cathedrale insolite - Roland Narboux - Bourges Encyclopédie

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LA CATHEDRALE DE BOURGES INSOLITE
Par Roland NARBOUX

Bourges, et la cathédrale insolite, en passant dans les combles, les passages secrets, les caves.... et la sortie par la tour dite de saint Guillaume.

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Version 2009

 
 
A l'occasion de la parution d'un petit ouvrage réalisé par l'Association Saint Etienne, sous la direction de Jacques de Saint Aubin, permettant à tous les publics et donc aux touristes de " découvrir la cathédrale de Bourges ", il semble nécessaire pour les lecteurs de montrer quelques facettes historiques moins connues sur ce monument.

La cathédrale Saint Etienne est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992. Elle doit ce titre à sa construction d'un seul tenant et non par tranches successives. Sa réputation vient d'une " parfaite utilisation de l'espace, à l'harmonie de ses proportions et à l'extrême qualité de son ornementation ". Le visiteur serra frappé par la lumière intérieure de ce grand vaisseau avec ses baies et ses vitraux du XIII e siècle et il contemplera les 5 portails de la façade. C'est la cathédrale de l'élévation… comme le nouvel éclairage réalisé en l'an 2000 le souligne.

Le premier maître, cet inconnu :

C'est sans aucun doute la cathédrale gothique française qui a su conserver le plus d'authenticité. Elle est rigoureusement conforme plus de 800 ans après son édification aux plans de celui que l'on appelle depuis toujours " le premier maître de Bourges ". L'anonymat au Moyen Age était courant sauf pour les personnages importants qui avaient généralement une identité. Or, de l'homme qui a conçu la cathédrale de Bourges, nous ne savons rien. Ni son nom, ni d'où il venait, ni ce qu'il devenu après le début des travaux……. Quelques hypothèses ont été avancées, ce génie venait sans doute de la région de l'Aisne, où il avait fait " son apprentissage ", et s'il a quitté Bourges, peut être est-il parti en Espagne vers Burgos ou Tolède. Mais ce ne sont que des suppositions, la seule certitude, c'est qu'en 1195, lors de ce qui fut peut être " la cérémonie de la pose de la première pierre ", il était là, avec ses idées et ses plans, sans que personne ne note son nom ! S'appelait-il Jacques, Jean ou Pierre ? Pour toujours ce génie demeure le Maître inconnu.

Une évolution…. A peine visible :

Si l'on évoque le " Premier " Maître de Bourges, c'est sans doute qu'il y en a eu un second, et certainement un troisième. Il apparaît en effet qu'au milieu de la construction dans les parties latérales de la nef, une modification dans les ouvertures des fenêtres a été réalisée. On note que les fenêtres situées du côté du chevet ont un découpage et une surface de vitrage assez faible et par la suite, une augmentation significative des lancettes est visible. Le gothique de cette seconde phase apporte encore plus de lumière à l'intérieur de l'édifice.
Car la cathédrale, si elle est imposante à l'extérieure a été faite pour des fidèles qui évoluaient à l'intérieure. D'ailleurs, les chaises d'aujourd'hui étaient absentes, on évoluait debout, on discutait, on commerçait peut être, on pouvait aussi y faire la fête…. Et le tout dans la lumière. C'est la cathédrale la plus lumineuse de France. Et pour donner davantage de beauté et d'émotion, les piliers de la nef ont un écartement différent lorsque l'on s'approche du chevet afin de gommer l'impression optique de rétrécissement. A proximité de la façade, l'écartement entre les piliers de la nef est de 14,12 mètres, pour une valeur de près de 15 mètres juste avant l'hémicycle.

Drôle de méridienne

C'est en se plaçant justement vers le milieu de la nef que tout curieux observant le sol voit une ligne continue allant de la chapelle du Sacré Cœur à celle dite de Montigny.
Quelques guides, venus d'ailleurs expliquent aux touristes qu'il s'agit de la célèbre méridienne de Paris, celle qui commence à Notre Dame et passe au milieu de la cathédrale de Bourges….. Un vrai exploit, digne des mystères d'un quelconque Da Vinci Code. Seulement, c'est totalement faux. Il s'agit bien d'une méridienne, mais pas de celle de Paris, laquelle passe à quelques kilomètres de là, sur la commune de Bourges, vers le canal de Berry.

Cette méridienne de la cathédrale de Bourges date de 1757, elle fut l'œuvre d'un chanoine mathématicien, de Notre Dame de Salle, dont on connaît le nom : Goumet. Elle est en cuivre et suit un axe Sud - Nord comme toute méridienne. Ce qui est intéressant, c'est que trois oeilletons ont été percés dans les verrières supérieures et à midi, les rayons du soleil, en les traversant, tombent sur cette méridienne.

Cette cathédrale étant si riche en histoire, chacun admire la prouesse du premier maître de Bourges, lequel a du être surpris au XIX e siècle lorsque des hommes de bonne volonté ont voulu la restaurer… et ils ont fait quelques rajouts parfaitement inutiles. Alors, ne vous extasiez pas sur la grande balustrade, ni sur les pinacles, ces sortes de pignons qui sont placés sur les piliers extérieurs…. Tout cela a moins de 2 siècles. Malgré cela, reconnaissons que l'édifice n'a pas été défiguré, comme ce fut le cas dans tant d'autres lieux gothiques.

