cela m'a fait énormément plaisir, dans un accord complet, dans une atmosphère d'amitié sincère, et c'est pour moi une réelle satisfaction que j'apprécie, ensemble, nous pouvons dire que nous avons bien servi les intérêts de la Cité".

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