La tour de beurre

Enfin, avec un peu de courage, montez en haut de la tour nord de la cathédrale, dite " tour de beurre " et admirez, la symbolique des sculptures en montant les 396 marches. A chaque pas dans l'escalier, levez la tête et attention aux diables, aux personnages louches et grotesques où aux chauves souris…. En pierre. Aucune étude n'a jamais été faite sur ce sujet.
Arrivé en haut à 65 mètres de hauteur, vous découvrez un beau spectacle et un pélican en bronze que chaque touriste prend en photo. Ce pélican est une reproduction, pour voir le vrai, il faut redescendre, il est juste à l'entrée de la tour…

Cette tour s'est effondrée le 31 décembre 1506, et la nouvelle tour est commencée en 1508, et les travaux vont se dérouler jusqu'en 1536.

On trouve au somment un pélican, ce qui est curieux. Bourges serait la seule cathédrale avec un pélican à la place d'un coq, comme sur toutes les églises ou presque de France.

Le pélican est un symbole qui rappelle l'Eucharistie. (il s'agit au sommet d'une copie, mise en place en 1995, l'original, corrodé est en bas de la tour).

Vers une crypte pleine de mystère

A la recherche de l'insolite et du mystère, après la tour, il faut descendre dans la crypte qui est la plus vaste de France, dans le couloir de la descente, des rails apparaissent, ce n'est pas la trace d'un éventuel train à grande vitesse, mais c'est effectivement là que passaient au XIX e siècle des wagons qui transportaient le charbon pour le calorifère afin de chauffer par le sol, une partie de l'édifice. En poursuivant vers cette " église basse " qui recèle le jubé d'autrefois en pièces détachées…. Une partie du tombeau du duc Jean de Berry et les restes de certains vitraux de la Sainte Chapelle. Cette crypte est donc un lieu de rassemblement d'objets assez hétéroclites. Cela permet aussi de voir de grandes sculptures, qui étaient autrefois sur la façade de la cathédrale…. Ce qui signifie simplement que celles que l'on photographie aujourd'hui à l'extérieur, sont de belles reproductions.

Mais le plus curieux dans ce lieu, ce sont les multiples plans qui sont tracés au sol. Compte tenu de la grandeur de la surface plane, les maîtres de Bourges ont réalisé des tracés au sol directement dans la pierre afin de construire les fenêtres ajourées ou ce qui est le grand housteau avec la rosace.

Sous la crypte, en s'enfonçant encore, on pénètre dans une église romane, sous laquelle sont enterrés les archevêques de Bourges. Encore au-dessous quelques galeries souterraines assez impressionnantes…...
Le retour à la lumière passe par l'intermédiaire d'un beau couloir avec des cul de lampe qui représentent des personnages dont un montre … son cul, ce qui déroute quelque peu les touristes.
Terminer une ballade dans l'insolite, c'est retrouver la façade et ses 5 portails dont celui du jugement dernier.

 

L'énigme des écoinçons enfin résolue :

Les écoinçons, sur la façade sont ces petits triangles situés à hauteur d'homme ou presque, sculptés comprenant des personnages et des scènes parfois curieuses. Pendant des siècles, les spécialistes se sont penchés sur ces sculptures qui représentent de manière classique, des scènes de la bible, comme Adam et Eve, Noë et son zoo, ou d'autres représentations plus communes, sur Jésus, Marie, Joseph ou d'autres saints…

Mais sur toute une partie de ce programme, certaines scènes demeuraient incompréhensibles pour tout chercheur voulant donner une signification conforme à l'enseignement classique d'alors, car le programme des sculptures et des vitraux semblaient être l'œuvre de Saint Guillaume. Le mystère de ces sculptures était total jusqu'aux recherches des 15 dernières années au cour desquelles les travaux de Laurence Brugger ont montré de manière incontestable l'utilisation de textes hébraïques que l'on retrouve dans le Kabbale, et qui fait de ce programme un élément unique dans une grande cathédrale gothique. On voit ainsi Sammaël, bien connu des légendes juives trônant sur un serpent, entouré de dragons, ce fut une révélation pour beaucoup.

 

Saint François d'Assises de passage

En restant sur le parvis et en observant les cinq portails, le jugement dernier est un des plus beaux, et il semble qu'enfin, on puisse reconnaître un des personnages, c'est un moine qui est envoyé au Paradis par l'Archange Saint Michel, et ce moine, un franciscain, porte la code à triple noeuds et on peut voir ses stigmates…. Nul doute que l'ami des oiseaux, de passage à Bourges à cette époque soit bien gravé dans la pierre.

En levant la tête, on peut aussi observer que l'archange Saint Michel pèse les âmes des morts, d'un côté ils vont en Enfer, dans le grand chaudron, à l'opposé ils vont dans le sein d'Abraham. Et bien pour peser sur les âmes, un crapaud cherche à fausser le jeu en ajoutant son poids dans la balance pour la faire pencher vers l'enfer….

 

En conclusion

Sublime cathédrale Saint Etienne, aussi belle de jour que de nuit, a chaque pas, une surprise, et une découverte, car ce monument mérite bien son nom, c'est aujourd'hui une des trois plus belles cathédrales du monde occidental, on l'appelle " la reine-mère des cathédrales ".

La cathédrale de Bourges, insolite et mystérieuse issue d'un article de La Bouinotte.

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